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Le Grand Mensonge : L’Iran est une Menace – Scott Ritter

« …L’idée d’accuser une nation comme l’Iran de constituer une menace à la sécurité simplement parce qu’elle conserve l’intention et la capacité de défendre la souveraineté de son territoire face à une agression militaire non provoquée, est absurde… »



Le Grand Mensonge : L’Iran est une Menace – Scott Ritter

Le Grand Mensonge : L’Iran est une Menace – Scott Ritter

L’Iran ne s’est jamais manifestée comme une menace sérieuse concernant la sécurité nationale des Etats-Unis, ou par extension comme une menace sécuritaire pour la sécurité mondiale. Au maximum de l’»exportation « de la révolution islamique de l’Iran au milieu des années 80, la République Islamique a démontré une capacité peu impressionnante pour projeter son pouvoir au delà des frontières immédiates de l’Iran, et cette projection s’est seulement limitée au Liban ravagé par la guerre.

Les capacités militaires iraniennes ont atteint leur maximum en modernité à la fin des années 70, pendant le règne de Reza Shah Pahlevi. Les effets combinés de la méfiance institutionnelle de la part des théocrates qui gouvernent actuellement la République Islamique d’Iran à l’égard des institutions militaires conventionnelles ont conduit au délabrement de l’armée à cause de financements inadéquats, et à la création d’une organisation para militaire compétitive, le Commandement de la Garde Révolutionnaire Iranienne (IRGC), et, la désastreuse guerre de huit ans avec l’Irak, a montré que l’Iran n’a jamais pu construire une puissance militaire conventionnelle capable de projeter son pouvoir régionalement, encore moins de le faire sur la scène mondiale.

Là où l’Iran a montré sa capacité sur la scène mondiale c’est par la projection du fondamentalisme shi’ite islamique, mais même dans ce cas les résultats ont été mitigés. Les histoires à succès de l’Iran lorsqu’il s’agit d’exporter la révolution islamique se limite aux relations coûteuses entre l’Iran (via certains éléments de l’IRGC) et le mouvement Hezbollah au Liban, et autrement sont inexistantes. En fait, les efforts des IRGC pour exporter la révolution islamique à l’étranger, spécialement en Europe et dans d’autres pays ont produit des effets à l’opposé de ceux désirés. Sur la base d’observation faites par d’anciens et d’actuels officiers des IRGC, il apparaît en fait, et plus fréquemment, que les agents choisis pour propager la révolution ne retournaient pas en Iran, constatant que la coexistence pacifique avec l’Occident était non seulement possible mais préférable à l’exportation du fondamentalisme islamique. Nombre de ces officiers des IRGC ont commencé à pousser les théocrates dirigeant l’Iran à la modération, à la fois en terme d’interface avec l‘Occident et en matière de politique intérieure.

Le concept d’une incompatibilité inhérente entre l’Iran, même gouvernée par une classe dirigeante théocratique, et les Etats-Unis, est fondamentalement vicié, spécialement vu sous une perspective iranienne. L’Iran d’aujourd’hui cherche à s’intégrer de façon responsable parmi les nations du monde, maladroitement dans certaines circonstances, mais aux antipodes des tentatives brutes d’exporter la révolution islamique comme au début des années 80. Les Etats-Unis affirment que l’Iran est un danger présent et réel pour la sécurité des US et du monde entier, et citent les efforts iraniens pour acquérir la technologie nucléaire, le soutien continu de l’Iran au Hezbollah au Liban, le « statut » de l’Iran comme un état soutenant le terrorisme, et les interférences dans les affaires intérieures de l’Irak et de l’Afghanistan comme principaux exemples de la façon dont se manifeste cette menace.

Sur chacun des points, le cas construit contre l’Iran s’effondre quand on les scrute de près. L’Agence Internationale à l’Energie Atomique (AIEA), mandatée pour enquêter sur le programme nucléaire iranien, a conclu qu’il n’y a pas de preuve que l’Iran poursuit un programme d’armement nucléaire. De plus, l’AIEA a conclu qu’elle pouvait contrôler le programme nucléaire iranien pour être sûre qu’il ne dévie pas du programme autorisé de production d’énergie nucléaire que l’Iran déclare comme étant l’objectif exclusif de ses efforts. Le soutien de l’Iran au parti du Hezbollah au Liban, tout en étant une source de préoccupation pour l’Etat d’Israël, ne constitue pas une menace pour la sécurité nationale américaine, principalement parce que le soutien fourni est de nature principalement défensive, conçu pour aider le Hezbollah à dissuader et repousser un assaut israélien sur le territoire souverain du Liban. De même, le gros des données utilisées par les US pour soutenir ses accusations que l’Iran est un état qui sponsorise le terrorisme dérive du soutien mentionné ci-dessus apporté au Hezbollah. D’autres arguments présentés sont soit scandaleusement périmés (remontant au début des années 80 lorsque l’Iran en fait exportait son fondamentalisme islamique) ou non prouvés par des faits.

