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Lundi 15 Mars 2010
16:23
Europe Ecologie C'est Plus De Taxes Moins De Democratie - Dites Non A La Dictature Verte Européenne |
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archives sciences écologie 2004-2008
Influence de l’Industrie Pharmaceutique sur la Psychiatrie : Une Alliance Contre Nature ?L’utilisation de médicaments en psychiatrie a franchement explosé ces dernières années. Les prescriptions d’antidépresseurs par exemple ont augmenté de 253% les dix dernières années précédents 2003 (NICE 2004). Aux Etats-Unis, les antidépresseurs sont parmi les médicaments les plus vendus avec les antipsychotiques, anxiolytiques et les stimulants. Tous ont des ventes atteignant des niveaux très élevés et en constante augmentation. L’industrie pharmaceutique a joué un rôle majeur dans la création de cette situation. En revenant en arrière à l’aube du développement de la psychopharmacologie moderne, des campagnes industrielles ont aidé à imposer l’utilisation du chlorpromazine (le premier neuroleptique ou antipsychotique) et les antidépresseurs. Plus récemment, des campagnes publicitaires commerciales ont provoqué l’augmentation de prise de psychotropes. Cette activité a permis aux laboratoires pharmaceutiques d’être parmi les industries ayant le plus de succès dans le monde, leurs profits dépassant largement ceux des industries des autres secteurs.
Influence de l’Industrie Pharmaceutique sur la Psychiatrie : Une Alliance Contre Nature ?
Le marketing des médicaments
On peut trouver un exemple des sommes dépensées pour le marketing auprès des psychiatres lors du 7ème Congres Mondial de psychiatrie biologique qui s’est tenu en 2001. Les industries pharmaceutiques ont construit des installations élaborées pour attirer l’attention des délégués, y compris un jardin artificiel (Janssen Cilag) un cour d’eau (Lundbeck) une tour tournante de 120m (Novartis) et une tente avec des femmes en costumes de diseuses de bonne aventure (Organon). Au niveau local, les industries pharmaceutiques ont fourni des repas gratuits et cadeaux aux médecins mais aussi à d’autres professionnels. L’Association de Psychiatrie Américaine reçoit 30% de ses revenus annuels d’industries pharmaceutiques (Pfeiffer 2001). Il a été constamment prouvé que les pratiques en matière de prescription par les médecins sont influencées par l’interaction des représentants des industries pharmaceutiques et la participation des médecins à des évènements organisés par ces industries. Le marketing de pathologies Les industries pharmaceutiques font de plus en plus du marketing de pathologies. Longtemps avant qu’un médicament ne soit lancé, des campagnes de sensibilisation sont conduites pour « créer une disatisfaction sur le marché » « établir un besoin » et « créer un désir » selon un article récent du Journal du Commerce et de l’Industrie (marketing pharmaceutique 2002). Des « champions de produits « et des « dirigeants d’opinion » sont recrutés parmi les universitaires pour soutenir la campagne et écrire des articles dans des journaux scientifiques, des groupes de patients sont soutenus ou même crées. Des campagnes sur la pathologie dite d’anxiété sociale en est un exemple. Avant les campagnes, l’anxiété sociale était diagnostiquée de façon peu répandue et son traitement médicamenteux était reconnu comme peu efficace. L’industrie a sponsorisé des recherches qui ont affirmé que cette pathologie était beaucoup plus répandue que ce qui avait été pensé auparavant. Une campagne américaine de Cohn et Wolfe, une agence de relations publiques, employée par la société SmithKline, fabricant du Paxil ( parotoxine ou seroxat en Grande Bretagne) ont payé des psychiatres diplômés et des patients parmi les célébrités et ont saturé les médias de sujets portant sur cette « pathologie ». Un groupe de soutien aux patients « coalition sur l’anxiété sociétale » a été mis sur pied, qui opérait des bureaux de Cohn et Wolfe, et qui a disparu à la fin de la campagne. Quelques mois plus tard, SmithKline a lancé une campagne publicitaire pour le Paxil comme traitement de l’anxiété sociale et à la fin de l’année les ventes avaient atteint un tel sommet qu’il était devenu le deuxième antidépresseur le plus vendu aux Etats-Unis (Mother Jones 2002). Des campagnes similaires financées par les industries pharmaceutiques ont été menée pour des « pathologies » telles le déficit d’attention et l’hyperactivité, l’anxiété généralisée, la crise de panique, le stress post traumatique, l’obsession compulsive, les troubles pré menstruels, et plus incroyable « la boulimie d’achat ». L’industrie pharmaceutique a aussi financé des campagnes menées par des instituts professionnels telle la campagne pour vaincre la dépression en Grande Bretagne au début