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Vendredi 12 Mars 2010
17:15
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Hariri : Der Spiegel Récidive, Mais Cette Fois C'est Le Hezbollah Qui Est Accusé - Plus D' Infos
La Une était sensationnelle. Le magazine hebdomadaire allemand très pro israélien, Der Spiegel, a publié une "nouvelle information " sensationnelle affirmant qu'elle provenait de sources et documents secrets, venant de " sources internes à l'enquête qui travaillent sur l'assassinat de Rafic Hariri". Le "Scoop" de Der Spiegel avec une "nouvelle preuve" pointe en direction de ceux qui sont coupables.
La Une hurlait : BYE-BYE HARIRI ! Le rapport de l'ONU lie des officiers syriens au meurtre de l'ancien dirigeant libanais. Date de publication ? 24 Octobre 2005, il y a presque quatre ans. Oui, ce particularisme de Der Speigel remonte à 2005. La Syrie a été accusée dans l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais, Rafic Hariri, d'être le " véritable" assassin. Une campagne internationale anti syrienne a été rapidement lancée par l'Administration Bush et Israël pour diaboliser son gouvernement. Les élections de Juin s'approchent rapidement dans un climat tendu. Ce weekend, un nouvel article d'investigation exclusif, secret, montrant le vrai, véritable assassin a été publié dans le même hebdomadaire " Der Spiegel". Même auteur. Même éditeur. Nouvelle cible. Cette fois-ci, Erich Follath, du Der Spiegel affirme que le comité international qui enquête sur l'assassinat de l'ancien premier ministre martyr, Rafik Hariri, a aboutit à de " nouvelles conclusions secrètes, surprenantes" cette fois pointant en direction du Hezbollah. La nouvelle une du Der Spiegel ( 24 Mai 2009) BREAK THROUGH IN TRIBUNAL INVESTIGATION New Evidence Points to Hezbollah in Hariri Murder Article anglais By Erich Follath L'hebdomadaire allemand affirme que c'est maintenant le Hezbollah qui est visé après que le Tribunal ait fait pression sur le gouvernement libanais pour qu'il libère le mois dernier les 4 généraux libanais à cause du manque de preuve et à cause des protestations dans la communauté internationale de juristes et défenseurs des droits de l'homme. Après la libération des généraux, d'autres questions ont été soulevées telles que : pourquoi les 4 généraux n'ont jamais été inculpés, ou relâchés, ou relâchés sous caution il y a des années, ou assignés à résidence, ou autorisés à se confronter à leurs accusateurs ou même autorisés à voir les soit disant preuves contre eux. La crédibilité du Tribunal diminuait chaque jour de plus qu'ils passaient en prison. Dans bien des aspects, l'article de 2009 de Der Spiegel est identique à celui de 2005 : " il y a des signes que l'enquête a produit des résultats nouveaux et explosifs", " Spiegel a appris de sources proches du Tribunal et vérifié par un examen de documents internes que le cas Hariri est sur le point de prendre un tournant sensationnel, " des enquêtes approfondies au Liban pointent toutes vers une nouvelle conclusion, cette fois que ce n'était pas les forces spéciales de la Syrie mais celles du Hezbollah qui ont planifié et éxécuté l'assassinat en février 2005 d'Hariri." Comme en 2005, Der Spiegel affirme que les enquêteurs " ne veulent apparemment pas divulguer l'information dont ils ont eu connaissance il y a environ un mois ". Der Spiegel affirme que " selon des forces de sécurité libanaises, tous les numéros de téléphone impliqués (par les assassins) appartiennent apparemment au "bras armé" du Hezbollah." Sans même s'excuser pour le jeu de massacre commis à l'encontre du président syrien, Bashar Assad, il y a 4 ans, le nouvel article de Der Spiegel ajoute avec fausse modestie que le président Assad n'est plus suspecté. " Il n'y a plus rien qui suggère qu'il avait personnellement connaissance du projet d'assassinat ou même qu'il ait ordonné le meurtre" écrit Follath. Par ricochet, des commentaires sont apparus dans la capitale libanaise et sur internet questionnant le moment choisi pour la publication de l'article de Der Spiegel, avec pour but de faire un maximum de tort à l'opposition menée par le Hezbollah aux élections. Qui était la source supposée de ces "fuites" et pourquoi maintenant, alors que le bureau de l'ONU menant l'enquête a pris toutes les précautions pour éviter toute fuite ou toute politisation de son travail. Contrairement à l'ancien