Sarkozie

La France change sa politique diplomatique à l'égard de l'Iran – Sarkozy défend la « présence de la France en Irak », et serait prêt à fournir une aide nucléaire à certains pays arabes.

Il y a quelque chose qui ne va pas quand le président français Nicolas Sarkozy, qui conduit son pays vers un nouveau programme de modernisation d'armement nucléaire en violation flagrante avec les obligations de désarmement du Traité de Non prolifération Nucléaire (TNP) pour les états nucléaires, demande à l'Iran « d'honorer son engagement ».



La France change sa politique diplomatique à l'égard de l'Iran – Sarkozy défend la « présence de la France en Irak », et serait prêt à fournir une aide nucléaire à certains pays arabes.

La France change sa politique diplomatique à l'égard de l'Iran

Il y a quelque chose qui ne va pas quand le président français Nicolas Sarkozy, qui conduit son pays vers un nouveau programme de modernisation d'armement nucléaires en violation flagrante avec les obligations de désarmement du Traité de Non prolifération Nucléaire (TNP) des états nucléaires, demande à l'Iran « d'honorer son engagement ».

Mais Sarkozy, alors que les relations France US sont toujours en mode convalescentes après l'invasion de l'Irak de 2003, semble s'engager sur une voie difficile entre son ralliement à la cause contre l'Iran et son engagement à maintenir la France en dehors des casse têtes de politique extérieure.

Avec une politique étrangère clairement affichée plus « activiste » avec, cette semaine, la visite du ministre français des affaires étrangères Bernard Kouchner à Bagdad *, Sarkozy est maintenant sur le point de mener la marche européenne contre l'Iran, qui continue d'aller de l'avant avec son programme nucléaire malgré les sanctions des Nations Unies. Paris et Washington ont tous deux qualifié la coopération de l'Iran avec l'AIEA « d'insuffisante », et ont demandé une suspension totale de l'enrichissement d'uranium et des activités de retraitement du pays.

Mais Sarkozy et son cercle de dirigeants politiques sont peut être entrain de ramer à contre courant, alors qu'en mars 2005 le président alors en poste Jacques Chirac a rencontré le négociateur de l'époque pour l'Iran Hasan Rowhani, et a ouvertement accepté l'idée d'un « programme limité d'enrichissement » pour l' Iran. L'acceptation cependant a été de courte durée après que Chirac ait été obligé de rétracter sa déclaration à cause de l'opposition intense de Washington et de Londres.

Cependant, depuis, un nombre croissants de diplomates européens et d'experts ont abouti à la même conclusion que Chirac, à la lumière de la récente déclaration du directeur général de l'AIEA, Mohammad ElBaradei, que la maîtrise par l'Iran du cycle du combustible nucléaire est un « fait accompli ».

Le fait que Sarkozy serre les rangs derrière les US vis-à-vis de l'Iran peut avoir l'effet inverse en affaiblissant un consensus diplomatique européen sur la crise nucléaire iranienne, actuellement mené par le chef de la politique étrangère de l'UE Javier Solana. Solana doit rencontrer dans le futur proche le négociateur iranien sur le nucléaire Ali Larijani. Les deux hommes ont dit qu'ils espéraient avancer sur la base des « solide progrès » atteints lors de leurs précédentes rencontres.

Pourquoi le duo Larijani Solana fait des progrès alors que les autres voies utilisées n'en font pas ? La réponse c'est la diplomatie persuasive, car Solana a sagement utilisé une diplomatie calme et la rationalité, plutôt que la rhétorique de Washington et de Londres. On est à court de rationalité ces jours ci aux Etats-Unis, où les médias se sont ralliés derrière le paradigme « pression sur l'Iran » sans pratiquement aucune exception. Même une version nuancée de ce paradigme dans l'éditorial du Christian Monitor qui offre plus de carotte que de bâton pour la coopération de l'Iran n'arrive pas à admettre que les menaces ne sont pas la bonne manière de traiter avec l'Iran. (1)

Malheureusement, le seul langage que savent utiliser les US c'est la diplomatie coercitive, l'une des raisons pour laquelle le dialogue US Iran sur la sécurité de l'Irak n'a pas progressé. Etant donné la vague d'accusations contre l'Iran de l'armée américaine qui a coïncidé avec ces discussions, c'est un petit miracle qu'il n'y ait pas été mis fin.

