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L’Holocauste comme Alibi

Commémoration de l’Holocauste : moyen de promouvoir l’unité nationale sioniste

« L’instrumentalisation primitive faite de l’Holocauste par les politiciens iraniens n’est rien moins que l’image en miroir de la façon dont la mémoire de l’Holocauste est exploitée dans la vie politique en Israël… Il n’y a pas – il n’y a jamais eu – aucune justification pour exploiter sa mémoire afin de préserver le projet d’occupation qui continue, et qu’Israël a mené depuis 40 ans dans les territoires. »



Bethleem - Photo AP
Bethleem - Photo AP
«Oui, la détresse est grande, et pourtant il m´arrive souvent, le soir, quand le jour écoulé a sombré derrière moi dans les profondeurs, de longer d´un pas souple les barbelés...»

Etty Hillesum, Une vie bouleversée, Journal intime 1941-1943 et autres lettres de Westerbrock

L’Holocauste comme Alibi

Le rideau s’est levé sur le théâtre de l’Absurde dirigé par le régime iranien la semaine dernière (29.12.06 ndlt). Un évènement qui a rassemblé des personnages en marge de la scène de la négation de l’Holocauste, et ses chercheurs « alternatifs ». En Israël, la conférence a été couverte en mettant l’accent sur les déclarations des participants, et les réactions des politiciens israéliens. C’est vrai que c’était une conférence internationale derrière laquelle se trouvait un pays qui déclare désirer la chute du « régime sioniste ». Mais au-delà de cela se cache un facteur plus profond, une indication du lien entre l’identité israélienne contemporaine et l’Holocauste.

« Si on met en doute la réalité de l’évènement (l’Holocauste), l’identité du régime sioniste sera mis en doute. » De ces mots prononcés à l’occasion de l’ouverture de la conférence par le ministre des affaires étrangères Manouchehr Mottaki, il ressort que le régime iranien a correctement identifié les liens qui existent entre Israël et l’Holocauste et la politique locale. L’un des évènements historiques formateur de l’occident actuel, dont la signification est valable pour toute l’humanité, l’Holocauste, continue 60 ans après de fournir à Israël un alibi pour la déviance dans ses choix politiques.

Un Israël sans véritable distinction entre la gauche politique institutionnalisée, et la droite avec tous ses rejetons, continue d’utiliser l’Holocauste d’une manière qui combine le cynisme et le manque d’éducation. Même s’il y a effectivement un lien considérable et complexe entre l’Holocauste et la culture politique israélienne, il n’y a pas – il n’y a jamais eu – aucune justification pour exploiter sa mémoire afin de préserver le projet d’occupation qui continue, et qu’Israël a mené depuis 40 ans dans les territoires.

L’attitude d’Israël à l’égard de l’Holocauste ne dérive pas vraiment de la façon dont la direction répond aux déclarations incendiaires du président iranien Mahmoud Ahmadinejad et de ses protagonistes, qui avant tout reflètent ce que sont les orateurs. C’est possible d’apprendre quelque chose sur cette attitude à partir, entre autres éléments, de la façon dont Israël se comporte avec les dizaines de milliers de survivants, dans la chair et l’âme desquelles sont gravés les crimes nazis, qui vivent ici dans des conditions lamentables, sous le seuil de pauvreté.

Cependant, le vrai traitement de ces survivants est apparemment beaucoup moins brillant que le culte de la vénération entourant ceux qui ont été assassinés, et qui fournit une scène pour chaque politicien qui cherche son chemin vers le centre du consensus. Ainsi, comme cela a été récemment publié dans le Haaretz, l’état continue de nationaliser l’argent des réparations qui lui sont transférées pour ces centaines de milliers de survivants – tandis qu’il néglige de façon criminelle beaucoup d’entre eux.

L’instrumentalisation primitive faite de l’Holocauste par les politiciens iraniens n’est rien moins que l’image en miroir de la façon dont la mémoire de l’Holocauste est exploitée dans la vie politique en Israël. L’un des buts de la campagne iranienne de « rechercher la vérité historique » entourant l’Holocauste, c’est de dévoiler le système de justifications que les politiciens israéliens ont été habitués à utiliser trop fréquemment, définissant toute critique des politiques israéliennes comme étant teintée d’anti sémitisme, et ce, à la fois sur le plan domestique et à l’étranger. D’où le rôle croissant de l’Holocauste, comme unique justification pour l’existence d’Israël, au lieu de se concentrer sur le fait qu’actuellement 7 millions de personnes d’origines diverses et de nationalités différentes vivent dans ce pays – un endroit qui, dans la plupart des cas, est leur seule maison possible.

Si vraiment, le ministre des affaires étrangères iranien est dans le vrai, et que c’est la seule source de légitimité dont dérive aujourd’hui le projet sioniste, alors apparemment le temps est vraiment venu d’entreprendre une révision radicale du concept de sionisme. Et ce serait une bonne chose si cela était fait avant qu’Ahmadinejad et ses partenaires ultra-orthodoxes de Brooklyn lancent une nouvelle production.

Dror Etkes 29/12/06

Source et copyright : http://www.haaretz.com/hasen/spages/804275.html

Traduction bénévole Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org


Commémoration de l’Holocauste : moyen de promouvoir l’unité nationale sioniste.

La vaste majorité des juifs dans le monde avant la seconde guerre mondiale avait rejeté le sionisme et son idée de coloniser la Palestine pour construire un état nation juif, le considérant comme un mouvement marginal de zélotes. En terme d’affiliation politique juive, le sionisme comptait moins de 20% d’adeptes. La vaste majorité des juifs d’Europe s’étaient identifiés eux –mêmes avec les partis de gauche (et aussi le libéralisme séculier pour ce qui concerne les communautés juives d’Europe de l’ouest plus prospères). Ils étaient socialistes, et sociaux démocrates, bolcheviks et bundistes (le Bund des travailleurs juifs était une organisation de travailleurs juifs parlant yiddish mais affiliée au mouvement social général, alors que les juifs qui ont participé au bolchevisme l’ont fait à titre individuel et non en bloc).

