«Les américains « étaient libres de dire ce qu’ils pensaient parce qu’ils ne pensaient pas ce qu’ils n’étaient pas libre de penser. » Leo Szilard.
« Si l’Allemagne avait utilisé des bombes atomiques sur deux villes des alliés (pendant la seconde guerre mondiale) les responsables auraient été condamnés… à mort à Nuremberg et pendus. » Léo Szilard.
La dépendance immorale de l’Amérique aux armes nucléaires a été exposée la semaine dernière quand Barak Obama (candidat à la candidature démocrate pour les présidentielles de 2008 aux US ndlt) a fait preuve d’une capacité rare de penser et de dire ce que la plupart des hommes politiques américains ne sont pas libres de dire, qu’il n’utiliserait pas des armes nucléaires « dans aucune circonstance » pour combattre le terrorisme en Afghanistan et Pakistan. Presque immédiatement après, la sénatrice Hillary Clinton (qui est aussi candidate à la candidature démocrate pour les présidentielles 2008 ndlt) a remis l’utilisation des armes nucléaires sur la table quand elle a affirmé : « je ne crois pas qu’aucun président devrait faire de déclaration excessive en ce qui concerne l’utilisation ou la non utilisation des armes nucléaires » Pauvre Hillary !
Par sa volonté d’envisager l’utilisation d’armes nucléaires la sénatrice Hillary Clinton paraît prête, si elle était élue présidente, a ajouté son nom à la longue liste de présidents qui ont envisagé une telle utilisation. Comme le note Joseph Gerson dans son récent livre « Empire and The Bomb : How the US Uses Nucléar Weapons to Dominate the World » (l’Empire et la Bombe: comment les US utilisent les armes nucléaires pour dominer le monde) : «il y a eu au moins 30 occasions depuis les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, lors desquelles un président US a préparé et / ou menacé d’initier une guerre nucléaire lors de crises internationales, confrontations, et guerres - - principalement dans le Tiers Monde. »(p.2)
Rétrospectivement, considérons qu’en 1939, le président Franklin Delano Roosevelt a exprimé l’outrage moral de l’Amérique quand il a déclaré : « les bombardements brutaux par les airs de civils dans des centres de population non fortifiés pendant le cours d’hostilités… fait chavirer les cœurs de chaque homme et chaque femme civilisés, et a profondément choqué la conscience de l’humanité. » (Gerson p. 33). Pourtant, pendant six ans, Roosevelt n’a pas simplement fait subir aux villes européennes et japonaises de tels « bombardements brutaux » mais son successeur, Harry Truman, ne fera rien pour empêcher les technocrates utopistes de l’Amérique de transformer le massacre de masse en un coup de pinceau artistique instantané - - en faisant exploser des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki.
En fait, le secrétaire à la guerre Henry Stimson « a confié à Truman que les bombes incendiaires avaient rasé au sol la presque totalité des villes japonaises et que, avec les bombardements atomiques à venir, les US pourraient « acquérir la réputation de dépasser Hitler en atrocités » (p.13).
Le 6 août 1945 - il y a 62 ans aujourd’hui - « Little Boy « explosait sur Hiroshima. « Les gens… dans un rayon de 800 m de l’épicentre se sont évaporés ou ont été réduits à de la poussière de charbon de bois. » La ville est devenue un enfer vivant. « Les formes des corps étaient imprimées comme des ombres blanches nimbées de noir sur les rues et les murs, mais les corps eux-mêmes avaient disparus… Il y avait d’innombrables corps sans blessure apparente. Des morceaux de corps se tenaient au sol, comme deux jambes coupées au niveau des genoux, qui restaient debout. Un grand nombre de morts avaient été transformés en statues, certaines solidifiées d’autres prêtes à s’effriter au moindre touché. » (p. 61)
Junko Kayashige, 6 ans, était assis sur le rebord d’une fenêtre quand « Little Boy » a explosé. Elle a survécu, mais s’est retrouvée « marchant sur les toits des maisons qui s’étaient effondrés complètement à ras du sol… Il y avait des personnes titubant… Je ne pouvais pas dire si c’était des hommes ou des femmes. Leurs corps et même leurs visages étaient écorchés vifs, leur peau pendait, ressemblant à des algues. » (p. 64)
Le 9 août 1945, « Fat Man » explosait sur Nagasaki. Alors qu’à Hiroshima 100 000 hommes femmes et enfants étaient morts les semaines suivant l’explosion nucléaire – et 100 000 en plus au cours des mois qui ont suivi – la bombe sur Nagasaki avait fait 74 000 victimes à la fin de 1945.
