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L’Andalousie de la non-violence - cohabitation multiethnique et multireligieuse

L’Andalousie connait à partir du début du huitième siécle et pendant près de huit siècles l’explosion d’une civilisation unique, non-violente, qui rayonne sur toute la région et même au delà. Elle devient le centre des arts et des industries, le phare des sciences et des lettres. Ses universités à Cordoue, Séville et Grenade sont le lieu de rencontre d’étudiants, de savants et hommes de lettres venus d’Orient et d’Occident.



Averroes 1126-1198
Averroes 1126-1198

L’Andalousie réceptacle de peuples multiples point de rencontre de civilisations de mixages interethniques

Héritière d’un passé riche en histoire de peuples venus de partout et apportant avec eux leurs cultures, leurs civilisations, l’Andalousie est une charnière vivante entre l’Orient et l’Occident. Dès le néolithique les Ibères, un peuple peut-être originaire du Sahara s’y installe, suivis des Celtes, peuple parlant une langue indo-européenne, originaire du sud-ouest de l’Allemagne.

Vers 1100 avant J.-C. les premières colonies phéniciennes (Cadix) puis grecques (Alicante) et carthaginoises (fondation d’Ibiza au VI siècle av. J.-C.) s’y installent . L’occupation romaine dure jusqu’au III siècle. Bétique fut l’une des trois provinces romaines ibériques et sa capitale Cordoue. La christianisation du pays a lieu au III siècle après J.-C. A la chute de l’empire romain, de 395 à 409 l’occupation vandale de l’Andalousie (dont le nom serait issu de Vandaloucia donnée à la presqu’île ibérique par les Vandales) ne dure pas longtemps car en 410 le pays tombe sous la domination des Wisigoths, peuple de la Germanie ancienne et Tolède devient leur capitale. Rodrigue, le dernier roi wisigoth, s’empare du trône et chasse du royaume les fils de son prédécesseur. Ces derniers s’allient au comte Julian, gouverneur de Ceuta et fidèle à la cour du roi défunt pour se venger de Rodrigue. Cette alliance est renforcée par les Juifs et les Chrétiens de condition modeste qui avaient fui le pays suite aux persécutions des nobles et des gouvernants dont ils étaient victimes.

Le plus proche pays l’Afrique du Nord est gouverné par Moussa Ibn Noceir. Les Omeyyades régnent alors sur l’empire musulman dirigé par le calife El Walid Ibn Abdelmalek. En 711 de l’ère commune Tarik Ibn Ziyad le gouverneur berbère de Tanger, arrive en Andalousie avec ses hommes, berbères et arabes, par le détroit Djebel Tarik (Gibraltar).

A l’arrivée des Musulmans c’est la rencontre entre deux peuples, deux civilisations qui se découvrent, l’une occidentale et l’autre orientale. Les principales ethnies qui composent l’Andalousie sont les espagnols convertis ou non à l’Islam, les arabes, les berbères, les juifs et les espagnols issus de mariages entre arabes et espagnoles, berbères et espagnoles, arabes et berbères. Le peuple andalou est issu d’une composante occidentale et orientale dont le mixage donne aux andalous leurs particularités comme le reflètent leur langue, leurs savoirs, leur musique, leurs traditions, leurs coutumes. Les andalous sont connus pour être très fiers et pour leur amour du savoir. Nombreux sont les hommes de lettres et de sciences, les théologiens, les philosophes, les historiens, les médecins, les géographes, les herboristes issus de ce riche creuset qui concurrencent à l’époque leurs homologues des pays tels la Perse, l’Egypte et même l’Irak.



Développement épanouissement de la société andalouse par le biais de réformes sociales, économiques.

Les musulmans arrivés en Espagne sont en majorité issus de milieux agricoles par conséquent les réformes visent l’agriculture et la mise en valeur des terres agricoles accompagné d’un repeuplement des villages et des villes suivis par les échanges commerciaux entre villes. Les andalous en précurseurs, font de l’agriculture une science ce qui entraîne une augmentation fulgurante des récoltes et l’amélioration de la qualité des produits sur la base d’études des terres, l’adaptation des espèces cultivées à celles-ci, l’utilisation d’engrais naturels efficaces, le développement de l’irrigation par canaux, transformant les terres andalouses en paradis ombragés.

