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Interview du Président Russe Vladimir Poutine par des journalistes du G8

Interview qui donne un aperçu de ce qu’est et sera la politique internationale russe notamment sur le problème de l’installation de systèmes US anti missiles en Europe de l’est. Extraits.



Interview du Président Russe Vladimir Poutine par des journalistes du G8

Interview du Président Russe Vladimir Poutine par des journalistes du G8 - Extraits

Le président Vladimir Poutine répond à des questions posées par des journalistes de pays membres du G8. Extraits

Vladimir Poutine : Bonsoir Mesdames et Messieurs !

J’aimerai vous accueillir chaleureusement.

J’aimerai juste dire quelques mots au commencement de notre discussion. Nous croyons que le forum du G8 est un évènement utile et intéressant qui nous permet de synchroniser nos approches sur des problèmes clés liés au développement de l’économie mondiale et sur l’agenda international. Et pas simplement, dirions nous, synchroniser nos montres mais aussi coordonner nos positions, positions qui peuvent être formalisées par des documents du G8 et, plus tard, dans les documents d’autres organisations internationales, dont l’ONU. Et cela s’est déjà fait par le passé.

J’ai été très content de voir que les accords qui ont été conclus à St Petersbourg l’année dernière n’ont pas été oubliés. Beaucoup de nos accords sont mis en application. De plus, la présidence allemande du G8 n’a pas oublié les thèmes majeurs de nos discussions à St Petersbourg. Nous voyons une preuve claire de ce que nous avons discuté en Russie dans les documents qui sont maintenant établis par des experts et des sherpas. Bien sûr, c’est en référence d’abord et surtout à l’énergie. Mais pas simplement cela. Cela inclut aussi l’aide au développement et spécialement l’aide aux pays africains. Cela inclut la lutte contre des maladies infectieuses. Naturellement, cela inclut aussi nos efforts conjoints concernant le changement climatique.

Bien sûr nous parlerons de tout ceci et, comme je l’ai déjà dit, d’autres problèmes internationaux sérieux pour l’Europe, comme les Balkans, et d’autres problèmes. Et j’ai confiance qu’une discussion ouverte, honnête entre les partenaires sur tous ces problèmes – peut importe la difficulté de les résoudre, sera un discussion utile.

J’aimerai vous remercier pour l’intérêt que vous avez montré pour notre travail. Et je n’ai certainement pas l’audace ou la responsabilité de parler pour tous les collègues du G8. Mais je suis prêt à expliquer plus en détail la position de la Russie sur des problèmes que vous pensez être d’intérêt pour le public.

C’est tout ce que je voulais dire pour commencer, et je ne vais pas perdre de temps en monologue. Je vous écoute. Commençons à travailler.

Der Speigel : Mr le Président, il semble que la Russie n’aime pas beaucoup l’Occident. Nos relations se sont quelque peu détériorées. Et on peut aussi mentionner la détérioration de vos relations avec l’Amérique. Est que nous approchons encore une fois d’une Guerre Froide ?

Vladimir Poutine : il va sans dire qu’on ne peut utiliser la même terminologie en relations internationales, dans les relations entre des pays, que celle s’appliquant aux relations entre des personnes - - spécialement lors de leur lune de miel ou lorsqu’elles se préparent à aller au bureau de registre civil.

A travers l’histoire, les intérêts ont toujours été le principal principe d’organisation des relations entre états et sur la scène internationale. Et plus ces relations deviennent civilisées, plus cela devient clair qu’on doit trouver un équilibre entre ses propres intérêts et ceux d’autres pays. Et on doit être capable de trouver des compromis pour résoudre les problèmes et les cas les plus difficiles.

