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Iran

La Révolution Islamique Iranienne Avait L’Entière Approbation de l’Occident

Interview par IPS du journaliste et écrivain iranien, Roozbeh Mirebrahami, auteur d’un livre sur l’histoire cachée de la Révolution Islamique de l’Iran de 1979.



La Révolution Islamique Iranienne Avait L’Entière Approbation de l’Occident

La Révolution Islamique Iranienne Avait L’Entière Approbation de l’Occident
Dans son nouveau livre sur l’histoire cachée de la Révolution Islamique de l’Iran de 1979, le journaliste primé, Roozbeh Mirebrahami , dit que les puissances occidentales, dont les Etats-Unis, ont accéléré les évènements en reconnaissant les forces religieuses révolutionnaires, forçant le Shah à quitter le pays et empêchant un coup d’état de l’armée iranienne.

En 1953, les Etats-Unis ont renversé le gouvernement populaire du premier ministre Mohammed Mosaddeq et son cabinet via un coup d’état soutenu par la CIA. Des civils anti -communistes et des officiers de l’armée ont soutenu le coup.

Le deuxième départ d’Iran du Shah Mohammad Reza Pahlavi, presque un mois avant la victoire de la Révolution en février 1979, avait soulevé de graves inquiétudes parmi les dirigeants de la Révolution qui pensaient que Washington essaierait d’organiser un autre coup d’état en ramenant le Shah qui s’était enfui aux Etats-Unis. Cependant, des diplomates qui étaient au centre des évènements disent qu’il y a eu un arrangement entre des pays occidentaux et la direction religieuse islamique de l’Iran.

Au cours d’une interview avec le correspondant d’IPS Omid Memarian, Mirebrahami a dit que le rôle de l’Occident pour faciliter la Révolution avait largement été ignoré, tout particulièrement par le gouvernement iranien lui-même. Son livre en Farsi « Untold Aspects of the Iranian Revolution (Khazaran, 2008), s’appuie sur une interview intensive avec Abbas Amir- Entezam, le porte parole et vice premier ministre du cabinet intérimaire de Medhi Bazargan en 1979.

Amir-Entezam, qui est actuellement le prisonnier politique le plus ancien, était un ambassadeur auprès des pays scandinaves lors de la crise des otages à l’ambassade américaine. Ila été accusé d’espionnage au profit des US et condamné à mort en 1981. Sa peine a été plus tard commuée en prison à vie sans possibilité de libération sur parole. Des critiques suggèrent que les accusations étaient en représailles à son opposition précoce à un gouvernement théocratique en Iran.

IPS : il y a des rumeurs d’une rencontre entre le représentant du Président français et l’Ayatollah Khomeini à Paris, avant la Révolution. Quelle était la signification de cette rencontre ?

RM : Pendant son exil à Neauphle – le – Château près de Paris, les puissances mondiales de l’époque ont demandé à Khomeini, qui dirigeait la Révolution, de le rencontrer et d’amorcer un dialogue. Il a posé certaines conditions, dont le départ du Shah d’Iran et de l’aide pour éviter un coup d’état par l’armée iranienne. De l’autre côté de la table, les puissances occidentales avaient elles aussi des conditions. Elles étaient inquiètes d’une prise de pouvoir par l’Union Soviétique, d’une infiltration et d’une perturbation de l’approvisionnement de l’Occident en pétrole iranien. Khomeini a donné les garanties nécessaires. Ces rencontres et contacts ont eu lieu en janvier 1979, peu de jours avant la Révolution Islamique de février 1979.

IPS : Qu’est qui a poussé ces mêmes pays occidentaux à se retourner contre Khomeini et les autres quelques mois juste après la Révolution de 1979 ?

