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La Résolution 362 du Congres Américain, Une Véritable Déclaration de Guerre contre l’Iran

Sous la pression du lobby sioniste AIPAC, le Congres américain s’apprête à voter cette résolution, une véritable déclaration de guerre des US à l’Iran. Quelle serait la réponse de l’Iran ?



La Résolution 362 du Congres Américain, Une Véritable Déclaration de Guerre contre l’Iran

La Résolution de déclaration de guerre à l’Iran pourrait être votée la semaine prochaine au Congrès américain

Présentée il y a moins d’un mois, la Résolution 362, connue également sous le nom de Résolution de Guerre contre l’Iran, et activement soutenue par le Lobby pro sioniste AIPAC, pourrait être votée par le Congrès la semaine prochaine.

Le vote de cette Résolution est la priorité des priorités en matière législative du lobby pro sioniste. Sur son site internet AIPAC soutient la Résolution comme un moyen de stopper le programme nucléaire de l’Iran, et demande aux lecteurs de faire du lobbying auprès du Congrés pour aider à faire passer cette loi. Au Sénat, une Résolution identique, le Résolution 580, a été rapidement co sponsorisée. Introduite par le Démocrate d’Indiana Evan Bayh le 2 juin, elle a depuis gagné 19 co sponsors.

La partie la plus importante de la Résolution « demande que le Président s’engage dans une initiative internationale pour immédiatement et dramatiquement accroître la pression diplomatique, économique et politique sur l’Iran pour qu’il suspende de manière vérifiable toutes ses activités d’enrichissement d’uranium, en interdisant l’exportation vers l’Iran de tous les produits pétroliers raffinés ; en imposant des exigences d’inspection particulièrement strictes sur toutes les personnes, les véhicules, les bateaux, les avions, les trains et les cargaisons qui entrent ou quittent l’Iran ; et en interdisant les déplacements internationaux de tous les responsables iraniens impliqués dans les négociations de la suspension du programme nucléaire iranien. »

«En imposant des exigences d’inspection particulièrement strictes sur toutes les personnes, les véhicules, les bateaux, les avions, les trains et les cargaisons qui entrent ou quittent l’Iran », ceci peut être considéré comme une décision du Président d’initier un blocage naval de l’Iran. Un blocage unilatéral naval, sans sanction de l’ONU, est un acte de guerre.

La Résolution 362 a déjà obtenu 170 co sponsors, soit presque 40% du Congrès. Elle a été envoyée devant le Comité des Affaires Etrangères, qui est composé de 49 membres, dont 24 sont sur la liste des co sponsors. Selon le site internet, Iran Nuclear Watch, « selon la direction du Congrès, cette Résolution va passer comme une lettre à la poste, avant fin juin, selon une procédure dite de suspension – cela veut dire pas d’amendement au cours d’un débat qui dure au maximum 20 minutes. Cela veut également dire que la loi passera à une majorité de 2/3, et n’est pas discutable. »

Il semble donc que les élus, Démocrates et Républicains, au Congres considèrent comme non discutable le fait de recommander à un Président aventuriste, réputé pour sa faiblesse de jugement, d’envisager de s’engager dans un acte de guerre contre l’Iran.





L’Union Européenne prend de nouvelles sanctions contre l’Iran

L’UE vient d’approuver sans même qu’il y ait eu débat – preuve que l’UE n’est pas une institution démocratique- lors de discussions au Luxembourg entre des dirigeants de l’UE, les mesures qui ont été évoquées lors de la rencontre des chefs des états membres à Bruxelles vendredi dernier. Outre le gel des avoirs en Europe de la plus grande banque iranienne, Melli, qui, anticipant une telle décision, et à la demande du gouvernement iranien, avait rapatrié pratiquement tous ses avoirs détenus dans ses succursales européennes, l’UE doit annoncer aujourd’hui d’autres mesures financières et des interdictions de déplacements pour certains experts iraniens liés au programme nucléaire de leur pays.

Cette démarche est complètement illogique, puisqu’elle suit de peu celle faite par le représentant de la politique étrangère de l’UE, Javier Solana, qui a transmis la semaine dernière des propositions d’aides économiques et de coopération à l’Iran, réitérant néanmoins les exigences de l’UE de suspension de l’enrichissement d’uranium par les iraniens. L’Iran n’a pas encore donné sa réponse, et le fait que l’UE adopte ces nouvelles sanctions annule de facto ces propositions. C’est un style de diplomatie complètement inconséquente, méprisante et humiliante pour l’Iran. Elle ne saurait porter ces fruits sauf si l’objectif dissimulé c’est effectivement de vouloir intentionnellement que cette démarche diplomatique échoue..

Les sanctions contre l’Iran sont peu efficaces et ne font que renforcer la volonté des Iraniens de poursuivre leur programme nucléaire civil. Elles renforcent également le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, dont les maigres résultats en matière d’amélioration de la situation économique à l’intérieur du pays, sont occultés par ces sanctions, voire justifiés par elles parce que les sanctions accroissent l’inflation. Les élections à la présidence en Iran auront lieu en début d’année prochaine, et les sanctions ne font que rassembler un peu plus les Iraniens derrière la direction politique actuellement au pouvoir. Pour ceux qui visent un « changement de régime » elles sont totalement contre productives.



