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Economie

La Famine : Une Arme de Destruction Massive – La Banque Mondiale au Service de l’Occupation Colonisation Apartheid israélien

Les 3/4 des personnes victimes de famine dans le monde se trouvent en zones de conflits et ce n’est pas un hasard. La famine est, comme au Moyen Age, utilisée comme une arme par les belligérants, le plus souvent d’ailleurs par les plus forts militairement pour faire pression sur les populations et les obliger à se soumettre au dictat de l’occupant. C’est le cas en Palestine où l’état sioniste affame les palestiniens par la destruction de leurs moyens de subsistance, le vol de leurs terres agricoles et des ressources en eau. La famine devient une arme de destruction massive. Les victimes de cette famine humainement provoquée ne sont pas comptabilisées comme victimes du conflit, ce génocide lent, soigneusement orchestré, rarement dénoncé, devient « politiquement » correct (complicité du bailleur de fonds de l’état sioniste, les Etats-Unis, leurs vassaux de l’UE, mais aussi de la Banque Mondiale).



La Famine : Une Arme de Destruction Massive – La Banque Mondiale au Service de l’Occupation Colonisation Apartheid israélien

La Famine, une Arme de Destruction Massive

Les trois quart des personnes les plus affamées dans le monde se trouvent en zones de conflits, et si les deux parties qui s’affrontent utilisent cette arme, c’est souvent le plus fort, mieux équipé militairement, qui y a recours transformant la famine en « arme de destruction massive. ». Ils stoppent le ravitaillement en nourriture, ils affament les populations pour les obliger à se soumettre, et les militaires vont même jusqu’à détourner l’aide alimentaire fournies aux populations civiles pour se l’approprier. Peu de données étant disponible sur l’impact de la famine comme arme de guerre, il est difficile d’évaluer le nombre de civils qui meurent suite à l’utilisation de celle-ci, les premières victimes étant bien sûr les plus fragiles, les enfants, les vieillards, les malades, les femmes.

Pourtant, le droit international interdit d’utiliser la nourriture et l’eau comme armes de guerre ou comme instrument de pression politique et économique, de façon à protéger le droit à l’alimentation de tous les peuples.

Le droit international contient de nombreuses règles qui protègent le droit à l’alimentation des populations en zones de conflit. Toutes les parties au conflit ont obligation d’assurer les besoins de base des populations civiles, comme l’eau, la nourriture, sur les territoires qu’ils contrôlent. Utiliser comme méthode guerrière la famine des civils est interdite à la fois dans les conflits internationaux et non internationaux.

D’abord, l’article 54, du protocole additionnel de la Convention de Genève, paragraphe 1 et le deuxième protocole additionnel article 14, stipulent clairement que :

Cette interdiction est violée non seulement quand, empêcher l’accés à la nourriture provoque la mort, mais aussi quand la population souffre de la faim parce qu’on lui refuse l’accés aux sources de nourriture et aux ravitaillements. L’interdiction d’affamer les populations est complétée par des règles additionnelles qui interdisent les attaques contre ou la destruction de ce qui est nécessaire à la survie de la population civile, inclus la nourriture et l’eau potable : premier protocole additionnel article 54 paragraphe 2 et second protocole additionnel article 14.

Le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation Jean Ziegler*, dans un livre publié en 2005 « L’Empire de la Honte » ( Editions Fayard) explique en homme de terrain, comment, ceux qu’ils appellent « les Seigneurs de la Guerre Economique » instituent un ordre féodal dont le bras armé n’est autre que la puissance militaire américaine (et ses proxis dont l’état sioniste israélien). Il signale également que la nomination de Paul Wolfowitz (pro sioniste notoire et partisan acharné de la guerre en Irak) est une catastrophe de plus pour les pays pauvres car il est au service des puissants. Il y parle d'une Barbarie Nouvelle et d'une "Organisation de la Faim" au service d'une Nouvel Ordre Mondial, meurtrier et absurde.

Dans un interview accordé à la « Libre Belgique » (27/03/05) il disait (extraits) :

« …l'ordre meurtrier du monde - qui tue de faim et d'épidémie 100 000 personnes par jour - ne provoque pas seulement la honte chez ses victimes, mais aussi chez nous, occidentaux, blancs, dominateurs, qui sommes complices de cette hécatombe, conscients, informés et, pourtant, silencieux, lâches et paralysés.

L'empire de la honte?

