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Irak - Intensification des attaques aériennes américaines

Récemment, des informations ont circulé dans les journaux européens et américains suggérant que Washington et Londres envisagent une réduction conséquente de leurs forces terrestres en Irak. Sur place, la guerre aérienne c'est déjà intensifiée, prélude effectivement à un remplacement d'une partie de ces troupes terrestres par des forces armées aériennes comme cela s'était passé au Vietnam.



Irak - Intensification des attaques aériennes américaines

Intensification des attaques aériennes américaines en Irak

Peu de médias en parlent, pourtant le Centre de Commandement de l’armée américaine vient de publier les chiffres des attaques aériennes menées ces derniers mois montrant une intensification massive des attaques aériennes en Irak . Des milliers de missions ont été conduites cet automne en soutien aux interventions terrestres.

Selon les chiffres du bureau des affaires publiques du Commandement Central de l’armée de l’air US, le nombre de missions mensuelles incluses celles de réapprovisionnement en kérosène et autres vols de soutien, sont passé de 1111 en septembre 2005 à 1492 en novembre. Ces missions ont surtout augmenté les dernières semaines précédant les élections irakiennes du 15 décembre. Elles sont passées d’une moyenne mensuelle de 35 l’été dernier à une moyenne de plus de 60 en septembre et 120 et plus en octobre et novembre.

Les avions utilisés le plus fréquemment pour les attaques sont des avions de combat F15 et F16 stationnés sur la base de Balad au nord de Bagdad, ainsi que des F18 stationnés sur des portes avions dans le Golfe Persique, et des F18 des marines stationnés sur la base aérienne d’al Asad dans l’ouest du Gouvernorat d’al Anbar en Irak.

Les attaques aériennes ont été menées principalement dans l’ouest de l’Irak visant la résistance irakienne à l’occupation. Les villes ciblées : Balad, Ramadi, et les alentours de Bagdad selon l’armée américaine.

Les forces militaires aériennes américaines utilisent également des avions sans pilote Predator à la fois pour des missions de reconnaissance et des attaques. On parle peu de ces Predator. Il faut savoir que cet avion sans pilote est commandé à distance, tres longue distance même parfois puisque ce sont des soldats de l’armée de l’air américaine stationnés sur une base du Nevada qui derrière leurs consoles ont dirigé cinq des vols d’attaque des Predator et leurs tirs de missiles Hellefire ce mois ci. Ils ont visés des resistants irakiens dans l’ouest du gouvernorat d’al Anbar. Selon le chef d’état major de l’armée de l’air américaine le général Michael Moseley, ces Predator attaquent des cibles presque chaque jour en Irak mais aussi en Afghanistan. Au cours de leurs missions de surveillance, ils transmettent des images instantanées à des unités des renseignements qui les partagent avec les troupes au sol.

Supposées perturber les déplacements des resistants irakiens, leur capacité d’attaque des forces américaines, et les tuer, il est difficile de connaître l’efficacité réelle de ces missions mais aussi de dénombrer le nombre de victimes civiles irakiennes qu’elles font.

Sources : Ajazeera.net 20 décembre 2005

Amr Moussa : "La résistance à l’occupation est un droit légitime"

Amr Moussa, Secrétaire général de la Ligne Arabe, reproche aux Européens de vouloir imposer aux Arabes leur définition du terrorisme : "Ceci est inacceptable pour nous" dit-il, "car ils tentent de faire l’amalgame entre terrorisme et résistance. Pour nous la résistance à l’occupation est un droit légitime des peuples." (Al Ahram hebdo - 30/11/05)

