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L'Auge poème d'Eugène Pottier père de l'Internationale

Un texte qui évoque sans nul doute les inégalités criantes de notre époque:

le nombre croissant des "SDF", des ouvriers pauvres, des jeunes sans avenir, des soupes populaires et des familles se ravitaillant chez les "caritatifs".

En face:

Les Lagardère, Bouygues et Sellières, leurs stocks options et leurs golden parachutes... et leurs supplétifs politiques, les Giscards, Gaymards et Forgeards, Sarko, Villepin, Chirac...



 L'Auge poème d'Eugène Pottier père de l'Internationale

L'Auge d'Eugène Pottier père de l'Internationale

( à J.-B. Clément, membre de la Commune )

L’ordre bourgeois, c’est l’auge immense
Où des gros porcs sont engraissés.
Tous les fumiers de l’opulence
Sous leurs groins sont entassés.
Ils se gavent du populaire,
Ces déterreurs de capitaux.
Ce n’est pas avec de l’eau claire
Qu’on engraisse les aristos!

Ils ont tout pris: les champs, la ville,
L’Etat, la Banque et le Trésor,
Des faux savants la clique vile
Erige un culte au cochon d’or.
Un vin pressuré du salaire,
Les saoule au fond de leurs châteaux…
Ce n’est pas avec de l’eau claire
Qu’on engraisse les aristos!

Affamé, squelette qui navre,
Vois-les digérer, triomphants,
La chair qui manque à ton cadavre,
La cervelle de tes enfants!
Quand leur règne affreux se tolère,
Les peuples y laissent leurs os.
Ce n’est pas avec de l’eau claire
Qu’on engraisse les aristos!

Dans leur ordure ensoleillée,
Conchiant l’industrie et l’art,
La haute classe entripaillée
Fait des lois et se fait du lard.
Tout se faisande pour leur plaire,
Il leur faut larbins et châteaux.
Ce n’est pas avec de l’eau claire
Qu’on engraisse les aristos!


Abrutis par les folles sommes
Qu’ils volent aux crève-de-faim,
Ces pourceaux ne seront des hommes
Que quand ils gagneront leur pain.
Bientôt leur auge séculaire
Va s’effondrer sous nos marteaux.
Ce n’est pas avec de l’eau claire
Qu’on engraisse les aristos!


 L'Auge poème d'Eugène Pottier père de l'Internationale

Eugène Pottier le Bonhomme, le poète, l'écrivain

Poète et révolutionnaire, né à Paris, dessinateur sur étoffes, il participe au coup de feu aux côtés des ouvriers parisiens durant la révolution de 1848. Membre de la garde nationale, il prend part aux combats durant le siège de Paris de 1870, puis prend une part active à la Commune de Paris, dont il est élu membre pour le 2ème arrondissement. Il participe aux combats de la «Semaine sanglante», mais doit s'enfuir et se réfugie en Angleterre.

L'oeuvre d'Eugène POTTIER exprime les peines , les joies , les espoirs et les colères de la vie du peuple de son époque. Son père , artisan emballeur de petite bourgeoisie le retire de l'école à 12 ans , pour qu'il fasse son apprentissage dans son atelier afin de prendre plus tard sa succession. Cette perpective " n'emballe " pas (j'ai osé!!;-) Eugène. A 14 ans , il travaille 12 heures par jour à l'atelier et consacre ses soirées à la poésie. Il fréquente des jeunes artistes sans le sou qui se regroupent pour mieux supporter la misère. Influencé par plusieurs courants d'idées qui marquèrent son époque , il saura toutefois s'en démarquer quand les faits les démentiront. Il n'aime pas la violence mais quand on ne peut l'éviter et qu'il faut choisir son camp, on le retrouve engagé aux côtés des opprimés.

Sous l'Empire, il est à l'origine de la création de la chambre syndicale des dessinateurs, qui adhère à la première Association Internationale des Travailleurs (avril 1870). Lorsque l'Empire (sous Napoléon III) s'écroule , il a 54 ans , sa santé est déficiente , il est pratiquement infirme de la main droite. Mais au lieu de chercher le repos , il s'engage à fond dans le mouvement populaire qui aboutit à la Commune. Il signe l'appel de l'Internationale à voter pour la Commune, il appartient au comité des 20 arrondissements. Elu dans le II, il en devient le maire. Après la défaite de la Commune , il doit se cacher , s'exiler. Condamné à mort par contumace le 17 mai 1873, il s'installe aux Etats-Unis d'où il organise la solidarité pour les communards déportés. Après l'amnistie de 1880, à demi paralysé , il rentre en France où ses écrits sont peu connus car la censure a empêché leur diffusion. Malgré sa pauvreté, il poursuit la publication de ses poèmes. Mais c'est le texte de «l'Internationale», écrit en juin 1871 et mis en musique par le lillois Pierre de Geyter en 1888 qui lui vaudra une renommée mondiale, devenant l'hymne ouvrier que l'on connait.

Peu à peu , ses chansons regagnent le peuple. Il meurt le 6 novembre 1887. Son enterrement prend des allures de manifestation: 10 000 personnes l'accompagnent.On crie: "Vive Pottier, vive la Commune!!" , ce qui donnera quelques heurts avec la police.

Quelques années plus tard , la carrière de l'internationale va commencer...

Recherches documentaires : L'Instit

Pour écouter le texte chanté

Laïcité et Démocratie Françaises : Contributions de la Commune de Paris 1871

Samedi 1 Juillet 2006



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