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MONDE ARABE

Le Grand Défi du Hezbollah de Pepe Escobar

« Le Hezbollah a une proposition solide pour sortir maintenant de l’impasse libanaise : de nouvelles élections ou un référendum. Les clients des US continuent de dire non. Nasrallah devra attendre. Il est peut être le plus intelligent – et le plus populaire – homme d’état du Moyen Orient. Mais le vrai test de son envergure …ce sera de déjouer le spectre d’une guerre régionale Sunnite-Shi’ite encouragée par les US. »



Avant
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Apres
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Le Grand Défi du Hezbollah de Pepe Escobar

Beyrouth – « Vous êtes au paradis et ceux qui vous tuent iront en enfer « ; c’est ce qui se lit sur un poster dans un quartier de classe moyenne à dominante Sunnite du nord de Beyrouth.

Ceux décrits comme étant au paradis sont Saddam Hussein, le dirigeant Palestinien Yasser Arafat, l’ancien premier ministre Libanais Rafik al-Hariri (tué dans l’explosion d’une voiture en 2005) et le Sheik Ahmed Yassin (le dirigeant du Hamas assassiné par les israéliens en 2004). Peu de choses lie Saddam, Arafat, Hariri et Yassin – qui sont tous « allés au paradis » selon différentes méthodes – si ce n’est qu’ils sont Sunnites.

Comparer ceci aux posters des quartiers sud de Beyrouth ravagés par les bombardements montrant le dirigeant souriant du Hezbollah Hassan Nasrallah au côté du président syrien Bashar al-Asad, du chef suprême iranien l’Ayatollah Ali Kkamenei et du président iranien Mahmud Ahmadinejad.

C’est une façon de voir une division Sunnite-Shi’ite dans une seule capitale du Moyen Orient. Une autre façon consiste à opposer la configuration de la ville elle-même.

Submergé de fonds saoudiens, Hariri, un milliardaire Sunnite, avait entrepris de reconstruire Beyrouth des cendres de la guerre civile libanaise.

Les Chrétiens Occidentaux- et les Saoudiens Wahhabites- peuvent être impressionnés par les centres commerciaux et les cafés chics. Mais les masses Shi’ites de Beyrouth sud – ou du sud Liban plus généralement – on ne les verra pas sirotant un cappuccino au al-Maarad, en face des vestiges archéologiques du cardus maximus romain (en centre ville), elles n’iront pas acheter du Prada à Ras Beyrouth, elles ne seront même pas autorisées à s’approcher de la porte de l’hôtel de nuit Albergo dans Achrafiye à 300 $ la nuitée, et les enfants ne pourront pas se payer des boissons à 10 $ au night club Strange Fruit.

Le jeu de ce que beaucoup appellent Hariri Inc c’était de reconstruire l’ancienne « Paris de l’Orient » de haut en bas – du centre ville – pendant les années 90 et puis le reste du Liban se joindrait à la fête. Cela ne s’est pas produit. Les Shi’ites non seulement n’ont pas profité de cela, ils ont été bombardés par Israel l’été dernier, après que le centre ville soit de facto devenu un terrain de jeu Saoudien.

Et puis, en décembre dernier, une campagne de masse d’opposition Libanaise – du type démocratie, a été lancée, conduite par le Hezbollah. Le centre ville est actuellement plutôt vide – occupés par des gens qui boivent du thé et jouent au jacquet dans des tentes pendant des jours, même des semaines, dans un sit in de 24h sur 24 contre le gouvernement au son de rythmes martiaux machos.

Le Liban perd peut être jusqu’à 70 millions de dollars par jour alors que l’impasse continue. Les riches Saoudiens et les magnats des Emirats licencient du personnel en masse. La foules des fêtards aisés, non Shi’ites, est revenue dans les cafés dans la vieille ville de Hamra. Mais le centre ville n’est pas mort – au moins pas encore, si on tient compte des projets de développement viables tel celui de La Résidence, une tour de 140 millions de $ comprenant des appartements de luxe conçus par Ivana Trump, dont les ventes s’arrachent.