Balles israéliennes pour les Irakiens

Les Américains ont utilisé une telle quantité de munitions dans leurs guerres en Irak et en Afghanistan – 1,8 milliard par an- que la fabrication américaine ne peut suivre et qu’ils doivent se tourner vers Israël pour leurs besoins. Ce montant a plus que doublé en cinq ans. "S’il (le Pentagone) ne compte pas les morts (irakiens), on peut cependant estimer qu’en se basant sur le rapport du GAO (cour des comptes américaine) chaque insurgé irakien équivaut à un minimum de 250 000 balles" déclare John Pike, du Groupe militaire de recherche de GlobalSecurity.org. Devant ces difficultés d’approvisionnement, les Etats-Unis se sont adressés à Israël Military Industries, liées au gouvernement israélien, qui produit l’ensemble des armes et munitions pour les forces armées israéliennes. Le Pentagone a ainsi acheté 313 millions de munitions de calibre, 5.56mm, 7.62mm et 50mm l’an dernier et a payé 10 millions de dollars de plus que ce qu’ils auraient payé aux Etats-Unis. (Source : Washington Report, Other Voices, Dec. 2005)

Extraits du bulletin N° 53 des amitiés Franco Irakiennes
Site AFI


Vers une guerre aérienne intensifiée en Irak ? Point de vue

Récemment, des informations ont circulé dans les journaux européens et américains suggérant que Washington et Londres envisagent une réduction conséquente de leurs forces en Irak. Ces informations ont bien souvent oublié de mentionner que ces mêmes forces viennent d’être augmentées l’été dernier, et que la réduction en question ne serait pas aussi importante que celle propagée compte tenu du nombre des troupes actuellement stationnées dans le pays. De plus, à de rares exceptions pres, ces articles ne prennent pas la peine de mentionner que si ces troupes sont rapatriées, le Pentagon prévoit de remplacer ces unités de combat terrestres par des forces armées aériennes. Pour ceux qui ont suivi la guerre du Vietnam, ce plan rappelle les dernières années de cette guerre. Cette stratégie à l’époque choisie par l’Administration Nixon faisait partie d’un plan appelé "paix dans l’honneur".

C’était un plan connu, appelé vietnamisation, et qui a fonctionné de la façon suivante : les troupes sud vietnamiennes travaillaient avec les forces armées terrestres américaines qui avaient été réduites, attaquant la guérilla nord vietnamienne, et ceux qui les soutenaient, en faisant appel à des attaques aériennes américaines. En plus, il y avait des campagnes occasionnelles de bombardements qui ciblaient la totalité de régions vietnamiennes et duraient pendant des jours voire même des semaines, détruisant des villages entiers et des quartiers de villes, et tuant des civils par centaines. Peut être que la plus connue de ces campagnes de bombardements massifs a eu lieu en décembre 1972, dénommée "bombardements de Noêl". Cette tempête semeuse de mort fut la plus grande campagne de ce genre menée et détruisit des quartiers de la ville d’ Hanoi et de beaucoup d’autres villes vietnamiennes. Ainsi, plus de 1600 vietnamiens sont morts le 11ème jour de cette campagne.

Pour l’instant, il semble que l’armée américaine utilise en Irak (et en Afghanistan) sa force de frappe aérienne pour ce qu’ils appellent des opérations de soutien rapproché. Habituellement, cela veut dire que les attaques aériennes sont généralement de faible intensité et que les bombes et roquettes visent des immeubles individuels et des blocks urbains. Mais le nombre de ces missions aériennes n’est pas lui réduit. Pour exemple, selon un communiqué de presse du centre de commandement de l’armée de l’air américaine datant du 28 novembre 2005, les avions de la coalition ont effectué 46 missions aériennes de soutien rapproché dans le cadre de l’opération "liberté en Irak" le 27 novembre. Ces missions aériennes soutenaient des troupes de la coalition, assuraient la protection d’infrastructures, des travaux de reconstruction, et des opérations pour empêcher ou déranger des activités de résistance.

Les avions de la coalition ont également soutenu des opérations menées conjointement par les forces irakiennes et de la coalition pour créer un "environnement sécurisé" pour les élections de décembre. Ces 46 missions ont été suivies de 42 autres le 28 novembre. Cela veut dire 88 missions connues seulement en deux jours (en plus 18 missions ont été enregistrées en Afghanistan ce même 28 novembre). Si on les multiplie par 7, cela veut dire 308 missions aériennes de combat en Irak seulement. Etant donné les armes utilisées, cela veut dire que dans le cadre de ces missions de "soutien rapproché", des civils sont tués. Ce n’est pas possible de tuer une ou deux personnes avec une bombe d’un quart de tonne ou d’une roquette de moindre puissance. Les effets collatéraux de l’utilisation de ces roquettes utilisées par Israel contre des véhicules palestiniens transportant des membres de la résistance palestinienne sont là pour le prouver. Les images de films de fermiers vietnamiens arrosés par des tirs de mitrailleuses d’hélicoptères américains, et bombardés par des roquettes tirées d’avions de l’armée de l’air américaine volant à basse altitude, sont aussi la preuve du nombre accru de victimes civiles à prévoir en cas d’utilisation massive de la force aérienne américaine.


