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Juifs Américains et Shoah : « Ils n’ont pas été les gardiens de leurs frères » – Yitzak Laor

« Nous avons besoin d’exister pour toujours ; de toute façon nous ne pouvons pas les aider; érigeons un mémorial à leur mémoire ». C’est en fait l’hypothèse de base de Ne’eman Arad dans sa description de l’échec des juifs américains à aider les juifs d’Europe.

Revue de presse d’un livre sur le sujet : « L’Amérique, ses Juifs et la Montée du Nazisme » de Gulie Ne’eman Arad, Indiana University Press.



Juif d'Europe de l'est -  copyright Roman Vishniac
Juif d'Europe de l'est - copyright Roman Vishniac

« Ils n’ont pas été les gardiens de leurs frères » – Yitzak Laor

Alors que les Etats-Unis s’enlisent dans un nouveau Vietnam et que « la Communauté Juive Américaine » devient un sujet politique chaud, (notamment sur le rôle du lobby juif pro sioniste dans les décisions de politique étrangère américaine ndlt) c’est intéressant de lire le livre de Gulie Ne’eman Arad sur la Communauté et l’une de ses heures les plus laides : l’ascension du régime nazi au pouvoir en Allemagne et l’extermination des juifs d’Europe. Ne’eman Arad prend la précaution de ne pas juger la direction juive aux Etats-Unis parce qu’elle est historienne et parce qu’elle est née juive israélienne, une sabra. Et les sabras, parce qu’ils ont reçu une éducation Mapainik, éducation liée au précurseur du parti travailliste qui a dominé Israël pendant des années, ont généralement appris à fermer les yeux sur l’incapacité de se pencher sur ce qui est connu sous le nom de « dilemmes ». Le procès de Kastner (juif hongrois qui a collaboré avec les nazis en leur livrant ses coreligionnaires envoyé en camps d’extermination. Kasner a été jugé en Israël où il avait trouvé refuge, a été disculpé, mais il a été plus tard assassiné dans ce qu’il semble avoir été un acte de vengeance) restera pour toujours la preuve de la façon dont la direction juive a été déchargée de sa responsabilité (et aussi jugée) pour son ralliement (sans parler de collaboration).

C’est un livre rempli de faits, dates, noms, et résumés d’études, d’une universitaire, qui porte sur la façon dont l’entité nommée « Communauté Juive Américaine » s’est comportée face à aux crises énormes dans lesquelles se sont trouvées plongés les juifs d’Europe de la fin du XIXème siècle sur le chemin du sauvetage aux Etats-Unis, comme prélude à l’immense échec de la direction juive aux Etats-Unis dans sa manière d’appréhender l’extermination du peuple juif en Europe. L’historienne de l’Université Ben Gourion du Negev est consciente de la critique dure qu’Hannah Arendt a porté sur la direction juive avant l’extermination. De temps en temps, elles préfère « la compréhension psychologique» à la description des mécanismes politiques qui ont crée celle-ci.

Comme Léo Baeck (dont Hannah Arendt a longuement discuté) Stephen Wise, un riche juif magouilleur qui a dirigé la Communauté Juive aux Etats-Unis pendant la période de l’extermination, a aussi gagné le respect en Israël. Cela vaut la peine de citer d’un journal intime d’une des victimes, Mordechai Tenenbaum-Tamaroff qui a écrit en Pologne fin mars 1943, à propos de quelqu’un appelé Aryeh (Ne’eman Arad croit qu’il s’agit du poète Leibel Weinstein) qui a refusé de donner à l’écrivain les poèmes intimes qu’il avait écrit. C’est ainsi que le poète explique son refus : « je ne veux pas qu’un certain Stephen Wise ou tout autre juif verse sur moi des larmes de crocodiles lorsque je serai parti ; je ne souhaite pas lui fournir du matériel pour des conférences ».

