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DICTATURE UE

L’Union Européenne et l’ouverture du marché de l’armement - Influence du lobby militaro industriel sur les décisions politiques.

Pendant qu’on détourne l’attention des citoyens par des affaires de scandale du type Clearstream, l’Europe et l’industrie de l’armement sont entrain de préparer les fondations d’une armée commune et d’une politique militaro sécuritaire, tout ceci en coulisses, sans aucun débat public.



L’Union Européenne et l’ouverture du marché de l’armement - Influence du lobby militaro industriel sur les décisions politiques.

L’Europe et son futur militaire : on dégaine les baïonnettes

Le LVT (Long Term Vision : vision à long terme) est planifié sur 20 ans et basé sur 3 thèmes :

(1) le contexte mondial lié aux problèmes économique, de société, démographique, d’environnement et juridique ;

(2) la nature des opérations de gestion des futures crises :

(3) les tendances scientifiques et technologiques.

"Si vous avez une quelconque expertise sur ces sujets contactez nous…." Ceci n’est pas une annonce publicitaire d’un Think Tank difficile à cerner, mais l’appel publié sur le site officiel de l’EDA (European Defense Agency : Agence de Défense Européenne), l’organisme européen s’occupant des affaires militaires. Le sous titre du LVT est : « quel futur attend l’armée européenne ». Et ceci est une très bonne question. Quelques tendances sont déjà claires (claires et inquiétantes). En octobre 2005, Terrence Guay, chercheur en relations étrangères à l’université d’état de Pennsylvanie écrivait :

«L’industrie de défense européenne est à un carrefour » ?

Ceci est aussi vrai pour la politique militaire européenne (les capacités militaires européennes, relations avec l’OTAN, sécurité des frontières etc). C’est un carrefour ou l’UE semble déterminée à y prendre le mauvais tournant.

« Vous pouvez tout faire avec des baïonnettes sauf de vous asseoir dessus » selon la remarque célèbre de Talleyrand ministre des affaires étrangères de Napoléon. L’UE est entrain de discuter de la forme de ses baïonnettes et comment les fabriquer bien avant de savoir quoi en faire.

L’an dernier, le 21 novembre, une dépêche de l’AP rapportait : « l’ UE adopte un plan de 35 billions d’euros pour ouvrir un marché de l’armement. » Elle faisait référence à une rencontre des ministres de la défense à Bruxelles, qui ont décidé d’introduire un nouveau code de conduite pour l’industrie militaire. Ce code, qui prendra effet en juillet, ouvrira le marché européen de l’armement à la concurrence, le même type de politique économique que l’UE est actuellement entrain de poursuivre dans toute sphère possible. Une cause particulière d’inquiétude c’est que cette dérégulation coïncide avec un processus concerté de fusion et de consolidation au sein de l’industrie, alors que ce marché de « libre échange » mène à une domination accrue par les plus grosses entreprises. Comme ce marché particulier concerne des tanks, des porte avions, des systèmes de surveillance électronique, et pas des sous vêtements et des oranges, les préoccupations en sont d’autant plus grandes.

Durant ces 10 dernières années, la vague de fusions et d’acquisitions dans le secteur de l’industrie militaire européenne a réduit le nombre des joueurs et accru la taille de ceux qui restent – notamment dans des secteurs clé comme les missiles, les avions et les hélicoptères, avec des fusions à venir dans la construction navale et la fabrication de véhicules terrestres.

Aujourd’hui, le marché militaire européen est dominé par une poignée de gros congloméras : BAE Systems (GB) EADS (France Allemagne et Espagne) Thales (France) et Finmeccanica (Italie), pour nommer les plus importants. Les gouvernements et les lobbyistes des entreprises poussent à une autre vague, qui réduirait encore leur nombre. C’est l’un des objectifs spécifiques de l’EDA, clairement déclaré dans son mandat lorsqu’elle a été établie en 2004.

Le degré de concentration atteint les mêmes proportions qu’aux Etats Unis. Un rapport de 2003 du Pentagon a trouvé que les 50 plus grands fournisseurs de la défense des années 1980 s’étaient métamorphosés en 5 plus grandes entreprises d’aujourd’hui. En effet, la pression en matière de compétition exercée par les USA est la principale force citée par les directeurs d’administration et les politiques lorsqu’il s’agit d’expliquer cette fièvre de la fusion. Le besoin de rester à la hauteur du complexe militaro industriel des US et celui de préserver l’autonomie politique de l’Europe sont aussi souvent cités (y compris par des responsables connus de la gauche) comme raison pour justifier l’idée d’une « Europe forte ».