enquêteur, Detlev Mehlis, Hassan Nasrallah n'a absolument pas la réputation de donner des ordres pour éliminer ses adversaires politiques. Les accusations de 2005-2006, contre la Syrie se sont avérées erronées et basées sur les déclarations d'un faux témoin. Der Spiegel est connu depuis longtemps pour entretenir des relations avec les services secrets israéliens, les 8 téléphones "clés" n'ont jamais été entre les mains du Hezbollah mais plutôt dans celles d'une organisation musulmane sunnite à Trablus comme Devtlev Mehlis a affirmé l'avoir prouvé. Une affirmation que je trouve très bizarre c'est la suggestion qu'un membre de haut rang du Hezbollah aurait appelé sa petite amie sur une ligne sécurisée alors qu'il était " en service". L'histoire de l'appel téléphonique à la petite amie rapportée par Der Spiegel est quelque peu surprenante, pas du tout dans les habitudes du Hezbollah. Je connais deux cas ou des étudiantes à l'AUB ont été en colère car leurs petits amis appartenant au Hezbollah ont disparu du campus et ne les ont même pas appelées pendant un mois. Quand ils sont revenus " du service" et ont repris les cours, tous les deux ont essayé d'expliquer qu'ils ne pouvaient pas prendre contact avec elles tandis qu'ils "travaillaient". Etonnante également l'affirmation de l'hebdomadaire allemand qu'il a appris " de sources proches du Tribunal" et " vérifié en examinant des documents internes que le cas Hariri est sur le point de prendre un tournant sensationnel". Der Spiegel ne dit pas clairement si c'était ses sources ou les éditeurs de Der Spiegel qui ont examiné ces documents. Si ce sont ces derniers, est ce que la sources a sorti ces documents du bâtiment sous haute sécurité à la Haye? Les responsables de l'enquête devraient être à même de trouver la trace de cette soit disante source. Aucune preuve n'est fournie par Der Spiegel pour aucune de ses "révélations" tels que celle sur les membres du Hezbollah s'entraînant en Iran, achetant des téléphones, " deux hommes qui ne se réfèrent seulement qu'à leur supérieur ( à qui d'autre s'en référeraient-ils ?)" etc... Comment le Der Spiegel connaît-il tous ces secrets et pourquoi ne pas fournir de preuve ? Comment Der Spiegel sait, par exemple, qui s'en réfère à qui au Hezbollah ? Est ce que cette information très secrète est arrivée au Der Spiegel via des cellules d'espions israéliens récemment arrêtés et transmise par l'une des trois agences d'espionnage israéliennes connues pour se trouver au Liban, ou des sources qui sont liées à elles ? Est - ce trop explosif pour la campagne électorale au Liban ? Jusqu'à présent aucun des partis politiques au Liban considère l'histoire de Der Spiegel comme crédible. Le dirigeant druze du Parti Progressif Socialiste, le député Walid Jumblatt, actuellement allié avec la majorité pro US du 14 Mars, commentant l'article de Der Spiegel , a mis en garde dimanche lors d'un discours pour annoncer ses candidats à Chouf, que l'article est " le jeu des nations qui , Dieu préserve, pourrait faire dérailler la justice et l'utiliser pour des choses auxquelles nous ne voulons pas croire." Le Mouvement du Futur conduit par Saad Hariri a refusé de commenter l'article. Le ministre des affaires étrangères libanais, Fawsi Salloukh l'a qualifié de " totalement faux et rempli de mensonges", le ministre des affaires étrangères syrien, Walid Moallem, a mis au défi le Der Spiegel et l'auteur de l'article de fournir des preuves. "Cet article est politisé et nous rappelle les méthodes de (l'ancien enquêteur) Detlev Mehlis" a ajouté Moallem. Le porte parole du parlement, Nabih Berri, a dit que l'article " n'était rien moins qu'une nouvelle tentative de semer la discorde parmi les Libanais... C'est une fabrication des médias à laquelle il ne manque que le tampon : " made in Israël" a dit Berri. Le bureau des relations avec les médias du Hezbollah a publié un communiqué dimanche dans lequel il rejette les accusations publiées dans Der Spiegel et passées sur la chaîne TV Al - Arabiyya (chaîne des dirigeants saoudiens ndlt) disant que ce n'était que " des fabrications politiques". Le communiqué déclare : " ce n'est pas la première fois qu'un magazine, un journal vise à publier de telles fabrications et auparavant le journal koweitien Al - Siyasa, avait publié à maintes reprises de tels articles en même temps que d'autres quotidiens". Le communiqué ajoutait