C’est trop simple de répudier tout ceci avec un « ne juge pas autrui ». Arendt aussi n’a pas discuté des collaborateurs à l’intérieur des ghettos ou des camps. Elle présentait la direction juive légitime, respectée, cette direction qui s’est trouvée collaborer, comme exprimant une tradition historique très longue de volonté de s’intégrer, ne pas être sauvé – une tradition qui s’est en fait développée en Occident ou les juifs n’étaient pas en danger. Cela faisait partie d’un désir d’appartenir à l’élite bourgeoise, de ne pas se mettre dans l’opposition, ne pas être un « Yid » ou un « Jewboy » un « Zhid » ou un « Kike » mais plutôt un bon bourgeois et se mélanger dans les salons à la crème de la société de Berlin, Paris, Boston.

Astiquer la Nostalgie

Maintenant que l’extermination des juifs d’Europe est devenu « bla-bla-bla » dans tout lycée, cela vaut la peine de demander si le grand honneur que nos dirigeants ont donné aux directions juives à travers le monde inclus Kastner, n’était pas le fait de la compréhension de ceux qui étaient partenaires de la même attitude : « Nous avons besoin d’exister pour toujours ; de toute façon nous ne pouvons pas les aider ; érigeons un mémorial à leur mémoire ». C’est en fait l’hypothèse de base de Ne’eman Arad dans sa description de l’échec des juifs américains à aider les juifs d’Europe.

Le contexte historique que l’écrivain examine c’est la développement de la Communauté Juive Américaine comme force économique, bien avant ce qui nous semble être son accès au pouvoir : les années après la seconde guerre mondiale. Le sentiment gauchiste des juifs américains d’astiquer la nostalgie de la pauvreté juive dans Brooklyn et dans le Lower East Side, a bien sûr quelque base, mais ce sentiment ignore principalement le fait qu’une large partie de « nos frères juifs » était partie intégrale du capitalisme américain dés le début du 19 ème siècle. C’était les juifs allemands qui avaient immigré aux Etats-Unis et y avaient trouvé ce que nous appelons aujourd’hui avec un certain manque de clarté « la Communauté Juive d’Amérique ».

Ne’eman Arad n’examine pas ce concept et s’il n’y avait pas quelque chose sous « la direction » bien au-delà effectivement de toutes sortes de directions, lobbies et riches hommes d’affaires qui s’engageaient dans la philanthropie. Elle examine la façon dont les premiers juifs ont réussi à s’enraciner bien avant les deux guerres mondiales, ont hésité à être des allemands en Amérique ou des juifs (40% des blancs en Amérique aujourd’hui sont d’origine allemande, protestants et plus tard catholiques). A la fin, les juifs ont conservé leur identification à la religion (ou ce que nous appelons la somme totale des coutumes que même les juifs séculiers observent). Les décisions concernant l’aide aux juifs venant frapper à la porte n’ont pas été uniformes, et pour dire la vérité, ce qui a fait que les juifs américains sont devenus si influents ce sont les portes ouvertes (à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle), et des masses de juifs sont devenus « partie prenante de la Communauté Juive Américaine ».

Quand les portes de l’immigration se sont fermées, ces portes se sont également fermées pour les juifs qui fuyaient l’Europe. La direction juive aux Etats-Unis n’a pas fait beaucoup pour changer cela. La manière dérisoire avec laquelle la direction a hésité entre courir parler au président ou fuir même des articles de presse relatant ouvertement ce qui se passait (de façon à ne pas avoir à prendre de décision) est largement décrit dans le livre. Ne’eman Arad ne discute même pas une fermeture encore plus choquante des portes : celle aux survivants, après l’extermination. Comme on le sait, les Etats-Unis ont récupéré plus de criminels de guerre (des anciens nazis ont été récupérés par les services secrets US, l’industrie nucléaire et militaire et utilisés à leur profit ndlt) que de victimes.

Les juifs américains se sont adaptés eux –mêmes à l’éthos de « ne pas se distinguer », ne pas révéler leur pouvoir et, en fait, révéler encore et toujours, qu’il n’y a pas de pouvoir économique dans un pays qui n’est pas entièrement dépendant du pouvoir de l’état. La force des juifs américains ne leur a pas valu une place de choix, car, comme dans tout pouvoir capitaliste, elle dépendait de l’état où elle était active, et l’état n’était pas intéressé par les juifs. Je suppose qu’un certain nombre de journalistes économiques, disciples de la « non intervention de l’état dans l’économie » seront surpris de découvrir cette simple vérité : il n’y a pas d’élément capitaliste qui ne s’appuie pas sur la puissance de l’état et son aide. Ceci est également vrai aux Etats-Unis. Les Etats-Unis ont été indifférents au sort des juifs avant l’extermination, et après. La direction des juifs aux US, dans le meilleur des cas a serré les dents. Ils n’ont même pas pensé à mener un combat publiquement. Ce qui était important c’était de faire avancer le niveau de vie.