Comme d'habitude, les US ont utilisé plus de coercition que de diplomatie et, en faisant cela, ont augmenté les craintes en Iran qu'ils préparent une attaque contre ses installations nucléaires sous le prétexte de frapper le corps des Gardes de la Révolution Iranienne (IRGC) que la Maison Blanche a récemment catalogué comme un groupe « nommé spécialement terroriste mondial ».

Est-ce que Sarkozy veut signer un tel scénario et, si non, pourquoi est-il silencieux sur le sujet alors que les signes des intentions militaires de la Maison Blanche contre l'Iran deviennent de plus en plus prononcés ? Bien évidemment la même question s'applique à d'autres dirigeants européens, particulièrement à la chancelière allemande Angela Merkel, et au premier ministre britannique Gordon Brown, dont les gouvernements ont fait partie de la Troïka européenne négociant avec Téhéran depuis 2003.

Malheureusement, il y a une fausse impression en Occident que menacer l'Iran a permis d'obtenir des résultats et qu'encore plus de menaces sont nécessaires pour obtenir la coopération totale de l'Iran avec le Conseil de Sécurité de l'ONU.

Apres avoir fait plusieurs voyages en Iran, des responsables de l'AIEA, qui ont sans cesse confirmé l'absence de preuve d'un programme militaire, ont rapporté de sérieux progrès, pourtant cela à irrité les oreilles de la Maison Blanche qui maintenant accuse l'Iran d'essayer d'échapper aux sanctions de l'ONU « à travers la transparence nucléaire ».

La question bien sûr est : est ce que la stratégie de la Maison Blanche qui pousse pour plus de sanctions en ignorant les développements positifs sur le front Iran AIEA convient à la communauté internationale.

La réponse c'est non et c'est pourquoi la Maison Blanche utilise l'approche « terrorisme» sur les IRGC pour brouiller les pistes essayant ainsi de créer un lien direct entre l'Iran et l'Irak, tout cela au détriment de ses propres intérêts en Irak. Cela n'a pas de sens, et, si les US et ses alliés européens intimidaient le Conseil de Sécurité pour obtenir une nouvelle tournée de sanctions contre l'Iran, alors la victime la plus probable serait l'AIEA, car l'Iran a prévenu qu'il restreindra ou même cessera sa coopération avec l'agence à l'énergie atomique de l'ONU si cela arrive.

Une réaction en chaîne, facilitant « l'option militaire » suivra probablement, raison pour laquelle les européens doivent penser deux fois en particulier sur la sagesse de se coaliser contre l'Iran, une action qu'on rapporte être à l'initiative des faucons conduits par le vice président US Dick Cheney.

Certainement, menacer l'Iran avec des « armes nucléaires tactiques », ou même des bombes type « monstres à explosion souterraine», n'est pas la bonne tactique. De même que la stratégie nucléaire de la France d'autoriser une attaque nucléaire contre des attaques conventionnelles ne sert pas la cause de la non prolifération.

Un engagement à ne pas « utiliser le premier » des armes nucléaires est déplorablement absente dans les doctrines de sécurité nationale des US, de la France et de la Grande Bretagne, qui au lieu de cela reposent largement et stratégiquement sur un arsenal nucléaire d'armes de prestige, de dissuasion et d'acceptation, sans respecter les normes de désarmement du TNP.

Le fond du problème c'est que tant que l'idée de désarmement reste lettre morte, la noble cause de non prolifération du TNP est également lettre morte et la prolifération nucléaire reste la norme. C'est là l'équation simple qui échappe au nouveau président de la France, qui continuera de rester ignorant s'il continue à demander aux autres d'»honorer leurs engagements » quand lui et d'autres états nucléaires n'ont pas respecté les leurs.

Note

(1) Pour plus d'information sur ce point voir Afrasiabi and Pirouz Mojtahedzadeh, Threats are not the way to deal with Iran un article paru sur le Herald Tribune le 2 juillet 2004 : www.iht.com/articles/é004/07/02/edkaveh_ed3_php

Kaveh L. Afrasiabi 24/08/07 - Copyright 2007 Asia Times Online

Url de l'article:http://atimes.com/atimes/Middle_East/IH25Ak02.html

Kaveh L. Afrasiabi, PhD, est l'auteur de “After Khomeini: New Directions in Iran's Foreign Policy (Westview Press)” et co auteur de "Negotiating Iran's Nuclear Populism", Brown Journal of World Affairs, Volume XII, Issue 2, Summer 2005, avec Mustafa Kibaroglu. Il a aussi écrit "Keeping Iran's nuclear potential latent", Harvard International Review, et est l'auteur de Iran's Nuclear Program: Debating Facts Versus Fiction


Sarkozy défend la « présence de la France en Irak ».

