Le Hezbollah a-t-il Déjoué une Attaque de Bush/Olmert sur Beyrouth ? Rôle des Miliciens « Secure Plus » d'Hariri, Jumblatt Demande une Aide Militaire US.
Collusion Washington, Tel Aviv, Paris, avec la complicité des collaborateurs libanais, pour une attaque contre le Hezbollah déjouée. Les miliciens de « Secure Plus » d'Hariri à l'origine des confrontations sanglantes, alors que Jumblatt demandait une aide militaire US.
Le Hezbollah a-t-il Déjoué une Attaque de Bush/Olmert sur Beyrouth ?
Cette semaine, le dirigeant des renseignements militaires israéliens le Gl en chef Amos Yadlin s'est plaint au quotidien israélien Haaretz que le « Hezbollah a montré qu'il était le pouvoir le plus puissant au Liban… plus puissant que les libanais (le Hezbollah est libanais ndlt) et s'il avait voulu s'emparer du gouvernement il aurait pu le faire, » a-t-il dit. « Le Hezbollah continue de représenter une menace significative pour Israël car ses roquettes pourraient toucher une grande partie du territoire israélien. »
Yadlin s'exprimait avec modération.
Mais ce que le chef des renseignements Yadlin n'a pas révélé au public israélien c'était à quel point la menace du Hezbollah était « significative » mais aussi « immédiate » le 11 mai. Il n'a pas non plus voulu divulguer le fait qu'il a reçu des informations via les réseaux US et français que si le plan d'attaque sur la capitale libanaise était lancé, alors Tel Aviv recevrait, selon la communauté du renseignement américain « approximativement 600 roquettes du Hezbollah dans les premières 24 heures en représailles, et au moins le même nombre le jour suivant.»
Le chef du renseignement israélien a aussi refusé de révéler que malgré de récentes campagnes de guerre psy concernant les différents boucliers anti-missiles «que l'Etat d'Israël perfectionne » cette affirmation est ridiculisée au Pentagone. « Israël n'a pas crée de bouclier efficace contre les générations actuelles de roquettes, et dans les 20 ans à venir ne réalisera pas d'améliorations techniques contre celles-ci. Et cela suppose que les US continueront de financer leur recherche et développement dans l'espoir de construire un bouclier » selon le Comité des renseignements du Sénat US et du Pentagone, et des sources libanaises très bien informées.
L'attaque planifiée sur Beyrouth
Selon des sources du Comité des Renseignements du Sénat, l'Administration Bush a initialement donné son feu vert pour une démonstration de solidarité d'Israël le 11 mai avec les milices pro Administration Bush, certaines d'entre elles ayant maintenu des liens depuis l'époque de Bashir Gemayal et Ariel Sharon.
Finalement, « l'Administration Bush a eu les jetons » a révélé une source du Congres. De même qu'Israël.
Israël ne voulait pas procéder selon l'idée d'origine de l'Administration Bush qui était que Bush participerait le 15 mai aux fêtes d'anniversaire suite à une attaque israélienne visant à frapper durement le Hezbollah, et ainsi donner du poids à la visite de Bush dans une région dangereuse. Le message devait être que Bush venait au secours «à dos de cheval et menait la charge de la cavalerie US comme dans un film de Western de série B ou on sonnerait du clairon et le drapeau serait déployé et les bons types blancs au chapeau montreraient de quoi ils sont capables avant de ré enfourcher leurs montures au couchant pour retourner au Texas, en laissant la probable Administration Obama se débrouiller avec les conséquences. »
Le plan impliquait des frappes israéliennes dans le Sud et l'Ouest du Liban en soutien aux forces qui, assurait t-on, seraient capables de surprendre et résister au Hezbollah, et lutter contre une offensive puissante pendant 48 heures.
De même, c'était semble-t-il perturbant pour Israël de recevoir un rapport comme quoi le Hezbollah «avait de nouveau en toute probabilité piraté son système de renseignements militaires de communications sécurisées » Israël craignant que les informations soient partagées avec d'autres.
La déroute des milices face au Hezbollah dans Beyrouth Ouest, plus la crainte des représailles sur Tel Aviv, ruinant les festivités pour le 60ème anniversaire, ont obligé Israël à annuler l'attaque en soutien aux milices.
Israël a limité ses actions à l'envoi de deux F-15 et deux F-16 aussi loin au Nord que la ville de Tyre, une violation de plus venant s'ajouter aux centaines de violations de l'espace aérien libanais, de sa souveraineté, et de la RCS 1701.
