Conséquence désastreuse de la guerre d’occupation en Irak, le trafic d’organes, notamment celui de reins, s'est développé. Beaucoup d’irakiens au chômage, acculés à la misère franchissent le pas, et rentrent dans ce cercle vicieux du marché noir de la vente d’ organes.
Les principaux bénéficiaires, outre les trafiquants, sont les irakiens suffisamment fortunés pour se payer un rein, mais aussi depuis peu « les touristes santé» étrangers attirés par les prix relativement bas des organes. En effet, à la porte principale de l’hôpital Karama de Bagdad, on peut acheter un rein pour 2 à 3000 $. L’opération est simple : il suffit au demandeur, conduit à l’hôpital, de subir les tests sanguins nécessaires pour déterminer la compatibilité avec le donneur. Une fois celui-ci trouver et l’affaire conclue, deux opérations l’une du donneur l’autre du receveur est réalisée. Deux semaines plus tard, la transplantation terminée, ce dernier peut rentrer chez lui. Coût total de la transplantation pour le receveur: environ 10 000$.
Selon le Ministère de la santé irakienne, les maladies rénales sont très fréquentes en Irak dûes à des décennies de régime alimentaire médiocre, l’utilisation d’eau polluée impropre à la consommation et la baisse drastique de la qualité des soins en lien avec l’embargo imposé par l’ONU aprés la première guerre du Golfe. Actuellement plus de 5000 irakiens sont dans l’attente d’une transplantation d’urgence.
Les donneurs sont originaires à 90% des quartiers pauvres de Bagdad, notamment du quartier de Sadr, l’un des plus pauvres de la capitale, et des groupes de personnes ayant de bas revenus dans le reste du pays. Les médecins, qui en général ne sont pas d’accord avec ce trafic, ne posent pas trop de questions lorsqu’un donneur se présente accompagné du bénéficiaire de la transplantation. Les risques de complications parfois mortelles encourus par les donneurs vivant désormais avec un seul rein sont accrus dus à la malnutrition et le manque de médicaments.
Ce trafic d’organes pose outre de graves problèmes d’éthique, des problèmes de droit : le trafic d’organe est interdit selon le droit international, c'est considéré comme un crime, et ceux qui organisent un tel trafic doivent être traduit en justice.
La fin de l’occupation américano britannique, le rétablissement de la souveraineté irakienne, la possibilité pour le peuple irakien de se gouverner démocratiquement et de bénéficier directement des ressources liées au commerce de son pétrole sont les solutions simples à mettre en œuvre pour que la misère recule et avec elle disparaisse ce trafic d’organes.
sources Reuters et IRIN news
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