Le Liban comme modèle

La manière la plus facile d’éviter les problèmes au Liban c’est de se comporter comme un Shi’ite au sud, comme un Sunnite à Jiyyih et comme un Chrétien à Beyrouth. Quelqu’un de totalement séculier court le risque de parler à un sourd. A la différence de la Syrie, le sectarisme règne. Cela ressemble à l’Irak de plus d’une façon – un état non viable.

De multiples fissures existent- comme celle du dirigeant Druze Walid Jumblatt qui qualifie Nasrallah d’agent Syrien, Assad de « tueur en série » et le Hezbollah de marionnette de Téhéran. Ou, le porte parole du parlement Nabih Berri, qui a proposé de remplir des charters de politiciens libanais et de les envoyer en Arabie Saoudite pour qu’ils puissent tous être influencés par le roi Abdallah (son carnet de chèque ?). Asa’ad AbuKhalil, hôte du site internet Angry Arab (Arabe en Colère) affirme toujours que la guerre civile Libanèse ne s’était jamais terminée. Ce que les étrangers ne savent pas c’est que l’actuelle vague sectaire a été lancée par Hariri Inc et leurs riches associés Saoudiens.

Mais la responsabilité ne s’arrête pas là. Parce qu’il y aura toujours l’Axe Washington- Maison de Saoud.

Le puissant Prince Bandar d’Arabie Saoudite ancien ambassadeur à Washington également connu sous le nom de BandarBush – qui affiche son désir de devenir le prochain roi Saoudien – est à la base pro US et anti Syrien, donc violemment anti Hezbollah. Bandar a joué un rôle majeur pour convaincre les autres membres de « l’Axe de la Peur » en dehors de l’Arabie Saoudite – l’Egypte, la Jordanie, le Koweit et les Emirats – que les US doivent attaquer l’Iran plus tôt que plus tard.

C’est un secret de polichinelle dans Beyrouth – et à travers le Moyen Orient – que les US financent le gouvernement de Fouad Siniora avec l’argent de Bandar, sans mentionner les presque 9 milliards de $ qui ont « mystérieusement » disparu d’Irak. D’une conférence à l’instigation des US à Paris en janvier il en est ressorti rien moins que 8 milliards de $ pour le Liban, dont plus de 1 milliard de la Maison de Saoud. Rafik Hariri lui-même a toujours été proche de la Maison de Saoud, et du prince Bandar en particulier.

Une enquête de l’ONU n’a fourni aucune preuve directe d’une implication Syrienne dans l’assassinat d’Hariri. Des responsables à Damas sont plus que contents de rappeler à tout le monde qu’Hariri était aussi proche d’un ex agent de la CIA, l’ancien premier ministre par intérim Irakien et « Boucher de Fallujah » Iyad Allawi, sans mentionner qu’il avait servi d’intermédiaire dans un accord de vente d’armes de 20 milliards entre les Russes et la Maison de Saoud. Quant au piètre Siniora, il n’a même pas pu appeler le président G.W Bush l’été dernier pour empêcher Israel de bombarder son pays pour le renvoyer à l’âge de pierre.

Le Liban est une simple proie dans ce jeu de Big Brother (US – BandarBush). Pas étonnant que le Sheikh Naim Qassem, le N° 2 du Hezbollah a, sans ambages, dénoncer Washington pour les coups portés afin d’empêcher un accord entre le gouvernement de Siniora et l’opposition. Qassem dit que les US « veulent lier le Liban à des négociations qui bénéficient à Israel dans leur plan pour un nouveau Moyen Orient. »

Qassem affirme également que les US mènent une « guerre clandestine » contre le Hezbollah. Le Hezbollah ne fait que lire les infos : avant Noël 2006, et après de longues discussions avec BandarBush, Bush a signé un « ordre présidentiel non létal » officiellement niable, donnant le feu vert à la CIA pour s’en prendre au Hezbollah – sous couvert de fournir un soutien financier et logistique au gouvernement de Siniora. Bien que cet ordre ait été top secret, il y a eu des fuites.

Cela place les US, plus « l’Axe de la Peur », plus Israel, tous unis pour, selon le jargon administratif de la Maison blanche/Pentagon « stopper l’hégémonie de l’Iran au Moyen Orient ». Difficile de ne pas être d’accord avec l’ambassadeur Iranien à Damas Mohammad Hassan Akhtari, quand il dit que les US utilisent la vieille tactique impériale britannique de diviser pour régner, semant la discorde parmi les Sunnites et les Shi’ites pour essayer d’isoler l’Iran.