Vraiment frustré, le ministre israélien faisant partie du cabinet, Meir Sheetrit, a dit qu'Israël n'allait pas encore agir, mais a prévenu que « cela pourrait changer si le Hezbollah s'emparait du Liban ». Quelques minutes auparavant il avait déclaré que le Hezbollah venait juste de faire cela, et avait traité l'armée libanaise comme un paillasson.
Plus tard, au cours de la réunion du cabinet dimanche, le ministre Ami Ayalon a appelé à une réunion d'urgence du cabinet politico sécuritaire pour discuter de «la crise en cours au Liban et pourquoi Israël n'aidait pas des forces amies ».
Le ministre du Shas, Yitzak Cohen, a dit qu' »Israël doit immédiatement demander au Conseil de Sécurité de l'ONU de tenir de nouvelles discussions sur la Résolution 1701 ». Le ministre faisait référence à la résolution qui a mis fin aux actions israéliennes contre le Liban lors des 34 jours de guerre en 2006, pour maintenir un cessez le feu fragile.
Finalement, le premier ministre israélien Ehud Olmert a informé les supporters israéliens au Liban, via les médias, et probablement via d'autres voies de communication qu'Israël suivait la violence au Liban de près, mais s'abstiendrait d'intervenir. Le vice ministre, Matan Vilnai, a dit à la Radio de l'Armée dimanche qu'Israël était prêt pour l'éventualité que la situation au Liban dégénère en une nouvelle guerre civile (voulant dire des opportunités futures d'influence et d'intervention pour Israël) et que les combats actuels pourraient se terminer par le gouvernement tombant aux mains du Hezbollah. « Nous avons besoin de garder nos yeux grands ouverts et d'être tout spécialement sensibles à ce qui se passe là bas » a dit Vilnai à la Radio Militaire.
L'Administration Bush, également déçue, a changé de tactique, et opté pour une domination de la narration sur les évènements plutôt compliqués de la semaine dernière, utilisant les médias et ses alliés confessionnels pour lancer une Blitz media (moins la Futur TV pendant quelques jours – cette TV appartient à Saad Hariri ndlt) pour déverser la propagande qui suit :
Le Hezbollah a fait un coup d'état.
Même Israël, si ce n'est l'Administration Bush, concède que le Hezbollah n'a aucun intérêt à s'emparer du gouvernement. (Un observateur, paraphrasant un commentaire de Winston Churchill, a dit, pince sans rire «Un Coup du Hezbollah !Un Etat du Hezbollah !«
Le Hezbollah a amené ses forces du Sud et occupé Beyrouth Ouest.
Non seulement le Hezbollah n'a pas amené ses forces du Sud à Beyrouth, mais elles sont plutôt restées en alerte là bas de crainte d'une attaque israélienne au Sud.
Le Hezbollah a rompu son engagement de ne pas utiliser les armes de la Résistance contre des milices libanaises et a ouvert le feu à Beyrouth Ouest.
Les faits sont très différents quand examiné de près dans les rues ici.
Quand la Résistance Libanaise a pris la décision au cours des premières heures vendredi matin de s'engager dans une action de désobéissance civile, elle a retardé son action de façon à ne pas perturber le mouvement de grève des travailleurs réclamant des augmentations de salaires, revendication qu'elle soutenait. Quand la manifestation de grévistes a été empêchée d'entrer dans Beyrouth Ouest, l'Opposition a déployé sa manifestation de désobéissance civile.
Différentes milices dont celles très chic d'Hariri « Secure Plus » portant distinctement des T Shirts marron et des pantalons beige ( maintenant connue sous le nom de « Secure Minus ») - espoir d'une opération à la Blackwater (entreprise de mercenaires US déployée en Irak ndlt) au Liban - s'est désintégrée rapidement de manière surprenante, parce que la plupart de ses jeunes recrues amenées de Tripoli se sont senties trompées et trahies sur la description de leur boulot, alors qu'on leur fournissait des armes et leur donnait l'ordre de combattre le Hezbollah. Des tireurs d'élite des milices anti opposition, postés sur des toits dans Beyrouth, ont tué des civils, essayant de provoquer une guerre civile.
Le Hezbollah, agissant en auto défense, selon différentes sources officielles, a rapidement neutralisé les fauteurs de trouble, pris le contrôle des rues, et en quelques heures les a remises aux mains de l'armée, et a finalement évacué Beyrouth Ouest, conservant une position près de Bay Rocks occupée par des représentants non armés.