Les accusations US concernant l’interférence de l’Iran à la fois en Irak et en Afghanistan ignorent la réalité que les deux nations sont frontalières de l’Iran, que les deux pays ont été envahis et occupés par les US, et non pas par l’Iran, et que l’Iran a une histoire de conflits avec les deux nations qui dicte le vif intérêt porté aux affaires internes de celles-ci. Les US continuent d’exagérer la nature de l’implication iranienne en Irak, arrêtant des « agents de renseignement » qui plus tard s’avèrent être des responsables économiques et diplomatiques invités en Irak par le gouvernement irakien lui-même. La plupart si ce n’est toutes les accusations faites par les US concernant l’implication militaire de l’Iran en Irak et en Afghanistan, n’ont été soutenues que par une forte rhétorique bien souvent contredite ensuite par d’autres responsables militaires ou gouvernementaux, citant un manque de preuve.

L’Iran en tant que nation ne représente absolument pas une menace à la sécurité nationale des Etats-Unis, ou à ses alliés majeurs dans la région, inclus Israël. Le battage médiatique concernant de soi disantes déclarations faites par le président Ahmadinejad a crée et entretenu le mythe que l’Iran cherche la destruction de l’Etat d’Israël. Deux points factuels contredisent directement ce mythe. Premièrement et principalement, Ahmadinejad n’a jamais établi d’objectif politique iranien de destruction d’Israël, notant plutôt que les politiques d’Israël conduiraient à ce qu’il «disparaisse des pages de l’histoire ». Deuxièmement, et peut être le plus important, ce n’est pas Ahmadinejad qui prend les décisions en matière de politique étrangère pour la République Islamique d’Iran. C’est du seul ressort du « dirigeant suprême » l’Ayatollah Khomeini. En 2003, Khomeini a lancé une initiative diplomatique en direction des Etats-Unis incluant une offre de reconnaissance du droit d’Israël d’exister. Cette initiative a été rejetée par les US, mais néanmoins représente l’indication la plus claire de ce qu’est le véritable objectif de la politique de l’Iran vis-à-vis d’Israël.

En fait, la « menace iranienne » dérive essentiellement de la rhétorique de ceux qui semblent chercher une confrontation entre les US et l’Iran, et est largement en contradiction avec la réalité basée sur les faits. Une récente demande de la part de l’Iran pour que le président Ahmadinejad soit autorisé à déposer une gerbe à « Ground Zéro » à Manhattan a été rejetée par les responsables de la ville de New York. Le tollé public qui a suivi condamnait l‘initiative iranienne comme étant un affront à tous les américains, citant la soit disante politique de l’Iran de soutien au terrorisme. Cette réaction inconsidérée ignore la réalité que l’Iran s’est violemment opposée à la présence d’Al Qaeda en Afghanistan pendant les années 90 menant à 2001, et que l’Iran a été l’une des premières nations musulmanes à condamner les attaques terroristes contre les Etats-Unis le 11 septembre 2001.

Une estimation de l’Iran faite avec précaution et basée sur les faits, démontre clairement qu’elle ne pose aucune menace pour les intérêts légitimes de sécurité nationale des US. Cependant, si les US choisissent d’appliquer leurs propres objectifs unilatéraux de sécurité nationale concernant le changement de régime en Iran, il y aura très probablement une réaction de l’Iran produisant un impact particulièrement dommageable pour les intérêts de sécurité nationale des US, inclus les intérêts militaires, politiques et économiques. Mais l’idée d’accuser une nation comme l’Iran de constituer une menace à la sécurité simplement parce qu’elle conserve l’intention et la capacité de défendre la souveraineté de son territoire face à une agression militaire non provoquée, est absurde. Cependant, en fin de compte, une telle absurdité prend le dessus sur la réalité basée sur les faits, lorsqu’il s’agit de façonner l’opinion publique américaine sur la question de la « menace « iranienne.

Scott Ritter 8 octobre 2007 – www.CommonDreams.org

Traduction Mireille Delamarre pour planetenonviolence.org

Scott Ritter a été officier des renseignements dans les Marines de 1984 à 1991 et un inspecteur en armement pour l’ONU en Irak de 1991 à 1998. Il est l’auteur d’un grand nombre de livres dont “Iraq Confidential” (Nation Books, 2005) , “Target Iran” (Nation Books, 2006) et le plus récent : “Waging Peace: The Art of War for the Antiwar Movement” (Nation Books, Avril 2007).

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Mardi 16 Octobre 2007
Mireille Delamarre

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