Mercredi dernier, le parlement européen - et c'est tout à son honneur - a suspendu un vote pour entériner un "réhaussement" des relations UE Israël. Malgré cela, dans un acte de déni de démocratie, lundi, les ministres des affaires étrangères des 27 états membres ont voté à l'unanimité pour renforcer ces relations, une inclusion de l'état sioniste dans le cercle rapproché des états membres. Suite à ce vote, le directeur de programme du Centre d'Information Alternative de Jerusalem, Sergio Yahni, a déclaré que ce vote était "un échec du système légal international... que c'était la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale que la communauté européenne avait effectivement régressé dans le domaine de la protection des droits de l'homme". C'est un véritable acte de mépris commis à l'avant veille de la commémoration du 60ème anniversaire de la Déclaration des Droits de l'Homme.
Dans le cadre de ce processus actualisé, en Avril, tous les chefs de gouvernements des pays membres recevront le nouveau premier ministre israélien à Bruxelles, qui, selon les derniers sondages, sera issu du Likoud, un parti de droite en passe de devenir celui des colons fascistes sionistes. Sous la pression du gouvernement sioniste, les ministres ont également décidé d'écarter un plan d'action de l'UE dans le cadre du processus de paix prévu pour 2009, visant à imposer des objectifs précis pour avancer dans le cadre des négociations israêlo palestiniennes. Alors que plusieurs etats membres (La Grande Bretagne, la Belgique, l'Ireland, Chypre et Malte) avaient conditionné ce renforcement des relations bilatérales UE Israël aux progrès accomplis dans le cadre de ces négociations, la semaine dernière, la ministre des affaires étrangères Tzipi Livni s'est précipitée à Bruxelles pour faire du lobbying auprès des ministres des affaires étrangères mais surtout auprès de Bernard Kouchner. Ce dernier, en temps que ministre des affaires étrangères de la France qui assure la présidence tournante de l'UE jusqu'à fin décembre, joue un rôle prépondérant. A un moment donné, elle a demandé à chacun des ministres de la laisser seule en tête à tête avec Kouchner. Pendant la conversation les deux sont tombés d'accord qu'il n'y aurait pas de lien entre le renforcment des relations et les progrès réalisés en matière de négociations avec les Palestiniens, mais que l'UE publierait simplement une déclaration séparée réiterant le besoin de continuer les négociations sur le statut final. C'est aussi Kouchner, sous la pression de Livni qui a donné son aval pour que le plan d'action de paix, que la France elle-même avait formulé, ne soit pas contraignant.
Ce renforcement des relations bilatérales permettra au ministre des affaires étrangères israélien de rencontrer officiellement ses homologues des 27 pays membres de l'UE 3 fois par an. D'autres ministres rencontreront leurs homologues européens, l'UE et Israël méneront également un "dialogue stratégique" - activité qui confère à Israël un statut de casi membre de l'UE - sur des points essentiels tels que le processus de paix, la "menace iranienne" le contre terrorisme et le crime organisé. En plus, l'UE s'engage à aider Israël à intégrer les agences de l'ONU et à inclure des experts israéliens au sein des forces européennes de maintien de la paix.
Kouchner, sioniste notoire, a donc participé activement à ce renforcement. Pas étonnant quand on prend connaissance de sa façon de concevoir le respect des Droits de l'Homme, surtout lorsqu'il s'agit d'Israël. Ainsi, ce mercredi, dans une interview accordée au quotidien Le Parisien, a-t-il déclaré :
"Il y a contradiction permanente entre les droits de l’homme et la politique étrangère d’un Etat, même en France....On ne peut pas diriger la politique extérieure d’un pays uniquement en fonction des droits de l’homme. Diriger un pays éloigne évidemment d’un certain angélisme"
En disant cela, Kouchner révèle son vrai visage celui d'un manipulateur cynique des Droits de l'Homme à des fins de politique politicienne. Dans certains cas, comme au Darfour, pour lui il faut les faire respecter manu militari, et dans d'autres comme en Palestine fermer les yeux sur les crimes de guerre israéliens commis à Gaza contre une population civile palestinienne constituée pour 50% d'enfants, et même, comble de cynisme immoral, les récompenser par des relations rapprochées UE Israël.
Pourtant, le rapporteur des Droits de l'Homme de l'ONU, Richard Falk, vient de déclarer mardi que la politique israélienne contre les Palestiniens équivalait à un crime contre l'humanité. Il a dit que c'est une obligation pour le Tribuanl Pénal International d'enquêter sur les politiques d'Israël concernant les Palestiniens. "Le Tribunal devrait déterminer si les dirigeants civils israéliens et les commandants militaires responsables du siège de Gaza doivent être inculpés et poursuivis pour violation du droit criminel international". Il a ajouté que le gouvernement israélien était confronté à un niveau de critiques par des "responsables de l'ONU habituellement prudents" jamais vu depuis " le sommum de l'Apartheid d'Afrique du Sud". ..."Et pourtant Israël continue a maintenir son siège de Gaza, dans toute sa furie, laissant à peine entrer suffisamment de nourriture et de combustible pour éviter une famine et des épidémies."
La présidence tournante de la France s'achève le 31 décembre, mais il n'y a rien à attendre de positif de la République Tchèque qui prend le relais. Lors d'une visite récente en Israël, le ministre des affaires étrangères tchéque, Karel Schwarenberg, a réitéré son total soutien au régime sioniste. La République Tchèque est l'un des pays membres les plus dévoués d'Israël au sein de l'UE.
Il y a des élections européennes l'année prochaine, il est plus qu'urgent de demander des comptes aux candidats sur leur programme en matière de politique étrangère de l'UE en général, et plus spécifiquement en ce qui concerne la Palestine.
De cette Europe, et de ses politiciens et technocrates cyniques et moralement corrompus, qui encouragent les crimes sionistes contre l'humanité palestinienne, nous ne voulons pas.