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L’Iran Peut-Il Rapidement Etendre Son Programme D’enrichissement d’Uranium…Et Fabriquer LA BOMBE ?

Face à une énorme vague d’hystérie collective occidentale politico médiatique après l’annonce par l’Iran du démarrage d’un programme d’enrichissement d’uranium à 19.75% pour son réacteur de recherche médicale de Téhéran (TRR),réponses simples à des questions simples.



L’Iran Peut-Il Rapidement Etendre Son Programme D’enrichissement d’Uranium…Et Fabriquer LA BOMBE  ?
L’annonce faite par l’Iran qu’ils allaient commencer à produire de l’uranium enrichi à 19.75% à partir du LEU à 3.5% pour répondre à la demande intérieure de production d’isotopes à des fins médicales pour traiter leurs patients atteints de cancer, a provoqué une vague guerrière hystérique contre l’Iran chez les dirigeants politiques occidentaux, dont Obama, Sarkozy, Merkel, et leurs larbins dans les médias.

L’AIEA a confirmé que l’Iran va commencer sous sa supervision l’enrichissement au taux de «moins de 20% ».

Il est important de noter le langage utilisé par l’AIEA (citation ci-dessus) dans sa déclaration et le fait que l’Iran ait elle aussi bien spécifié que le taux d’enrichissement était fixé à 19.75%. En effet, l’uranium enrichi au dessus de 20% est considéré comme de l’uranium enrichi généralement associé à la fabrication d’une bombe ou d’un engin nucléaire, bien qu’en réalité il faille obligatoirement enrichir l’uranium à 90% pour fabriquer une arme nucléaire.

L’Iran a prévu de commencer à tester le processus d’enrichissement de 3.5 à 19.75% en utilisant la centrale pilote d’enrichissement de combustible (PFEP - Pilot Fuel Enrichment Plant) à Natanz, une centrale de petite taille utilisée auparavant pour faire de la recherche sur les centrifuges. La PFEP peut faire fonctionner 6 cascades de centrifugeuses, chacune d’elles ayant 164 centrifugeuses. Mais en fait seulement 3 ou 4 de ces cascades ont été installées jusqu’à maintenant.

Selon l’agence de presse Reuters, l’Iran a commencé à introduire son LEU à 3.5% à Natanz/ PFEP, sous la supervision de l’AIEA, utilisant seulement une seule cascade. L’AIEA elle-même a déclaré que seulement une toute petite fraction du programme d’enrichissement d’uranium de l’Iran est prévu à la production de LEU à 19.75% déclarant qu’il s’agissait là d’une conversion très modeste. L’Iran s’est également dit prête à stopper sa production de LEU à 19.75% si la communauté internationale était prête à lui vendre ce LEU à 19.75%.

L’Iran a également annoncé qu’ils allaient construire 10 centrales d’enrichissement en plus de sa principale centrale de Natanz qui compte actuellement prés de 8000 centrifugeuses, et d’une centrale en construction prés de Qom, Fordow, qui devrait compter 3000 centrifugeuses mais qui en l’état actuel des travaux de construction ne sera pas opérationnelle avant au moins 18 mois. C’est cette petite centrale qui avait provoqué l’automne dernier une vague d’hystérie guerrière politico médiatique chez les Occidentaux lorsque l’Iran avait déclaré son existence à l’AIEA conformément aux exigences de l’Agence qui contrôle le programme nucléaire pacifique iranien. Les puissances occidentales les US, l’Allemagne, la Sarkosie en tête avaient alors faussement accusé l’Iran de dissimuler la construction de cette centrale.

Mais dans ce contexte d’hystérie guerrière contre l’Iran, alors même que le Premier Ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a de nouveau appelé le P5+1 a décider de sanctions « paralysantes » - l’équivalent d’un blocus donc un acte de guerre en droit international - contre l’Iran, peu de journalistes posent les bonnes questions.

L’Iran peut elle faire ce qu’elle veut faire ? Et si elle le peut dans quels délais ? L’Iran a-t-elle la technologie et le savoir faire nécessaire pour ce faire et pour étendre rapidement son programme nucléaire ?

L’Iran a accepté d’échanger une partie de son LEU à 3.5% pour du LEU à 19.75% pour son TRR mais dans le cadre d’un échange simultané, craignant que les puissances occidentales et surtout la France impliquée dans cet échange et qui par le passé a déjà fait faux bond à l’Iran, ne récupèrent son LEU à 3.5% en échange de rien du tout, ce que l’opposition iranienne dont Moussavi le « chou chou » des Occidentaux n’avaient pas manqué de reprocher au président Ahmadinejad.