Senji Yamaguchi, 14 ans, a survécu à l’explosion de Nagasaki pour raconter avoir vu l’explosion « écraser une femme enceinte contre un mur et faire exploser son abdomen. Je l’ai vu mourir elle et son fœtus. L’explosion a instantanément fait s’effondrer de nombreuses maisons de même que des bâtiments. Des mères et des enfants étaient pris au piège en dessous des décombres. Ils s’appelaient par leur nom, et les mères imploraient qu’on sauve leurs enfants. Personne n’était en mesure de les aider et ils ont tous péris brûlés vifs. » (p. 69)
Sumiteru Taniguchi, 16 ans, faisait de la bicyclette quand « Fat Man » a explosé. Projeté en l’air par l’explosion, il a réussi à se réfugier dans un sous sol, où il passé 3 nuits à gémir agonisant. « Une photo grotesque du corps torturé et ensanglanté de Taniguchi a été prise par l’armée US. Des décennies plus tard, alors que ses blessures n’étaient pas encore complètement cicatrisées, la photo poignante et dés lors subversive (
voir la photo a été interdite lors de la 50 ème commémoration des bombardements atomiques au Museum Smithsonian. » (p.68).
L’amiral William D. Leahy, chef du personnel de Truman, s’opposait à l’utilisation des armes nucléaires contre le Japon. De même que le général Dwight D. Eisenhower. Comme Leahy l’a écrit dans ses mémoires, « l’utilisation d’armes barbares à Hiroshima et Nagasaki n’était d’aucune assistance matérielle dans notre guerre contre le Japon. Les japonais étaient déjà battus, et prêts à se rendre… (En) étant les premiers à l’utiliser, nous… avons adopté le même niveau d’éthique que les barbares des temps obscurs. On ne m’avait pas enseigné à faire la guerre de cette manière, et les guerres ne peuvent pas être gagnées en détruisant des femmes et des enfants.» (Citation de l’article du Miami Herald 14 décembre 2003 :«Enola Gray : l’utilisation de la bombe était-elle nécessaire?»)
Pendant la guerre, le général Eisenhower s’est senti envahi par « un sentiment de dépression » quand le secrétaire à la guerre Henry Stimson l’a informé que la bombe serait utilisée. Ike note dans ses mémoires : « (Ainsi) je lui ai fait part de mes graves préoccupations, d’abord sur la base de ma croyance que le Japon était déjà vaincu et que larguer la bombe n’était pas du tout nécessaire, et deuxièmement parce que je pensais que notre pays devait éviter de choquer l’opinion publique mondiale en utilisant une arme dont l’emploi n’était pas, je pensais, obligatoire comme moyen de sauver des vies américaines. » (Ibid)
Le débat fait toujours rage sur le fait que le largage des bombes ait été nécessaire ou non. Comme Tsuyoshi Hasegawa le dit dans son livre récent : « Racing the Enemy: Stalin, Truman, and the Surrender of Japan, (prendre de vitesse l’ennemi, Staline, Truman et la rédition du Japon ), « Il y avait des preuves montrant clairement qu’il existait des alternatives à l’utilisation de la bombe, alternatives que l’administration Truman, pour des raisons qui furent les siennes, à refuser de rechercher. » (p. 299)
Dans une réfutation réfléchie, Barton J. Berstein affirme que « la décision de base d’utiliser la bombe est issue d’a priori anciens majeurs. Pour Truman, et les autres, la bombe promettait d’aider à mettre fin à la guerre plus tôt qu’envisagé, probablement pour sauver certaines vies américaines et de celle des alliés, éventuellement pour obliger à la rédition avant l’invasion redoutée de novembre, et, comme bonus potentiel, probablement pour intimider les soviétiques dans des confrontations futures. » (Voir http://www.h-net.org/~diplo/roundtables/PDF/Bernstein-HasegawaRoundtable.pdf , p. 16).
Cependant, les deux universitaires sont d’accord pour dire que d’expliquer pourquoi la bombe a été utilisée ce n’est pas justifier son utilisation. Comme le note le professeur Bernstein : « un effort soutenu d’interprétation ne veut pas dire approuver l’utilisation des bombes ou refuser de porter des jugements moraux - - sur le bombardement atomique et l’absence de recherche sérieuse de probables alternatives ». ( Ibid)
Si, comme le suggère Hasegawa, Truman s’est senti coupable concernant les femmes et les enfants tués par la bombe atomique, cela ne l’a pas empêché en 1948 de mettre en garde l’ambassadeur soviétique que « les troupes soviétiques devraient évacuer l’Iran dans les 48 heures – ou sinon les Etats-Unis utiliseraient leur nouvelle super bombe qu’ils sont les seuls a posséder ». (Gerson, pp. 171-72)
Truman a aussi autorisé le successeur du général Mc Arthur, le général Ridgeway, à utiliser les armes nucléaires pendant la guerre de Corée. (p. 82). Les cibles possibles étaient : « les concentrations de troupes chinoises et russes, Shangai, les villes industrielles chinoises, et 4 villes nord coréennes. » Heureusement, Ridgeway «a contenu sa puissance de feu nucléaire» (p. 82)
Etant donné l’utilisation par l’administration Truman des armes nucléaires, sa volonté de menacer de les utiliser en 1948, et d’avoir autorisé leur utilisation lors de la guerre de Corée, le président Eisenhower pouvait entrer en fonction comme président sans avoir besoin de se préoccuper de « l’opinion mondiale » concernant de telles menaces ou actions. Cette « banalisation du mal » nucléaire s’était déjà emparée des Etats-Unis.