Si on la juge selon ses propres critères, cette politique semble marcher. Dans la décennie de 1991 à 2000, 57% des projets de co-développement et de co-production en Europe se sont faits entre des entreprises d’états membres et seulement 28% avec des entreprises américaines. Deux décennies plus tôt, les chiffres étaient respectivement de 42 et 46%. Cette tendance continuera probablement, comme les fusions touchent les nouveaux membres, dont certains ont des capacités industrielles considérables, tous ayant besoin de réorganiser leurs forces armées suivant les standards européens d’interopérabilité, systèmes de communication communs et procédures communes d’acquisition d’armement.

Les industries militaires de l’UE occupent aussi une place de plus en plus importante sur le marché mondial. La part des ventes d’armes des USA au niveau mondial a chuté à 30,7% en 2004, alors qu’elle était à 40,4% en 2000, selon le rapport de l’Institut de Recherche International pour la Paix de Stockholm. Cette perte s’explique pour partie par l’entrée des sociétés russes sur le marché. Mais parmi les 10 premiers pays exportateurs du monde, 4 sont des états membres de l’UE (la grande Bretagne, la France, l’Allemagne et la Suède). Tous ces pays plus l’Italie essaient de pénétrer le marché chinois, se dérobant à l’embargo sur les approvisionnements militaires déclaré après les massacres de Tienanmen, ou appelant ouvertement à la fin de cet embargo, comme l’a fait le président italien, Carlo Azeglio Ciampi, lors de sa visite officielle à Beijing. En même temps que consolidant le marché européen interne, les entreprises européennes essaient agressivement de supplanter les entreprises américaines au niveau des exportations, parfois fermant les yeux sur qui utilise ces armes et pour quel but. Le Moyen Orient, l’Asie du sud sont les marchés favoris des exportations.

La signification politique de ces tendances c’est que la consolidation du complexe militaro industriel de l’UE – et par là même l’accroissement de son pouvoir potentiel – se fait plus vite que le développement et la convergence des politiques étrangères et militaires ou «sécuritaires» des états membres de l’UE. Cela nous ramène à Talleyrand et ses baïonnettes.

Faisons un zoom là-dessus. Les supporters d’une Europe forte font référence à certains programmes militaires ou à double finalité (civile et militaire), tels que l’avion de transport stratégique le A400M ou le réseau satellite Galiléo, pour justifier le besoin d’une autonomie vis-à-vis des systèmes militaires modernes des USA si l’Europe veut pouvoir être à même de conduire sa propre politique étrangère. Et, puisque les USA depuis le 11 septembre s’enterrent eux-mêmes dans un trou de plus en plus unilatéral, cela veut dire qu’une Europe plus autonome est nécessairement liée à l’émergence d’un monde multilatéral. C’est peut être correct, mais comme dans le cas du modèle américain de consolidation industriel, l’UE développe des moyens d’interventions militaires qu’on ne peut vraiment pas dire refléter une vision d’un monde «multilatéral».

Les premières missions de l’UE ont été menées en Bosnie et dans la République Démocratique du Congo, et les premières mesures dans la construction d’une armée européenne sont prises en utilisant la police militaire et les « groupes d’intervention » - c'est-à-dire, des unités rapidement déployables. La première de ces unités devrait être inaugurée dés l’année prochaine. Avec la force d’intervention rapide de l’OTAN, et un certain nombre d’unités navales inter états ou au sol, ces unités formeront l’ossature d’un instrument militaire qui peut travailler en harmonie avec les systèmes américains. Apparemment on ne peut séparer le fait d’avoir une politique étrangère autonome et avoir une flotte de porte avions. L’idée sous jacente c’est que pour répondre à l’emprise mondiale politique des USA, l’UE devrait s’aligner sur sa puissance militaire.

Il n’y a eu aucun débat public sur ce développement. Cela apparaît plus comme une «américanisation» du complexe industriel militaire de l’UE plutôt que d’un réel processus de décision démocratique. L’Institut Transnational d’Amsterdam a produit un rapport détaillé documentant la puissance du lobby militaro industriel à Bruxelles. Son influence est telle que les articles de la Constitution Européenne concernant la politique de défense commune ont été écrits après consultation avec les présidents des conseils d’administration des principales entreprises militaires – un privilège qui a été refusé aux ONG ou organisations pour la paix.

Comme l’a écrit Frank Sliper de TNI : «que l’industrie de l’armement ait une influence substantielle sur les problèmes de défense de l’UE est peut être plus clairement visible par sa participation au travail préparatoire de la Convention de l’UE. Le groupe de travail sur la défense a invité 13 experts pour qu’ils donnent leur avis. Ensemble avec des Eurocrates de haut rang, 2 représentants de l’industrie (BAE Systems et EADS) et le président du groupe des industries de la défense européenne (EDIG) ont eu l’honneur de faire passer leurs idées… »

Deux éléments dans ce scénario sont particulièrement frappants. Le premier c’est l’américanisation de la politique militaire et sécuritaire de l’Europe, dont un exemple est la participation des anglais, des espagnols (jusqu’en avril 2004) et des italiens, à la guerre en Irak malgré une opposition massive intérieure. Le deuxième, c’est que les citoyens européens n’ont même pas vaguement conscience de ce qui se passe.

