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Italie: les activités militaires des bases US en expansion

Pourquoi l’agrandissement de la base étasunienne est un problème politique

Le président du Conseil Romano Prodi vient de donner l'autorisation de son gouvernement à l'agrandissement de la base étasunienne de la Caserne Ederle, vers l'aéroport civil Dal Molin à Vicenza (Province Friuli Veneto Giulia, au nord-est de l'Italie) malgré une forte mobilisation de la population contre ce projet. Véritable cité dans la cité, complètement autonome, la loi italienne s'arrête sur le seuil de la base



Vauro Il Manifesto
Vauro Il Manifesto
Les deux personnages au bureau de recrutement étasunien sont Romano Prodi, et Massimo D'Alema (Democrates de gauches), vice premier ministre et ministre des affaires étrangères qui a déclaré dans une interview au journal Liberazione : "Il faut élargir l'horizon de la politique étrangère italienne : l'Italie doit regarder le monde, et au lieu d'avoir peur de la globalisation, avec une vision ouverte et optimiste, la considérer comme une grande opportunité".

Pourquoi l’agrandissement de la base étasunienne est un problème politique

L’agrandissement de la base de Vicence représente un problème « non de nature politique mais de nature urbanistique et territoriale » : c’est le président du Conseil Romano Prodi qui l’a dit en annonçant l’autorisation donnée par le gouvernement.

Pour le résoudre, quelque modification au plan d’occupation des sols sera donc suffisante et la nouvelle base, assure l’ambassadeur étasunien en Italie Ronald Spogli, « apportera des bénéfices à la population et à l’économie de la ville ». Mais, à la différence du profil bas adopté par Prodi, l’ambassadeur met en évidence l’importance politique de la décision : « Aujourd’hui, les relations entre l’Italie et les Etats-Unis, construites depuis plus de 60 ans, enregistrent un pas en avant ». Personne n’en doute.

Avec le développement de la base de Vicence, c’est tout le système des bases étasuniennes qui est renforcé en Italie, système dont les dimensions peuvent se déduire du dernier rapport du Pentagone : Base Structure Report 2006 : les forces armées étasuniennes possèdent dans notre pays 1.546 bâtiments et en ont 1.168 en location, pour une superficie totale de presque 2 millions de mètres carrés. L’accroissement des forces et bases étasuniennes en Italie n’est pas seulement quantitatif, mais aussi qualitatif. Pour preuve, le fait que la 173ème brigade aéroportée, basée à Vicence, a été transformée, le 15 septembre, en une « unité modulaire » : l’Escadre de combat 173ème brigade aéroportée (173rd Abct).

Elle est formée actuellement de six bataillons :

le 1° bataillon du 503ième régiment d’assaut aérien qui, après avoir participé en 2004 en Irak à l’attaque contre Falludjah, a été transféré en juin dernier de Camp Casey, en Corée du Sud, à la caserne Ederle de Vicence ;

le 2ième bataillon du 503ème régiment qui, réactivé en 2002, a été envoyé depuis Vicence combattre en Irak et en Afghanistan ;

le 1er escadron du 9ième de cavalerie (mécanisée);

le 4ème bataillon du 319ième d’artillerie de campagne et le 173ème bataillon des troupes spéciales, tous réactivés en juin 2006 ;

le 173ème bataillon de soutien, réactivé à Vicence en mars 2005. Comme nous le déclarions il y a un mois et demi (voir il manifesto du 2 décembre), l’armée étasunienne n’aurait pas annoncé officiellement en septembre la création de l’escadre de combat si elle n’avait pas été sûre d’obtenir du gouvernement Prodi ce que le vice-premier ministre Rutelli avait défini comme « une installation logistique appropriée de la 173ème Airborne Brigade dans sa nouvelle configuration ». L’Escadre de combat, étant une « unité modulaire », pourrait incorporer dans l’avenir d’autres services. En attendant, indique l’armée étasunienne, « en 2007, elle se consacrera à remplir ses rangs de parachutistes, acquérir de nouveaux équipements et s’entraîner ainsi à se préparer aux futures opérations de combat ». Elle est de fait « la seule unité aéroportée et force de riposte rapide du Commandement européen », dont la responsabilité couvre toute l’Europe, une grande partie de l’Afrique et certaines parties du Moyen Orient, pour un total de 91 pays.

