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L'empereur romain Trajan et sa guerre impériale en Irak

L’empereur romain Trajan a régné de 98 à 117 et a étendu l’empire romain à son maximum. Parmi ses erreurs, il y a eu une attaque contre l’empire Parthe qui a débuté en 115 ou 116. Il a personnellement conduit ses troupes en Mésopotamie (l'actuel Irak), à l'époque territoire perse( iranien). Ces conquêtes au Moyen Orient se terminèrent mal pour Trajan. Les mésopotamiens se soulevèrent et se rebellèrent.



L'empereur romain Trajan et sa guerre impériale en Irak

Une leçon tirée de l’histoire romaine - Une précédente guerre impériale en Irak

L’empereur romain Trajan a régné de 98 à 117 et a étendu l’empire romain à son maximum. Il est généralement perçu comme ayant été l’un des "bons empereurs". Effectivement, son règne a été marqué par une relative tolérance, envers les chrétiens par exemple, et efficacité. Cependant, parmi ses erreurs, il y a eu une attaque contre l’empire Parthe qui a débuté en 115 ou 116. Il a personnellement conduit ses troupes en Mésopotamie (ce que nous appelons maintenant l’Irak) capturant la capitale Ctesiphon sur le Tigre, prés de la ville actuelle de Bagdad. Il a atteint le golfe persique et selon les mots d’Edward Gibbon"a eu le plaisir et l’honneur d’être le premier, mais aussi le dernier des généraux romains, qui a pu naviguer sur cette mer lointaine". Un homme à l’ambition sans limite, il rêvait de naviguer de là, au loin, jusqu’en Inde.

L’Irak était à l’époque territoire perse (iranien). Nous appelons aujourd’hui son peuple des "arabes" parce qu’il parle la langue arabe. De la même façon, nous appelons les marocains, les égyptiens, les syriens "arabes" pour la même raison. Mais les arabes d’origine, habitaient la Peninsule arabe et ce qui est aujourd’hui le royaume de Jordanie. Trajan, avait annexé ce dernier (alors appelé Arabia Petraera) vers 106, incluant une grande population arabe au sein de l’empire pour la première fois. En même temps il y intégra aussi d’autres sémites.

En conquérant la Mésopotamie, qui comprenait à l’époque environ 1 million de juifs, il plaça la presque totalité de la population juive mondiale sous domination romaine. (sur ce sujet lire Norman F. Cantor, "The Sacred Chain : the history of the jews" 1994). Nous avons tendance à affirmer que les juifs étaient concentrés en Judée, mais selon Philo, il y avait 1 million de juifs à Alexandrie, en Egypte au début du premier siècle, alors que Flavius Josephe écrivait, à une époque plus tardive de ce siècle, que les villes assyriennes d’Antioche et de Damas avaient d’importantes populations juives. A la même époque, il y avait au moins 10 000, peut être même jusqu’à 40 000 juifs à Rome même.

Ces conquêtes au Moyen Orient se terminèrent mal pour Trajan. Les mésopotamiens se soulevèrent et se rebellèrent ; un neveu du roi (qui avait fui au-delà des montagnes du Zagros) a organisé la résistance de Parthe, en attaquant les légions romaines. Selon F.A Lepper ( Trajan’s Parthian War, 1948) "des commerçants et des bourgeois de toutes sortes" se sont opposés à l’invasion. Les juifs locaux qui avaient été à l’aise sous la domination de Parthe, ont joué un rôle majeur dans le soulèvement. Pendant ce temps, des juifs de Judée sous occupation romaine, qui s’étaient révoltés en 66-70, se sont de nouveau rebellés, ce que les historiens ont appelé la guerre de Kitos ( 115-117).

Ailleurs également, le monothéisme sémite s’est joint au soulèvement politique. A Cyrène
(ce qui forme actuellement la Libye) des juifs se révoltèrent sous le commandement d’un messie auto proclamé Lukias, en 115. Ses forces détruisirent les temples romains et les bâtiments gouvernementaux à Cyrène, massacrant des grecs et des romains, et avançant sur Alexandrie où ils détruisirent d’autres temples paiens et la tombe de Pompei. Les juifs sur l’île de Chypre se rebèllèrent aussi, sous le commandement d’Artemion . Le terrorisme basé sur la religion fut mis à l’ordre du jour, à en croire l’historien grec du 3ème siécle Dio Cassius qui rapporte (en exagérant certainement ) que les rebelles juifs en tuérent 200 000 dans Cyrène et 240 000 à Chypre. Rome, ayant envahi la Mésopotamie, fut incapable de combattre sur l’autre front. La guerre exacerbait le ressentiment latent contre les romains, alimentait le fanatisme religieux et l’intolérance, et a engendré des actes de terreur jusqu’en Afrique du nord. Mais au prix de gros efforts, les forces de Trajan supprimèrent les révoltes juives, bien que des combats ont continué un an après la mort de l’empereur. Conséquence de ces évènements, les juifs furent tous expulsés de Chypre.