RM : Les puissances occidentales avaient surveillé les changements politiques et sociaux à l’intérieur de l’Iran depuis longtemps. Elles avaient essayé de comprendre les changements internes en Iran parle biais des forces qu’elles avaient en Iran ou les personnes qu’elles y envoyaient telle que l’ancien procureur général US, Ramsey Clark. Elles avaient constaté que la société iranienne était au bord d’un changement fondamental. Elles ont choisi de s’accommoder de ce changement. Après avoir reconnu les groupes d’opposition, elles les ont aidé en leur offrant des opportunités telles qu’une couverture médiatique. Par le biais de cette action, le changement s’est accéléré à une vitesse surprenante. Dans la phase suivante, afin d’empêcher l’Union Soviétique de tirer avantage de ces changements, parmi tous les groupes d’opposition existants, elles ont choisi des forces religieuses pour s’opposer au communisme, anti-religieux par nature.

IPS : Mais pourquoi après la Révolution se sont-elles retournés contre eux ?

RM : Je dirai qu’à cause de l’atmosphère révolutionnaire à l’intérieur de l’Iran et les actions des radicaux au pouvoir, cette relation rencontrait des difficultés.

IPS : Pourquoi les responsables US avaient-ils suffisamment confiance en l’Ayatollah Khomeini pour négocier avec lui ?

RM : (William H.) Sullivan, l’ambassadeur US en Iran, observait de prêt les affaires intérieures de l’Iran et analysait tous les développements. Toutes les affaires militaires et de l’armée, toutes les macro décisions prises et les réactions par le régime du Shah, toutes les activités des forces religieuses, les activités des communistes, et de toutes les autres forces révolutionnaires étaient surveillées par lui. Selon des documents et livres publiés aux Etats-Unis et d’autres pays occidentaux, aux environs de septembre 1978, quatre mois avant la Révolution, c’était évident que le Shah ne pouvait plus resté, et qu’il fallait trouver un moyen de passer un accord avec l’opposition. Tous les contacts et discussions ont été activés à ce moment là. Les forces religieuses qui entouraient Khomeini à cette époque comprenaient des personnes comme Yazdi, Bazargan, Bani Sadr, Ghorbzadeh ou parmi les dirigeants religieux, des personnes comme Beheshti et Motahhari… C’était des personnes éduquées, plutôt technocrates, et l’Occident a pensé qu’on pouvait leur faire confiance. Après la Révolution, cette confiance et cette relation sont restées intactes jusqu’à l’occupation de l’ambassade américaine.

IPS : Pourquoi la prise d’otage a-t-elle eu lieu au moment ou le nouveau gouvernement sous la direction de l’Ayatollah Khomeiny avait une relation normale avec les US ?

RM : l’Ayatollah Khomeini s’opposait aux actions radicales telles que l’occupation de l’ambassade américaine. Par exemple, ce n’était pas la première fois que l’ambassade US était occupée. Dés les premiers jours de la Révolution, lors des premiers 10 jours, l’ambassade US a été occupée pour la première fois par des forces gauchistes telles que Khalgh et d’autres forces parallèles, mais l’Ayatollah Khomeini a réagi très vigoureusement en envoyant Ebrahim Yazdi à l’ambassade pour en chasser les révolutionnaires qui l’occupaient. Lors du deuxième incident, Khomeini a été pris de court alors que l’incident avait déjà eu lieu. La pression des radicaux à ce moment là a fait que Khomeini les a soutenus. Cet incident a été à l’origine de la démission du premier ministre Bazargan. Avant cet incident, la relation entre le nouveau gouvernement et l’Occident était pratiquement normale. Nous ne devons pas oublier qu’exactement un jour après la Révolution, les Etats-Unis ont reconnu officiellement le nouveau gouvernement.

IPS : Donc quel genre d’impact tout ceci a-t-il eu sur la Révolution Islamique ?

RM : Ce livre comprend plusieurs traits. D’abord il réexamine le portrait dressé par la République Islamique de l’histoire de la Révolution, ce qui est une ligne rouge actuellement en Iran. Deuxièmement, Amir Entezam lui-même a toujours été une ligne rouge pour le régime qui a essayé par tous les moyens d’effacer son nom des données officielles. Troisièmement, une personne de la nouvelle génération, née l’année de la Révolution, a fait toute cette recherche. Et je suis très heureux qu’après cinq ans de toutes sortes d’interdits et d’obstacles, ce livre soit publié.

Inter Press Service 28/07/08 – Publié sur www.antiwar.com

Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org




Mardi 29 Juillet 2008
Mireille Delamarre

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