information critique contre l'islam conquerant supremaciste le terrorisme
DICTATURE UE

L’Europe devrait accepter ses musulmans

Au lieu de conduire les gouvernements européens à nouer des relations ouvertes avec leurs minorités ethniques socialement défavorisées et marginalisées institutionnellement au niveau religieux, et de revoir leur politique militaire d’expansionnisme illégitime, le 11 septembre est devenu un prétexte pour s’accrocher à un agenda politique de droite agressif nationalement et un interventionnisme arrogant internationalement.



Cour de la Mosquée de Damas
Cour de la Mosquée de Damas

L’Europe devrait accepter ses musulmans

Dans la tourmente de guerres et de violence qui fait le monde d’aujourd’hui, la culture est devenu le grand masque derrière lequel se cache un agenda raciste ici et une politique expansionniste à l’étranger.

Au nom de la culture, les guerres de Bush se sont transformées en une noble mission pour apporter la démocratie au Moyen Orient hostile culturellement, tandis que la limitation draconienne des libertés civiles entreprises par Blair sont prétendument devenues nécessaires pour défendre «nos valeurs anglaises» contre des agressions culturelles et religieuses.

La même dichotomie a dominé le discours politique occidental depuis la période des lumières, alimentée par le climat d’expansion militaire et économique européen.

La dichotomie qui existe entre le "nous" et "eux" et le "nous" européen ou occidental, placé sous le signe de la raison et du progrès, et le "eux" qui vivent encore à l’ombre de la superstition et de la stagnation culturelle.

Ce discours colonialiste de droite est de nouveau en pleine ascension en Europe, de sorte que le gouvernement Chirac a pu, sans vergogne, faire resurgir les tristes décennies de la colonisation française en Afrique et au Maghreb les présentant comme "une mission civilisatrice" à inclure dans le programme scolaire des écoles françaises.

Au lieu de conduire les gouvernements européens à nouer des relations ouvertes avec leurs minorités ethniques socialement défavorisées et marginalisées institutionnellement au niveau religieux, et de revoir leur politique militaire d’expansionnisme illégitime, le 11 septembre est devenu un prétexte pour s’accrocher à un agenda politique de droite agressif nationalement et un interventionnisme arrogant internationalement.

Dans ce climat, le multiculturalisme a été décrit comme un fléau européen et la racine de tous les maux. Comme l’a exprimé un écrivain : "le temps de la sophistication est terminée. Notre pays doit affirmer ses valeurs".

En d’autres termes, les minorités en Europe sont la cause de tous les défaillances sociales, politiques, et économiques. Le remède c’est de les étouffer par des lois restrictives, et des pratiques impitoyables telles les arrestations et les fouilles, la surveillance, pour faire régner l’ordre et d’utiliser des procédures policières telles le tirer pour tuer.

Eux et leur religion ont été réduits à un problème sécuritaire, dont seuls les services secrets doivent s’occuper. Quelque soient les preuves apportées par les musulmans européens de leur allégeance à l’état nation, ils restent aux yeux de ses stratèges une cinquième colonne, et une menace pour la sécurité de l’état.

Les critiques du multiculturalisme devraient garder cela en tête. Que cela nous plaise ou non, l’Europe est un continent multiculturel. Vouloir remonter les pendules et revenir à une notion étriquée d’identité nationale basée sur l’uniformité n’est pas une option.

Des pays comme la France qui combattent toujours pour endiguer ce puissant mouvement au nom de la "laïcité" et "des valeurs de la République", se retrouvent plus sérieusement plongés dans une crise que le reste des autres pays européens.

Soudain, ces critiques semblent avoir trouvé une cure magique pour nos problèmes sous la forme du principe d’intégration à la française. En réalité c’est un euphémisme pour une assimilation culturelle et sociale. Mais un coup d’œil aux banlieues de Paris avec ses ghettos, un taux croissant de misère sociale, de chômage et de crime, serait suffisant pour condamner ce modèle d’intégration, plutôt que de le recommander comme exemple. Les récentes révoltes dans les banlieues en témoignent.

Que l’Europe comprennent en son sein une multitude de cultures est un fait indéniable. Mais le pluralisme culturel ne se réfère pas simplement à la diversité culturelle.

Cela fait référence à l’existence de nombreuses personnes qui sont égales dans l’arène publique. La présence d’une multitude de communautés n’est pas suffisante en soi même. Ce qui est important c’est si elles sont traitées sur un plan d’égalité par l’état.

Ce n’est vraiment pas le cas en Europe, où les minorités vivent plus souvent dans des logements vétustes, certains, insalubres, ne devraient pas servir de logement à des humains, souffrent de problèmes de santé, sont à la traîne en matière d’éducation, et font l’expérience du chômage, ceci plus que leurs concitoyens blancs.