En fait c’est plus une révolution sociale qu’une simple réforme comparable à la révolution française du 18 siècle. Tous les abus dont avait souffert le peuple de la part des aristocrates et des gouvernants cessent : annulation des impôts exorbitants prélevés même chez les plus démunis, les nouvelles taxes sont calculées sur la base des revenus et ne lésent en rien les classes à revenus modestes. La djizia appliquée aux non musulmans suit le même principe que les impôts bien qu’elle ne soit que symbolique et en sont dispensés les femmes, les enfants, les malades, les non-voyants, les mendiants, les handicapés. Pour les agriculteurs les taxes sont fixées sur la base de la productivité annuelle.

Sur le modèle oriental, les affaires de l’état sont gérées par le calife ou le prince et de ses ministres, tous les ministres sont représentés chez le calife par un premier ministre ou vizir.
Au niveau de l’administration l’intégration des populations locales dans la gestion des affaires du pays se fait à travers l’attribution de postes d’administrateurs à des juifs et des chrétiens qui se chargent entre autres de collecter les impôts mais surtout de régler les différents au sein de leurs communautés. A Tolède, capitale des Wisigoths, Tarik laisse à ses habitants, juifs et chrétiens la liberté de pratiquer leur culte et nomme comme gouverneur l’archevêque de la ville du temps des Goths, Oubas. Ainsi musulmans, juifs et chrétiens travaillent ensemble pour assurer la meilleure gestion des affaires de leur pays. Tolérants les uns envers les autres ils vivent dans le respect les uns des autres.


Développement et épanouissement de la société andalouse grace aux innovations scientifiques, philosophiques, culturelles et artistiques

En Andalousie le développement des sciences commençe par les sciences religieuses puis ensuite les sciences proprement dites. Trois moyens sont utilisés pour mettre à la disposition des chercheurs et étudiants la documentation nécessaire et leur assurer une formation dans le domaine choisi.

Le premièr est de faire appel à des hommes de lettres du Machrek tel Abou Ali El Kali, érudit en lettres et linguiste arabe qui imprègne la culture andalouse d’orientalisme. Puis une génération d’hommes de lettres andalous tel Ibn Abderrahmane de Malaga prennent le relai.

Le deuxième moyen fut l’envoi d’andalous vers l’Orient. Ils vont approfondir leurs propres connaissances puis reviennent vers leur pays pour y transmettre les savoirs acquis. Le voyage vers l’Orient devient alors un critère pour juger de la valeur d’un savant. Apparut ensuite une génération de scientifiques qui s’occupe de publier.Un va-et-vient incessant relie l’Andalousie à l’Orient et vice versa. Certains de ces voyageurs se contentent du Maghreb, d’autres vont plus loin vers l’Egypte, d’autres poussent jusqu’en Syrie, en Irak, en Perse. Plus nombreux sont ceux qui vont étudier les genres littéraires ou approfondir leurs connaissances en grammaire, en philosophie, et les sciences dites internes. De retour en Andalousie, ils se regroupent enseignent leurs acquis au sein de grandes écoles qu’ils fondent dans toute l’Andalousie. En plus ils écrivent et traduisent des livres.

L’Andalousie voit naître toute une génération d’hommes de sciences souvent pluridisciplinaires. Ils pratiquent ainsi la médecine, l’astrologie, l’astronomie, les sciences de la nature, la chimie, les mythologies, les lettres, la poésie, la philosophie, le soufisme, la théologie etc. Cas exceptionnel, la création littéraire en Andalousie est quasi générale chez ces intellectuels car dans tous les écrits qu’ils soient scientifiques, religieux, littéraires, soufis, etc. on trouve de la poésie sous forme de quelques vers ou des paragraphes. Les femmes ne sont pas en reste. Elles ont une grande influence sur la littérature andalouse par leur talent d’écrivains et de poétesses et contribuent ainsi au mouvement culturel de l’Andalousie à l’instar de l’Orient.

La troisième moyen est de rassembler des ouvrages d’Orient et d’Occident et de les traduire notamment les livres grecs. Médecine et philosophie se complètent chez les savants andalous. Les califes, les princes, les gouverneurs s’entourent de médecins pour les soigner et d’astrologues pour leur prédire l’avenir. Comme chez les Grecs, la médecine et l’astrologie sont deux filières de la philosophie. Ce qui a aidé au développement de la philosophie c’est l’accès à la philosophie des grecs grâce aux ouvrages traduits et les enseignements assurés par les savants venus du Machrek.

