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Flotte de Guerre US dans le Golfe Persique : Dauphins et Baleines Bleues s'Echouent sur les Côtes Iraniennes à cause des Sonars, Pollution par les Déchets Militaires.

Le Golfe Persique sert d'habitat à 40 différentes espèces de dauphins et au plus grand mammifère vivant, la baleine bleue, et les dauphins et baleines sont menacés par les activités des sonars US, sans parler de la pollution environnementale marine due aux déchets militaires.



Flotte de Guerre US dans le Golfe Persique : Dauphins et Baleines Bleues s'Echouent sur les Côtes Iraniennes à cause des Sonars, Pollution par les Déchets Militaires.

Les Dauphins : Une Arme de l'Iran Contre les US ?

Le Pentagone, qui par le passé a essayé de mettre ses opérations navales au dessus de la loi, a subi un revers de justice qui aura des répercussions bien au-delà de la côte de Californie et un impact sur les opérations de la Flotte US dans le monde entier.

Un juge fédéral de Los Angeles a imposé des limites strictes à l'utilisation par la Marine de sonar de moyenne fréquence le long de la côte sud de la Californie. On soupçonne le sonar de provoquer des dysfonctionnements dans les systèmes de navigation des dauphins et des baleines.

La décision juridique, en réponse à une affaire initiée par des environnementalistes, interdit le sonar dans un rayon de 12 miles nautiques de la côte Californienne, accroissant la zone de « fermeture » d'utilisation du sonar près des mammifères marins, et place sous observation une heure avant les exercices de sonar de même que pendant ceux-ci le système de surveillance de la Marine.

La conclusion du Tribunal, notant avec une « certitude presque totale » que les « plans de réduction » soniques de la Marine US sont « extrêmement inadéquats pour protéger les mammifères marins des taux débilitants dus à l'exposition au sonar », ont une conséquence directe sur les opérations de la Flotte dans le Golfe Persique, incluant des exercices d'activation de sonar «dans les conditions actuelles. »

Les navires de surface de la Flotte et les sous marins stationnés dans le Golfe Persique utilisent le sonar pour détecter les sous marins diesel iraniens de fabrication russe. Et étant donné les échouages en masse de plusieurs espèces de baleines aux Bahamas, Taiwan, et les îles Virgin US, ces opérations pourraient être appelées à une remise en question.

La juge dans sa décision a dit qu'elle voulait équilibrer « des intérêts en compétition de sécurité nationale et d'état de préparation de la Flotte » avec la protection de l'environnement. Un porte parole de la Marine US a dit que celle-ci étudie les options à sa disposition, ajoutant que l'ordre ne touchait pas « le juste équilibre entre la sécurité nationale et les préoccupations liées à l'environnement. »

Récemment, la flotte de guerre US s'est distinguée en soutenant l'utilisation de « toutes les lois US environnementales dans le monde entier » mais c'était avant la décision prise en Californie. Le Président G.W Bush, qui prévoit de visiter le Moyen Orient bientôt, devra maintenant considérer les problèmes d'environnement de même que les autres sujets sur l'agenda US.

Malgré l'importante dépendance énergétique des US vis-à-vis du Golfe Persique et l'utilisation extensive de cette zone maritime par les navires US, il n'y a pas d'initiative US pour aider à palier aux problèmes écologiques croissants qui affectent la bio diversité du Golfe et les écosystèmes des mammifères marins.

Les états de la région portent certainement la principale responsabilité et sont à blâmer pour ne pas prendre les mesures adéquates pour enrayer cette pollution, mais le fait qu'ils soient en retard au niveau environnemental n'absout pas les US de sa contribution spécifique à la crise écologique.

L'utilisation par la Flotte de guerre US de sonar de haute intensité de moyenne fréquence est probablement derrière le taux alarmant d'échouages de dauphins et de baleines sur les côtes iraniennes. Le Golfe Persique sert d'habitat à 40 différentes espèces de dauphins et le plus grand mammifère vivant, la baleine bleue, et les deux espèces sont menacées par les activités des sonars US. Ces activités, selon la décision du tribunal US « cause un mal irréparable » aux mammifères marins. Un plus grand nombre de mammifères ont pu mourir en eau profonde, et, en l'absence de toute étude systématique et de données, nous sommes seulement témoins de la partie émergée de l'iceberg avec l'échouage sur les côtes des mammifères.