Pendant ce temps, l'influence d'Hariri a été réduite considérablement à Akkar près du camp de réfugiés palestinien de Nahr al Bared, et dans la région de Tripoli. Selon certains analystes politiques, dont Fida'a Ittani, publiant régulièrement une colonne dans le journal indépendant pro opposition Al –Akhbar, qui a écrit le 14 mai que le Futur Movement ( parti d'Hariri ndlt) vaincu à Beyrouth, n'a plus d'influence sérieuse dans le Nord.
Plusieurs mouvements Salafistes admirateurs d'al Qaeda sont présents au Liban, et de même que la déclaration de Fatah Islam's cette semaine disait qu'ils combattraient pour les Sunnites, certains soutiennent entièrement le dirigeant du Futur Movement, Saad Al-Hariri, comme chef des Sunnites, alors que d'autres s'y opposent en silence. Ces groupes sont prisés par certains « dirigeants » au Liban, car se sont les seuls possédant des structures cohérentes au niveau idéologique, politique, technique et de terrain.
Pendant les deux jours qui ont suivi la débâcle de ses forces qui ont implosé, le dirigeant du Futur Mouvement n'a rien dit. Il a finalement brisé son silence le 14 mai. Le massacre d'Halba, commis par les milices Mustakbal d'Hariri, qui ont assassiné brutalement et de façon barbare 11 personnes de l'opposition, n'a pas semblé digne d'évocation lorsqu'il a parlé. Lors d'une conférence de presse mardi, Hariri a simplement ignoré ce que tous les Libanais avaient vu sur leur écran TV, des armes, des munitions et de l'alcool trouvés dans les locaux du Futur Movement, et s'est contenté d'égrener toute une série de délires : « nous nous attendions à une guerre ouverte contre Israel, et voilà que c'est une guerre ouverte à Beyrouth et son peuple » a –t-il déclaré. Certains ont interprété cette déclaration plutôt étrange comme un lapsus d'Hariri exprimant sa frustration que l'aide israélienne ne soit pas arrivée, ou qu'il répétait sa déclaration précédente plutôt incohérente.
Le discours précédent d'Hariri était si confus que la chaîne TV saoudienne, Al –Arabiyya, a stoppé sa diffusion, et n'en a lu que des extraits, sans diffuser son discours enregistré.
Quand les américains ont repris leurs critiques, et que les combattants du Hezbollah se sont retirées des ruelles entourant sa maison, on a pressé Hariri de se lever et de parler de nouveau, cette fois d'un ton plus ferme, disant «cela a été décidé par les régimes syrien et iranien qui voulaient jouer un jeu politique dans les rues du Liban. Pour nous rien n'a changé. Nous ne négocierons pas avec quelqu'un pointant un pistolet sur notre tempe ».
La colère de certains chefs de guerre an Liban contre l'Administration Bush et Israël doit être identique à celle du personnel de « Secure Minus » qui se sont précipité de Tripoli à Beyrouth, et qui se sont senti trompés, abandonnés et lésés.
Franklin Lamb 16 mai 2008 www.counterpunch.com – email : fplamb@gmail.com
Introduction Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org
Des miliciens de Secure Plus utilisés par Hariri pour fomenter une guerre civile
Selon le Los Angeles Times (www.latimes.com) du 12 mai 2008, le Futur Movement, parti sunnite de Saad Hariri, a mis sur pied, avec le soutien des Etats-Unis, et sous couvert de sociétés de sécurité, une milice sunnite pour contrer les forces du Hezbollah.
En l'espace d'un an, Secure Plus, au départ une petite entreprise chargée de la sécurité de bâtiments et locaux, a connu une croissance exponentielle avec désormais plus de 3000 employés, ainsi que du personnel non enregistré, rétribué, issu pour la plupart des milieux pauvres sunnites du Nord. Certains ont été armés de pistolets et de fusils d'assaut.
« Nous avons des milliers de jeunes en civil travaillant pour nous partout dans le pays » avait déclaré un responsable de la société avant que les affrontements n'éclatent. Les activités des miliciens de la société étaient d'ailleurs surveillées de prêt par l'armée libanaise, la sécurité intérieure, et le Hezbollah.