« L’embarras « des alliés

L’historien Raoul Hilberg a discuté de manière extensive le sujet de « l’embarras » des alliés face au massacre des juifs. Il a écrit qu’à la base ils voulaient tourner le dos à ce développement et ne voulaient pas s’en occuper. Plus tard, il a dit qu’au début de 1944, un rapport détaillé d’Auschwitz transmis par la résistance clandestine polonaise a été distribué aux services stratégiques des Affaires Etrangères, au Ministère de la Guerre à la Commission des Crimes de Guerre aux Nations Unies – et a été enterré par tous les trois. Pourquoi ? Hilberg dit que les alliés occidentaux ne voulaient pas que la guerre soit perçue par leurs populations comme un effort pour sauver les juifs. Pas une allusion ou implication que les soldats alliés étaient des mercenaires dans le problème juif. Il note que de toute façon c’était assez difficile d’expliquer aux britanniques et aux américains pourquoi ils devaient combattre en Europe. Donc, c’était dans cette atmosphère que la direction juive se trouvait elle-même placée.

Quand la résistance clandestine polonaise a réussi à faire parvenir entre les mains de ses représentants aux Etats-Unis un rapport détaillé sur les exterminations des juifs polonais, et a supplié les juifs américains de faire du lobbying auprès de Franklin D. Roosevelt, le président a finalement accepté de rencontrer la direction juive. Ne’eman Arad décrit cette misérable rencontre, et n’épargne pas le président. Ce qu’Hilberg ajoute à la description c’est la condition stipulée par Roosevelt : les représentants de la communauté juive orthodoxe aux Etats-Unis ne viendraient pas à la rencontre. La direction juive a accepté bien sûr. C’est là que surgissent les énormes problèmes quand des juifs écrivent l’histoire de l’Holocauste, comme Moshé Zuckerman l’a dit à maintes reprises : comme décrire l’attitude des juifs envers des juifs sur la rampe d’Auschwitz. Il n’y a pas seulement un problème de classe ici (« pourquoi nous mettent –ils, nous les bons bourgeois que nous sommes, ensemble avec les pauvres ? »). C’est encore plus important, de poursuivre les descriptions de Ne’eman Arad et d’Hilberg, pour voir jusqu’à quel point l’attitude de beaucoup de juifs étaient teintée d’une forte répugnance pour ces juifs d’Europe de l’est « arriérés », les hommes avec des barbes, et les femmes avec les perruques – c'est-à-dire, les « non modernes ».

C’est un fait important de l’anti sémitisme moderne. Il fait son apparition dans la culture israélienne, ensemble avec la répugnance vis-à-vis des ultra orthodoxes bien sûr. C’est évident dans les discussions de Ne’eman Arad sur la Communauté Juive Américaine, en l’absence de la question, « qui est un juif aux Etats-Unis ? », et en l’absence de discussion sur les ultra orthodoxes américains et leur attitude sur leurs frères outre mer. Il est bon de se souvenir : ceux avec qui Roosevelt ne voulait pas qu’on prenne sa photo en fin de rencontre et par conséquent avait demandé qu’ils ne viennent pas, sont les « images » que les Nazis ont utilisé pour commencer le processus d’extermination.

Ce n’est pas suffisant de s’appuyer sur l’enthousiasme de Gershom Scholem pour la Kabbale, de Salman Schecken pour S.Y. Agnon. C’est important de savoir les faits plus étendus : les juifs allemands éprouvaient de la répugnance pour les Ostjuden. (Juifs d’Europe de l’est).