Parallèlement aux sciences les andalous s’intéressent aux arts inspirés des arts italiens, espagnols et français et en tirent un art tout à fait personnel. Leur urbanisme est marqué d’une empreinte particulière différente de l’Orient comme en témoignent les constructions dans toutes les villes telle Cordoue, Grenade et Tolède. Ils apprécient aussi beaucoup la musique.

L’influence de l’Andalousie sur l’Europe par ses sciences, sa littérature, ses arts, son système éducatif, ses écoles et ses universités, le partage des sciences en branches, la récompense des élèves par des vacances, fut certainement plus forte que celle venue d’Orient car elle était plus proche géographiquement et les échanges étaient favorisés par les déplacements des Européens vers l’Andalousie. Ce que les Croisades ont apporté à l’Europe est minime comparé à ce que l’Andalousie a donné à l’Europe bien que souvent méconnu.


L’Andalousie une ruche à savants dont Ibn Rushd ( Averroes)

Ibn Rushd (Averroès) né à Cordoue en 1126 fut sans conteste le plus grand philosophe de l’Andalousie et des nations voisines. Son grand père et son père occupent les fonctions de cadi des cadis en Andalousie (Cordoue) sous le règne des Mourabitines. Issu d’une famille de médecins il commence à étudier le Coran, la charia, la grammaire, la poésie, et est initié par son père à la jurisprudence musulmane. Il étudie ensuite la physique, l’astronomie, la médecine le mathématiques. Il apprend la médecine sous la direction de Ibn Zohr la philosophie et le droit sous la direction d’Abou Jaffar Haroon et Ibn Badja.

Excellent médecin il est introduit auprès de princes. Ami de Ibn Tofayl il est présenté à El Mansour en 1109, qu’il séduit par ses connaissances en philosophie et son analyse de la philosophie d’Aristote. El Mansour lui demande alors de traduire, résumer et commenter les œuvres d’Aristote. Ibn Rushd est nommé Cadi de Séville et y commente et résume une partie de la philosophie d’Aristote, « De Anima ». En 1182 cadi de Cordoue, il complète alors son étude sur la philosophie d’Aristote.

Son œuvre médicale est « Le livre de médecine universelle=Kitab El Kulliyat fi Eltib ou Colliget». Cet ouvrage écrit avant 1162 se compose de sept tomes (Anatomie, Santé et physiologie, Maladies et accidents, Symptômes, Médicaments et Alimentation, Hygiène, Thérapie) est traduit en latin en 1255 et publié en 1482 et 1560 à Venise.

Cependant c’est surtout comme commentateur d’Aristote qu’il est connu. Pour Averroès la philosophie ne contredit pas la loi divine qui appelle à étudier rationnellement les choses. Son ouvrage « Incohérence de l’Incohérence » est une réponse à El-Ghazali penseur et philosophe mystique qui avait écrit un livre destiné à ruiner les doctrine de divers philosophes qu’il réfute méthodiquement : « l’Incohérence des philosophes ». Dans ses interprétations il fait état de sa théorie d’une intelligence universelle immortelle à laquelle tous les hommes participent par leur espèce mais non en tant qu’individu, les âmes particulières étant elles périssables et dépendantes.

A la mort du prince, Ibn Rushd est livré à ses ennemis, accusé d’athéisme, il est jugé et exilé dans un petit village de Cordoue habité par des Juifs. Pardonné par le prince il revient et meurt en décembre 1198 à l’âge de 75 ans. Parmi ses admirateurs Frédéric II, empereur d’Allemagne qui encourage la traduction de l’œuvre d’Averroès dans sa cour où il réunit des traducteurs juifs qui s’activent à traduire la philosophie arabe en particulier Ibn Rushd. Ainsi. Ibn Rushd eut de nombreux élèves juifs à ses conférences et lorsqu’il meurt ses élèves publient sa philosophie et traduisent la plupart de ses ouvrages en hébreu. Les Juifs diffusent la philosophie de Ibn Rushd à travers toute l’Europe en traduisant les explications d’Aristote en latin ; le plus célèbre traducteur fut Mikhail l’Ecossais (1230). C’est la philosophie d’Ibn Rushd transmise par les Juifs qui ouvre la porte de l’Europe à la philosophie grecque.





Jeudi 23 Juin 2005
Mireille Delamarre



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