information critique contre l'islam conquerant supremaciste le terrorisme
archives histoire traditions 2004-2008

Histoire du Mot Génocide

Raphaël Lemkin a forgé le nouveau mot « Génocide » en 1943 à la fois dans le prolongement de sa « Proposition de Madrid 1933 « et comme faisant partie d’une analyse des politiques de l’occupation allemande en Europe. Dans son livre de 670 pages, « Règlement de l’Axe », Lemkin a introduit et s’est directement préoccupé de la question du Génocide dans un chapitre de 16 pages, le chapitre IX, d’ailleurs intitulé « Génocide »



Histoire du Mot Génocide

Histoire du mot génocide

Chapitre IX : « Génocide »

Extrait du livre de Raphaël Lemkin : « Règlement de l’Axe en Europe Occupée : lois de l’occupation – analyse de gouvernement – propositions pour redresser » ( Washington D.C : Carnegie Endowment for International Peace, 1944, p. 79 – 95).

Introduction

« Règlement de l’Axe en Europe Occupée » a été publié en novembre 1944, c’est le premier endroit où le mot « Génocide » apparaît imprimé.

Raphaël Lemkin a forgé le nouveau mot « Génocide » en 1943 ( voir la préface du livre, daté du 15 novembre 1943) à la fois dans le prolongement de sa « Proposition de Madrid 1933 « et comme partie d’une analyse des politiques de l’occupation allemande en Europe. Dans ce livre de 670 pages, « Règlement de l’Axe », Lemkin a introduit et s’est directement préoccupé de la question du Génocide dans un chapitre de 16 pages, le chapitre IX intitulé « Génocide » ( voir traduction ci-dessous).

Lemkin utilise le mot Génocide dans un sens large, non seulement pour décrire des politiques d’extermination totale des juifs et des tziganes, mais également pour des objectifs nazis moins immédiats. Dans l’analyse de Lemkin l’Allemagne nazie avait entrepris une politique de restructuration démographique du continent européen. Par conséquent il utilise aussi le mot génocide pour décrire un « plan coordonné de différentes actions » visant la promotion de tels objectifs comme une augmentation de la natalité de la population « aryenne », la destruction physique de la population slave sur un certain nombre d’années, et des politiques pour amener à la destruction de la « culture, langue, sentiments nationaux, religion » et l’existence économique séparée (mais pas l’existence physique) des nations non germaniques « aryennes » qu’on pensait être « liées par le sang » à l’Allemagne.

Ces dernières années, le mot « Génocide » a la plupart du temps été utilisé en référence à la destruction de groupes à l’intérieur d’un même pays (« génocide domestique »). Cependant, dans le « Règlement de l’Axe » le mot s’applique à des politiques d’occupation menées à travers un continent entier. On se préoccupe de telles politiques à l’intérieur de l’Allemagne seulement quand elles ont un impact sur l’Australie, et ces parties de la Belgique, de la Tchécoslovaquie, de la France, du territoire de Memel, et de la Pologne officiellement incorporées à l’Allemagne.

Dans le « Règlement de l’Axe en Europe Occupée, » la Partie I : analyse des « techniques allemandes d’occupation, » de 92 pages, comprend 9 chapitres d’analyse générale. Dans ces chapitres, Lemkin se penche sur : 1) Administration, 2) Police, 3) Loi, 4) Tribunaux, 5) Propriété, 6) Finance, 7) Main d’œuvre, 8) Traitement des Juifs, et 9) Génocide.

La Partie II : « Les pays occupés », soit au total 167 pages, aborde les aspects spécifiques de l’administration de l’occupation par les puissances de l’Axe. En plus des politiques d’occupation de l’Allemagne, la Partie II s’occupe des politiques des autres pays de l’Axe : Italie, Bulgarie, Hongrie, et Roumanie, de même que les pays fantoches pendant la durée de la guerre, la Croatie et la Slovaquie. Les 17 pays et territoires occupés inclus dans ce livre sont l’Albanie, l’Autriche, les Etats Baltes (Lituanie, Estonie, Lettonie) la Belgique, la Tchécoslovaquie, Danzig, le Danemark, Les îles anglaises de la Manche, la France, la Grèce, le Luxembourg, le Territoire de Memel, la Hollande, la Norvège, la Pologne, l’URSS et la Yougoslavie.