Là, à cette jonction, cela vaut la peine de se souvenir de ce que le gouverneur de New York, Herbert Lehman, a écrit en 1933, quand il a recommandé d’autoriser des juifs allemands à entrer sur le territoire américain, alors même que les US avaient déjà fermé les portes, notant qu’il en avaient rencontré beaucoup qui « sont arrivés ici ces derniers mois et il m’ont impressionné comme étant le type d’homme identique à mon père, Carl Schurz, et d’autres allemands qui sont venus ici vers 1848 et qui plus tard ont fait partie des meilleurs citoyens. »

Dans ce qu’a écrit Lehman, on peut déjà trouver la condamnation qui s’est abattue sur les juifs d’Europe.

Yitzak Laor 08/12/07

Source un article de Haaretz
http://www.haaretz.com/hasen/spages/798434.html

Note

À cela, nous devons bien sûr rajouter la collaboration connue des sionistes avec les nazis pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Dans le livre de Lenni Brenner, « 51 documents : Collaboration sioniste avec les nazis », nous lisons :

i[« Les sionistes avaient aussi un plan commercial avec le gouvernement de Berlin, selon lequel les juifs allemands pourraient obtenir le remboursement de leurs propriétés en marchandises nazies exportées vers la Palestine occupée alors par les britanniques. Et pour couronner le tout, l’infâme SS-Hptscharf, Adolf Eichmann, a visité la Palestine, en octobre 1937, invité par les sionistes. Il a aussi rencontré Feivel Polkes en Égypte, un employé sioniste, qu'Eichmann décrivait comme un « principal fonctionnaire de la Haganah. » Polkes, fumant cigarette sur cigarette, était aussi sur la liste du personnel nazi « comme informateur. » (...)

Après que l'Holocauste ait commencé en 1942, Eichmann avait régulièrement affaire avec le Dr. Rudolf Kastner, un juif hongrois, qu'il considérait comme un « sioniste fanatique ». Kastner a été assassiné plus tard en Israël comme collaborateur nazi. Cependant, le problème était à l’époque la négociation sur le destin de certains juifs de Hongrie, qu’il était prévu de liquider dans les camps de la mort dirigés par les nazis. Eichmann a déclaré ceci au sujet de Kastner, le représentant sioniste :

« Je crois qu’il aurait sacrifié mille ou des centaines de milliers de [gens de] sa race pour réaliser son objectif politique. Il n'était pas intéressé par les vieux juifs ou ceux qui s’étaient intégrés dans la société hongroise. « Vous pouvez avoir les autres «, disait-il, » mais laissez moi avoir ce groupe là «. Et parce que Kastner nous a rendu un grand service en aidant à maintenir paisible la déportation en camp. Je laisserai ces groupes s'échapper. »
Les lecteurs seront aussi étonnés d'apprendre, qu’après que les Lois Contre la Race Juive de Nuremberg aient été décrétées en septembre 1935, seuls deux drapeaux ont été autorisés pour parader dans toute l'Allemagne nazie. L’un était le favori de Hitler, le svastika. L'autre était la bannière bleue et blanche du Sionisme. On a aussi permis aux sionistes d'éditer leur propre journal. Les raisons de ce favoritisme parrainé par le Reich étaient selon l'auteur : Les sionistes et les nazis avaient un intérêt commun à faire émigrer les juifs allemands en Palestine. «]i

Lenni Brenner est juif américain et l’auteur de 4 livres : Zionism in the Age of the Dictators, The Iron Wall: Zionist Revisionism from Jabotinsky to Shamir, Jews in America Today, The Lesser Evil, etude du Parti Democrate américain. Des articles signés de lui ont été publiés par The Nation, Amsterdam News, Jewish Guardian, Atlanta Constitution, Washington Report on Middle East Affairs, Middle East Policy, Middle East International, Journal of Palestine Studies, New Statesman, Al-Fajr and United Irishman.

In 2002, il a publié : 51 Documents: Zionist Collaboration with the Nazis. Cela reprend de nombreuses traductions de documents cités dans Zionism in the Age of the Dictators, The Iron Wall. En 2004 il a publié Jefferson & Madison On Separation of Church and State: Writings on Religion and Secularism.


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Dimanche 10 Juin 2007
Mireille Delamarre

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