De plus, le commandement Setaf dont dépend l’Escadre de combat, dont le quartier général est lui aussi à Vicence, a été transformé d’un commandement d’appui logistique à un commandement de théâtre (je ne suis pas sûre du terme qui doit être militaire mais que je ne connais pas en français, ndt), responsable « de la réception, de la préparation au combat et du mouvement avancé des forces qui entrent en guerre dans la région méridionale».

La base élargie de Vicence, reliée aux bases aériennes de Aviano (Friuli-Veneto-Giulia, ndt) et Sigonella (Catane, Sicile) et à celle logistique de Camp Darby (Pise), se transformera donc de plus en plus en tremplin de lancement des opérations militaires étasuniennes : l’Escadre de combat, basée ici, est une des plus grandes unités qui effectuent la rotation des troupes pour l’Irak et l’Afghanistan.

Pendant ce temps, en envoyant aussi par rotation des troupes dans les bases étasuniennes en Roumanie et Bulgarie, elle participe activement aux préparatifs de guerre contre l’Iran.

Contrairement à ce qu’a assuré hier Prodi, à savoir que « pour l’agrandissement d’une base militaire ne se pose certainement pas un problème politique », le développement de la base étasunienne de Vicence ramène donc au premier plan le problème politique central : le fait que ni le parlement ni le gouvernement aient aucun pouvoir décisionnel sur les opérations militaires étasuniennes qui, partant de notre territoire, impliquent automatiquement notre pays dans les guerres menées par les Etats-Unis.

MANLIO DINUCCI

Edition de jeudi 18 janvier 2006 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/18-Gennaio-2007/art25.html
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


Les bases de l’armée américaine en Italie et leurs petites sœurs de l’OTAN

L’armée américaine venue en Italie pendant la seconde guerre mondiale et y a installé des bases dés le début de la guerre froide avec l’Union soviétique, c'est-à-dire la guerre de 39-45 à peine finie.

Les forces majeures ont été placées dans le Nord-est de l’Italie (Vénétie, Frioul), en direction de l’Est. Quelques kilomètres au Nord de Pordenone (Frioul) il y a la grande base aérienne d’Aviano, comprenant des dépôts importants d’armes nucléaires. Il s’agit, avec Ramstein en Allemagne de la plus grande base aérienne US en Europe. Ces installations sont toutes destinées à maintenir le contrôle sur l’Europe, en particulier la Méditerranée, les routes du pétrole, la région du Moyen Orient.

Derrière Aviano, à quelques dizaines de kilomètres, à Vicenza (Veneto), il y a la grande base de Camp Ederle avec des milliers de troupes spéciales de l’US Air Forces 173e brigade. (Ces forces sont maintenant soit en Afghanistan, soit dans la partie nord de l’Irak, où elles ont été parachutées lors de la plus grande opération de débarquement depuis la Deuxième Guerre mondiale. Leur tache spécifique est de garder les champs d’extraction du pétrole à Kirkuk pour les multinationales.

A Verona il y a le commandement de l’Otan pour l’Europe du Sud (troupes terrestres).

Près de Pise, au Camp Darby, il y a l’entrepôt logistique stratégique, le plus grand dépôt de matériel de guerre américain au monde. On a bien vu l’importance de ces sites dans la récente agression contre l’Irak.

Le commandement naval de la Méditerranée est à Naples et ses bases principales sont à Naples, à Gaeta, en Sardaigne (La Maddalena).

Une autre grande base est en Sicile (Sigonella). Aux bases américaines sont subordonnées les bases de l’Otan, terrestres, aériennes et navales (les plus importantes aujourd’hui sont celles de la Pouille de Taranto, Gioia del Colle).

En décembre dernier l'hebdomadaire Carta avait consacré un numéro aux bases étasuniennes en Italie , sous le titre "Ciment très armé" : dans "Cette sale douzaine" qui énumère les douze bases actuellement installées sur tout le territoire italien, Gianni Belloni écrivait à propos de l'agrandissement vers Dal Molin :

"Le "poing de combat", comme on l'appelle au Pentagone, d'un éventuel conflit avec l'Iran. Le coeur et le cerveau de la riposte guerrière d'intervention rapide sur tout l'échiquier moyen-oriental, Irak et Afghanistan inclus. La légende de l'armée étasunienne , la 173ème brigade aéroportée du capitaine d'"Apocalypse now", refondée et réunifiée." Gianni Belloni, édition du 8 décembre 2006 de lCarta.


Un Empire Américain Mondial constitué de bases militaires

Vendredi 19 Janvier 2007
Mireille Delamarre

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