L’une des principales difficultés aujourd’hui, c’est que certains membres de la communauté internationale sont absolument convaincus que leur opinion est celle qui est correcte. Et bien sûr cela n’aide pas à créer une atmosphère de confiance que je crois cruciale pour trouver plus que des solutions mutuellement acceptables, pour trouver des solutions optimales. Cependant, nous pensons également que nous ne devrions rien dramatiser inutilement. Si nous exprimons notre opinion honnêtement et sans ambiguïté, alors cela n’implique pas que nous cherchions la confrontation. De plus je suis profondément convaincu que si nous étions capable de réinstaurer une honnête discussion et la capacité de trouver des compromis sur la scène internationale alors tout le monde en bénéficierait. Et je suis convaincu que certaines crises sur la scène internationale n’existeraient pas actuellement et n’aurait pas un impact aussi extrême sur la situation politique interne de certains pays. Par exemple, les évènements en Irak ne seraient pas un tel casse tête pour les Etats-Unis. C’est l’exemple le plus net, le plus aigu, mais néanmoins, je veux que vous me compreniez. Et comme vous vous en souvenez, nous étions opposé à une action militaire en Irak. Nous considérons maintenant que si nous nous avions fait face aux problèmes à l’époque par d’autres moyens alors le résultat aurait été - - à mon avis - - bien meilleur que ce que nous avons aujourd’hui.

C’est pour cette raison que nous ne voulons pas de confrontation ; nous voulons nous engager dans un dialogue. Cependant, nous voulons un dialogue qui reconnaisse l’égalité des intérêts des deux partis.

Wall Street Journal : une suite à la question précédente. L’un des problèmes récents les plus vifs entre Washington et Moscou cela a été les plans américains d’installer des éléments du système de défense anti-missile en Europe. Puisque la Russie est radicalement opposée à ce système et que la Maison Blanche confirme qu’elle ira de l’avant quoi qu’il en soit, la confrontation devient plus prononcée…

Vladimir Poutine: en fait c’est la réponse à la question précédente. Je suis désolé continuez.

Wall Street Journal : et plus il y a de pays là bas qui veulent participer à ce système. Que gagne la Russie à être si férocement opposé à ce système ? Espérez vous que Washington abandonnera éventuellement ses plans d’installation d’un système de défense anti missile ou avez-vous d’autres buts, puisque Washington a déjà dit qu’il n’autorisera pas la Russie à mette sont veto à son programme ?

Vladimir Poutine : je commencerai avec le Traité des Forces Armées Conventionnelles Adaptées (ACAF) en Europe. Nous n’avons pas simplement déclaré que nous étions prêts à respecter le traité, comme certains l’ont fait. Nous l’appliquons réellement : nous avons retiré toutes nos armes lourdes de la part européenne de la Russie et nous les avons mises derrière l’Oural. Nous avons réduit nos forces armées de 300 000 troupes. Nous avons pris plusieurs autres mesures exigées par l’ACAF. Mais qu’avons nous vu en réponse ? L’Europe de l’est reçoit de nouvelles armes, deux nouvelles bases militaires sont crées en Roumanie et en Bulgarie, et il y a deux nouvelles zones de lancement de missiles – un radar dans la république tchèque et un système de missiles en Pologne. Et nous nous posons la question : qu’est ce qui se passe ? La Russie désarme unilatéralement. Mais si nous désarmons unilatéralement alors nous aimerions voir nos partenaires être prêts à faire la même chose en Europe. Au contraire, l’Europe est en train d’être remplie de nouveaux systèmes d’armes. Et bien sûr nous ne pouvons nous empêcher d’être préoccupés.

Que devrions nous faire dans ces circonstances ? Bien sûr, nous avons déclaré un moratoire.

Ceci s’applique au système de défense de missiles. Mais pas seulement au système de défense de missiles lui-même. Car si ce système de missiles est mis en place, cela fonctionnera automatiquement avec la capacité totale nucléaire des Etats-Unis. Cela sera une partie intégrale de la capacité nucléaire des US.

J’attire votre attention et celle de vos lecteurs sur le fait que pour la première fois dans l’histoire - - et je veux insisté là-dessus - - il y a des éléments de la capacité nucléaire US sur le continent européen. Cela change tout simplement la configuration entière de la sécurité internationale. C’est la deuxième chose.