Ce pourrait être cette emprise généralisée du sentiment de honte provoqué par l'inhumanité de l'ordre du monde. En fait, il désigne l'empire des entreprises transcontinentales privées, dirigées par les cosmocrates. Les 500 plus puissantes d'entre elles ont contrôlé l'an passé 52 % du produit mondial brut, c'est-à-dire de toutes les richesses produites sur la planète. Dans l'empire de la honte, gouverné par la rareté organisée, la guerre n'est plus épisodique, elle est permanente. Elle ne constitue plus une crise, une pathologie, mais la normalité. Elle n'équivaut plus à l'éclipse de la raison - comme le disait Horkheimer -, elle est raison d'être même de l'empire. Les seigneurs de la guerre économique ont mis la planète en coupe réglée. Ils attaquent le pouvoir normatif des Etats, contestent la souveraineté populaire, subvertissent la démocratie, ravagent la nature, détruisent les hommes et leurs libertés. La libéralisation de l'économie, la "main invisible" du marché sont leur cosmogonie; la maximalisation du profit, leur pratique. J'appelle violence structurelle cette pratique et cette cosmogonie.

… Désormais, la guerre préventive sans fin, l'agressivité permanente des seigneurs, l'arbitraire, la violence structurelle règnent sans entraves. La plupart des barrières du droit international s'effondrent. L'ONU elle-même est exsangue. Les cosmocrates sont au-dessus de toute loi. Mon livre fait le récit de l'effondrement du droit international, citant de nombreux exemples tirés directement de mon expérience de rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation. Avec la dette, la faim est l'arme de destruction massive qui sert aux cosmocrates à broyer - et à exploiter - les peuples, notamment dans l'hémisphère Sud. Un ensemble complexe de mesures, immédiatement réalisable et que je décris dans le livre, pourrait rapidement mettre un terme à la faim. Il est impossible de les résumer en une phrase. Une chose est certaine : l'agriculture mondiale, dans l'état actuel de sa productivité, pourrait nourrir le double de l'humanité d'aujourd'hui.

Il n'existe donc aucune fatalité: la faim est faite de main d'homme.

… Le 4 août 1789, les députés de l'Assemblée nationale française ont aboli le régime féodal. Leur action a eu un retentissement universel. Or, aujourd'hui, nous assistons à un formidable retour en arrière. Le 11 septembre 2001 n'a pas seulement fourni à George W. Bush l'occasion d'étendre l'emprise des Etats-Unis sur le monde, l'événement a aussi justifié la mise en coupe réglée des peuples de l'hémisphère Sud par les grandes sociétés transcontinentales privées.

…Pouvoir féodal et justice sociale sont radicalement antinomiques.

…Longtemps, la destruction des êtres humains par la faim a été tolérée dans une sorte de normalité glacée. Aujourd'hui, elle est considérée comme intolérable. L'opinion fait pression sur les gouvernements et les organisations interétatiques (OMC, FMI, Banque mondiale, etc.) afin que des mesures élémentaires soient prises pour abattre l'ennemi : réforme agraire dans le tiers-monde, prix convenables payés pour les produits agricoles du Sud, rationalisation de l'aide humanitaires en cas de brusques catastrophes, fermeture de la Bourse des matières premières agricoles de Chicago, qui spécule à la hausse sur les principaux aliments, lutte contre la privatisation de l'eau potable, etc…

…Bush, Sharon, Poutine ? Des laquais, des auxiliaires. J'ajoute un post-scriptum sur Israël : Sharon n'est pas Israël. Il est sa perversion. Michael Warshavski, Lea Tselem, les "Rabbins pour les droits de l'homme" et maintes autres organisations de résistance incarnent le véritable Israël, l'avenir d'Israël. Ils méritent notre totale solidarité…


Professeur Jean Ziegler

Né en 1934, Jean Ziegler a obtenu un doctorat à la Faculté de droit et des sciences économiques et sociales de l'Université de Berne en 1958 et présenté une thèse d'habilitation en sociologie à l'Université de Berne en 1967. Il a été chargé de cours à l'Institut africain de Genève dès 1963, professeur à l'Université de Grenoble en 1964, chargé de cours à l'Université de Berne dès 1966, professeur associé à l'Université de Paris I Sorbonne en 1984 et professeur extraordinaire de sociologie de 1972 à 1977. À partir de 1977, il a été professeur ordinaire à la Faculté des sciences économiques et sociales de l'Université de Genève. Il a été responsable du Laboratoire de sociologie des sociétés du Tiers-Monde à l'Université de Genève. Après trente années d'enseignement, Jean Ziegler a tiré sa révérence pour ne se consacrer, selon lui, qu'à son nouveau mandat au sein de l'ONU, celui de « rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme pour le droit à l'alimentation».

Rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation : son mandat est de créer une nouvelle norme de droit international public. En effet, 826 millions de personnes sont, chroniquement et gravement, sous-alimentées dans le monde et chaque jour, 100 000 personnes meurent de faim. Or cette situation n'est pas une fatalité. Selon la FAO, notre planète a les capacités de nourrir 12 milliards d'êtres humains. L'objectif est donc d'obliger les états à prendre des mesures afin que ce génocide silencieux cesse.

Ses publications

Les vivants et la morts, Paris, Seuil, 1976.
Retournez les fusils, manuel de sociologie d'opposition, Paris, Seuil, 1980.
Vive le Pouvoir, ou les délices de la raison d'État, Paris, Seuil, 1985.
La victoire des vaincus : oppression et résistance culturelle, Paris, Seuil, 1988.
La Suisse lave plus blanc, Paris, Seuil, 1990. (Avec Debray R.).
Il s'agit de ne pas se rendre, Paris, Arléa, 1994.
La Suisse, l'or et les morts, Paris, Seuil, 1997.
L’empire de la honte, éditions Fayard 2005

La Banque Mondiale propose d’huiler les portes des prisons

Sommaire

Le rapport récent de la Banque Mondiale, une actualisation sur les mouvements des palestiniens, l’accès au commerce en Cisjordanie et Gaza, illustre bien les dommages causés au peuple palestinien et au commerce par l’occupation qui se poursuit. Son analyse permet aussi de mettre l’accent sur la complicité de la Banque Mondiale avec les projets israéliens de boucler les palestiniens derrière le mur de l’Apartheid.

Les données chiffrées fournissent une illustration utile des vastes dommages de l’agression sioniste sur l’économie palestinienne incluse la preuve que depuis 2000 le revenu personnel palestinien par capita a chuté de 50%.

Néanmoins, la Banque Mondiale en attribue les causes à « l’inefficacité » du système, ignorant la preuve claire qu’Israël poursuit une stratégie délibérée d’enrichissement de l’économie israélienne sur le dos des palestiniens ce qui va de pair avec l’expansion continuelle des colonies sionistes et le vol des terres palestiniennes.

La Banque conclue que la solution consiste à améliorer l’efficacité du système d’apartheid israélien et fait une certain nombre de suggestions à ce propos, dont l’entretien des « routes pour les seuls juifs » un système plus efficace et bien établi, et l’introduction de technologies pour le scannage. Les « solutions » proposées pare la Banque garantirait ainsi la permanence de l’occupation sioniste de la Palestine.

Plutôt que de suggérer qu’Israël devrait respecter le droit international et mettre un terme à l’occupation, la Banque demande aux palestiniens d’abandonner leur combat contre l’occupation pour faciliter la mise en application des plans de celle-ci en Cisjordanie et à Gaza, charge à l’autorité palestinienne de créer un climat de bonne volonté parmi les palestiniens soumis à une agression permanente. La question de savoir comment les palestiniens peuvent se protéger de l’occupation, des expulsions et de l’apartheid est ignorée.

La Banque conseille aux palestiniens de mettre de côté leur volonté de libération nationale et de repousser la résolution des problèmes liés au « statut final » à une date future non spécifiée, et suggère que si l’actuelle occupation est rendue moins douloureuse pour les palestiniens, il peut y avoir un certain degré de normalisation entre les peuples sioniste et palestinien et un certain degré d’amélioration économique et un environnement où le capital international peut s’épanouir.

Les palestiniens rejettent l’occupation et les propositions de la Banque Mondiale consolidant le régime sioniste. Il n’y aura pas de renaissance économique, pas de paix tant que le système d’apartheid d’Israël continue son programme délibéré de destruction de la Palestine au nom du sionisme raciste.

La Banque Mondiale propose d’huiler les portes des prisons de l’occupation

Le récent rapport de la Banque Mondiale « une actualisation du mouvement palestinien, accès et économie en Cisjordanie et Gaza », est une actualisation sur les mouvements des palestiniens, l’accès au commerce en Cisjordanie et Gaza et illustre bien les dommages causés au peuple palestinien et au commerce par l’occupation qui se poursuit. Cependant, la Banque conclue que la solution c’est d’améliorer les mécanismes de l’apartheid israélien en améliorant le harassement aux terminaux, et en mettant en place des systèmes améliorés pour maintenir l’occupation actuelle. Il préconise que «le redémarrage de l’économie ne peut être séparé du démantèlement du système actuel de bouclage » (1) et malgré cela il décrit non pas comment le système peut être démantelé, mais comment il peut être rendu plus efficace.

