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Iran, Prétendue Fraude Electorale : Pas De Preuve Crédible



Iran, Prétendue Fraude Electorale : Pas  De Preuve Crédible

Mousavi Plaide Sa Cause

Mir Hossein Mousavi, le candidat réformiste qui défie les autorités iraniennes sur le résultat des éléctions présidentielles de la semaine dernière, est un très habile tacticien qui veut faire annuler la ré élection de son rival, le président Mahmoud Ahmadinejad portant des accusations d'un complot massif qui, affirme-t-il, l'a privé de millions de votes de ses supporters.

Ces supporters, identifiables par la couleur verte qu'ils ont adopté, sont descendus dans la rue par dizaines de milliers (aujourd'hui ils n'étaient plus que quelques milliers ndlt) et jeudi devaient organiser une "journée de deuil" pour ce qu'ils appellent une élection perdue. Cela suit une "marche silencieuse" à travers les rues de la capitale mercredi. A ce jour, au moins dix personnes - certaines sources iraniennes parlent de 32 - ont été tuées au cours des affrontements.

Mousavi a déposé une plainte officielle auprès des 12 membres du puissant Conseil des Gardiens qui a ordonné un recomptage partiel. La principale faille de la plainte c'est qu'elle inclut des comportements pré électoraux questionables ou abusifs comme preuve d'une fraude au cours du vote lui-même.

La plainte visant à obtenir de nouvelles élections, est lègère en matière d'éléments précis, mais pesante quant aux récriminations superflues sans rapport avec l'élection. Les deux premiers éléments font référence aux débats télévisés qui ont eu lieu entre les deux candidats, plutôt qu'un problème portant sur le comptage des votes lui-même.

Il y a également quelques insinuations, telles que l'affirmation qu'Ahmadinejad a utilisé des moyens de transport étatiques pour faire sa campagne dans le pays, sans tenir compte qu'il n'y a rien d'inhabituel à ce que les dirigeants en poste utilisent les ressources à leur disposition pour des buts électoraux . Tous les présidents précédents, inclus le réformiste Mohammad Khatami, qui est le principalesupporter de Mousavi, ont fait de même.

Une autre récrimination faite par Mousavi c'est qu' Ahmadinejad a eu un accès disproportionné au médias contrôlés par l'état. Cela est effectivement une mauvaise habitude prise au cours des 30 ans d'histoire de la République Islamique, mais peut être un peu moins cette année car pour la première fois il y a eu des débats télévisés, Six au total, qui a permis à Mousavi et aux autres candidats de faire entendre leurs points de vue.

Concernant les prétendues irrégularités spécifiques, la plainte cite un manque de bulltins dans certains lieux de vote qui a provoqué "quelques heures d'attente". C'est un point sur lequel on doit se plaindre mais cela n'a rien à voir avec une fraude, spécialement parce que la participation des électeurs était d'un niveau élevé avec 85% des 46 millions d'électeurs appelés à voter ( Ahmadinejad a été crédité de 64% du vote).

Mousavi se plaint que dans certains endroits les votes enregistrés étaient plus élevés que le nombre d'inscrits. Mais il oublie d'ajouter que dans certains de ces endroits, comme Yazd, il y a été crédité de plus de votes qu'Ahmadinejad.

De plus, Mousavi se plaint que certains de ses surveillants n'ont pas été accrédités par le ministère de l'intérieur et par conséquent n'ont pas pu surveiller indépendamment les élections. Cependant, plusieurs milliers de surveillants représentant différents candidats ont été accrédités et cela incluait des centaines d'yeux et d'oreilles de Mousavi.

Ils auraient du documenté toutes les irrégularités, qui, selon les règles, auraient du être mises en appendice à sa plainte. Pourtant, il n'y a rien en appendice des deux pages de la plainte de Mousavi. Il fait néanmoins allusion à 80 lettres qu'il avait auparavant envoyées au ministère de l'intérieur sans joindre photocopie de ces lettres ou rapporter leurs contenus.

Finalement, le point huit de la plainte cite le recours d'Ahmadinejad au soutien que lui ont apporté différents membres des forces armées iraniennes, de même que celui du ministre des affaires étrangères, Manouchehr Mottaki qui a mené une brève campagne pour Ahmadinejad. Ce sont des récriminations positives qui nécessite d'être étudiées sérieusement car la loi interdit aux fonctionnaires de prendre parti.On doit cependant noter que Mousavi peut être accusé de la même irrégularité car son QG de campagne avait une division consacrée au soutien par certains des forces armées.

Etant donné la faiblesse des preuves fournies par Mousavi, il y a peu de chance que le résultat de l'élection soit annulé.

Kaveh L. Afrasiabi 19/06/09 www.atimes.com - Copyright Asi

K.L. Afrasiabi est l'auteur de " After Khomeini: New Directions in Iran's Foreign Policy (Westview Press) . Son dernier livre "Reading In Iran Foreign Policy After September 11"(BookSurge Publishing , October 23, 2008) est maintenant disponible.


Samedi 20 Juin 2009
Titre traduction Mireille Delamarre



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