Tendre la main à al Qaeda

Le jeu des US au Liban est irréductible. Il implique 60 millions de $ de soutien pour une chasse aux sorcières contre le Hezbollah menée par la Force de Sécurité Intérieure du ministère de l’intérieur, et un soutien généreux actif à des jihadistes Sunnites affiliés à al Qaeda. Une nouvelle fois l’administration Bush joue joyeusement le jeu d’al Qaeda. Le retour de manivelle sera inévitable.

Comme l’Irak est en Syrie, l’Irak est aussi arrivé au Liban. Des centaines de nouveaux jihadistes issus de plus de 400 000 palestiniens qui vivent dans les camps de réfugiés au Liban – comme le Fatah al-Islam, originellement du camp de réfugiés palestinien de Nahr al-Bared dans le nord du liban, ou Asbat al-Ansar, du camp de réfugiés d’Ain al-Hilweh – sont passés en Irak et ont acquis une expérience du champ de bataille en combattant l’occupation US. Au moins quelques uns d’entre eux sont de retour, de même que quelques jihadistes Salafistes du nord du Liban qui se sont réinstallés à Tripoli. Il y a aussi al-Qaeda fi Bilad as-Sham(« al-Qaeda dans les terres du Levant ») qui a émergé quand les forces Syriennes ont quitté le Liban en 2005.

Ceux-ci font partis des nouveaux « amis » des US au Liban. Pas surprenant que le milliardaire Saad Hariri, le fils de Rafik – un croisement de vendeur d’automobile louche et de loubard médiocre qui se trouve être le dirigeant de la majorité Sunnite au parlement Libanais- a déjà tiré d’affaire et obtenu une amnistie pour quelques jihadistes Salafistes de Dinniyeh entraînés dans des camps d’al Qaeda en Afghanistan.

Nasrallah – qui d’une nuit à l’autre n’est jamais autorisé à dormir au même endroit – est la cible N° 1 non seulement de ces jihaidstes Salafistes mais aussi du renseignement Jordanien, le roi Abdullah de « l’Axe de la Peur » fidèle et loyal allié des US. Au niveau de la rue Arabe Nasrallah reste le politicien incontesté au sommet pour tout le Moyen Orient, que ce soit parmi les Sunnites ou les Shi’ites : dans Damas on trouve même ses posters dans les magasins chrétiens et arméniens.

Une importante interview de janvier accordé par Nasrallah à la chaîne satellitaire al-Manar reste essentielle pour comprendre l’influence du Hezbollah dans le jeu Libanais. Le Liban est vu comme une partie du « Nouveau Moyen Orient » concocté par les US ; sa destinée est intimement liée à la Palestine occupée et l’Irak, de même que le sectarisme fomenté par les US au Liban est lié à la guerre civile fomentée par les US en Irak.

La Maison Blanche a bien sûr accusé le Hezbollah – sans preuve – de soutenir l’armée du Mehdi de Muqtada al-Sadr (Nasrallah a répété que le Hezbollah soutenait la résistance Irakienne « dans toutes ses composantes ». C’est vrai que Muqtada a soutenu le Hezbollah quand Israel a attaqué le Liban l’été dernier. A Kufa et Beyrouth c’est aussi largement reconnu que Muqtada respecte Nasrallah comme étant un dirigeant nationaliste imposant et extrèmement populaire – et a essayé d’organiser l’armée de Medhi jusqu’à un certain point sur le modèle de la branche armée du Hezbollah.

Oui, effectivement il y a des posters représentant une rencontre Muqtada Nasrallah – et ils feront partie des collections d’objets dans les camps d’entraînement de la CIA. Mais bien qu’ils dirigent des mouvements nationalistes de résistance – s’attirant par conséquent les foudres de l’Amérique – il y a des différences fondamentales. Le Hezbollah est un bloc solide, l’armée de Medhi s’est divisée en au moins 3 factions. Le Hezbollah n’est pas sectaire, comme au moins deux des factions de l’armée de Medhi qui continuent d’attaquer des civils Sunnites.