La Banque discute de la problématique de l’actuelle occupation raciste par Israël, non pas parce que cela implique le vol permanent de terres palestiniennes et la suppression des droits des palestiniens, mais parce que « cela agit comme un obstacle à la mobilité économique et l’intégration sociale » (WB, p11). Elle expose le fait que l’occupation a divisé la Cisjordanie en 3 « zones économiques » : nord, centre et sud (WB, p 2). Cela donne un aperçu des dommages économiques immédiats produits par l’occupation, mais cela ne prend pas en compte les facteurs qualitatifs liés à la campagne d’harassement, les détentions arbitraires, les attaques et les tentatives d’humiliations menées contre les palestiniens ordinaires alors qu’ils essaient de se déplacer entre et même à l’intérieur de ces zones économiques. Il ne fait pas non plus mention par exemple des atteintes efficaces à l’éducation alors que les check points empêchent les étudiants palestiniens et les professeurs de se rendre dans les institutions éducatives. En prenant en compte la totalité de la situation, le terme « zones économiques séparées » est une description inadéquate de la fragmentation sociale, physique, économique qui est imposée en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza (WBGS) par l’occupation et qui sont en fait des ghettos.(2)

Les mouvements entre les ghettos sont extrêmement difficiles, comme le décrit la Banque. Mais, au lieu d’appeler au démantèlement du système, la Banque explique qu’il doit être consolidé et soutenu par une technologie améliorée, et des pratiques coloniales plus efficaces. La Banque envisage apparemment l’occupation sioniste à perpétuité et appelle à huiler les portes des prisons à ciel ouvert pour faire en sorte que ce soit plus acceptable pour les détenus palestiniens et plus favorables à la réussite du commerce international.

La Banque conseille aux palestiniens de mettre de côté leur volonté de libération nationale et de repousser la résolution des problèmes liés au « statut final » à une date future non spécifiée (3). Le coup de poignard porté par ce rapport c’est de suggérer que si l’actuelle occupation est rendue moins douloureuse pour les palestiniens, il peut y avoir un certain degré de normalisation entre les peuples sioniste et palestinien et un certain degré d’amélioration économique et un environnement où le capital international peut fleurir.

Les recommandations pour permettre au système d’apartheid d’être plus efficace comprennent :

  • Continuer le « traitement préférentiel » des camions israéliens dans la zone d’Hébron une fois que le mur de l’Apartheid sera terminé, permettant aux véhicules israéliens d’utiliser des routes fermées au trafic palestinien. Sans cela, le rapport affirme qu’ « un système de gestion commerciale avec des inconvénients identiques à ceux de Gaza vont apparaître » (WB p.9) Les routes de l’apartheid sont de plus en plus utilisées pour limiter les mouvements des palestiniens. Le 7 septembre 2005, l’occupant a annoncé la construction d’une nouvelle route « pour juifs seulement » qui traversera toute la Cisjordanie (4). il est prévu qu’elle fasse 500 kms.

  • « Un périmètre de sécurité « autour du point de passage de Karni (WB p.8) qui annexerait encore plus de terre palestinienne.

  • L’introduction de nouvelles technologies de scannage pour permettre un haut niveau de « sécurité » et d’efficacité commerciale. (WB p.5). Les « technologies de scannage » sont très envahissantes et il y a eu des questions posées sur les effets possibles sur la santé (5). Les technologies de scannage utilisées jusqu’ici ont été, comme décrit dans le rapport de la Banque Mondiale, utilisées pour scanner des camions vides rentrant après l’exportation des marchandises, plutôt que sur des camions pleins. Ceci est soit de l’incompétence de la part des autorités israéliennes (comme la Banque tente de le suggérer) ou un programme délibéré de perturber le commerce palestinien. Comme décrit ci-dessous, étant donné l’étendue – apparemment délibérée – des perturbations destructrices sur le commerce palestinien, il semble plus probable que la deuxième explication soit la bonne.

  • Reconstruction de l’aéroport de Gaza avec des « solutions de sécurité » renforcées pour faciliter l’exportation des produits agricoles et pour permettre aux investisseurs de voyager vers et de Gaza, probablement administré par Israël et garantissant un contrôle militaire accru du territoire palestinien.