«Mais, « la banalité du mal » explique seulement partiellement la promesse de campagne d’Eisenhower de mettre fin à la guerre de Corée selon les conditions US en préparant, menaçant et si nécessaire en procédant à une attaque nucléaire. » (p. 22) Comme le note Gerson : à la fois Truman et Eisenhower « comprenait que les US avaient « une supériorité de commandement sur l’Union Soviétique en forces stratégiques ». De plus, « cette suprématie nucléaire est venue rapidement imprégner chaque dimension de la politique et de la pratique US de la Guerre Froide. En 1953 les US avaient 329 bombardiers capables de transporter des charges nucléaires à partir de bases en Europe et au Japon, qui pouvaient tuer des millions de personnes et éliminer les fondements économiques et militaires des puissances communistes. » (p. 77)
Comme l’a expliqué Eisenhower en 1963 : « Ce serait impossible pour les Etats-Unis de maintenir les engagements militaires qu’ils ont maintenant partout dans le monde … Ne possédons nous pas des armes atomiques et la volonté de les utiliser si nécessaire. » (p. 31) Effectivement, son administration a adopté la doctrine de « représailles massives » qui liaient «des conflits locaux au spectre d’une guerre mondiale d’annihilation » (p. 78)
Ainsi, en plus de menacer d’utiliser des armes nucléaires pour s’assurer que « les chinois, les russes et les coréens avaient capté le message » l’administration Eisenhower a aussi offert des bombes atomiques à la France en 1954, pour briser le siège des vietnamiens à Dien Bien Phu. Et par deux fois elle a menacé la Chine d’une attaque nucléaire pendant les crises de 1955 et 1958, concernant les îles de Quemoy et de Matsu.
Des mois après la résolution pacifique de la crise des missiles de Cuba (à l’initiative brutale de Nikita Khrushchev) qui avaient amené les US et l’Union Soviétique au bord de la guerre nucléaire, l’administration Kennedy a approché les dirigeants soviétiques pour « une attaque nucléaire préventive US-URSS contre les installations nucléaires militaires chinoises à Lop Nor.» ( p. 90). ( Cette ouverture aide à comprendre pourquoi en 1969 les soviétiques ont demandé à l’administration Nixon si elle objecterait s’ils lançaient éventuellement leur propre attaque préventive contre Lop Nor.)
En 1965, le secrétaire à la Défense du président Johnson, Robert McNamara, a fait une « réunion pour prévenir que les « inhibitions » des US sur l’utilisation d’armes nucléaires au Vietnam « pourraient éventuellement être levées » (p. 148) Et en février 1968, le général Wheeler « a informé les sénateurs que les chefs d’états major recommanderaient l’utilisation d’armes nucléaires tactiques s’ils venaient à croire qu’elles étaient essentielles pour défendre les 6 000 Marines assiégés à Khe Sanh. (p. 152)
Selon les propres dires du président Nixon, il a sérieusement envisagé des premières attaques nucléaires à 4 occasions : lors d’une « escalade massive « de la guerre du Vietnam, pendant la « guerre d’octobre « israélo arabe de 1973, lors de l’intensification de la dispute frontalière soviéto chinoise, et pendant la guerre Inde Pakistan de 1971. » (p. 153)
Gerson soustrait le président Gérard Ford de la liste des présidents qui ont menacé d’utiliser des armes nucléaires. Mais il note qu’en 1975, pendant l’effondrement du Sud Vietnam, le secrétaire à la Défense James Schlesinger « a conseillé Ford qu’il n’y avait qu’une façon d’arrêter l’offensive nord vietnamienne : les armes nucléaires tactiques. Ford a décidé sagement de ne pas adopter cette option. » (p. 166)
Lors de son discours de l’état de l’Union de 1980, le président Carter a juré que « toute tentative par des forces extérieures de s’emparer du contrôle de la région du Golfe Persique serait considérée comme un assaut sur les intérêts des US et serait repoussée par tout moyen nécessaire… » (p. 205). Selon Gerson : « cette politique a été renforcée par la directive présidentielle 59, qui a fait passer la doctrine de guerre nucléaire de combat US de « destruction mutuelle assurée » à une guerre nucléaire plus «flexible» et plus «limitée«. (p.204)