Finalement, troisièmement, comme justifient-ils cela ? Par le besoin de se défendre contre des missiles iraniens. Mais de tels missiles n’existent pas. L’Iran a des missiles d’une portée de 5000 à 8000 Km. En d’autres termes, on nous dit que ce système de défense de missiles est là pour défendre contre quelque chose qui n’existe pas. Est-ce que vous pensez que cela même n’est pas un peu drôle ? Mais cela ne serait amusant que si cela n’était pas dit. Nous ne sommes pas satisfait des explications que nous entendons. Il n’y a aucune justification pour installer un système de défense de missiles en Europe. Nos experts militaires croient certainement que le système affecte la Fédération de Russie pour sa partie située devant les montagnes de l’Oural. Et bien sûr nous devons répondre à cela.

Et maintenant je voudrai donner une réponse définitive à votre question : que voulons nous ? Tout d’abord, nous voulons être entendus. Nous voulons que notre position soit comprise. Nous n’excluons pas que nos partenaires américains puissent reconsidérer leur décision. Nous n’imposons rien à personne. Mais nous procédons à partir du bon sens et nous pensons que chacun pourrait aussi utiliser son bon sens. Mais si cela ne se passe pas comme cela alors nous nous dégagerons de toute responsabilité concernant des mesures de représailles car nous n’avons pas initié ce qui est certainement une nouvelle course aux armements en Europe. Et nous voulons que chacun comprenne très clairement que nous n’allons pas porter la responsabilité de cette course aux armements. Par exemple, quand ils ont essayé de nous faire porter cette responsabilité en lien avec nos efforts pour améliorer nos armes nucléaires stratégiques. Nous n’avons pas initié le Retrait du Traité Transatlantique des Missiles anti Balistiques. Mais quelle réponse avons nous donné quand nous avons discuté de ce problème avec nos partenaires américains ? Nous avons dit que nous n’avions pas les ressources et le désir d’établir un tel système. Mais en temps que professionnels, nous comprenons tous deux qu’un système de défense anti missiles pour un côté et rien pour l’autre crée une illusion de sécurité et augmente la possibilité d’un conflit nucléaire.

Je parle de façon purement théorique - - ceci n’a pas de dimension personnelle. Ceci détruit l’équilibre stratégique dans le monde. Pour restaurer cet équilibre sans établir un système de défense de missiles, nous devrons créer un système pour pénétrer la défense anti missile et c’est ce que nous faisons actuellement.

A ce moment là nos partenaires ont dit « il n’y a pas de mal, nous ne sommes pas ennemis, nous n’allons pas travailler l’un contre l’autre. » Nous faisons remarquer que nous leur répondons simplement : « nous vous avons prévenus, nous en avons parlé, vous nous avez répondu d’une certaine façon. Donc nous allons faire ce que nous avons dit que nous ferions. » Et s’ils mettent un système de missiles en Europe - - et nous prévenons aujourd’hui - - il y aura des mesures de représailles. Nous avons besoins d’assurer notre sécurité. Et nous ne sommes pas les partisans de ce processus.

Et finalement une dernière chose. De nouveau je ne voudrai que vous souffriez d’une illusion que nous n’aimons plus personne. Mais je pense moi-même parfois pourquoi font-ils tout cela ? Pourquoi nos partenaires américains essaient –ils, de façon si obstinée, de déployer un système de missiles en Europe quand - - et cela est parfaitement évident - - cela n’est pas nécessaire pour se défendre contre les iraniens ou - - encore plus évident - - des missiles nord coréens ? (Nous savons tous où se trouve la Corée du Nord et le type de portée ses missiles nécessiteraient pour pouvoir atteindre l’Europe). Donc ce n’est clairement pas contre eux et ce n’est clairement pas contre nous puisque c’est évident pour tous que la Russie ne se prépare pas à attaquer quelqu’un. Alors pourquoi ? Peut être est ce pour s’assurer que nous mènerons à bien ses mesures de représailles ? Et pour empêcher un rapprochement encore plus grand entre la Russie et l’Europe ? Si tel est le cas, (et je ne l’affirme pas mais c’est une possibilité), alors je crois que ce serait encore une autre erreur parce que ce n’est pas la manière d’améliorer la paix internationale et la sécurité.

