Poète et révolutionnaire, né à Paris, dessinateur sur étoffes, il participe au coup de feu aux côtés des ouvriers parisiens durant la révolution de 1848. Membre de la garde nationale, il prend part aux combats durant le siège de Paris de 1870, puis prend une part active à la Commune de Paris, dont il est élu membre pour le 2ème arrondissement. Il participe aux combats de la «Semaine sanglante», mais doit s'enfuir et se réfugie en Angleterre.
L'oeuvre d'Eugène POTTIER exprime les peines , les joies , les espoirs et les colères de la vie du peuple de son époque. Son père , artisan emballeur de petite bourgeoisie le retire de l'école à 12 ans , pour qu'il fasse son apprentissage dans son atelier afin de prendre plus tard sa succession. Cette perpective " n'emballe " pas (j'ai osé!!;-) Eugène. A 14 ans , il travaille 12 heures par jour à l'atelier et consacre ses soirées à la poésie. Il fréquente des jeunes artistes sans le sou qui se regroupent pour mieux supporter la misère. Influencé par plusieurs courants d'idées qui marquèrent son époque , il saura toutefois s'en démarquer quand les faits les démentiront. Il n'aime pas la violence mais quand on ne peut l'éviter et qu'il faut choisir son camp, on le retrouve engagé aux côtés des opprimés.
Sous l'Empire, il est à l'origine de la création de la chambre syndicale des dessinateurs, qui adhère à la première Association Internationale des Travailleurs (avril 1870). Lorsque l'Empire (sous Napoléon III) s'écroule , il a 54 ans , sa santé est déficiente , il est pratiquement infirme de la main droite. Mais au lieu de chercher le repos , il s'engage à fond dans le mouvement populaire qui aboutit à la Commune. Il signe l'appel de l'Internationale à voter pour la Commune, il appartient au comité des 20 arrondissements. Elu dans le II, il en devient le maire. Après la défaite de la Commune , il doit se cacher , s'exiler. Condamné à mort par contumace le 17 mai 1873, il s'installe aux Etats-Unis d'où il organise la solidarité pour les communards déportés. Après l'amnistie de 1880, à demi paralysé , il rentre en France où ses écrits sont peu connus car la censure a empêché leur diffusion. Malgré sa pauvreté, il poursuit la publication de ses poèmes. Mais c'est le texte de «l'Internationale», écrit en juin 1871 et mis en musique par le lillois Pierre de Geyter en 1888 qui lui vaudra une renommée mondiale, devenant l'hymne ouvrier que l'on connait.
Peu à peu , ses chansons regagnent le peuple. Il meurt le 6 novembre 1887. Son enterrement prend des allures de manifestation: 10 000 personnes l'accompagnent.On crie: "Vive Pottier, vive la Commune!!" , ce qui donnera quelques heurts avec la police.
Quelques années plus tard , la carrière de l'internationale va commencer...
Recherches documentaires : L'Instit
Pour écouter le texte chanté
Laïcité et Démocratie Françaises : Contributions de la Commune de Paris 1871