Ce qui est surprenant c’est que Gerson a peu de chose à dire sur l’administration Reagan, excepté pour noter que le Mouvement pour Geler le Nucléaire a obligé l’administration Reagan à « s’éloigner de la rhétorique de « gagner des guerres nucléaires » et à s’engager dans des négociations sur le contrôle des armes ». Cependant, les lecteurs feraient bien de se rappeler que Reagan « ne voyait pas une guerre nucléaire comme catastrophique », que les responsables de son administration envisageaient de « faire un tir de démonstration nucléaire » et que le guide de la Défense approuvé par le secrétaire à la Défense Weinberger « contenait des plans pour mener une guerre nucléaire « prolongée ». ( France Fitzgerald, dans Way Out There in the Blue, pp. 150-51 rappelle de même que Reagan “ a maintenu que des missiles à bord de sous marins pouvaient être activés. ») (p. 150)
La première administration Bush a menacé d’utiliser des armes nucléaires contre l’Irak, si ce pays décidait d’utiliser des armes chimiques et biologiques contre les troupes US lors de la guerre du Golfe de 1991. ( p. 216) Et, quand les US ont fait la transition entre la guerre aérienne et la guerre au sol, le secrétaire à la Défense Cheney a affirmé publiquement sa croyance que le bombardement atomique d’Hiroshima avait sauvé des vies américaines.(p.217)
Finalement, le président Clinton a « menacé d’attaques nucléaires contre la Chine, la Libye, et l’Irak, avant de livrer le bureau ovale en 2001 à l’un peut être des pires et des plus destructeurs président dans l’histoire des US, George W. Bush. » (pp.218-19) « Dans son Rapport sur la Position Nucléaire, l’administration Bush II a réitéré son attachement au combat de guerre par première frappe nucléaire, a désigné 7 nations comme principales cibles nucléaires, et a réclamé d’urgence des financements pour le développement de nouvelles armes nucléaires plus facilement utilisables. » (p. 23)
L’Amérique croit en l’utilité des armes nucléaires, parallèlement à son insistance hypothétique que presque toutes les nations doivent se conformer aux termes du Traité de Non Prolifération (TNP) tandis qu’ils ignorent l’obligation de l’article VI du TNP de s’engager de « toute bonne foi » dans une négociation pour éliminer complètement de telles armes. Ils ont persuadé d’autres nations que des armes nucléaires étaient souhaitables. La preuve, l’Inde, puis le Pakistan, et maintenant la Corée.
De plus, la volonté des US de planifier l’utilisation d’armes nucléaires depuis la fin de la Guerre Froide ignore une déclaration qui a valeur de conseil du 8 juillet 1996 de la Cour Internationale qui concluait : « la menace de l’utilisation d’armes nucléaires serait en général contraire aux règles du droit international applicable en cas de conflit, et en particulier aux principes et règles du droit humanitaire international. » La Cour n’envisage qu’une seule circonstance où l’utilisation d’armes nucléaires par un état ne constitue pas un crime contre l’humanité : « la circonstance extrême d’auto défense, dans lequel sa survie serait en jeu. »
Selon Gerson, parmi les principes sur lesquels s’est basée la Cour, « c’étaient que les armes nucléaires sont génocidaires et potentiellement homicidaires ;elles provoquent des souffrances indiscriminées aux combattants et non combattants, et infligent des souffrances inutiles; elles violent l’exigence que les réponses militaires soient proportionnelles ; elles détruisent l’écosystème mettant ainsi en danger les générations futures ; elles violent les traités internationaux mettant hors la loi les gaz empoisonnés ; et elles infligent des dommages inacceptables à des nations neutres. » (p. 35)
Mais, peut être que George Kennan l’exprime –t-il le mieux quand il écrit en 1982 : « le fait d’être prêt à utiliser des armes nucléaires contre d’autres êtres humains – contre des personnes que nous ne connaissons pas, que nous n’avons jamais vu, et dont ce n’est pas à nous d’établir la culpabilité ou l’innocence – et en faisant cela, menacé la structure même sur laquelle repose toute civilisation, comme si la sécurité et les intérêts supposés de notre propre génération étaient plus importants que tout ce qui s’est déjà passé ou tout ce qui pourrait se passer dans la civilisation : ceci n’est rien moins qu’impudence, blasphème et indignité – une indignité avec des dimensions monstrueuses – offerte à Dieu. » ‘ « "A Christian's View of the Arms Race," The Nuclear Delusion p. 207 ( Un point de vue chrétien sur la course aux armements – l’illusion nucléaire).
Walter C. Uhler 6 août 2007- walthuhler@aol.com
Son Site
Egalement reproduit sur Uruknet : www.uruknet.info?p=35141
Introduction et traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org
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Perpetuelle guerre nucléaire américaine
Armes nucléaires US en Europe