Parmi l’importante population juive vivant à l’époque dans certaines villes de pays arabes, telles que le Caire ou Bagdad (et aussi Téhéran qui n’est pas arabe mais perse), il n’y avait pas du tout de présence significative statistiquement parlant du mouvement sioniste. C’est dans ce monde musulman (c’est important de le noter compte tenu de ce qui se passe actuellement sur la scène politique internationale et des propos belliqueux échangés de part et d’autre) que les juifs avaient historiquement trouvés refuge des persécutions de l’Europe chrétienne qui visaient les juifs comme les musulmans.

L’Holocauste a fait disparaître la direction juive européenne (majoritairement anti-sioniste), et les sionistes, étaient prêts à tirer parti de l’horreur universelle éprouvée par ce qui se dévoilait peu à peu sur les atrocités nazies commises vis-à-vis des juifs, pour faire entendre leur cause et créer un état juif en Palestine. Cette cause, il avait combattu depuis longtemps pour l’imposer au monde, mais sans obtenir le soutien de la majorité des juifs d’Europe. Ben Gourion fit en 1938 une déclaration depuis devenue célèbre:

« Si je savais que tous les enfants juifs allemands pourraient être sauvés en les transférant en Angleterre et seulement la moitié en les envoyant en Palestine, j’opterais pour cette dernière (solution), parce que notre souci ce n’est pas seulement un intérêt personnel pour ces enfants, mais l’intérêt historique du peuple juif ».

Ben Gourion a prévenu, face à l’indignation mondiale qui s’était manifestée lors du pogrom de la « Nuit de Cristal », que d’autres pays pourraient être enclin, par acquis de conscience, à ouvrir leurs portes aux réfugiés juifs.

« Le sionisme est en danger » avait alors averti Ben Gourion.

Effectivement, après la guerre, le mouvement sioniste s’est activement agité pour s’assurer que les survivants de l’Holocauste seraient transférés en Palestine et nulle part ailleurs.

Morris Ernst, un conseiller juif du président américain Roosevelt, a écrit plus tard, parlant d’un plan qu’il avait conçu pour ouvrir les portes des Etats-Unis à au moins 150 000 survivants, et présenté au président des US, en le pressant de l’accepter :

« Ce serait hypocrite de notre part de fermer nos propres portes tandis qu’on fait des demandes d’un air de supériorité vertueuse aux arabes ».

Ernst faisait référence au fait qu’on disait aux arabes de Palestine de faire de la place pour les survivants, tandis que les principales puissances occidentales conservaient des restrictions sévères à l’égard des juifs en matière d’immigration, même après Auschwitz. Quand il a proposé le plan aux activistes sionistes au sein des organisations juives, il a été choqué de leur réaction. " J’étais étonné et je me suis même senti insulté quand des dirigeants juifs actifs l’ont critiqué, raillé puis m’ont attaqué comme si j’était un traître… Je pense que je connais la raison pour tant d’opposition. Il y a un intérêt personnel émotionnel profond, vrai, fanatique à mettre en avant le mouvement palestinien (i.e le mouvement visant à installer des juifs en Palestine)."

Dans son excellent livre «le 7 ème million : juifs israéliens et l’Holocauste » l’historien israélien Tom Segev révèle que pendant les 15 années qui ont suivi la libération des camps, les israéliens n’étaient pas vraiment intéressés pour écouter les témoignages des survivants de l’Holocauste ou pour discuter de cette période qu’ils considéraient simplement comme une marque de la faiblesse juive. Ce n’est qu’après le procès d’Eichmann à Jérusalem qu’Israël a commencé à revendiquer activement la propriété de l’Holocauste comme faisant partie de son histoire nationale, et la raison en était politique : la première génération de colons juifs occidentaux qui s’étaient installés dans le nouvel état commençait à se démotiver, et à émigrer, et le projet sioniste traversait une zone d’ombre. Ranimer la mémoire de l’Holocauste devint une façon de promouvoir l’unité nationale derrières les objectifs sionistes.

Source des informations dans ce chapitre : le blog : Rootless Cosmopolitan : http://tonykaron.com/

Tony Karon est un journaliste sud africain juif de Cape Town, résident à New York depuis 1993 et éditeur au TIME.com

Intitulé et traduction synthétique bénévole: Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org

A lire

L'INDUSTRIE DE L'HOLOCAUSTE : REFLEXIONS SUR L'EXPLOITATION DE LA SOUFFRANCE DES JUIFS de Norman Finkelstein - Éditeur : La Fabrique (7 février 2001)


Court essai de l'historien américain juif Norman Finkelstein, fils de survivants du ghetto de Varsovie et des camps. Finkelstein montre à quel point le génocide juif a servi des intérêts politiques et sociaux considérables. Israël aurait ainsi fait, selon lui, de l'exploitation du malheur juif une arme idéologique puissante, en s'assignant le rôle d'état victime, et en accusant tous ceux qui critiquent sa politique sioniste d’occupation colonisation, et ses violations flagrantes des droits de l’homme dans les territoires occupés palestiniens d’être des antisémites et pour ceux qui sont juifs, d’être des juifs qui "se haissent"

Editions La Fabrique

Plus d’infos sur le site de La Fabrique



Israel et l'Holocauste: situation des survivants, identité israélienne et Holocauste

Samedi 27 Janvier 2007
Mireille Delamarre

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