La section la plus grande du » Règlement de l’Axe », la Partie III : « Lois de l’Occupation » comprend 370 pages. Là, Lemkin fournit des traductions anglaises de 334 statuts, décrets et lois de 17 pays et territoires occupés. La plupart des documents proviennent des années 1940 et 1941, bien que la collection s’étale sur une période de 5 ans ½ allant du 13 mars 1938 au 13 novembre 1942. Cette couverture souligne le fait que le « Règlement de l’Axe » était un travail d’analyse des documents publics de l’ennemi écrit pendant la période de guerre (et non pas ceux saisis à la fin de la guerre). Ces documents étaient disponibles pour Lemkin et d’autres venant de sources dans les pays neutres en Europe.

Dans les décennies qui ont suivi la Deuxième Guerre Mondiale, le chapitre IX a été celui qui a été le plus largement cité et repris du livre le « Règlement de l’Axe ». Cependant, entre 1944 et 1946, le livre entier a été d’une valeur énorme comme guide de référence pour les enquêteurs sur les crimes de guerre, les gouvernements rentrant d’exil et les sections des affaires civiles des armées alliées essayant d’établir l’ordre dans l’Europe d’après guerre.

I. Génocide – Un Nouveau Terme et une Nouvelle Conception pour la Destruction des Nations.


De nouvelles conceptions nécessitent de nouveaux termes. Par « Génocide » nous voulons dire la destruction d’une nation ou d’un groupe ethnique. Ce nouveau mot, forgé par l’auteur pour faire référence à une vieille pratique dans son développement moderne, vient de l’ancien mot grec genos (race, tribu) et du latin cide (tuerie), correspondant ainsi dans sa formation à des mots comme tyrannicide, homicide, infanticide, etc. (1) Généralement parlant, Génocide ne veut pas nécessairement dire la destruction immédiate d’une nation, sauf quand elle est accomplie par des tueries de masses de tous les membres de la nation. C’est plutôt pour signifier une plan coordonné d’actions différentes visant la destruction des fondations essentielles de la vie de groupes nationaux, avec le but d’annihiler les groupes eux –mêmes.

Les objectifs d’un tel plan seraient la désintégration des institutions politiques et sociales, de la culture, de la langue, des sentiments nationaux, de la religion, et de l’existence économique des groupes nationaux, et la destruction de la sécurité personnelle, la liberté, la santé, la dignité, et même les vies des individus appartenant à ces groupes.

L’illustration qui suit suffira. La confiscation des biens des nationaux d’une zone occupée sur la base qu’ils ont quitté le pays peut être simplement considérée comme une simple privation de leurs droits à la propriété individuelle. Cependant, si ces confiscation sont ordonnées contre des individus seulement parce qu’ils sont polonais, juifs, ou tchèques, alors les mêmes confiscations tendent en effet à affaiblir les entités nationales dont ces personnes sont membres.

Le génocide a deux phases : l’une c’est la destruction du modèle national du groupe opprimé, l’autre, l’imposition du modèle national de l’oppresseur. Cette imposition, à sont tour peut être appliquée sur la population qui est autorisée à rester, ou sur le territoire seul, après qu’il ait été vidé de sa population et colonisé par l’oppresseur avec ses propres nationaux.

Dénationalisation était le mot utilisé par le passé pour détruire le modèle national. (1a) L’auteur croit cependant que ce (p.80) mot est inadéquat parce que : 1) il n’y a pas de connotation de destruction de la structure biologique 2) en évoquant la destruction d’un modèle national il n’évoque pas l’imposition du modèle national de l’oppresseur, et 3) dénationalisation est utilisé par certains auteurs pour exprimer la privation de citoyenneté.

Beaucoup d’auteurs, au lieu d’utiliser un terme générique, utilisent des termes en usage évoquant seulement un aspect fonctionnel de la principale fonction générique de Génocide. Ainsi les termes « Germanisation » Magyarisation » « Italianisation » par exemple, sont utilisés pour évoquer l’imposition par la nation la plus forte ( Allemagne Hongrie, Italie) de son modèle national sur un groupe national qu’elle contrôle. L’auteur pense que ces termes, sont aussi inadéquats parce qu’ils n’expriment pas les éléments communs d’une notion générique et parce qu’ils traitent principalement des aspects culturels, économiques et sociaux du génocide, laissant de côté l’aspect biologique, tel que causer le déclin physique et même la destruction de la population concernée. Si on utilise le terme « germanisation » pour les polonais, par exemple, dans cette connotation, cela veut dire que les polonais, en tant qu’êtres humains, sont préservés et que seul le modèle national des allemands leur est imposé. Un tel terme est bien trop restreint pour s’appliquer à un processus dans lequel la population est attaquée, dans un sens physique, et est enlevée et remplacée par des populations des nations qui oppressent.