que de " publier cet article de Der Spiegel et qu'il en soit fait la promotion par Al - Arabiyya est suspect de par le choix du moment de publication, et de par son exploitation politique et psychologique, spécialement pour deux raisons : premièrement, d'un côté, c'est une pure fabrication visant à influencer la campagne pour les élections au Liban , et pour détourner l'attention des informations sur le démantèlement des réseaux d'espions travaillant pour Israël et autre... L'article arrive juste deux semaines avant les élections parlementaires au Liban du 7 Juin." L'ambassade allemande à Beyrouth affirme ne pas avoir entendu parler de l'article et n'a pas voulu faire de commentaire. Radiya Ashouri, la porte parole du Tribunal spécial pour le Liban ( STL) s'est exprimée publiquement : " nous ne savons pas de qui le magazine Der Spiegel tient son information et nous ne savons pas où ils ont été cherché cette histoire. Personne au bureau du procureur n'a dit quoi que ce soit au magazine allemand. Nous avons une politique claire de ne pas laisser d'information transpirer sur le tribunal via des fuites dans les medias, et nous avons insisté là dessus depuis le début. Quand Der Spiegel a parlé de la porte parole de Bellemare, ils voulaient dire moi-même. Ma réponse c'est que le Tribunal ne s'occupe pas des dossiers de l'enquête via les médias et adopte une politique d'annonce directe faite par Mr Bellemare. Si nous avions eu quelque chose à dire, nous l'aurions dit directement, et non pas via une fuite dans les médias." Beyrouth - Franklin Lamb - 25/05/09 www.counterpunch.org - Franklin Lamb travaille à la Fondation Sabra et Shatila à Beyrouth. Mail : fplamb@sabrashatila.org. Information complémentaire Dans une interview accordée au journal en langue arabe publié à Londres "al-Sharq al-Awsat", Erich Follath, correspondant diplomatique de Der Spiegel, persiste et signe. Il dit avoir lu un nombre incalculable "d'authentiques documents" pour rédiger cet article, et qu'il en a vérifié chaque mot avant qu'il ne soit imprimé. Bien sûr il ne précise pas quel type de document, reste tout à fait dans le vague. S'il a effectivement eu accès à certains documents cela voudrait dire qu'il a bénéficié d'une complicité au sein même du Tribunal. N'est ce point là une façon de le décrédibiliser, ce que cherche sans nul doute à faire les vrais commanditaires de l'assassinat. Mais Follath se garde bien de citer sa source principale d'information. Selon le site Al Manar TV du Hezbollah - www.almanar.com.lb - Der Spiegel s'est contenté de faire un copié collé d'un article publié le 24 décembre 2008 par un opposant syrien qui vit en exil en France, Nizar Nayyouf, sur son site www.syriatruth.net. La seule différence entre les deux articles, outre le fait qu'ils n'aient pas été publiés au même moment et pour cause, c'est que celui de Der Spiegel insiste sur les répercussions négatives pour le Hezbollah lors des élections du 7 Juin, alors que Nayyouf lui y voyait une campagne visant à salir l'image du Hezbollah dans l'opinion publique, surtout parce que les Israéliens se sont empressés d'utiliser ces informations pour accuser une nouvelle fois le Hezbollah d'être une organisation "terroriste". D'ailleurs à peine l'article de Der Spiegel publié -habituellement Der Spiegel publie d'abord l'article en version papier puis attend quelques jours pour le publier sur son site hors cette fois ci il a été directement publié sur le site internet de Der Spiegel - le ministre des affaires étrangères sioniste, le fasciste Lieberman, a demandé à ce que soit lancé un mandat d'arrêt international contre le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Il semblerait que l'un des objectifs visés par les Sionistes et ceux qui les soutiennent c'est non seulement de discréditer le Hezbollah en tant que force politique au Liban mais aussi d'assassiner politiquement son dirigeant à défaut de pouvoir l'éliminer physiquement. D'ailleurs en début d'année plusieurs dirigeants israéliens ont appelé à l'élimination de Nasrallah. Ce dernier est certainement l'un des dirigeants politiques les mieux protégés au monde, il vit dans la clandestinité. L'article de Der Spiegel contribue à tenter de salir la résistance libanaise et d'assassiner politiquement Nasrallah. Mardi 26 Mai 2009
Traduction Mireille Delamarre
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