Les données brutes du rapport fournissent une illustration utile des vastes dommages causés par l’agression sioniste.

Significatif :

  • Entre fin 2000 et mi 2006, le revenu personnel palestinien per capita a chuté d’environ 50% en termes réels (WB p.2)

  • En 2005, 90% des 3,3 billions de $ de commerce palestinien ont été réalisé avec Israël ou via Israël vers le reste du monde (WB p.2)

  • Israël viole l’accord sur le mouvement et l’accès (AMA) du 15 novembre 2005, par lequel il s’engage à laisser passer une moyenne quotidienne de 150 camions dés le 31 décembre 2005, et 400 par jour dés la fin 2006. Le rapport note qu’actuellement, le nombre quotidien en date de la mi juin était de 25 camions/j quand le point de passage était ouvert, soit en fait sur une période de seulement la moitié des jours opérationnels (WB p.2). Aussi absurde que cela puisse être que le commerce palestinien doit être complètement dépendant du bon vouloir des israéliens, comme c’est inscrit dans le AMA, ce n’est pas du tout une surprise qu’Israël soit en violation quotidienne de cet accord, étant donné leur attitude cavalière concernant généralement les accords internationaux.

  • Les pertes directes des exportateurs palestiniens les jours ou Karni a été fermé en grande partie lors de la saison agricole d’hiver, s’élève à environ 600 000 $ US par jour, avec des pertes aux producteurs agricoles atteignant 75-85% de ceci. (WB p.3) d’où l’impact désastreux du terminal de Karni sur les exportateurs palestiniens vers Israël. Cependant la critique sur Karni se concentre principalement sur « l’inefficacité » du système géré par les israéliens, ne fait allusion qu’en passant à la corruption présente au terminal (WB p.3) et ne fournit aucune analyse de toutes les raisons de l’occupation délibérée par le gouvernement sioniste du commerce palestinien.

Cependant, l’analyse qui accompagne les données chiffrées est au mieux superficielle au pire une prouesse économique et politique de raisonnement contradictoire. Dans l’interview de Nigel Roberts, ancien directeur régional de la Banque Mondiale pour la Cisjordanie et Gaza publiée dans le rapport, celui-ci répond à la question de savoir pourquoi le rapport ne s’occupe pas de la question « des problèmes plus importants du statut final et de la création de l’état ».

Sa réponse est très éclairante :

« Le statut final et l’établissement d’un état sont des problèmes qui doivent être considérés au niveau politique dans le contexte de la feuille de route. Cependant, actuellement, il est nécessaire de sortir de la période de l’Intifada et aider à s’occuper du réengagement et de la coopération entre les palestiniens et les israéliens. »

En ce qui concerne la Banque Mondiale, la dimension politique de la situation économique en Palestine doit être vue en terme de règlement concernant le « statut final » à une date non définie dans le futur. Comment cela doit être précisément accompli reste mystérieux, compte tenu que dans le rapport, Roberts semble exclure la possibilité que le vol de terres par le régime d’apartheid israélien et la suppression des droits des palestiniens puissent avoir un lien avec la résistance palestinienne qui continue. De plus, cela implique de demander aux palestiniens de renoncer à leur combat contre l’occupation pour faciliter les plans de la Banque Mondiale en Cisjordanie et à Gaza. La Banque rappelle son point de vue qui est (6) :

« Le double objectif de renforcer la sécurité d’Israël et d’améliorer les mouvements des palestiniens sont compatibles à court terme – et, sur le long terme, le fait qu’Israël facilite le redémarrage de l’économie palestinienne est la clé pour la réalisation d’une sécurité durable pour Israël ». (WB p.3)

La question de comment s’assurer que les palestiniens puissent se protéger eux –mêmes de l’occupation, des expulsions et de l’apartheid est complètement ignorée.