Alors pourquoi le Pentagon et la Maison Blanche envisagent-t-ils cette nouvelle orientation stratégique ? C’est simple, cela a à voir avec la politique intérieure américaine. Quand en 1969 Nixon a été élu pour son premier mandat, il a promis d’apporter la paix et l’honneur et de mettre fin à la guerre du Vietnam. Au lieu de cela, Nixon a étendu la guerre et la rendue encore plus sanglante. Cependant, en même temps, il a réduit le nombre des troupes terrestres américaines engagées. Mais comme le commandement américain ne faisait pas confiance aux combattants sud vietnamiens, il a utilisé le reste des quelques milliers de troupes terrestres restées sur place pour conduire des missions de recherche et de destruction en utilisant les sud vietnamiens et la puissance de feu aérienne de son armée de l’air. Bien que cela eut pour effet de réduire la pression interieure sur les dirigeants de Washington, tout en continuant à tuer des civils vietnamiens, cela ne plut pas trop au gouvernement de Saigon conscient que cela ne suffirait pas pour le maintenir au pouvoir….

Pour en revenir à l’Irak, à la Maison Blanche de Bush et dans une partie du Congres américain, on veut encore croire, selon les paroles des uns et des autres, qu’il est possible d’atteindre les objectifs militaires dans ce pays…..Ce changement de stratégie accompagné d’un redéploiement des forces terrestres au Koweit et dans des positions défensives ultra fortifiées en Irak aura probablement pour conséquence de réduire les pertes américaines et ainsi aider à la réelection des membres du Congres qui, d’ici là, risquent de se retrouver confrontés à la grogne de leurs électeurs quand ils rentreront dans leur fief pour les vacances d’hiver.

Selon un article de Seymour Hersh publié dans le New Yorker le 28 novembre 2006, certains officiers de l’armée de l’air sont préoccupés par ce plan visant à augmenter l’utilisation des forces aériennes en Irak et ce principalement pour deux raisons : le danger de l’augmentation des victimes civiles irakiennes, et la capacité des commandants irakiens à faire passer les attaques. Si la première raison est louable, elle a peu de sens eut égard à ce qui se passe sur le terrain où les forces d’occupation ont tendance à tirer d’abord et ensuite voir qui sont les victimes. Ces officiers ne mentionnent pas non plus le fait que l’histoire prouve que les attaques aériennes ne marchent pas contre la guérilla. Si cela avait marché, alors pourquoi la ville de Saigon s’appelle Ho Chi Minh et non plus Saigon ! Les forces de la guérilla colombienne ne maîtriserait pas non plus, comme c’est le cas encore actuellement, une grande partie du territoire rural de ce pays.

L’utilisation de la force aérienne ne fait pas gagner des guerres – cela ne fait que détruire tout au sol et remplir les poches de ceux qui dirigent les industries de l’armement. En plus, cela ne fait qu’augmenter la haine des populations touchées par ces bombardements.

Peut être que si l’agresseur veut mener son offensive jusqu’à sa conclusion finale : la destruction totale, il pourra gagner sauf qu’il restera peu de choses à gagner sauf le pétrole en ce qui concerne l’Irak.

Est-ce cela que Georges Bush veut dire lorsqu’il insiste sur rien de moins qu’une victoire totale ? Il semble donc que de vouloir remplacer les combats au sol en semant la mort par voie aérienne, ne sera qu’une façon chauvine de se venger.


Extraits d’un article de Ron Jacobs, journaliste et écrivain américain paru le 1er décembre sur

Counterpunch


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Dimanche 11 Décembre 2005

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