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Guerres d'Afghanistan : Le « Vietnam » de l'Ex Union Soviétique en passe de devenir le « Vietnam » 2 des US et de leurs Allies, dont La France.

Sarkozy veut envoyer « quelques centaines » de soldats français supplémentaires en Afghanistan, alors que la majorité des citoyens s'y oppose. Rappel de ce qu'a été la guerre d'Afghanistan pour l'ex Union Soviétique et ce qu'elle est entrain de devenir pour les US et leurs alliés : un deuxième Vietnam. Les soldats en reviennent « accros » à l'héroïne. Documentaires Vidéo sur le «Vietnam » soviétique



Guerres d'Afghanistan : Le « Vietnam » de l'Ex Union  Soviétique en passe de devenir le « Vietnam » 2 des US et de leurs Allies, dont La France.

Le « Vietnam » de l'Ex Union Soviétique : la Guerre d'Afghanistan

Dans les années 80, l'Ex Union Soviétique s'est embarquée en Afghanistan dans une guerre d'une décennie que beaucoup préfèrent oublier, tant le traumatisme, pour ceux qui en sont revenus, a été et reste profond. La chaîne de TV Al Jazeera, a diffusé une série spéciale « Vétérans » (voir liens vers les vidéos en bas de l'article), et pour tourner cette série a visité les villes russes de Moscou et de Yekaterinburg à la recherche de survivants de cette guerre. Dans un article publié le 31 mars 2008 sous l'intitulé «Remembering the Soviet « Vietnam», Al Jazzera retrace brièvement ce que fut cette guerre.

Synthèse de cette article

A la périphérie de Moscou se trouve un petit musée connu d'un petit nombre de russes et visité par un nombre encore plus restreint. Il est dédié à la mémoire de ceux tombés dans ce que beaucoup nomme le « Vietnam » soviétique.

Parmi les quelques rares visiteurs qui le fréquentent, Irina Pavlovna, qui a perdu son fils au cours de cette guerre en 1982. son fils est l'un des 15 000 soldats, souvent jeunes conscrits inexpérimentés, ayant péri pendant cette guerre infernale. La guerre d'Afghanistan a été la plus importante guerre engagée par l'ex Union Soviétique après la Seconde Guerre Mondiale. Le minuscule édifice consacré aux victimes témoigne de l'humiliation encore fortement ressentie dans les sphères politiques et parmi les populations touchées. C'est, à l'évidence, une guerre qu'on veut oublier.

Pourtant, pour les survivants, il est impossible d'oublier une expérience aussi dévastatrice qui s'accompagne d'un profond sentiment de futilité pour ces milliers de morts « pour rien », souvent tués alors qu'ils avaient été mal préparés, physiquement et psychologiquement, à affronter un ennemi »invisible ». De nombreux soldats portent les cicatrices indélébiles de ce conflit inutile.

Bref rappel des faits

En réponse à une demande de l'administration dite socialiste de l'époque à Kaboul, les tanks soviétiques ont commencé à envahir l'Afghanistan le 25 décembre 1979, pour aider le gouvernement en place contre de soit disant rebelles fondamentalistes, c'est-à-dire pour soutenir ce qui était en fait une guerre civile. Cette intervention militaire de l'Union Soviétique en Afghanistan, a été accueillie avec colère par les opposants de l'ex Union Soviétique de l'époque, à la tête desquels se trouvaient les Etats-Unis qui ont immédiatement commencer à financer les groupes de combattants afghans et à leur apporter un soutien en armes pour leurs opérations de guérillas.

Le bourbier afghan, prémisses de l'effondrement de l'ex Union Soviétique

Bien qu'elles aient occupé et contrôlé Kaboul, la capitale Afghane, les troupes soviétiques ont rencontré une forte résistance lorsqu'elles ont essayé de gagner du terrain dans les zones de montagne et ont subi des attaques régulières et particulièrement meurtrières des combattants afghans. Les soldats soviétiques les appelaient les « dukhi » ( fantômes »). Pour Segei, l'un des vétérans de cette guerre, « ce n'était pas comme pendant la seconde guerre mondiale, où on avait deux côtés qui s'opposaient et où nos pères protégeaient leur patrie… Les afghans étaient pacifiques et amicaux avec nous pendant la journée ; mais la nuit, ils devenaient des ennemis ».

Les jeunes conscrits de l'armée soviétique étaient complètement désorientés face à une population musulmane afghane rurale, et devaient également affronter des conditions géographiques inconnues d'eux, alors qu'ils venaient principalement de grandes villes comme Moscou et St Petersbourg.

Alors que les Soviétiques étaient pris dans les filets des conflits internes en Afghanistan et que le nombre de leurs tués augmentait, des pressions ont été faites pour un retrait. Son prestige militaire mis à mal, l'URSS a démarré des négociations pour ce retrait qui s'est achevé en 1989. Deux ans plus tard, en 1991, l'Union Soviétique se désintégrait.

Parmi les vétérans, nombreux sont les mécontents car aucun programme gouvernemental n'a été établi pour les aider, même pour ceux handicapés par les combats, et ils doivent se débrouiller pour survivre par leurs propres moyens. Certains se sont regroupés, notamment à Moscou autour de l'activité du musée. L'effondrement de l'ex Union Soviétique n'a fait qu'accroître leurs difficultés de réinsertion, car ils ont du s'adapter aux dures lois du système de libre marché. Beaucoup confronté à tous ces problèmes ont été choqués.