La rapport se réfère aux « fermetures » un euphémisme pour le système de check points, des check points mobiles et bien sûr le mur de l’apartheid que le gouvernement sioniste utilise pour empêcher les palestiniens de s’occuper de leurs affaires, les fermiers d’accéder à leurs champs, les malades de recevoir des soins, et les étudiants d’aller à l’université. Pour arrêter les « fermetures » le rapport suggère :

« Les perceptions par les israéliens des intentions des palestiniens sont primordiales dans la volonté de relâcher les fermetures. Le point de vue de la Banque c’est que l’Autorité Palestinienne doit faire tout pour contrer la violence contre les israéliens si elle veut obtenir une réponse réciproque de la part du GOI en ce qui concerne la sphère des « fermetures » (WB p.4) »

La Banque passe ensuite au problème spécifique du rôle des « fermetures » dans la défense des colonies illégales israéliennes :

« Etant donné que la principale fonction des restrictions de mouvements à l’intérieur de la Cisjordanie c’est pour protéger les colons israéliens à un moment d’intense hostilité palestinienne à leur présence, il serait plus difficile d’assurer la sécurité des colons sans un environnement libre de toute restriction de mouvements » (WB p.4)

Plutôt que de suggérer que les israéliens devraient enlever les colonies qui sont illégales en droit international, la Banque suggère que la solution c’est pour les palestiniens d’ignorer le fait que les colonies sont construites illégalement sur des terres confisquées qui ont été travaillées pendant des générations par des paysans palestiniens. (7)

Les attaques d’israéliens contre les fermiers palestiniens sont bien documentées. Beaucoup ont eu leurs terres annexées unilatéralement par un régime sioniste militant qui a rendu public son intention de consolider ses gains en Cisjordanie (8). Les paysans sont bien évidemment soucieux de réaffirmer leur droit aux terres qui leur appartiennent légalement. Des attaques de colons sur des palestiniens, leurs terres et leurs produits, sont maintenant devenues routine et ne sont plus rapportés dans les medias de masse israéliens. Le mur de l’apartheid israélien construit avec l’intention et l’effet d’isoler les communautés palestiniennes dans des sortes de ghettos et d’annexer encore plus de terres palestiniennes est aussi illégal selon la décision de la Cour Internationale de justice de 2004. La Banque choisit de ne pas présenter l’argument qu’il y a un moyen très simple d’arrêter la violence palestinienne contre les colons militants sionistes et l’occupation : enlever les colonies illégales rendre leurs terres aux palestiniens et les laisser retourner chez eux.

En fait, la Banque ne fait même pas allusion à la violence israélienne contre les palestiniens et il n’y a pas d’analyse de l’occupation israélienne comme étant à l’origine de la résistance. Sur la courte période du 31 août au 6 septembre 2006 (vraiment un tout petit aperçu de ce qui se passe ndlt) :

11 palestiniens ont été tués par l’armée israélienne inclus un enfant et un homme et son fils

5 des victimes l’ont été dans le cadre d’exécutions extra judiciaires par l’armée israélienne à Rafah et Jenin

67 civils palestiniens ont été blessés dont 16 ans et une femme.

L’armée israélienne a lancé toute une série d’attaques aériennes sur un certains nombre d’habitations dans la Bande de Gaza

2 maisons ont été détruites dans le nord de la Bande de Gaza

L’armée israélienne a mené 36 raids dans des communautés palestiniennes de Cisjordanie, et

4 autre à Gaza.

3 civils palestiniens ont été arrêtés en Cisjordanie et 3 autres à Gaza

10 maisons ont été détruites dans la ville de Beit Hanoun dans le nord de Gaza

Un raid a été conduit contre une organisation islamique de charité de Tubas

6 maisons ont été transformées en positions militaires israéliennes.

L’armée israélienne a continué d’imposé un siège total sur les territoires occupés, imposé un siège strict sur la Bande de Gaza et il y a eu des manques de nourriture et d’essence

En Cisjordanie l’armée israélienne positionnée à différents check points a arrêté 4 palestinien dont le chef de la garde présidentielle à Ramallah.

L’armée a continué de construire le mur de l’apartheid en Cisjordanie ; ils ont confisqué 152 dounams de terre à Bethléem, et 467 oliviers situés derrière le mur dans Qalqilya ont été brûlés. (9)

Malgré cela, et même malgré la reconnaissance explicite des dommages causés à l’économie palestinienne par l’occupation israélienne, la Banque réussit néanmoins à conclure que la clé pour améliorer les conditions économiques dans la région c’est que l’autorité Palestinienne « fasse tout pour contrer la violence palestinienne contre les israéliens » pour « obtenir une réponse réciproque de la part du GOI » (WB p.4). Il n’y a pas de demande identique faite à Israël pour mettre fin unilatéralement à son occupation et ses lois racistes contre les palestiniens.

Bien que la plupart des données de la Banque soient valides, elles se concentrent sur la création de conditions économiques améliorées ce qui conduit à complètement ignorer la réalité politique sur le terrain en Palestine.