Nasrallah est particulièrement conscient du diviser pour régner. Dans son interview de janvier, il a défini le Nouveau Moyen Orient comme :

« une collection de petits états divisés selon des lignes religieuses, sectaires, raciales, du Liban à la Syrie à l’Irak à la Turquie à l’Afghanistan au Pakistan ; jusqu’à l’Arabie Saoudite et le reste des états du Golfe allant jusqu’en Afrique du nord. Un pilier de base de ce « Nouveau Moyen Orient » est un conflit continuel entre ces petits états ».

Déjà en janvier, Nasrallah était déconcerté par « certains politiciens au Liban qui sont intimement liés aux US et qui sont connus pour coordonner de manière rapprochée leurs actions avec les US, ces politiciens montent les Sunnites contre les Shi’ites sous prétexte que les Shi’ites sont des collaborateurs des US. C’est une contradiction bizarre, surréelle. » Bizarre est effectivement le nom du jeu de l’administration Bush – parce qu’elle pousse ces clients Sunnites contre les Shi’ites au Liban tandis qu’elle pousse ses propres collaborateurs Shi’ites contre les »autres » Shi’ites et divers Sunnites en Irak. Mais Nasrallah n’est peut être pas du tout déconcerté que l’administration Bush ait recours à al Qaeda contre le Hezbollah.

Cela se résume au même jeu : écraser tout vrai mouvement de résistance nationaliste, quoiqu’il en coûte, pour le bénéfice de régimes clients facile à manipuler. Comme le régime client de Nuri al-Maliki en Irak qui tue des Sunnites (et aussi autant que possible des Sadristes) ; le régime client d’Abbas en Palestine contre le Hamas, le régime client de Siniora au Liban attaquant le Hezbollah.

Le terme approprié utilisé en jargon administratif pour la poussée vers une guerre régionale Shi’ite Sunnite est alors cataloguée de « soutien à la démocratie » et repris inconditionnellement par les medias. La Maison de Saoud, répressive, rétrograde, est la meilleure partenaire dans ce « processus de paix » - car elle considère les nationalistes comme Nasrallah, Muqtada et le dirigeant du Hamas comme la peste.

Plus de guerres

Les responsables du Hezbollah à Beyrouth ont dit à Asia Times Online que le parti a tout à fait conscience que Bush, BandarBush, et Israel travaillent à déclencher une fitna – doute, colère, l’implosion de l’Islam. Ils disent que les US veulent non seulement une partition de l’Irak mais aussi de la Syrie, et du Liban. Le Hezbollah fait tout ce qu’il peut pour éviter une guerre régionale Sunnite-Shi’ite –qui commencerait par une partition de l’Irak.

C’est exactement ce que nous entendons des réfugiés Irakiens à Damas. Les US veulent que les Sunnites et les Shi’ites se tuent entre eux au lieu de tuer les soldats d’occupation US. Et c’est aussi ce que le renseignement Syrien entend de ces mêmes réfugiés Irakiens qu’ils viennent de Bagdad, de Hilla et Najaf ou de Fallujah et Ramadi.

Le Hezbollah ne veut pas d’une autre guerre civile au Liban. Et le Hezbollah ne veut pas également d’une autre guerre avec Israel. Mais, juste au cas ou, le parti se prépare non stop pour une autre attaque possible d’Israel, qui « pourrait se produire avant la fin de 2008 ».

Pendant ce temps, personne ne sait ce qui arrivera au centre ville de Beyrouth. Le Hezbollah jure que le sit in continuera. Le Hezbollah et d’autres groupes dans l’opposition veulent un droit de veto sur le cabinet Siniora soutenu par les US. Les Chrétiens Maronites et les Sunnites crient, mais la majorité de la population du Liban est d’accord.

Le Hezbollah considère le cabinet comme une marionnette des US. Le gouvernement Siniora et Hariri Inc disent que le Hezbollah est une marionnette de la Syrie et de l’Iran. Le dialogue semble pratiquement impossible. Pour sortir de l’impasse on devra attendre jusqu’à novembre quand le président Lahoud termine son terme. Une rumeur circule largement dans Beyrouth que le président Lahoud pourrait nommer un nouveau gouvernement. Le Liban surréaliste aurait alors deux cabinets en compétition. Pas étonnant que le Liban souffre d’une fuite de matière grise massive.