Der spiegel : une question supplémentaire courte : Seriez vous prêt à considérer la possibilité de déployer un système russe de défense de missiles identique quelque part prés des Etats-Unis, par exemple Cuba ?

Vladimir Poutine : Vous savez, j’aurais du en parler mais vous avez abordé cela devant moi. Nous ne planifions pas une telle chose, et comme c’est bien connu, nous venons de démanteler nos bases à Cuba. En même temps que les américains en construisent de nouvelles en Europe, en Roumanie, et en Bulgarie. Nous les avons démantelées parce qu’après la chute de l’Union Soviétique notre politique étrangère a beaucoup changé parce que la société russe a elle – même changé. Nous ne voulons pas de confrontation, nous voulons une coopération. Et nous n’avons pas besoin de bases proches de quiconque et nous ne planifions rien de la sorte. C’est la première chose.

La deuxième. Comme règle de base, les systèmes modernes d’armes n’ont pas besoin de telles bases. Elles sont généralement des décisions politiques…

Kommersant : Vladimir Vladimirovich, à mon avis, les relations récentes de la Russie avec l’Occident se développent à une vitesse catastrophique. Si vous les examiner vous voyez que tout est mauvais et devient pire. Le dialogue sur l’énergie est gelé, personne ne parle même de la Charte sur l’énergie, la course aux armements est en cours. Et vous l’avez fait remarqué vous-même. Hier vous avez dit que, oui il y a une course aux armements - - vous avez précisément utilisé ces mots. Et il y a un nouveau mot dans votre vocabulaire qui n’y était pas avant, le mot impérialisme. Ce mot est un mot de l’époque soviétique. L’impérialisme américain et le militarisme israélien sont deux termes dont vous devez vous souvenir. Et ils étaient contrés seulement par les initiatives de paix soviétiques, comme ils sont maintenant contrés par les initiatives de paix russes. J’aimerai vous demander : ne pensez vous pas qu’il est possible de parler de certains compromis, de s’engager dans des compromis, de regarder même occasionnellement, même pour le show, vers l’opinion publique en Europe, en Amérique, et finalement en Russie ? Ne pensez vous pas que cette course actuelle ne mène nulle part ? Elle devient, elle gagne même plus en force, cette course aux armements, avec ces missiles, les notres. Pour quel but ?

Vladimir Poutine : Franchement, je trouve cette question plutôt étrange, une surprise. Une course aux armements se développe réellement. Bien, est ce que c’est nous qui nous sommes retirés du Traité ABM ? Nous devons réagir à ce que nos partenaires font. Nous leur avons déjà dit il y a deux ans, « ne faites pas cela, vous n’avez pas besoin de faire cela. Que faites vous ? Vous détruisez le système de sécurité international. Vous devez comprendre que vous nous forcez à prendre des mesures de représailles. « Ils ont dit « Okay, pas de problème, allez y. Nous ne sommes pas ennemis. Faites ce que vous voulez. « Je pense que cela était basé sur l’illusion que la Russie n’aurait pas de réponse. Mais nous les avons prévenus. Non, ils ne nous ont pas écoutés. Puis nous avons entendu qu’ils développaient des armes nucléaires de basse intensité, et ils continuent de développer ces charges nucléaires. Nous comprenons que dans les rochers où se cache Ben Laden il pourrait être nécessaire de, devrions nous dire, détruire une partie de son refuge. Oui, probablement qu’un tel objectif existe.