Paris - Le président français Nicolas Sarkozy a affirmé vendredi lors d'une réunion du cabinet ministériel que « la France doit être présente en Irak » selon le porte parole du gouvernement français Laurent Wauquiez.

« La France doit être présente en Irak, la France doit être présente dans différents pays arabes, elle doit définir une politique internationale acceptable » selon Sarkozy cité par Wauquiez.

Le chef de l'état français a remercié le ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner, disant que sa visite en Irak * était difficile et a été menée d'une manière remarquable.

La visite de Kouchner en Irak a été critiquée en France, certains analystes disant que la France ne doit pas commencer à s'engager en Irak sous prétexte qu'elle s'était opposée à l'intervention militaire des Etats-Unis là bas.

Source agence de presse chinoise Xinhua 25/08/07 - http://www.chinadaily.com.cn/world/2007-08/25/content_6055495.htm

Aide de la France aux programmes nucléaires d'états arabes

La France agit pour fournir à plusieurs pays arabes des programmes nucléaires pacifiques pour sevrer la région du pétrole et améliorer les relations franco arabes, un haut fonctionnaire du ministère des affaires étrangères a dit au Jérusalem Post jeudi.

La France a forgé une coopération nucléaire avec la Libye et a discuté d'une telle possibilité avec l'Algérie et les Emirats Arabes Unis.

Les français se sont assurés que les programmes seraient « à des fins civiles pacifiques » selon le haut fonctionnaire – principalement pour fournir de l'eau potable par désalinisation.

« Pour s'écarter de la dépendance au pétrole une alternative doit être introduite. Cette alternative c'est le programme nucléaire civil, a dit le fonctionnaire du ministre des affaires étrangères. « La position du gouvernement français est clair – que nous sommes en faveur d'un développement du nucléaire civil mais dans un cadre contrôlé ».

La politique française est aussi basée sur un « système de récompense » qui encouragera d'autres pays à abandonner des politiques indésirables, selon le fonctionnaire. « C'est un message, qui dit clairement et à haute voix : « faites que vos attitudes et pratiques soient en conformité avec le reste du monde, et vous serez récompensés ».

Le meilleur exemple de cela selon le fonctionnaire c'est la Libye. « Ils étaient dans une mauvaise situation en 2003, et ont été forcés d'abandonner leur programme. Maintenant ils ont tourné la page et sont prêts à respecter les règles du TNP qu'ils ont signé. »

La technologie nucléaire sera fournie par le producteur français AREVA qui fabrique des EPR sophistiqués. Les gouvernements étrangers travaillent avec le secteur privé en France, qui alors travaille avec le président. Nous ne sommes pas impliqué dans ce processus, » a dit un fonctionnaire du ministère de la défense.

Le président français Nicolas Sarkozy est connu pour avoir dit qu'on « doit faire confiance » aux pays arabes en ce qui concerne la technologie nucléaire, et que de le leur refuser pourrait résulter dans un « clash des civilisations ».

Sarkozy dit aussi que de refuser aux pays d'Afrique du Nord une telle technologie cela empêcherait leur développement et mettrait en péril leur capacité à combattre le « terrorisme et le fanatisme ».

« Regardez l'Iran » a dit le fonctionnaire du ministère des affaires étrangères. « L'Iran ne peut nous fournir ainsi qu'au reste du monde des garanties que son programme est seulement à des fins pacifiques. C'est une question de confiance. Si l'Iran se conformait aux agences de l'AIEA et de l'ONU alors les résolutions 1737 et 1747 du Conseil de Sécurité de l'ONU, seraient levées. S'ils coopéraient alors avec l'AIEA et respectaient le TNP (ce que fait l'Iran ndlt), alors peut être qu'un jour nous pourrions rêver de l'Iran ayant la technologie » (Ils l'ont déjà ?! ndlt).

L'assistance nucléaire a aussi beaucoup à voir avec le fait que la France désire augmenter son influence dans la région.

