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PALESTINE

Histoire En BD Du Peuple De Gaza : « Notes De Gaza » De Joe Sacco

"...jamais auparavant dans l’histoire les victimes de l’oppression coloniale n’avaient été boycottés et ostracisés par les Européens et les Américains..."Auschwitz c'est du passé, c'est de Gaza qu'il faut parler! Sinon les générations futures nous accuseront d'avoir laisser faire ce génocide planifié, méticuleux, lent, industriel par les moyens administratifs et militaires utilisés, comparable en cela au génocide juif commis pas les Nazis. Il existe quelque part à Tel Aviv des Eichmann Sionistes qui continuent de commettre leurs crimes en toute impunité.



Histoire En BD Du Peuple De Gaza : « Notes De Gaza »  De Joe Sacco

La publication d’un nouveau livre par Joe Sacco est un évènement majeur, et une foule remplie de beaucoup d’attente c’est récemment rassemblée à Londres, pour écouter ce grand dessinateur de BD Malto Americain et auteur parler de son dernier album : « Footnotes from Gaza « (1) Notes de Gaza.

Sacco a passé 7 ans à faire des recherches et dessiner sur deux évènements sordides qui ont eu lieu en Novembre 1956 quand les forces israéliennes ont envahi Gaza dans le cadre d’une attaque conjointe franco britannique contre l’Egypte. L’armée israélienne a commis deux massacres au cours desquels des centaines de Palestiniens ont été assassinés, et Sacco a rassemblé les témoignages oraux des Palestiniens qui ont été témoins ou ont été victimes de ces évènements. Sacco s’est engagé dans un travail d’enquête détaillé trouvant les témoins qui pouvaient se souvenir de façon crédible de ce qui s’était passé, passant au crible les témoignages pour éliminer les inconsistances factuelles dues à la mémoire défaillante de certains, et puis a passé 4 ans pour faire vivre ces histoires dans son style inimitable.

Le livre ne se focalise pas seulement sur le passé mais le présent tient aussi une grande place dans ce compte rendu ; dans la période présente de Gaza des gigantesques bulldozers blindés rasent des maisons à Rafah et le blocus en cours affecte la vie de chaque personne. Sacco a dit :

« … le passé et le présent ne peuvent pas être si facilement dissociés ; ils font partie d’un processus impitoyable… »

L’histoire contemporaine est habituellement écrite par des universitaires qui ont accès aux principaux protagonistes, habituellement des hommes politiques ou des commandants militaires, archives sans vie, et des comptes rendus de presse. Cette histoire est habituellement indolore – il n’y a pas de piles de cadavres pour embarrasser les généraux. Elle est aussi imprégnée de certitude - habituellement, les historiens ne remettent pas en question la parole des politiciens. C’est rare que les historiens traditionnels écoutent les victimes ; leurs comptes rendus sont rarement incorporés dans les récits des vainqueurs.

Ce qui fait l’originalité de Joe Sacco c’est non seulement que c’est un grand artiste, mais aussi un historien de l’histoire des peuples qui est à l’écoute des victimes ; son historiographie est remplie de sympathie et de respect pour ces victimes ; leur histoire vaut la peine d’être enregistrée. Sacco se concentre aussi sur une tranche d’histoire habituellement ignorée. En 2001, il s’est rendu à Gaza avec Chris Hedges, journaliste américain, pour faire des recherches pour un article sur les massacres de 1956, pour publication d’un article dans le Magazine Harper. Quand finalement l’article a été publié, l’histoire des massacres avait été complètement expurgée ; toutes les histoires ne sont pas traitées de manière égalitaire. C’est peut être cet incident qui l’a motivé à écrire sur ces massacres négligés.

Sacco cite Abed El-Rantio, le dirigeant du Hamas qui a été par la suite assassiné, disant des massacres de 1956 :
« … Ce type d’action ne peut jamais être oubliée…ils ont planté la haine dans nos cœurs ».

Pour comprendre les Palestiniens c’est important de prendre en compte l’histoire qui a façonné leurs courants politiques et sociaux ; on doit également être mis au courant de cette histoire dans le cadre de futures discussions sur de possibles solutions. C’est cyniquement facile pour des gens comme le président israélien Shimon Peres de presser les Palestiniens de « regarder vers l’avenir » et d’ignorer le passé. Cependant, les négociations et une future réconciliation ne seront possibles que si les victimes du projet colonial israélien peuvent bénéficier d’un processus de justice et de la reconnaissance de leur souffrance. La réconciliation future nécessitera une Commission Vérité et Réconciliation comme celle d’Afrique du Sud où les massacres de Deir Yassin, Safat, Jenin 2002, Gaza 2009… et Khan Younis et Rafah 1956 sont reconnus.

Le massacre

Les images de Sacco décrivant les massacres sont des images qui hantent. Les hommes de plus de 15 ans ont été conduits comme des troupeaux le long d’une route, constamment battus, jetés contre des murs, terrorisés par des tirs de fusils au dessus de leurs têtes, et puis obligés de passer un goulot d’étranglement à l’entrée d’une école où les soldats frappaient ceux qui entraient avec de grandes battes en bois ; ceux qui réussissaient à passer cet obstacle mortel devaient sauter par-dessus des rangées de fils de fer barbelés. Par la suite les Palestiniens étaient sélectionnés suivant qu’ils portaient des uniformes, s’ils étaient dénoncés par des collaborateurs, ou simplement s’ils se trouvaient dehors sélectionnés au faciès. A Rafah, certains des « hommes recherchés » ont été emmenés sur un chemin de traverse et exécutés d’une balle ou battus à mort ; d’autres ont été chargés dans des bus et emmenés en prison en Israël. Les images de Sacco non seulement capturent l’horreur de ces évènements, mais aussi les souvenirs douloureux, ou les comptes rendus conflictuels. C’est une restitution légèrement floue de l’histoire, tout comme la nature des souvenirs des témoins.