Mais peut être qu’il faudrait mieux regarder vers d’autres façons et moyens de résoudre les problèmes plutôt que de créer des armes nucléaires de basse intensité, baisser la menace d’utilisation d’armes nucléaires, et par conséquent placer l’humanité sur le bord d’une catastrophe nucléaire. Nous ne voulons pas faire cela. Non, cela continue : « qui n’est pas avec nous est contre nous. » qu’est ce que c’est ? Est – ce un dialogue ou une recherche de compromis ? La totalité du dialogue peut être résumé ainsi : qui n’est pas avec nous est contre nous.

J’ai parlé de l’opinion publique. L’opinion publique en Russie est en faveur d’assurer notre sécurité. Où trouvez vous une opinion publique en faveur de l’idée que nous devons complètement désarmer, et que peut être, selon des théoriciens tels que Zbignew Brzezinski, que nous devons divisé notre territoires en trois ou quatre parties.

Si un tel public existait, j’argumenterais avec lui. Je n’ai pas été élu président de la Fédération Russe pour conduire mon pays au bord du désastre. Et si cet équilibre dans le monde est finalement rompu, alors ce sera une catastrophe non seulement pour la Russie mais aussi pour la totalité du monde.

Certaines personnes ont l’illusion qu’on peut tout faire comme on veut, sans considération des intérêts des autres peuples. Bien sûr c’est précisément pour cette raison que la situation internationale empire et éventuellement résulte dans une course aux armements comme vous l’avez fait remarqué. Mais nous ne sommes pas les instigateurs. Nous ne le voulons pas. Pourquoi voudrions nous détourner des ressources pour cela ? Et nous ne mettons nos relations à mal avec personne. Mais nous devons répondre.

Citez juste un pas fait ou une action de notre part pour faire empirer la situation. Il n’y en a pas. Nous ne sommes pas intéressés par cela. Nous sommes intéressés d’avoir une bonne atmosphère, un dialogue sur l’environnement et l’énergie en Russie.

Nous avons déjà parlé comment nous subventionnons des pays, les anciennes républiques de l’Union Soviétique, en leur fournissant de l’énergie bon marché pendant 15 ans. Pourquoi avions nous besoin de faire cela ? Quelle est la logique, quelle est la justification à cela ? Nous avons subventionné l’Ukraine pendant 15 ans, de 3 à 5 milliards de dollars par an. Pensez seulement à cela ! Qui d’autre dans le monde fait cela ? Et nos actions ne sont pas politisées. Ce ne sont pas des actions politiques….

Kommersant : Quand je mentionnais l’opinion publique en Russie je me référais au fait que, selon ce que je comprends, l’opinion publique en Russie s’opposerait fortement à une nouvelle course aux armements après que l’Union Soviétique ait perdu.

Vladimir Poutine : Et je suis aussi contre la course aux armements. Je suis opposé à toute forme de course aux armements, mais j’aimerai rapidement attirer votre attention sur quelque chose que j’ai dite l’année dernière lors de l’Adresse (à l’Assemblée Fédérale). Nous avons tiré la leçon de l’expérience de l’Union Soviétique et nous ne serons pas entraînés dans une course aux armements imposée par quiconque. Nous ne répondrons pas symétriquement, nous répondrons avec d’autres méthodes et moyens qui ne sont pas moins efficaces. Ceci s’appelle une réponse asymétrique.

Les Etats-Unis sont entrain de construire un vaste système coûteux de défense de missiles qui coûtera des douzaines et des douzaines de milliards de dollars. Nous avons dit : « « non, nous n’allons pas être entraînés dans cette course. Nous construirons des systèmes qui seront bien plus économiques mais suffisamment efficaces pour vaincre le système de défense de missiles et par conséquent maintenir l’équilibre des pouvoirs dans le monde. » Et nous allons procéder de cette façon dans le futur.