Secure Plus fait partie de douzaines de sociétés de sécurité qui ont été crées au Liban ces dernières années. Elle est la plus importante. Dirigée par d'anciens officiers de l'armée libanaise. Elle fournit, pour couvrir ses activités de milice, une protection pour des banques, des hôtels, et des bureaux. Les miliciens de Secure Plus, portant l'uniforme pantalon beige et chemise marron, ont reçu pendant des mois un entraînement militaire de base dont celui au combat rapproché. Deux douzaines de locaux non officiels ont été ouverts à Beyrouth.
Ils travaillent 8 heures par jour pour un salaire de 350 dollars, gardent des bureaux, patrouillent dans certains quartiers à mobylettes, communiquent par walkie talkie et sont de garde pour défendre toute attaque des quartiers sunnites ou des bureaux du Futur Movement. Officiellement ils n'ont pas le droit de porter des armes.
Lors des récentes confrontations, la conférence de presse tenue par d'Hariri après deux jours de silence, a été en partie consacrée à nier le fait que sa milice al-Mustakbal/Secure Plus, était armée, ceci afin de rejeter toute responsabilité dans les meurtres sauvages de 11 civils appartenant à l'opposition à Halba, et à l'origine des confrontations sanglantes, ce que les faits ont réfuté.
Alors que les miliciens d'Hariri terrorisaient des civils la semaine dernière, des habitants du quartier de Nuweiri ont décidé d'envahir leurs locaux. Une unité de l'armée libanaise a été ensuite chargée d'évacuer les 21 miliciens de Mustakbal réfugiés dans les locaux. Alors que tout était filmé, les soldats libanais ont confisqué des armes automatiques, des munitions. Ils ont également trouvé de l'alcool. Plusieurs autres locaux de la Mustakbal ont également été placés sous contrôle de l'armée libanaise à Beyrouth, Chouf, dans le Sud Liban et ailleurs.
Au cours de ces confrontations, la Résistance Libanaise a d'abord ciblé les positions du Futur Movement dans des quartiers mixtes sunnites shi'ites, les amenant facilement à se rendre. Elle a aussi encerclé leurs positions dans des bastions sunnites mais n'a pas pénétré ces quartiers attendant que les miliciens se rendent. L'armée libanaise est ensuite intervenue pour récupérer les armes, fouiller les locaux, et détenir les miliciens pendant quelques jours pour éviter qu'ils ne retournent combattre.
Selon le directeur de la société Secure Plus les miliciens ont été pris par surprise par la rapidité de l'offensive de la Résistance Libanaise. « Peut être pensaient-ils qu'ils pouvaient tenir tête au Hezbollah pendant quelques jours ou quelques semaines avant que n'arrive l'aide » a-t-il dit. «Ils on du faire face à une attaque qu'ils n'avaient pas envisagée.»
Les Druzes ont supplié les US d'envoyer de l'aide
Selon un article du Washington Times, « Druze plead for US help in Lebanon » www.washintongtimes.com, du 13 mai 2008, le dirigeant druze libanais, Walid Jumblatt, et des officiers druzes, ont envoyé plusieurs messages de détresse et d'appel à l'aide aux gouvernement de Washington. Le journal en a obtenu copie. Parmi ces messages :
« Si vous perdez le Liban, vous perdez le Moyen Orient. Si les US ne font rien, cela envoie un message terrifiant au reste de la région ».
Selon les documents, les officiers druzes ont dit avoir suffisamment d'hommes mais manquer de munitions et de matériel pour combattre le Hezbollah.
Dans un des emails envoyés aux responsables US, le groupe a demandé 600 fusils d'assaut AK-47, 100 fusils à lunette, des grenades à main et d'autres armes.
«Si vous pouvez larguer les fournitures pendant la nuit près du village de Kfar Nabrakh, dés que possible, car le Hezbollah est déjà à un village de Mukhtara venant de la région de Jezzine, le plus tôt sera le mieux, de lourds combats ont lieu dans la région de Barouk car il y a de nombreuses victimes du Hezbollah qui ne sont pas rapportées par les médias » (le massacre de civils shi'ites à Halba) a écrit un officier druze le dimanche soir.
L'approvisionnement n'a pas eu lieu. Jumblatt a demandé au Secrétaire Général du Hezbollah, Nasrallah, d'épargner ses combattants dans les montagnes du Shouf . Les combats terminés, l'armée libanaise a ensuite pris position dans la zone druze.
Synthèse Mireille Delamarre
Propagande américanosioniste contre la Syrie, la Corée du Nord, l'Iran
Enquête Hariri, Juge Bruguiere, Mossad
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