Représailles de l’Iran en cas d’attaque américano sioniste

Selon certains experts et analystes militaires, la République Islamique, si elle était attaquée par les US ou Israël, ou bien les deux à la fois, mènerait des représailles de type asymétrique. Ces analystes militaires mettent en garde contre les conséquences sévères d’une attaque initiée par les US contre l’Iran. Bien que l’armée iranienne ne fasse pas le poids technologiquement contre l’Armada américaine dans le cadre d’une guerre de type conventionnel, l’Iran a déjà montré par le passé qu’elle peut se montrer extrêmement agressive en passant en mode guerre asymétrique. Les forces armées américaines en Irak et en Afghanistan seraient les premières visées par des représailles iraniennes, de même que les intérêts économiques des US dans toute la région du Golfe. Ils pourraient être la cible d’attaques à la roquette et d’attaques à la bombe. L’Iran a affirmé en octobre dernier, que dans la minute suivant l’attaque, «l’ennemi » recevrait 11 000 roquettes, lors d’une réponse d’intensité soutenue. Selon Magnus Ranstorp expert au Center for Asymmetric Threat Studies at the Swedish National Defense College à Stockholm, un problème important, vu sous l’angle des renseignements US, c’est que la réaction iranienne serai plus inattendue que celle de la menace d’Al Qaeda… Je doute beaucoup de notre capacité de gérer certaines des conséquences », notant au passage que les représailles iraniennes par le passé avaient eu une dimension mondiale. « Si vous attaquez l’Iran, vous déclenchez une tempête de feu en interne, qui ne fait que renforcer les forces révolutionnaires, de même qu’ en externe dans la région… C’est un scénario de cauchemar pour tout planificateur de l’imprévisible, et je pense que vous entrez vraiment dans une zone de crépuscule si vous attaquez l’Iran. »

En 2006, le chef religieux suprême iranien, l’Ayatollah Sayyed Ali Khameini, a mis en garde contre toute attaque parlant de représailles extrêmes : « les américains doivent savoir que s’ils attaquent l’Iran, leurs intérêts seront frappés partout dans le monde, là où c’est possible… La nation iranienne répondra par un coup deux fois plus fort ».

Les Iraniens savent très bien que dans le cadre d’une guerre conventionnelle ils ne peuvent pas gagner contre les US. Mais ils ont d’autres atouts. Le commandant des IRGC ( Iran Revolution Guard Corps) nommé à l’automne dernier est un « génie en matière de stratégie de guerre asymétrique » selon Vatanka, analyste sur la sécurité au Moyen Orient, pour le groupe Jane à Washington et au Middle East Institute.

Israël est également à portée de missiles balistique Shabab 3 iranien, et le Hezbollah et la Syrie, qui a signé des accords de coopération militaire avec l’Iran, pourraient se ranger du côté de l’Iran, la guerre prenant une dimension régionale, alors que les US, et leurs alliés, sont déjà en situation d’échec en Irak (où l’Australie, pourtant un fidèle allié des US, vient de retirer ses troupes de combat) et en Afghanistan.

Dans le Golfe Persique, par lequel transite une grande partie de l’approvisionnement mondial en pétrole, les Iraniens possèdent une multitude de petites vedettes extrêmement rapides, qui agissent en « essaims » et qui pourraient mener des opérations éclairs contre la flotte américaine et faire d’immenses dégâts. D'après un document du Pentagone de 2002, classé secret à l’époque, une simulation de guerre avec ce type d’attaque provoquait la destruction de 16 des plus gros navires de guerre US, selon un article publié dans le New York Times en janvier. Selon le lieutenant général K.Van Riper, un ancien officier du Corps de Marine à la retraite « le nombre impressionnant de vedettes impliquées dépassaient leur capacité, à la fois mentale et électronique (des forces US), pour affronter une telle attaque ». Il a ajouté : « toute l’opération était terminée en 5 peut être 10 minutes. »

Selon Ranstorp, les services de renseignement iranien sont extrêmement bien organisés, disposant de 30 000 agents salariés. I[« C’est une superpuissance en terme de renseignement ; leur pouvoir s’étend dans le monde entier, parce qu’ils ont des capacités de reconnaissance et des moyens plutôt sophistiqués d’infliger des coups… Ils ont étendu leur zone d’influence. » ]i

Alors qu’une attaque contre les installations nucléaires iraniennes - tous les experts sont d’accord sur ce point, - ne ferait que retarder le développement du programme nucléaire iranien de quelques années, elle pourrait avoir un effet boomerang et inciter l’Iran à se doter de l’arme nucléaire. Le Directeur Général de l’AIEA, Mohammed Al Baradei, a affirmé récemment que si les US ou Israël attaquait l’Iran il démissionnerait de son poste. Une telle attaque effectivement sonnerait le glas des activités de contrôle de l’Agence, déjà partiellement discréditée pour son incapacité à stopper la guerre contre l’Irak, alors que, par son travail d'inspections strictes sur le terrain, l’Agence avait prouvé que l’Irak n’avait pas d’Armes de Destruction Massive.

Sources de certaines informations : le blog de www.antiwar.com, AP, Christian Science Monitor.


Nouvelle flambée du prix du pétrole aprés les menaces israéliennes contre l'Iran

Mardi 24 Juin 2008
Mireille Delamarre


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