Selon certains experts et analystes militaires, la République Islamique, si elle était attaquée par les US ou Israël, ou bien les deux à la fois, mènerait des représailles de type asymétrique. Ces analystes militaires mettent en garde contre les conséquences sévères d'une attaque initiée par les US contre l'Iran. Bien que l'armée iranienne ne fasse pas le poids technologiquement contre l'Armada américaine dans le cadre d'une guerre de type conventionnel, l'Iran a déjà montré par le passé qu'elle peut se montrer extrêmement agressive en passant en mode guerre asymétrique. Les forces armées américaines en Irak et en Afghanistan seraient les premières visées par des représailles iraniennes, de même que les intérêts économiques des US dans toute la région du Golfe. Ils pourraient être la cible d'attaques à la roquette et d'attaques à la bombe. L'Iran a affirmé en octobre dernier, que dans la minute suivant l'attaque, «l'ennemi » recevrait 11 000 roquettes, lors d'une réponse d'intensité soutenue. Selon Magnus Ranstorp expert au
Center for Asymmetric Threat Studies at the Swedish National Defense College à Stockholm,
un problème important, vu sous l'angle des renseignements US, c'est que la réaction iranienne serai plus inattendue que celle de la menace d'Al Qaeda… Je doute beaucoup de notre capacité de gérer certaines des conséquences », notant au passage que les représailles iraniennes par le passé avaient eu une dimension mondiale.
« Si vous attaquez l'Iran, vous déclenchez une tempête de feu en interne, qui ne fait que renforcer les forces révolutionnaires, de même qu' en externe dans la région… C'est un scénario de cauchemar pour tout planificateur de l'imprévisible, et je pense que vous entrez vraiment dans une zone de crépuscule si vous attaquez l'Iran. »
En 2006, le chef religieux suprême iranien, l'Ayatollah Sayyed Ali Khameini, a mis en garde contre toute attaque parlant de représailles extrêmes :
« les américains doivent savoir que s'ils attaquent l'Iran, leurs intérêts seront frappés partout dans le monde, là où c'est possible… La nation iranienne répondra par un coup deux fois plus fort ».
Les Iraniens savent très bien que dans le cadre d'une guerre conventionnelle ils ne peuvent pas gagner contre les US. Mais ils ont d'autres atouts. Le commandant des IRGC ( Iran Revolution Guard Corps) nommé à l'automne dernier est un
« génie en matière de stratégie de guerre asymétrique » selon Vatanka, analyste sur la sécurité au Moyen Orient, pour le groupe Jane à Washington et au Middle East Institute.
Israël est également à portée de missiles balistique Shabab 3 iranien, et le Hezbollah et la Syrie, qui a signé des accords de coopération militaire avec l'Iran, pourraient se ranger du côté de l'Iran, la guerre prenant une dimension régionale, alors que les US, et leurs alliés, sont déjà en situation d'échec en Irak (où l'Australie, pourtant un fidèle allié des US, vient de retirer ses troupes de combat) et en Afghanistan.
Dans le Golfe Persique, par lequel transite une grande partie de l'approvisionnement mondial en pétrole, les Iraniens possèdent une multitude de petites vedettes extrêmement rapides, qui agissent en « essaims » et qui pourraient mener des opérations éclairs contre la flotte américaine et faire d'immenses dégâts. D'après un document du Pentagone de 2002, classé secret à l'époque, une simulation de guerre avec ce type d'attaque provoquait la destruction de 16 des plus gros navires de guerre US, selon un article publié dans le New York Times en janvier. Selon le lieutenant général K.Van Riper, un ancien officier du Corps de Marine à la retraite
« le nombre impressionnant de vedettes impliquées dépassaient leur capacité, à la fois mentale et électronique (des forces US), pour affronter une telle attaque ». Il a ajouté :
« toute l'opération était terminée en 5 peut être 10 minutes. »
Selon Ranstorp, les services de renseignement iranien sont extrêmement bien organisés, disposant de 30 000 agents salariés.
« C'est une superpuissance en terme de renseignement ; leur pouvoir s'étend dans le monde entier, parce qu'ils ont des capacités de reconnaissance et des moyens plutôt sophistiqués d'infliger des coups… Ils ont étendu leur zone d'influence. »
Alors qu'une attaque contre les installations nucléaires iraniennes - tous les experts sont d'accord sur ce point, - ne ferait que retarder le développement du programme nucléaire iranien de quelques années, elle pourrait avoir un effet boomerang et inciter l'Iran à se doter de l'arme nucléaire. Le Directeur Général de l'AIEA, Mohammed Al Baradei, a affirmé récemment que si les US ou Israël attaquait l'Iran il démissionnerait de son poste. Une telle attaque effectivement sonnerait le glas des activités de contrôle de l'Agence, déjà partiellement discréditée pour son incapacité à stopper la guerre contre l'Irak, alors que, par son travail d'inspections strictes sur le terrain, l'Agence avait prouvé que l'Irak n'avait pas d'Armes de Destruction Massive.
Sources de certaines informations : le blog de www.antiwar.com, AP, Christian Science Monitor.
Nouvelle flambée du prix du pétrole aprés les menaces israéliennes contre l'Iran