Trajan n’était pas parti en guerre avec l’intention de provoquer des rebellions ou des actes de terrorisme. La vraie raison c’était pour punir Parthe de ses interférences politiques dans le royaume d’Arménie que Rome considérait comme faisant partie de sa sphère d’influence. Mais Dio Cassius disant que c’était "un pretexte" a déclaré que c’était simplement parce que Trajan voulait "acquérir la renommée". Julian Bennett dans sa récente biographie de Trajan est d’accord avec lui ( Trajan, Optimus Princeps : a Life and Times, 1997)

En 117, le fier empereur décida sagement de se retirer de Mésopotamie, puis s’est lui-même retiré en Sicile ou il mourut. Son fils adoptif et successeur, Hadrien est retourné en Mésopotamie à Parthe l’année suivante. "Ainsi en fut-il" écrit Dio "que les romains en conquérant l’Arménie, presque toute la Mésopotamie, et les parthes, ont traversé de dures épreuves et des dangers pour rien". Mais comme l’écrit l’historien B.W. Henderson, "c’était tres sage d’abandonner ce qui ne pouvait être conservé".

La Mésopotamie reprit son ancien statut comme région prospère de la Perse. Les citoyens de Rome n’eurent pas à souffrir de la perte de quelques provinces à l’est conquises pendant une courte période, ni de la renaissance du pouvoir parthe jusqu’à la chute de cet empire plus d’un siècle plus tard. De même qu’ils n’eurent pas à souffrir quand Hadrien décida de construire sa fameuse muraille entre les romains et les tribus celtes "barbares". Le mur d’Hadrien, délimitant l’Angleterre romaine, manifestait une reconnaissance réaliste des limites du pouvoir impérial.

Ibn Khaldun, ce sage et raffiné musulman arabe d’Afrique du nord du 14ème siècle, l’un des plus grands penseurs de l’histoire de tous les temps, avertit de ne pas juger "par comparaison et par analogie". )i Beaucoup, observe – t- il, i[ "tire des analogies entre des évènements du passé et ceux en cours autour d’eux, jugeant le passé par ce qu’ils connaissent du présent. Pourtant la différence entre les deux périodes peut être grande conduisant ainsi à commettre une grave erreur."

Bonne remarque. Je ne tire aucune analogie ici. L’actuel empire est empêtré en Irak, conduit là par un empereur utilisant un prétexte pour "acquérir la renommée", outrageant largement le monde, et conditionné par du fanatisme religieux. Les troupes de l’empire sont confrontés à ce que ce que les romains durent affrontés en Mésopotamie – selon les termes de Gibbon, les légionnaires "s’évanouissaient à cause de la chaleur et de la soif, ne pouvaient ni espérer la victoire, ni briser les rangs sans s’exposer au plus imminents dangers. Dans cette situation ils étaient progressivement dépassés par les nombres croissants de rebelles, harassés par les changements rapides dans leur stratégie, et détruits par les flêches de la cavalerie barbare".

Oui, il y a des similitudes. Mais si l’Amerique peut être comparée à Rome, Georges Bush n’est certainement pas Trajan, et faire une analogie entre les deux serait commettre une grosse erreur.

Gary Leupp est professeur d’histoire à l’université de Tufts, et professeur adjoint en religion comparée. Il est l’auteur de Servants, Shophands and Laborers in the Cities of Tokugawa Japan; Male Colors: The Construction of Homosexuality in Tokugawa Japan; and Interracial Intimacy in Japan: Western Men and Japanese Women, 1543-1900.

Il contribue régulièrement à la chronicle sans concession sur les guerres d’Afhganistan, d’Irak et de Yougoslavie publiée sur le site de Counterpunch et intitulée "croisades impériales".

Article paru en octobre 2005 sur le site de Counterpunch (américain). Copyright Counterpunch. Traduction à titre bénévole pour information à caractère non commercial par MD pour Planete Non Violence.

Son mail : gleupp@granite.tufts.edu


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Samedi 21 Janvier 2006
Mireille Delamarre

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