Le docteur Valentina Impluskaya qui exerce à Yekaterinburg prodigue ses soins à de nombreux vétérans qui eux bénéficient d'un soutien et d'un traitement financé localement. « Pendant l'époque soviétique on avait la stabilité et l'ordre. Et maintenant on a le capitalisme. C'est chacun pour soi et chacun doit se prendre en charge, et cela mène au stress émotionnel. Les personnes qui ont expérimenté le stress lors des combats réagissent mal à tous ces changements ».

Certains des problèmes de ces vétérans résultent directement de blessures de guerre. « Malheureusement de nombreux soldats ont soufferts de choc cérébral – atteinte du cerveau ou choc lié aux explosions des mines sous leurs tanks ou leurs véhicules blindés » a fait remarqué l'ancien directeur de l'hôpital Semen Spector. « Nous avons découvert qu'un homme qui a subi un choc cérébral est 14 ans plus vieux que son âge, cela provoque une instabilité psychologique, des pertes de mémoire, des problèmes sociaux. »

En plus des séquelles de ces traumatismes liés aux combats, un certain nombre a sombré dans l'alcool ou dans la drogue. L'Afghanistan fournit 90 % de l'héroïne mondiale et les soldats sont devenus dépendants à l'héroïne sur les champs de bataille. De retour au pays ils ont continué et certains ont attrapé le SIDA.

Documentaires Vidéo d'Al Jazeera

Veterans – Soviets in Afghanistan – Mars 32 – 1ère partie

2ème partie


Guerre d'Afghanistan et Addiction à l'Héroïne

Pour les soldats stationnés en Afghanistan s'est facile de se droguer

Ils stressent, ils s'ennuient et se tournent vers un échappatoire à portée demain : l'héroïne.

Juste à la sortie de la base militaire aérienne US de Bagram, on trouve le Bazar rempli de petites échoppes tenues par des Afghans qui essaient de survivre tant bien que mal. Si les Afghans peuvent s'y approvisionner en produits américains, ce lieu est aussi connu pour ce qu'il fournit aux soldats américains. En moins de dix minutes, n'importe qui peut se procurer une ou plusieurs doses selon ce qu'il veut payer : 30, 50 dollars. Un sac de 30 dollars, contenant suffisamment d'héroïne pure, peut rapporter dans les rues d'une ville américaine plusieurs centaines de dollars.

Le problème de l'addiction des soldats US - mais aussi des soldats des pays alliés - stationnés en Afghanistan est largement ignoré et sous estimé.

Selon certains experts américains, parce que les vétérans ne cherchent pas immédiatement à se faire traiter pour leur dépendance à l'héroïne, il faudra probablement une décennie avant d'être en mesure de mesurer l'étendue du désastre. Les jeunes recrues tout particulièrement, sauf si elles sont poussées à le faire par leur famille, évitent de chercher de l'aide et un traitement. Selon Shaun McCanna, un réalisateur de film américain qui s'est rendu à plusieurs reprises en Afghanistan pour les besoins de sa profession, il a lui-même vu des preuves que les soldats américains échangent des équipements militaires sensibles comme des disques durs et des gilets pare balle contre des doses d'héroïne. Des soldats qui ont servi à Bagram confirment ses dires. L'héroïne disent-ils est « partout ». Mais de nombreux soldats de retour aux US n'osent pas parler car certains de leurs collègues se trouvent encore sur le terrain là bas et ils ne veulent pas qu'on salisse leur réputation. L'armée US est tout à fait au courant de ce problème de drogue car certains soldats se trouvent pris en flagrant délit. La seule chose qui leur arrive c'est qu'ils sont renvoyés aux US, mais retournent dés que leur unité reçoit un nouvel ordre de mission en Afghanistan. Certains utilisent également l'héroïne en auto médication pour traiter les PTSD -Post Traumatic Stress Disorder – Désordre Post Traumatique lié au Stress-.

En Afghanistan, de nombreux soldats sans illusion sur une guerre qu'ils considèrent pour beaucoup comme inutile, dont ils ne voient ni le but ni la fin, se tournent vers ce qui est à portée de main : une dose d'héroïne.

L'armée US au Vietnam avait déjà été confrontée à ce problème d'addiction de ses soldats à l'héroïne. Avant que les US ne se retirent leurs troupes du Vietnam en 1973 après le fiasco que l'on connaît, en 1971 les médias américains avaient déjà fait état de 10 à 15 % de soldats sous dépendance à l'héroïne sur les 2.4 millions ayant servi au cours de cette guerre. Les chiffres ont été revu depuis à la baisse et ramenés à 4.5% mais des chercheurs pensent qu'environ 20% des troupes ont à un moment ou à un autre utilisé des opiacés au moins une fois.

Actuellement, aucun expert ne s'est aventuré à chiffrer le pourcentage de soldats US qui rentreront au pays « accros » à l'héroïne. Mais comme le montre l'exemple des vétérans de l'ex Union Soviétique, pour l'instant ce que l'on peut détecter n'est que la face émergée de l'iceberg.

Cela vaut également, bien sûr, pour les soldats alliés dont les soldats français.

Sources de certaines informations : www.salon.com

Pour consulter la carte du déploiement des forces US/l'OTAN (ISAF) en Afghanistan ainsi que les données nominatives et chiffrées sur les pays participants et le nombre de soldats qu'ils ont déployés voir le document en pièce jointe.

Une Europe Euro -Américaine

Il n'y aura jamais de victoire del'OTAN en Afghanistan


Mardi 01 Avril 2008
Mireille Delamarre

forces_de_l\_ISAf_en_Afghanistan.pdf forces de l'ISAf en Afghanistan.pdf  (201.49 KB)

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