Dans beaucoup de pays européens comme la France, les musulmans, la minorité religieuse la plus importante en nombre, restent sans représentation au sein des institutions politiques, de même qu’obligée d’exister en dehors de la sphère publique. La culture et l’ethnicité sont maintenant les bases d’une stratification sociale. Les minorités religieuses et ethniques sont devenues les sous classes européennes.

Le problème de la minorité musulmane et de son intégration a été récemment le sujet d’un débat public caractérisé par beaucoup de tension et de réductionnisme. Cela serait difficile de trouver à redire sur la question de l’intégration si cela voulait dire plus d’ouverture de la part de la minorité musulmane vis-à-vis de son environnement culturel, ou le besoin d’acquérir les outils linguistiques nécessaires afin de rendre cette communication possible.

Mais l’ouverture des cultures et des styles de vie est une affaire mutuelle et non à sens unique. Cela donne beaucoup de responsabilité aux tenants de la culture majoritaire, qui est plus dominante en terme de pouvoir et de structures, afin que ceux-ci tendent la main aux minorités culturelles vivant dans leur environnement.

L’année dernière un sondage gouvernemental mené pour la commission sur l’égalité raciale en Angleterre a montré que 83% des blancs anglais n’avaient aucun ami musulman pratiquant, et que 94% disaient ne pas avoir d’ami en dehors de leurs communautés blanches.

L’existence massive de stéréotypes faux sur les musulmans sont une preuve de plus que la majorité vit isolée des autres groupes minoritaires, et a besoin de mieux s’intégrer dans l’actuelle réalité d’une société européenne diverse racialement et culturellement.

Dénoncer le multiculturalisme est devenu la porte ouverte pour réactiver la tradition d’une indispensabilité culturelle avec sa croyance en la supériorité de la culture européenne et ses mythes d’une direction blanche responsable et de sa mission civilisatrice.

Dans ce contexte, la culture islamique intensément riche et complexe qui a donné naissance à des sociétés des plus cosmopolites et ouvertes dans l’histoire, à Bagdad, Damas, Cordoue, ou Istanbul, s’est retrouvée réduite à un ensemble étriqué de stéréotypes vulgaires.

Cela va de la soumission des femmes et des mariages arrangés, jusqu’au fanatisme religieux et au despotisme. De tels arguments sont la preuve de beaucoup d’ignorance et de préjugés.

Mais surtout, ils négligent le fait que toutes les cultures sont sujettes à différents modes d’interprétation et qu’aucune culture n’est homogène ou absolue. Réduire la culture islamique à ce phénomène reviendrait à identifier la culture britannique avec l’expansion militariste Victorienne et les massacres britanniques des autochtones au Kenya, Soudan, Malawi, ou de voir le fait de brûler les corps de soi disant "combattants ennemis" comme étant représentatif de la culture américaine.

Certains libéraux sont particulièrement attachés à cette question : comment peut on être tolérant avec des intolérants ? Mais avec les attaques récentes sur les libertés civiles et la transformation de la sphère publique en sphère policière et les entorses faites à la vie privée des citoyens en Europe et aux Etats-Unis, cette question vicieuse à la base peut être inversée.

Ce que nous devons demander c’est :

jusqu’à quel point ceux qui prêchent le libéralisme sont ils libéraux ?

quel est le degré de tolérance de ceux qui prêchent la tolérance ?

peut-on toujours affirmer vivre dans une société ouverte ?

Soumaya Ghannoushi – 15/01/06 opinion publiée sur le site anglais d’Aljazeera http://english.aljazeera.net copyright aljazeera et son auteur

Traduction bénévole pour information à caractère non commercial par MD pour Planète Non Violence

Soumaya Ghannoushi est chercheuse en histoire des idées à l’école des études orientales et africaines à l’Université de Londres.

L'Islam

Femmes musulmanes en Europe


L’Europe devrait accepter ses musulmans

Dimanche 5 Février 2006
Mireille Delamarre

Dans la même rubrique :

Fascisme Financier - 14/11/2011

1 2 3

Humour Les Folles D'Allah | Terrorisme Islamo-fascisme | International | Immigration clandestine | France XXI | Communautarisme Islamisation racialisation | Europe | Empire USioniste du Chaos | LIBERTE D'EXPRESSION D'INFORMATION | COLONIALISME JUDEO SIONISTE | GUERRE DE L'INFORMATION | Propagande | DICTATURE UE | PALESTINE | FRANCE | MONDE ARABE | ASIE | archives Armement Sécurité Stratégies Militaires | archives Droit International ONU | archives histoire traditions 2004-2008 | archives sciences écologie 2004-2008 | archives société 2004-2008 | archives culture | archives ressources educatives | archives informations 1 | archives informations 2