des années 90 (partiellement financée par Eli Lily, fabricant du Prozac). Cette campagne visait à accroître le diagnostic de dépression. La littérature liée à cette campagne suggérait que jusqu’à 1/3 de la population générale pourrait faire l’expérience de la dépression à un moment précis de sa vie, que 20% des patients consultants pourraient présenter certains symptômes de dépression, et que jusqu’à la moitié de ces derniers aurait besoin d’un traitement. La campagne se préoccupait également de réduire la peur de l’addiction aux antidépresseurs, alors qu’il a maintenant été reconnu qu’ils provoquent des effets lorsqu’on interrompt le traitement. En conséquence, le taux de prescription d’antidépresseurs a augmenté de façon si dramatique, qu’on s’inquiète actuellement, y compris dans les milieux psychiatriques influents, parce qu’on en prescrit trop souvent. Les concepts de psychose ont également été étendus en même temps que devenaient populaire les notions « d’intervention précoce » et de traitement préventif. Les fabricants de ces nouveaux médicaments antipsychotiques atypiques, qui ont permis de faire de vastes profits, ont financé des conférences, des suppléments pour journaux, et des tests de traitements préventifs. Ces tests impliquaient de donner à des jeunes, jugés « à haut risque » de développer des psychoses, des faibles doses d’antipsychotiques. Même les estimations le plus optimistes suggèrent que cette stratégie impliquerait que beaucoup de jeunes mis sous traitement d’antipsychotiques à long terme en fait ne deviendraient jamais psychotiques. L’accent mis sur ces idées, a aussi généralement contribuer à faire baisser le seuil de prescription de ces antipsychotiques et rendu plus difficile d’éviter des traitements à long terme même si on sait que certaines personnes souffrant de psychose ne voient pas d’amélioration de leur état. Recherche Les fabricants de médicaments contrôle de plus en plus la recherche médicamenteuse, du projet et de la réalisation d’une étude jusqu’à l’analyse et la publication des résultats. Une grande partie des articles, plus de la moitié selon une étude récente (Healy et Cattel 2003) sont écrits par des agences commerciales médicales employées par les fabricants de médicaments, un procédé connu sous le nom d’ « écrit fantôme ». Les liens entre des médecins diplômés et l’industrie comprend aussi le financement des interventions dans les conférences, des frais de consultation, le paiement pour faire partie des conseils d’administration, et la possession de parts dans une compagnie. En 2000, le Journal de Médecine New England n’avait pas assez de place pour imprimer tous les intérêts financiers des auteurs d’articles sur l’antidépresseur nefazadone, et a eu de grandes difficultés pour choisir un psychiatre de renom n’ayant pas de lien financier avec des fabricants d’ante dépresseurs pour écrire un éditorial sur le sujet. Les tests de médicaments en psychiatrie sont particulièrement sujets à manipulation. Plusieurs auteurs ont décrit les nombreuses pratiques méthodologiques qui peuvent provoquer des distorsions dans les résultats, inclus l’utilisation de définitions douteuses des résultats, cacher les effets secondaires indésirables, ne pas publier les résultats défavorables et dissimuler les sponsors. Des publications récentes ont démontré que la non publication des résultats négatifs avait conduit à sur estimer l’efficacité des antidépresseurs chez les enfants (Jureidini et al, 2004) et les adultes (Kirsh et al, 2002). L’impact sur les soins en matière de santé mentale. L’actuelle situation dans laquelle les médicaments dominent tant les soins psychiatriques ne servent pas bien les intérêts des patients. Des médicaments sont fréquemment utilisés alors qu’ils ne se sont pas montrés efficaces. D’autres activités thérapeutiques ont été abandonnées. Un rapport du Centre Sainsbury a trouvé que 40% des patients internés en Grande Bretagne n’ont pas d’activités sociales ou récréatives, et que les thérapies occupationnelles et les services de psychologie pour ces patients étaient très limités. La recherche financée par l’industrie aide aussi à renforcer les recommandations que les médicaments en psychiatrie doivent être pris sur le long terme. Par opposition, les problèmes méthodologiques sur les preuves liées à ces recherches sur lesquelles ces recommandations sont basées, tels que les effets de la suppression de la prise de médicaments, ont reçu peur d’attention (Moncrief, in press). Il y a aussi peu de recherches d’entreprises sur les moyens de soustraire en toute sécurité les patients à ces prises de médicaments psychotropes. L’industrie pharmaceutique a aussi minimisé les risques associés aux médicaments psychiatriques. D’éminents psychiatres ont affirmé que les industries