La tyrannie des explications

Les reportages actuels sur Gaza ou la condition palestinienne décrivent habituellement la dernière barbarie perpétrée par les Israéliens et puis ajoutent automatiquement une justification israélienne obligeamment fournie par les officiers militaires israéliens de relations publiques mielleux. Voici quelques une des ces justifications boiteuses :

« les hommes ont été tués parce qu’ils étaient des « hommes recherchés » ; « la maison a été démolie parce que il y avait des « militants » à l’intérieur ; « le mur est construit pour des raisons de sécurité » ;Gaza a été attaque en 2009 pour arrêter les tirs de roquettes » ; et ainsi de suite.

Une grande partie du raisonnement israélien sur les dernières horreurs sert à s’auto disculper et suggère souvent qu’il existait une justification à une action entreprise. S’il y avait une raison, alors le massacre de civils est dit « compréhensible » et, le porte parole ajoutera à voix basse que les prétendus dommages collatéraux – les civils tués – c’est regrettable, et c’était non intentionnel. De telles justifications banales sont rarement remises en question.

Fournir le raisonnement israélien sur les massacres sans en fournir le contexte plus étendu c’est certainement un point du livre contestable. Sacco inclut le raisonnement de Moshe Dayan sur l’assaut de Gaza de 1956 et il apparaît absurde juxtaposé aux comptes rendus des victimes. Les israéliens ont rassemblé à dessein les Palestiniens pour en extirper les fedayeens qui menaient des raids à l’intérieur de ce qui est considéré comme étant Israël. Sacco cite aussi Mordechai Bar-On, le bras droit de Moshe Dayan, pour fournir cette auto justification.

Cependant, on doit simplement se souvenir de ce qui s’était passé quelques années auparavant, en 1948, pour trouver un raisonnement plus plausible pour le massacre. Yosef Nahmani, un témoin israélien du massacre à Safat, le 6 Novembre 1948, a décrit comment le massacre a été effectué, et cela rappelle étrangement ce qui s’est passé à Rafah en 1956.(2)

Dans les deux cas, les hommes ont été rassemblés et conduits comme du bétail en bas des rues dans un corridor où ils ont été battus avec des battes de bois et fusillés. A la différence de celui de 1956, le massacre de 1948 n’avait pas eu besoin d’un prétexte. Ce qui lie ces deux épisodes sordides, c’est qu’ils faisaient partie des moyens pour rendre possible le projet colonial israélien i.e, chasser les gens de la terre. Peut être qu’on a besoin de plus de contexte afin de fournir une compréhension plus précise des massacres.

Tout est dans une note …

Ce que Sacco a fait dans ce livre c’est de sauver de l’oubli les massacres de Rafah et de Khan Younis de 1956. Les notes, le titre de ce livre, se réfère effectivement aux massacres de 1956. L’importance de cette histoire, même si ce ne sont que des notes, c’est que cela place les évènements actuels en perspective. Le cadre temporel pour expliquer ce qui se passe à Gaza ne commence pas avec les tirs de roquettes sur Sderot en 2008 ; en utilisant un contexte plus large cela éclaire fortement la nature des crimes de masse commis contre le peuple palestinien depuis tant de décennies. Cela montre aussi que pour des personnes sans futur le passé et le présent sont comprimés ; les massacres du passé raisonnent de manière proche avec la violence quotidienne perpétrée contre les Palestiniens qui endurent un blocus et encore plus de dépossession aujourd’hui.

Sacco a produit bien plus qu’un livre d’art magnifique. Il mérite d’être lu et étudié par des historiens qui pourraient chercher à transformer ces notes en véritable chapitre de l’histoire dont on doit se souvenir. Le livre de Sacco est aussi un acte de solidarité avec ces personnes aujourd’hui. Et c’est quelque chose que les Palestiniens sous blocus à Gaza actuellement ont énormément besoin ; jamais auparavant dans l’histoire les victimes de l’oppression coloniale n’avaient été boycottés et ostracisés par les Européens et les Américains. Lire leur histoire nous rappelle aussi qu’ils ont été traités de cette façon mesquine et barbare depuis des décennies.

Copyright Paul de Rooij -13/01/10 www.counterpunch.org

Paul Rooij est écrivain et vit à Londres. Email : proox@hotmail.com. (N.B tout email avec pièces jointes sera automatiquement détruit).

Notes

(1) Joe Sacco est certainement le mieux connu pour son Palestine (2001) et son Safe Area Gorazde (2000) Footnotes in Gaza a été publié par Jonathan Cape, Londres. Toutes ces livres sont des histoires orales rendues vivantes par les dessins de Sacco.

(2) Yosef Nahmani était le directeur du bureau du Fond National Juif en Galilée Ouest lors de la Nakba et dans ses journaux intimes il documente les massacres et le nettoyage ethnique dont il a été témoin en 1948.

Plus d'images de la BD de Joe Sacco


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Jeudi 14 Janvier 2010
Myriam Abraham introduction traduction

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