Le Génocide c’est l’antithèse de la Doctrine Rousseau Portalis, qui peut être regardée comme implicite dans les règlements de la Hayes. Cette doctrine avance que la guerre est dirigée contre des souverainetés et armées et non contre des sujets et civils. Dans son application moderne dans la société civile, la doctrine veut dire que la guerre est conduite contre des états et des forces armées, et non contre des populations. Cela a requis une longue période d’évolution dans la société civilisée pour passer des guerres d’extermination, (3) qui ont eu lieu dans des temps anciens et au Moyen Age, à la conception de guerres comme étant essentiellement limitées à des activités contre des armées et des états.

Cependant, dans la guerre actuelle, le Génocide est largement pratiqué par l’occupant allemand. L’Allemagne ne pouvait pas accepté la Doctrine Rousseau Portalis : premièrement parce que l’Allemagne mène une guerre totale, et deuxièmement, parce que, selon la doctrine du National Socialisme, la nation, non pas l’état, est le facteur prédominant. (4) Dans cette conception allemande, la nation fournit l’élément biologique pour l’état. Par conséquent, en appliquant le Nouvel Ordre, les allemands ont préparé, conduit et continué la guerre (p.81) pas seulement contre des états, et leurs armées, (5) mais contre des peuples. Pour les autorités d’occupation allemandes, la guerre apparaît donc offrir l’occasion la mieux appropriée pour mener leur politique de Génocide. Leur raisonnement semble le suivant :

La nation ennemie sous contrôle de l’Allemagne doit être détruite, désintégrée, ou affaiblie à différents degrés pour les décennies à venir. Ainsi, le peuple allemand dans la période post guerre sera dans une position de supériorité biologique pour s’occuper des autres peuples européens. Parce qu’imposer cette politique de Génocide est plus destructrice pour un peuple que des blessures dont on souffre lors de combats réels, (6) le peuple allemand sera plus fort que les peuples subjugués après la guerre même si l’armée allemande est battue. En cela le génocide est une nouvelle technique d’occupation ayant pour but de gagner la paix même si la guerre elle-même est perdue.

Dans ce but, l’occupant a élaboré un système conçu pour détruire des nations selon un plan prévu d’avance. Même avant la guerre Hitler avait envisagé le Génocide comme moyen de changer les interrelations biologiques en Europe en faveur de l’Allemagne. (7) La conception d’Hitler du Génocide est basée non pas sur des aspects culturels mais biologiques. Il croit que la « Germanisation » peut seulement être menée avec le sol et jamais avec les hommes » (8)

Quand l’Allemagne a occupé les différents pays européens, Hitler a considéré leur administration tellement importante qu’il a donné l’ordre que les Commissionnaires du Reich et Gouverneurs soient directement responsables devant lui. (9) Le plan de Génocide a du être adapté aux considérations politiques dans différents pays. Il ne pouvait pas être appliqué dans sa totalité dans tous les états conquis, et par conséquent le plan varie quant au sujet, modalités et degré d’intensité dans chaque pays occupé. Certains groupes – comme les juifs- doivent être détruit complètement. (10) Une distinction est faite entre les peuples considérés comme (p.82) ayant une affiliation par le sang avec le peuple allemand (tels que les hollandais, les norvégiens, les flamands, les luxembourgeois) et les peuples n’ayant pas de filiation par le sang (tels que les polonais, les slovènes, les serbes). Les populations du premier groupe sont jugées dignes d’être germanisés. En ce qui concerne les polonais, par exemple, Hitler a exprimé le point de vue que c’est seulement leur sol qui peut et doit être germanisé de manière profitable. (11)

Notes

1. Another term could be used for the same idea, namely, ethnocide, consisting of the Greek word "ethnos" -nation- and the Latin word "cide."
la. See Violation of the Laws and Customs of War. Reports of Majority and Dissenting Reports of American and Japanese Members of the Commission of Responsibilities, Conference of Paris 1919, Carnegie Endowment for International Peace, Division of International Law, Pamphlet No. 32 (Oxford: Clarendon Press, 1919), p. 39.