De plus, je veux attirer votre attention sur le fait que, malgré nos mesures de représailles, le volume de nos dépenses de défense en pourcentage de GDP ne croît pas. Il représentait 2,7 % du GDP et restera ainsi. Nous planifions d’avoir le même taux de dépense pour les 5 à 10 prochaines années. Ceci est complètement aligné sur les dépenses moyennes des pays de l’OTAN. Ce volume n’est pas supérieur à la moyenne de leurs dépenses de défense et dans certains cas c’est même plus bas que celui de certains pays membres de l’OTAN. Et nous pouvons utiliser nos avantages compétitifs qui incluent un grand nombre de capacités militaro industrielles avancées et les capacités intellectuelles de ceux qui travaillent dans notre industrie militaire. Il y a de bons résultats et des gens compétents. De toute façon, une grande partie de cela a été préservé pour non seulement maintenir mais aussi développer ce potentiel.

Correre della Sera : Mr le Président, encore deux points sur l’équilibre stratégique en Europe. J’aimerai vous demander si vous pensez que le Traité sur les Armes Nucléaires de Portée Intermédiaire (INF) court actuellement un risque et s’il pourrait perdre de sa force au regard de se qui se passe pour l’ACAF ?

Et le deuxième point. Vous avez dit que vous ne voulez pas participer à une course aux armements. Mais si les Etats-Unis continuent à construire un bouclier stratégique en Pologne et en République Tchèque, ne reviendrons nous pas à une situation et une époque au cours de laquelle les forces nucléaires de l’ancienne Union Soviétique seront centrées sur les villes européennes, sur des cibles européennes ?

Vladimir Poutine : Certainement. Bien sûr nous ne reviendrons pas à cette époque. Et c’est clair que si une partie de la capacité nucléaire des Etats-Unis est située en Europe et que nos experts militaires considèrent que cela représente une menace potentielle alors nous devrons prendre les mesures de représailles appropriées. Quelles mesures ? Bien sûr nous devons avoir de nouvelles cibles en Europe. Et déterminer précisément quels moyens seront utilisés pour détruire les installations dont nos experts croient qu’elles représentent une menace potentielle pour la Fédération de Russie c’est une question de technologie. Des missiles balistiques ou de croisière ou un système complètement nouveau. Je répète que c’est une question de technologie.

Correre Della Sera : et qu’en est-il du traité INF ?

Vladimir Poutine : le Traité sur les armes nucléaires de moyenne portée est un problème plus large et n’est pas directement lié au système de défense de missiles des US.

Le problème en fait c’est que seuls les US et la Russie sont empêchés de développer des missiles de portée intermédiaire, et pendant ce temps là, un grand nombre d’autres pays le font. J’ai déjà parlé là-dessus. Cela inclus Israël, le Pakistan, et la Corée du Nord. Si cela était un accord global alors ce serait clair que tous doivent y souscrire. Mais quand presque tous les pays dans le monde développent ou projettent de développer ces missiles, je ne comprends pas vraiment pourquoi il devrait y avoir des limites pour les US ou la Russie.

Nous avons des accords de non prolifération. C’est clair. Ces accords sont globaux. Nous trouvons cela difficile mais jusqu’à présent nous avons évité que le monde prennent des mesures qui pourraient exacerber la situation ou, Dieu préserve, se terminer par un désastre.

Et je répète que ces accords ne sont pas globaux en ce qui concerne les missiles de moyenne portée, donc nous pensons effectivement à ce qu’il nous faut faire pour assurer notre sécurité. Je répète que beaucoup de pays le font, inclus nos voisins.

Et je veux de nouveau mettre l’accent sur le fait que cela n’a rien à voir avec les plans des Etats-Unis de déployer un système de défense anti-missiles en Europe. Mais nous trouverons des réponses aux deux menaces…

06/06/07 ICH - Mathaba News Network


Source :
http://www.informationclearinghouse.info/article17855.htm

Pour lire l’intégralité de l’interview en anglais voir pièce jointe

Nicolas Sarkozy lors de sa première conférence internationale au G8, "dopé", "éméché", "saoul de lui-même" ? En tout les cas pas à la hauteur de ses responsabilités comme repésentant la plus haute fonction de la France à l'étranger.

A Voir

Course aux armements dans l'espace

Politique étrangère US: oublier Israel faire ami avec la Russie



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Mardi 12 Juin 2007
Mireille Delamarre

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