Considérons l’analyse faite de l’opposition du gouvernement israélien à l’amélioration des opérations au point de passage de Karni :

Une pétition a été présentée devant la Cour Suprême israélienne en avril par une organisation des droits civiques israélienne, demandant que Karni soit ouvert pendant « des heures régulières, suffisantes et prévisibles » pour mettre fin à l’étranglement économique de Gaza et permette à ses habitants de vivre une vie normale, y compris de recevoir des aides humanitaires et de participer à une économie fonctionnant correctement. Le gouvernement d’Israël a argumenté devant la Cour que l’état n’avait aucune obligation légale de maintenir le passage ouvert, et la Cour a refusé d’émettre un avis sur la pétition. (WB p.5).

Cela renvoie à la question évidente de pourquoi le gouvernement israélien ne tient pas à ce que Karni puisse être ouvert de manière « régulière, suffisante et prévisible ». Une étude des plus pointues de la politique israélienne à Gaza et en Cisjordanie montre un programme constant d’attaque de l’industrie palestinienne. Même la Banque Mondiale reconnaît « les bénéfices commerciaux évidents « que tire l’industrie israélienne de la politique de bouclage (WB p.9). Ce qu’elle ne dit pas clairement c’est que cette politique est une stratégie coloniale délibérée pour enrichir l’économie israélienne aux dépends des palestiniens et va de pair avec l’extension continue des colonies sionistes et du vol des terres palestiniennes. Le gouvernement israélien argumente contre l’ouverture « régulière, suffisante et prévisible » de Karni parce que les bouclages arbitraires profitent à l’économie israélienne aux dépends des palestiniens, et que les « mesures sécuritaires » fournissent la justification de l’occupation de l’industrie palestinienne.
Un exemple (cité par la Banque elle-même) c’est que les palestiniens sont obligés d’utiliser les services de transport coûteux israéliens pour transporter leurs produits en Israël (plus de 90% des exportations palestiniennes) :

Les industriels de Gaza estiment le coût du transport de produits de Karni au port d’Ashdod (en Israël) situé à une distance d’environ 40 Kms à 2000 US$ soit 50US$ du km. C’est presque trois fois le coût du même trajet en 2003. (WB p.7).

La situation est décrite brièvement dans le rapport :

Les restrictions de mouvements des biens de Cisjordanie à la fois à l’intérieur de celle-ci, et ceux entrant à Gaza font que les produits israéliens, plutôt que les produits palestiniens sont plus avantageux sur le marché de Gaza (WB, p.14).

Un autre exemple c’est l’exportation des fraises de Gaza. Les paysans palestiniens de Gaza sont obligés de vendre leurs fraises à Agrexco, une société israélienne appartenant pour 30% au gouvernement israélien. Agrexco a reçu de facto un monopole sur les exportations de Gaza. Ainsi donc les paysans palestiniens sont dépendants d’Agrexco qui fixe les prix, les quantités et le moment pour exporter. La production de fraises à Gaza est d’environ 20-30 tonnes par jour, mais actuellement l’occupant refuse d’autoriser les exportations de plus de 10-15 tonnes. (10). L’occupant est capable de maintenir une main mise vicieuse sur la production agricole de Gaza. (11)

La Banque décrit les conditions idéales de commerce qu’elle envisage pour les exportations de Palestine :

Le 14 mars, 3 camions ont quitté Rafah transportant des produits palestiniens pour une foire commerciale au Caire. Cet arrangement exceptionnel basé sur le transfert de produits palestiniens sur des camions égyptiens à Rafah côté Gaza, offre un exemple concret de comment des produits peuvent être exportés de Rafah à court terme. Dans ce cas, les camions égyptiens sont entrés au point de transit de Rafah, ont chargé la production palestinienne et reçu les documents, et l’ont quitté sous le contrôle des inspecteurs européens. Des caméras installées à l’avance ont permis aux autorités de sécurité israélienne installées à Kerem Shalom de superviser l’opération. Ceci et des procédures identiques devraient devenir courantes à Rafah. (WB p 14-15).

Donc à court terme, le commerce palestinien va dépendre d’une surveillance constante des inspecteurs de l’UE et du personnel de sécurité israélien. C’est intéressant de voir ce que veut dire « à court terme » étant donné le niveau actuel d’investissement dans les infrastructures du système d’apartheid, inclus par exemple les 512 Kms de « routes pour les seuls juifs » qui sont prévues à travers la Cisjordanie.