Et puis il y a la pression non stop des US sur le Conseil de Sécurité de l’ONU pour mettre en place un tribunal international pour examiner l’assassinat d’Hariri. Le Hezbollah n’est pas contre le tribunal – mais pas un tribunal manipulé par les US comme arme politique.

Le Hezbollah a une proposition solide pour sortir maintenant de l’impasse libanaise : de nouvelles élections ou un référendum. Les clients (libanais ndlt) des US continuent de dire non. Nasrallah devra attendre. Il est peut être le plus intelligent – et le plus populaire – homme d’état du Moyen Orient. Mais le vrai test de son envergure ce ne sera pas d’offrir une preuve tangible que le Hezbollah n’est pas une marionnette de la Syrie et de l’Iran. Ce sera de déjouer le spectre d’une guerre régionale Sunnite-Shi’ite encouragée par les US.

Pepe Escobar – 19/04/07 - Copyright 2007 Asia Times Online Ltd.

http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/ID19Ak02.html

Traduction bénévole Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007). Email : pepeasia@yahoo.com.



Complément d’information : Bandar, le Prince des Ténèbres Saoudien

Le Prince Saoudien Bandar bin Sultan (58 ans) est un personnage clé dans les tractations diplomatiques au Moyen Orient. Actuellement il dirige le Conseil à la Sécurité Nationale de son pays l’Arabie Saoudite, il a été pendant 22 ans ambassadeur saoudien à Washington où il a tissé de nombreux liens avec les administrations américaines successives mais aussi, informellement puisque son pays n’a aucune relation diplomatique avec Israel, dans les coulisses, avec l’état sioniste. Il a participé fin février à une rencontre des chefs des services secrets des pays arabes avec la secrétaire d’état Us Condoleezza Rice qui a eu lieu à Amman en Jordanie.

De nombreux signes indiquent qu’il est derrière le rapprochement « tranquille » fait par son pays avec l’état sioniste. En septembre 2006, il a rencontré secrètement le premier ministre israélien Ehud Olmert en Jordanie, une rencontre dévoilée plus tard dans les médias israéliens, comme par hasard quelques temps avant la relance de l’initiative dite Saoudienne, à laquelle Bandar a participé activement, pour la résolution du conflit israélo-palestinien. Cette rencontre n’était pas la première du « Prince des Ténèbres « saoudien avec l’administration israélienne. Selon des responsables politiques, hauts gradés militaires et anciens officiers des services de renseignements israéliens, les contacts de Bandar avec les représentants de l’état sioniste remontent au moins à 1990. Bandar a pris toutes les précautions nécessaires pour ne pas dévoiler ces contacts en public. Ainsi il a toujours gardé ses distances vis-à-vis des ambassadeurs israéliens à Washington, et a opté pour des liens avec l’état sioniste qui n’utilisaient pas les voies diplomatiques Saoudiennes habituelles. Ses discussions avec Tel Aviv ont porté sur deux points principaux : bloquer la menace stratégique que constituait pour lui l’Irak dans les années 1990, et celle de l’Iran actuellement, et avancer le processus de paix entre Israel la Syrie et les palestiniens. L’Arabie Saoudite est très préoccupée par le sort des Palestiniens. Ainsi, chaque rencontre hebdomadaire du cabinet Saoudien commence toujours par un compte rendu sur la « situation de la Palestine ».

Une biographie de Bandar « The Prince » (son biographe est l’américain William Simpson qui le qualifie de « Prince de l’Espoir » et fait l’éloge de ses capacités diplomatiques de médiation ) a été publiée aux US il y a quelques mois mais dans celle-ci il n’est fait aucune mention de ses « relations secrètes » avec l’état sioniste. Mais le Prince y explique néanmoins comment son intérêt pour ce pays est né. Cela a commencé en 1969 alors qu’il participait à une formation de pilote en Grande Bretagne. Il y a rencontré un autre pilote qui s’est présenté comme israélien. A partir de là il a fait des efforts pour rencontre d’autres israéliens.