pharmaceutiques ont essayé d’empêcher la publication des effets secondaires de l’Halcion et du sulpiride, par exemple. Récemment, des preuves sont apparues que ces industries n’ont pas publié les résultats des effets secondaires au cours de tests sur les SSRIs inclus le comportement suicidaire (Whittington et al, 2004). La littérature sponsorisée par des fabricants des psycholytiques atypiques semble minimiser le risque reconnu de développer des diabètes en prenant ces médicaments (Dinan, 2004). La psychiatrie biologique a toujours été contestée. Bien qu’elle semble actuellement prédominante, des approches sociales ou psychologiques restent populaire parmi les patients et beaucoup de professionnels. L’industrie pharmaceutique aide à promouvoir une approche biologique de la compréhension de la souffrance humaine et son vaste pouvoir financier peut être vu comme faisant pencher la balance injustement en sa faveur. La misère des soins de santé mentale depuis la prédominance hégémonique de la psychiatrie biologique est un important encouragement pour le développement de services innovants centrés sur le patient. Conclusions Les activités des industries pharmaceutiques ont aidé à créer une situation ou les médicaments psychiatriques sont prescrits en nombre important, souvent pour de longues périodes, au détriment d’autres approches et malgré des doutes apparus sur leur efficacité dans certaines situations. Les risques du traitement médicamenteux ont aussi parfois été minimisés. Cependant, il y a une inquiétude grandissante et une critique portée sur les relations entre la médecine et l’industrie pharmaceutique. Les journaux médicaux comme le British Médical Journal ont publié plusieurs exposés, et des organisations se sont développées pour contrôler les activités des industries et faire campagne pour réduire leur influence sur la prise en charge de la santé (Box 1). Le vent semble tourner mais il y a encore un long chemin à parcourir. Joanna Moncrieff, 27 juin 2006. Publié sur Spinwatch www.spinwatch.org. Traduction pour information à caractère non commercial par MD pour Planète Non Violence Joanna Moncrieff est Maître de Conférence, au Département des Sciences de Santé Mentale au Collège Universitaire de Londres et consultant honoris causa en psychiatrie, au North East London Mental Health Trust. email j.moncrieff@ucl.ac.uk Note : Cet article resume et met à jour un article de discussion de Maudsley "Is Psychiatry for Sale?" (La psychiatrie est-elle à vendre ?) ou on peut trouver plus de références il est disponible auprès de l’institut de psychiatrie et sur www.critpsynet.freeuk.com/pharmaceuticalindustry.htm Plus d’information Alliance for Human Research Protection, US (ahrp.org) Adverse Psychiatric Reactions Information Link, UK (april.org) Corpwatch, US (corpwatch.org) Health Which, UK (which.co.uk) Healthy Skepticism, Australia (healthyskepticism.com) Public Citizen, United States (citizen.org) Social Audit, UK (socialaudit.org.uk) References Dinan TG (Ed) (2004) Schizophrenia and diabetes 2003: an expert consensus meeting. British Journal of Psychiatry 184, Supplement 47. Healy D & Cattell D (2003) The interface between authorship, industry and science in the domain of therapeutics. British Journal of Psychiatry, 183, 22-27. Jureidini JN, Doecke CJ, Mansfield PR, Haby MM, Menkes DB, Tonkin AI (2004) Efficacy and safety of antidepressants for children and adolescents. BMJ 328:879-883. Kirsch I, Moore TJ, Scoboria A, Nicholls SS (2002) The emperors new drugs: an analyisis of antidepressant medication data submitted to the U.S. Food and Drug Administration. Prevention and Treatment 5, www.journals.apa.org/prevention/volume5/pre0050023a.html. Moncrieff J (in press) Does antipsychotic withdrawal provoke psychosis? A review of the literature on rapid onset psychosis (supersensitivity psychosis) and withdrawal related relapse. Acta Psychiatrica Scandinavica. Mother Jones (2002) Disorders made to order. Mother Jones magazine, July/August 2002. www.motherjones.com NICE (National Institute for Clinical Excellence) (2004) Depression: management of depression in primary and secondary care. Clinical practice guideline No 23, London: NICE. Pharmaceutical Marketing (2002) Practical Guides: Medical Education parts I & II. Pharmaceutical Marketing, 2002. www.pmlive.com Pfeiffer MB (2001, June 10th) Drug marketing is widespread. Poughkeepsie Journal, pA2. Whittington CJ, Kendall T, Fonagy P, Cottrell D, Cotgrave A, Boddington E (2004) Selective serotonin re-uptake inhibitors in childhood depression: Systematic review of published versus unpublished data. Lancet 363, 1341-1345. Petition Non au projet de loi sur la prévention de la délinquance Jeudi 13 Juillet 2006
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