Mais le fait est que le TRR est ancien. Le combustible pour ce type de centre de recherche n’est pas produit sur une base régulière, et il n’en existe peu en stock dans les pays producteurs. En fait, seules l’Argentine - qui a fourni par le passé le LEU à 19.75% pour le TRR- et la France peuvent en produire. Le P5+1 a dit qu’il faudrait pratiquement un an pour fabriquer la quantité de LEU à 19.75% nécessaire pour le TRR, mais exige de l’Iran qu’elle expédie immédiatement la majeure partie de son LEU à 3.5% et attende pour recevoir le LEU à 15.75%. L’Iran pense qu’il ne faut que quelques mois pour préparer ce combustible. L’intransigeance sur cette question de l’échange ne vient pas de’ l’Iran. Les US et leurs alliés ne veulent pas entendre la partie iranienne. Ainsi le porte parole du département d’état US, P.J Crowley, a-t-il déclaré récemment :

« Il existe un forum pour voir si l’offre d’Ahmadinejad est sérieuse et c’est via l’AIEA. Si l’Iran est sérieuse, elle peut informer l’AIEA qu’ils sont prêts à accepter la proposition mise sur la table. Nous ne sommes pas prêts à modifier la proposition… Cela ne nous intéresse pas de la renégocier. Si l’Iran veut l’accepter alors elle devrait en informer l’AIEA ».

De son côté, la chancelière allemande, Angela Merkel, qui est tellement amoureuse d’Israël que son cabinet et celui de Benjamin Netanyahou ont tenu récemment une réunion commune, a insisté, comme Sarkozy d’ailleurs, pour affirmer que le temps était venu de sanctions très dures contre l’Iran.

L’Iran est-il capable d’étendre rapidement son programme d’enrichissement ?

Premièrement, l’Iran est-il techniquement équipé pour produire du Leu à 19.75% ? Selon ce que l’on sait du programme nucléaire iranien, ce n’est pas sûr. Certes l’Iran a acquis une grande expérience et un grand savoir faire en matière d’enrichissement d’uranium et les scientifiques iraniens sont de très haut niveau au point que le Mossad israélien et la CIA les visent tout particulièrement pour ralentir ce programme en les assassinant et ou les kidnappant. Mais l’Iran rencontre encore des difficultés dans la production de LEU à 3.5% notamment à cause de certains disfonctionnements des cascades de centrifugeuses.

Deuxième point, même si l’Iran peut produire du LEU à 19.75% elle devra encore le transformer en barres de combustible, et l’Iran n’a pas l’expérience de cette fabrication ce qui nécessite un certain temps avant de la maîtriser avec le risque d’endommager le TRR.

Troisième point, bien que la centrale de Natanz peut enrichir le LEU de 3.5 % à 19.75%, la conversion en uranium hexafluoride (principal combustible pour l’enrichissement) qui se fait à la centrale d’Esfahan va contenir diverses impuretés et contaminants, ce combustible contaminant à son tour les cascades de centrifugeuses. Actuellement c’est la France qui est à la pointe de cette décontamination, d’où sa participation à l’échange LEU à 3.5 contre LEU à 19.75% selon la procédure exigée par le P5+1.

Mais l’Iran, avec de la patience, des aptitudes scientifiques à disposition, des fonds illimités et des connaissances scientifiques suffisantes peut éventuellement produire ce combustible épuré, mais dans combien de temps ? Par contre en commençant dés maintenant cet enrichissement à 19.75%, sous contrôle de l’AIEA qui a obligation selon le TNP dont l’Iran est signataire, de l’aider dans son approvisionnement en LEU à 19.75%, l’Iran peut espérer avoir résolu son problème d’approvisionnement en combustible pour son TRR d’ici quelques mois, en ayant développé ses propres capacités de production, alors même que le P5+1 lui en promettait dans un an en échange d’une grande partie de son LEU à 3.5%.

L’Iran peut également continuer son programme d’enrichissement d’uranium à 3.5% pour le stocker pour faire fonctionner ses futures centrales nucléaires de production d’électricité dont la construction est prévue dans les années à venir. De plus l’Iran, en développant ses capacités de production de LEU à 19.75%, se soustrait ainsi à un moyen de pression des puissances occidentales. A terme l’Iran est gagnante, même si cela doit prendre du temps.

En fait, une fois de plus, les cris de guerre entendus dans la bouche des responsables politiques et des perroquets dans les médias n’ont aucune légitimité. C’est simple, les US, Israël, et les pays européens qui servent la politique hégémonique américano sioniste au Moyen Orient ne veulent pas que l’Iran développe son propre programme d’enrichissement d’uranium car tout comme le Japon et d’autre pays maîtrisant cet enrichissement cela pourrait permettre à l’Iran, si sa sécurité nationale et si son intégrité territoriale étaient menacées par des forces armées étrangères, de produire rapidement des armes nucléaires pour dissuader quiconque serait mal avisé de tenter avec l’Iran ce qui a été fait avec l’Afghanistan et l’Irak. Téhéran a tiré la leçon des guerres d’occupation entreprises par les US et leurs alliées contre ces deux pays.

Cette capacité d’enrichissement d’uranium rendra à terme l’Iran inattaquable, une force de dissuasion tout aussi dissuasive que peut l’être la bombe mais sans la bombe, une perspective qui n’est pas acceptable pour les deux pays qui veulent absolument maintenir leur hégémonie sanguinaire au Moyen Orient : Les USA et Israël.


Jeudi 11 Février 2010
Mireille Delamarre

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