Bandar a pourtant commencé sa carrière diplomatique aux US en combattant le puissant lobby pro sioniste AIPAC (dont deux anciens hauts responsables seront bientôt jugés pour avoir passé des documents top secrets aux israéliens et risque d’être condamnés pour espionnage). AIPAC à l’époque a essayé de faire annuler le contrat de vente pour l’armée de l’air de l’Arabie Saoudite du système AWACS de signal préventif contre une attaque aérienne. Les Saoudiens ont remporté la bataille grâce à Bandar, et depuis celui-ci se considère comme un lobby à lui tout seul. Son influence à Washington a atteint son pic avec l’administration Bush.

Selon ce livre, il serait intervenu directement début 1990 pour empêcher une attaque massive de Saddam Hussein sur Israel, transmettant le message à Bush père à Washington qui aurait fait pression sur l’état sioniste pour qu’il ne lance pas d’attaque préventive contre l’Irak. Lors du sommet de Madrid après la 1ere guerre du Golfe de 1991, les Saoudiens y ont participé «discrètement » continuant leurs contacts en coulisses avec les sionistes. Lors des Accords d’Oslo, Bandar avait un lien direct avec l’ambassade israélienne à Washington et a eu des discussions informelles avec l’ambassadeur sioniste de l’époque Itamar Rabinovitch. Bandar s’est également impliqué, sans succés, dans les pourparlers entre la Syrie et Israel dont le premier ministre de l’époque était Ehud Barak , assurant le contact avec les israéliens. Clinton, à l’époque président des US a envoyé Bandar en mission secrète en Syrie pour rencontrer le président Hafez Assad pour le convaincre de participer à un sommet « d’opportunité finale » à Genève. Le sommet a échoué, et depuis, aucune percée n’a été faite sur le front diplomatique état sioniste/Syrie.

Apres le 11 septembre, l’agenda US a changé. Bandar avait essayé de faire inviter Arafat à Washington mais ce dernier était désormais relégué dans le camp de « l’Axe du mal » de Bush.

Lors d’une conférence tenue sur le Moyen Orient à l’Université d’Oklaoma en 2002, Bandar s’en est pris violemment au gouvernement sioniste l’accusant d’être « fanatique » et a aussi accusé Benjamin Netanyahu (ancien premier ministre sioniste qui a ses entrées à Washington un faucon du Likoud très proche des néocons US) d’être un « extrémiste et un poids plume politique raté ». Il a appelé les sionistes à adopter le plan Saoudien de paix (retrait sur les frontières de 1967, solution juste au problème des réfugiés) au lieu de la « violence, la destruction et les punitions collectives de 3 millions de Palestiniens ».

Fin 2005, il a achevé son mandat d’ambassadeur à Washington et est retourné à Riyad pour diriger le Conseil de la Sécurité Nationale Saoudienne. Son pére, le Prince Sultan, est devenu Prince de la couronne à la mort du roi Fahd et c’est Abdallah qui a été couronné roi à sa place. Resté dans l’ombre au début de son retour, il est réapparu sur la scène diplomatique notamment pour servir de médiateur entre les US et l’Iran (dont il a rencontré le négociateur sur le nucléaire Ali Larijani).

Il semblerait néanmoins qu’à Riyad ces derniers temps, ce soit le Prince Saudi al-Faysal qui soit de nouveau en position de force face au Prince Bandar bin-Sultan, partisan d’un rapprochement Israël Arabie Saoudite. Faysal avance qu’il est temps que les Arabes prennent leur sort entre leurs mains et cessent de dépendre des puissances étrangères, plus particulièrement des US. Récemment, les Iraniens et les Saoudiens ont entrepris conjointement d’aider à la résolution des problèmes au Liban et de consolider la réconciliation entre les différentes factions palestiniennes.

(Source de ces informations un article d’Aluf Benn du 2 mars 2007 paru dans le quotidien israélien Haaretz intitulé « Israel's liaison to its neighbors: Saudi Prince Bandar » (La liaison d’Israel avec ses voisins : le Prince Bandar)

Traduction/synthèse Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org


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Jeudi 19 Avril 2007
Mireille Delamarre

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