2. See Garner, op. cit., Vol. 1, p. 77.

3. As classical examples of wars of extermination in which nations and groups of the population were completely or almost completely destroyed, the following may be cited, the destruction of Carthage in 146 B.C.; the destruction of Jerusalem by Titus in 72 A.D.; the religion wars of Islam and the Crusades; the massacres of the Albigenses and the Waldenses; and the siege of Magdeburg in the Thirty Years War [May, 1631]. Special wholesale massacres occurred in the wars waged by Genghis Khan and by Tamerlane.

4. "Since the State in itself is for us only a form, while what is essential is its content, the nation, the people it is clear that everything else must subordinate itself to its sovereign interests." Adolf Hitler, Mein Kampf (New York: Reynal & Hitchcock, 1939). p. 842.

5. See Alfred Rosenberg, Der Mythus de 20. Jahrhunderts (München-Hoheneichenverlag, 1933, pp. 1-2: "History and the mission of the future no longer mean the struggle of class against class, the struggle of Church dogma against dogma, but the clash between blood and blood, race and race, people and people."

6. The German genocide philosophy was conceived and put into action before the Germans received even a foretaste of the considerable dimensions of Allied aerial bombings of German territory.

7. See Hitler's statement to Rauschning, from The Voice of Destruction, by Hermann W. York, 1940), p. 138, by courtesy of G. P. Putnam's Sons:
". . . The French complained after the war that there were twenty million Germans too many. We accept the criticism. We favor the planned control of population movements. But our friends will have to excuse us if we subtract the twenty millions elsewhere. After all these centuries of whining about the protection of the poor and lowly, it is about time we decided to protect the strong against the inferior. It will be one of the chief tasks of German statesmanship for all time to prevent by every means in our power, the further increase of the Slav races. Natural instincts bid all living beings not merely conquer their enemies, but also destroy them. In former days, it was the victor's prerogative to destroy entire tribes, entire peoples. By doing this gradually and without bloodshed, we demonstrate our humanity. We should remember, too, that we are merely doing unto others as they would have done to us."

8. Mein Kampf, p. 588.

9. See "Administration," above, pp. 9-10.

10. Mein Kampf, p. 931: ". . . the National Socialist movement has its mightiest tasks to fill: . . . it must condemn to general wrath the evil enemy of humanity [Jews] as the true creator of all suffering."

11. Ibid., p. 590, n. ". . . The Polish policy in the sense of a Germanization of the East, demanded by so many, rooted unfortunately almost always in the same wrong, conclusion. Here too one believed that one could bring about a Germanization of the Polish element by a purely linguistic integration into the German nationality. Here too the result would have been an unfortunate one: people of an alien race, expresssing its alien thoughts in the German language, compromising the height and dignity of its own nationality by its inferiority."
As to the depopulation policy in occupied Yugoslavia, see, in general, Louis Adamic, My Native Land (New York: Harper & Brothers, 1943).

DISCLAIMER: In accordance with Title 17 of the U.S.C. Code 107, the "fair use" exemption, this material is distributed without profit, and for educational and research purposes only. Further distribution for profit is strictly prohibited.

Source : Prevent Genocide International - http://www.preventgenocide.org

Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org

Prochain article de la même source : II - “Techniques de Génocide dans Différents Champs d’Application » (traduction prochaine)

Gaza : Génocide à l'Uranium appauvri

Perpetuelle guerre nucléaire américaine

Mardi 3 Juillet 2007
Mireille Delamarre

Dans la même rubrique :
1 2 3

Humour Les Folles D'Allah | Terrorisme Islamo-fascisme | International | Immigration clandestine | France XXI | Communautarisme Islamisation racialisation | Europe | Empire USioniste du Chaos | LIBERTE D'EXPRESSION D'INFORMATION | COLONIALISME JUDEO SIONISTE | GUERRE DE L'INFORMATION | Propagande | DICTATURE UE | PALESTINE | FRANCE | MONDE ARABE | ASIE | archives Armement Sécurité Stratégies Militaires | archives Droit International ONU | archives histoire traditions 2004-2008 | archives sciences écologie 2004-2008 | archives société 2004-2008 | archives culture | archives ressources educatives | archives informations 1 | archives informations 2