« C'est une nouvelle époque pour les relations franco arabes, qui sont bien plus fortes et plus intenses que par le passé « a dit au JPost François Zimeray un ancien membre des comités du parlement européen pour la défense et la politique étrangère. « Nous ne dépendons plus des ressources arabes. La base de nos relations est différente. Alors nous étions les acheteurs, maintenant nous sommes les vendeurs. »

« Parce que la France produit les produits nucléaires civils mondialement les plus avancés », a dit Zimeray, « ses exportations autorisent la France a obtenir une influence régionale, qui est « très importante et stratégique » pour contrebalancer la présence chinoise et russe en Asie et en Afrique. «

« Si ces pays veulent passer au nucléaire, il vaut mieux qu'ils s'adressent à la France qu'à la Chine et à la Russie. La France est aussi un meilleur ami d'Israël…Le président Sarkozy est très concerné par la sécurité d'Israël et fera en sorte que des garanties sécuritaires soient fournies de sorte que les programmes ne soient pas transformés d'une utilisation civile à une utilisation militaire » a dit Zimeray.

En décembre, l'Arabie Saoudite et le Conseil de Coopération du Golfe, dont les membres sont l'Arabie Saoudite, Bahraim, le Qatar, le Koweït, Oman et l'EAU, ont annoncé un projet conjoint pour de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques. De même, la Jordanie et l'Egypte ont exprimé le désir de passer au nucléaire dans l'espoir de conserver leurs réserves naturelles de gaz et de pétrole.

« Bien qu'il y ait un risque potentiel impliqué » a dit Zimeray, « il y a un impératif fondamental de sevrer ces pays du pétrole. Fournir à ces pays un programme nucléaire n'est pas une mauvaise chose du point de vue de l'environnement, spécialement dans un monde qui fait face à une menace sérieuse de réchauffement climatique. Mais vous devez aussi comprendre, ces pays construisent des villes pas des bombes ».

Un porte parole du gouvernement israélien a dit que tandis que la France tenaient des discussions sur cette question avec l'Algérie et l'EAU, celles-ci étaient vraiment dans la phrase préliminaire et à des années de porter fruit. Le responsable a aussi dit que ce n'était pas clair si ces pays avaient la capacité d'opérer et de maintenir des installations nucléaires.

La France a accepté de fournir à la Libye une station nucléaire pour la production d'électricité comme partie d'un accord pour la libération des infirmières bulgares et d'un médecin palestinien retenus en captivité en Libye, provoquant une vague de protestation en France, et conduisant à l'établissement d'une commission d'enquête parlementaire sur le sujet.

Yaniv Salama – Sheer 24/08/07 - Herb Keinon a contribué à cet article

Source : JPost quotidien israélien version electronique www.jpost.com

Traduction des articles Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org

* La visite de Bernard Kouchner c'était juste pour la communication, la photo dans les médias. Le gouvernement irakien l'a poliment remercié de sa visite mais a fait savoir que son offre de réunion des différents groupes irakiens n'était pas du tout à l'ordre du jour. Kouchner aurait aimé faire en Irak ce qu'il a fait avec les différentes factions libanaises, sans grand succès non plus d'ailleurs, car à ce jour la situation politique au Liban reste toujours bloquée. MD


Election présidentielle résultats definitifs: les chiffres qu'on vous cache

Moyen Orient : Israel a été le premier pays à y introduire le nucléaire militaire

Coût humain d'une attaque nucléaire sur l'Iran

Nucléaire militaire français





Dimanche 26 Août 2007

Discours_de_Politique_Etrangere_de_Sarkozy_270807.doc Discours de Politique Etrangere de Sarkozy 270807.doc  (72 KB)

Accueil | Envoyer à un ami | Version imprimable | Augmenter la taille du texte | Diminuer la taille du texte


Dans la même rubrique :

Sarkozie | Le Gaulois La Gauloise Qui Fument | Impérialisme Américain | Colonialisme Sioniste | AméricanoSionisme Collaborations | Monde Arabe | Iran | Asie | Europe - OTAN | Armements Stratégies Militaires | Droit International ONU | société | économie | Medias Propagande | sciences écologie | histoire traditions | archives culture | archives ressources educatives | archives humour | archives informations 1 | archives informations 2


Derniers Articles

inscription à la newletter