Dans l’interview qui accompagne la publication de ce rapport, Roberts fait remarqué ouvertement que la stabilité économique et la prospérité « n’aura pas lieu sans un processus politique que les palestiniens croient -qu’il les mènera à l’indépendance et la création d’un état – et il y a peu d’espoir pour cela actuellement. » Les palestiniens ne croient pas que le processus politique les mène à la création d’un état parce qu’ils vivent la preuve des échecs des accords d’Oslo chaque jour.

La solution proposée par la Banque Mondiale c’est une consolidation de la main mise vicieuse du système d’apartheid israélien sur les territoires occupés et l’introduction de « solutions de gestion » pour diriger la prison à ciel ouvert de Gaza et de Cisjordanie plus efficacement. La défense par les palestiniens de leurs terres occupées - caractérisée de façon malicieuse et inadéquate comme de la violence – est représentée comme le principal obstacle au redémarrage économique, malgré la preuve présentée par la Banque elle – même que ce n’est pas le cas.

Que la Banque Mondiale essaie de dissimuler les attaques manifestes délibérées et systématiques sur l’économie palestinienne est une indication des énormes trous que compte leur analyse. Toutes les preuves présentées par la Banque Mondiale conduisent à la conclusion inévitable qu’Israël renforce délibérément son siège et la ghettoïsation de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza pour créer – entre autres – des conditions favorables pour son économie.

C’est évident que la réponse naturelle et légitime à l’occupation israélienne et à l’étranglement c’est la résistance en cours de la part du peuple palestinien. Pourtant, le rapport réussi à conclure que cela dépend de l’autorité palestinienne et plus généralement du peuple palestinien de s’arranger pour « faire baisser les hostilités » et d’entreprendre une normalisation avec le régime israélien. La Banque Mondiale ne comprend pas, semble –t-il, que pour les palestiniens ce n’est pas une raison suffisante alors que la Banque a solidement intégrée la propagande israélienne sécuritaire dans son travail, pour renoncer à la lutte pour leurs terres et leurs droits.

Les palestiniens rejettent l’occupation et les propositions de la Banque Mondiale pour consolider le régime sioniste. Il n’y aura pas de redémarrage économique ni de paix, tant que le régime d’apartheid israélien continuera son programme délibéré de destruction de la Palestine au nom du sionisme raciste.

Article paru le 18 septembre 2006 sous l’intitulé “WORLD BANK PROPOSES OILING THE PRISON GATES Analysis : The Grassroots Palestinian Anti-Apartheid Wall Campaign

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Foot Notes:

1. World Bank, An Update on Palestinian Movement, Access and Trade in the West Bank and Gaza, p. 3
2. See Stop the Wall, The Occupation's "Convergence Plan": Legitimizing Palestinian Bantustans (May 17th, 2006), http://stopthewall.org/analysisandfeatures/1157.shtml
3. World Bank, “Money Won’t Fix Things Here” - Interview with Nigel Roberts, World Bank Country Director for the West Bank and Gaza
4. Stop The Wall, Israel Announce New Apartheid Road, 14th September 2006, www.stopthewall.org
5. See Anti Apartheid Wall Campaign, Do-It-Yourself Apartheid in Palestine (La Citta Del Sol, 2005)
6. Articulated in Stagnation or Revival? Israeli Disengagement and Palestinian Economic Revival, World Bank, December 2004.
7. The Settlements and Apartheid Wall are the subject of numerous UN declarations and and ICJ ruling declaring their illegality. Indeed the World Bank refers to the illegality of the settlements on page 12.
8. Since the ICJ ruling of July 9, 2004 Israel has announced tenders for more than 2,300 more housing units in the West Bank.
9. Palestinian Centre for Human Rights, http://www.pchrgaza.org/files/W_report/English/2006/07-09-2006.htm
10. Stop The Wall, Gaza Farmers Further Squeezed by the Occupation, www.stopthewall.org
11. Even if the crossing at Gaza was allowed to function without hindrance, it is likely that export-based industries encouraged by the Bank such as strawberry production would not be conducive to wealth creation for the majority. The Bank's argument for increased efficiency in the ghettoes must be see in the context of the Bank's overall project for the area. See the Stop the Wall's factsheet Against Sustainable Apartheid and Occupation.

Histoire des punitions collectives : ce n'est pas de l'auto défense ce sont des crimes de guerre

Dimanche 15 Octobre 2006
Mireille Delamarre

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