Le président de la Chambre des représentants au Congrès américain, Dennis Hastert, aurait perçu 500 000 dollars de la Turquie pour bloquer la résolution du Congrès portant sur la reconnaissance du génocide arménien en l'an 2000. C'est ce que révèle le célèbrissime magazine américain Vanity Fair, dans son édition datée du mois de septembre.
Selon ce mensuel, l'un des plus prestigieux de la presse mondiale, Joel Robertz, agent du FBI, a demandé à Sibel Edmonds, une des traductrices turcophones de l'agence fédérale de passer en revue 40 conversations enregistrées d'un "haut fonctionnaire" avec le consulat turc à Chicago, ainsi qu'avec des membres du Conseil américano-turc et de l'Assemblée des Associations turques d'Amérique.
Il ressortirait de ces écoutes que des élus américains de première importance, tant démocrates que républicains, auraient reçu de fortes sommes d'argent pour s'opposer à la reconnaissance du génocide arménien par les USA. Ces conversations feraient également référence à des affaires de blanchiment d'argent ainsi qu'à divers trafics.
Les interlocuteurs turcs y font régulièrement référence à "Denny boy", surnom attribué au représentant de l'Illinois au Congrès américain, et président de la Chambre des Représentants, Dennis Hastert. Ils font également état des dispositions prises pour financer sa campagne électorale avec des chèques de moins de 200 dollars afin d'éviter les contrôles de la Commission électorale fédérale, lesquels ne s'opèrent pas sur donations inférieures à ce montant. Des dizaines de milliers de dollars auraient été ainsi transférés de cette façon.
Si le nom de Dennis Hastert n'est pas textuellement mentionné dans les écoutes, Vanity Fair fait cependant le rapprochement avec lui pour au moins deux raisons : Il apparaîtrait selon les comptes de son comité de campagne qu'il a reçu entre 1996 et 2002 plus de 500 000 dollars en petites coupures. Il est l'un des seuls élus aux USA à être dans ce cas. De plus, un haut fonctionnaire du Consulat turc de Chicago affirme dans les enregistrements que la subornation de "Denny boy" a coûté 500 000 dollars.
Les écoutes contiendraient également des allusions répétées à la volte-face d'Hastert. Celui-ci a été en effet dans un premier temps un défenseur ardent de la reconnaissance du génocide arménien par le Congrès. Il a même joué un rôle essentiel pour que la résolution passe le cap fatidique de la Commission des Relations Internationales et puisse ainsi être inscrite à l'ordre du jour des débats de la Chambre. Mais il en a aussi été le fossoyeur. C'est en effet lui qui, le 19 octobre 2000, a brutalement retiré de l'ordre du jour des débats cette résolution qui, sinon, aurait dû être votée.
À l'époque Hastert avait expliqué sa décision en affirmant avoir reçu une lettre du président Clinton l'avertissant que le vote de cette résolution nuirait aux intérêts américains. On apprend également grâce à ces écoutes que des membres du département d'état tout comme un fonctionnaire du Pentagone impliqué dans des ventes d'armes auraient perçu des versements d'argent en liquide de la Turquie. Autre révélation: des étudiants turcs auraient obtenu des aides pour pouvoir travailler dans des instituts de recherche américains, ceci afin de collecter les informations nécessaires pour se procurer ensuite l'arme atomique.
Vanity Fair affirme également que l'interprète Sibel Edmonds a été renvoyée après avoir fait part à l'un de ses patrons du FBI de ses soupçons sur l'un de ses collègues turcs qui auraient prévenus les diplomates turcs de l'enquête en cours. Selon le mensuel, l'administration Bush aurait intimé à Edmonds l'ordre de se taire et l'aurait initimidée pour qu'elle n'intente aucun procès. Mais l'affaire, qui commence à prendre de l'importance dans la presse américaine pourrait faire grand bruit et pourrait même atteindre selon Vanity Fair la cour suprême, qui est, comme son nom l'indique, la plus haute juridiction du pays.
sources:ARMENEWS-VAN, 10 août 2005, transmis par le bulletin de www.info-turk.be
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