Tout ceci est la conséquence de la soi disant «guerre mondiale contre le terrorisme». L’américanisation de l’approche européenne des problèmes militaires et de sécurité a été propulsée grâce aux attentats de Madrid et de Londres. Quelques jours après les attaques de Madrid, Romano Prodi, alors à la tête de la Commission Européenne, a présenté les résultats d’un bilan de la politique de sécurité faite à la demande de la Commission après les attaques contre les Twin Towers (11septembre). Les recommandations de ce bilan stipulaient qu’il fallait augmenter la coopération entre les services secrets et de police des états membres et accroître les dépenses de sécurité.

Depuis l’adoption d’une nouvelle doctrine militaire par l’OTAN en 1999, des documents officiels ont fait un lien entre la « sécurité » et la « défense ». La doctrine n’adopte pas l’idée d’attaque préemptive, mais néanmoins, elle définit un système complexe de sécurité et de défense à l’intérieur de laquelle la frontière entre le militaire et le civil s’estompe d’une façon problématique. La « sécurité » inclus l’utilisation des flottes pour contrer les migrations « illégales » ; « sécurité » veut dire contrôler les citoyens à travers un réseau satellite mondial et des restrictions aux libertés civiles. Le terme même de « sécurité » implique que l’action ne peut pas être remise en cause.

Pendant les sommets du G8 à Gênes (2001) ou aux Gleneagles (2005) les techniques de contrôle des foules et le déploiement de certaines unités militaires étaient les mêmes que ceux utilisées au Kosovo ou en Irak. L’UE participe tout spécialement à la redéfinition de la notion courante de « guerre ». A travers la tradition d’utilisation d’unités de police militarisées dans certains pays (notamment en Italie et en France), qui s’est avérée particulièrement adaptée pour des missions de « maintien de la paix » cette ambiguïté se trouve être injectée dans la base même de la politique militaire de l’UE.

L’orgueil national – ou européen- peut aider à développer cette militarisation. Beaucoup de concitoyens, même à gauche, sont fiers de rivaliser avec les USA- d’être de meilleurs «gardiens de la paix» - même si probablement beaucoup ne voudraient pas l’admettre ouvertement.

C’est une brèche à travers laquelle la troupe passe. Le désaccord apparu entre les USA et l’UE à propos de la guerre en Irak, l’approche différente sur toute une série de questions mondiales, du protocole de Kyoto au conflit Israël/Palestine, rend l’idée d’une armée européenne encore plus séduisante. Comme l’a dit Marco Minniti, éventuel sous secrétaire d’état à la défense dans un gouvernement italien de centre gauche et expert militaire pour la Democratici di Sinistra (Démocrates de gauche) : « une armée européenne est un but réellement réformiste ».

Ainsi donc, courtisés et effrayés, les citoyens européens continuent de penser que «notre» armée et système de sécurité seraient complètement différents de celui des USA. Pourquoi ? Une réponse habituelle met en avant une supposée sagesse européenne en matière d’affaires internationales et une réticence à utiliser la force.

En est-il ainsi ? Ces dernières années, de nombreux analystes ont avancé que la position dominante des Etats-Unis était lentement et peut être inévitablement entrain de décliner. Son hégémonie politique étrangère, du chaos de l’occupation en Irak à l’échec de la zone de libre échange aux Amériques, se réduit. Pendant ce temps, les deux plus grands acheteurs d’armes sur le marché mondial, la Chine et l’Inde, s’activent rapidement pour réorganiser leur système militaire pour avoir l’air si ce n’est agir comme des puissances régionales voire mondiales. Cela prendra du temps, mais entre temps la tentation d’une compétition entre les USA et l’UE est grande : le contrôle de « l’axe de l’instabilité » qui va de l’Afrique de l’ouest à l’Afghanistan, pourrait être le prix pour celui qui gagne la course. Si nous regardons ce qui se passe aux échelons élevés de la fabrique de la politique de l’UE, il semble que là aussi on sent que la fin du siècle américain approche.

Avec de tels immenses changements géopolitiques en cours, ce n’est vraiment pas inimaginable qu’au cours des prochaines décennies on puisse voir l’Europe devenir le point central de l’hégémonie mondiale. Cependant, l’Europe que nous aimerions avoir est celle qui l’utiliserait pour poursuivre des politiques d’égalité, de justice et de paix sociale et environnementale. Mais, L’UE que nous avons, est celle qui a d’autres idées – notamment celle d’utiliser les baïonnettes pour tailler le futur du monde.

Enzo Mangini

Source et copyright : Magazine Eurotopia www.eurotopiamag.org
Traduction bénévole pour information à caractère non commercial MD pour Planète Non Violence

Le cauchemar géopolitique des Etats Unis

Samedi 27 Mai 2006
Mireille Delamarre

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