Le tribunal de Californie a rejeté les arguments de la Défense de la Marine, par exemple, qu'elle utilise quelque « 30 mesures de réduction » et opère en accord avec les lois US sur la protection animale et de l'environnement. En fait, le Tribunal s'appuie sur les propres rapports d'estimation environnementale de la Marine US : par exemple, que les activités sonar au large de la côte de Californie prévues entre février 2007 et janvier 2009, auront pour résultat approximativement 170 000 cas d'« exposition à l'harassement des mammifères de niveau B » et cela inclura « environ 8000 expositions suffisamment puissantes pour causer un changement temporaire significatif affectant le sens de l'ouï des mammifères et en plus 446 cas de blessure permanente infligées à des baleines à bec et ziphide. »

Consécutif à des études analytiques menées sur de tels évènements, le Comité de la Commission Internationale sur les Baleines a conclu récemment que « l'importance des preuves accumulées font maintenant qu'on peut associer le sonar militaire de moyenne fréquence avec les échouages en masse des baleines à bec. Ces preuves sont très convaincantes et semblent écrasantes. »De même une étude sponsorisée par le propre bureau de recherche de la Marine US a conclu que « la preuve du sonar comme causalité est, selon notre opinion, complètement convaincante. » Pourtant, bizarrement, au tribunal, la Marine US s'est elle-même distancée de ses propres conclusions, y trouvant des « fautes de méthodologie ».

Vu sous le prisme du droit international environnemental, les activités navales des US qui causent des préjudices aux ressources nationales de l'Iran et d'autres pays du Golfe Persique peuvent être à l'origine de poursuites devant des tribunaux nationaux et internationaux. Sans mentionner la pollution causée par le bruit des navires de même que les « déchets solides militaires » dont explosifs, fragments de munitions et autre matériaux toxiques jetés dans le Golfe Persique chaque fois que la Flotte US fait des manœuvres.

Le Golfe Persique a clairement besoin d'une approche de gestion intégrée de l'écosystème, nécessitant la coopération environnementale de tous les pays du littoral de même que celle des institutions internationales concernées. Le Président d'Iran Mahmud Ahmadinejad a révélé récemment un plan de coopération pour le Golfe Persique qui donne la priorité à l'environnement, et ce serait dommage que les pays arabes du Conseil de Coopération du Golfe l'ignorent. (1)

Mais les US ont un rôle spécial à jouer. Au minimum, ils peuvent former les pêcheurs du Golfe Persique, dont les filets sont apparemment responsables de la mort de mammifères marins, pour leur apprendre comment installer des bruiteurs « minuteries » pour éloigner les cétacés des filets. Dans certains cas, comme pour les marsouins de port dans le Golfe du Maine, l'utilisation de minuteries a réduit significativement le nombre des mammifères se prenant dans les filets.

Finalement, les risques marins dus aux activités de sonar de la Flotte US dans le Golfe Persique, justifiés au nom de l'objectif de « contenir l'Iran » d'abord et avant tout, font que l'attention se concentre aussi sur le lien entre les problèmes écologiques et de sécurité. Raison de plus pour les US et l'Iran de procéder à une désescalade des tensions sur le programme nucléaire de Téhéran et poursuivre des méthodes alternatives pour s'occuper l'un de l'autre dans une région très volatile qui se transforme de plus en plus en poudrière.

Note

1. Les organisations non gouvernementales de l'Iran ont été poussées à agir à cause des échouages en masse de dauphins, pourtant la plupart de ces ONG se concentrent sur la Mer Caspienne, Téhéran et d'autres régions, négligeant le Golfe Persique. Elles n'ont pas non plus eu beaucoup de succès à créer des réseaux avec d'autres ONG dans la région.
Pour plus d'information voir The environmental movement in Iran: Perspectives from the below and above, Middle East Journal, 2003 de l'auteur.

Kaveh .I. Afrasiabi 08/01/08 – Copyright Asia times on line www.atimes.com

Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org

Kaveh I. Afrasiabi, PhD, est l'auteur de “After Khomeini: New Directions in Iran's Foreign Policy” (Westview Press) and co-auteur de "Negotiating Iran's Nuclear Populism", Brown Journal of World Affairs, Volume XII, Issue 2, été 2005, avec Mustafa Kibaroglu. Il a aussi écrit "Keeping Iran's nuclear potential latent", Harvard International Review, et est l'auteur de Iran's Nuclear Program: Debating Facts Versus Fiction.

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Mercredi 09 Janvier 2008

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