Asie

Feuille De Route Chinoise Pour mettre Fin A La Guerre En Afghanistan

"L’article « Afghan peace needs a map » (1) paru dans la version anglaise du quotidien chinois Chinese Daily lundi devrait être étudié avec attention. Le Chinese Daily est un journal appartenant au gouvernement chinois et l’article offre une opinion synthétique très rare proposant des avancées concrètes pour sortir de l’impasse afghane...."



Feuille De Route Chinoise Pour mettre Fin A La Guerre En Afghanistan

La Chine propose une feuille de route pour mettre fin à la guerre afghane

L’article « Afghan peace needs a map » (1) paru dans la version anglaise du quotidien chinois Chinese Daily lundi devrait être étudié avec attention. Le Chinese Daily est un journal appartenant au gouvernement chinois et l’article offre une opinion synthétique très rare proposant des avancées concrètes pour sortir de l’impasse afghane.

L’auteur de cet article est l’un des hauts responsables du China Council for National Security Policy Studies, La Qinggoing. On a pu noter ces derniers temps une augmentation conséquente de reportages chinois sur l’Afghanistan. Depuis l’apparition de l’agitation dans la province du Xinjiang, il y a à l’évidence une inquiétude qui s’amplifie de la part de la Chine concernant l’approfondissement de la crise en Afghanistan qui a un impact sur la sécurité nationale de la Chine.

Le moment choisi pour publier cet article est également important. Un élément crucial a émergé lors de ces huit ans de guerre afghane, la communauté internationale discutant passionnément les pour et les contre de scénarios alternatifs pour l’Afghanistan. Cette guerre se trouve à un croisement, avec les Talibans qui combattent l’imposant déploiement des forces de l’OTAN conduites par les US menant à une impasse. L’OTAN a elle –même reconnu que la « victoire » sur les Talibans dans cette guerre pourrait ne plus être possible et que ce qui reste dans le domaine des possibilités, c’est d’échapper à la défaite et de remporter « un succès » par «l’afghanisation » de la guerre.

De même, le moment de parution de l’article est significatif alors que l’Administration Obama est entrain de revoir sa stratégie de ces derniers 7 mois sur la guerre afghane définie en Mars. En gros, le pendule du débat américain oscille entre accroitre l’effort de guerre via un augmentation des troupes en Afghanistan ou diminuer les efforts de guerre et la ramener à un statut d’opération de contre insurrection.

La situation est pour le moins piquante car le débat se déroule avec en arrière plan une opinion publique américaine qui s’oppose de plus en plus à l’implication militaire des US en Afghanistan. Et puis il y a aussi le débat annuel au Conseil de Sécurité de l’ONU sur l’Afghanistan, qui a démarré à New York lundi. De même, l’ONU propose d’organiser une conférence internationale sur l’Afghanistan avant même la fin de l’année.

L’article du China Daily avance plusieurs points importants.

Premièrement, il appelle sans détours Washington à programmer de mettre fin à ses opérations militaires en Afghanistan. Cette demande est faite sans mise en garde ni alibi. Dit simplement, la guerre n’a fait qu’aggraver le chaos politique et social en Afghanistan, créant d’importantes turbulences et violence et elle n’a apporté ni paix ni stabilité comme l’avait promis l’administration de Georges Bush, ni « bénéfices tangibles » aux US eux –mêmes. « A l’opposé, la légitimité de l’action militaire des US a été de plus en plus mise en doute ».

Par conséquent, il existe clairement une nécessité urgente de promouvoir la réconciliation parmi les groupes afghans en conflit et cet effort doit d’abord commencer par la fin des opérations militaires des US.

Deuxièmement, le revirement massif de l’opinion publique US – Avec 58% d’Américains s’opposant à la guerre selon des sondages récents – et un scepticisme croissant sur la guerre à Capitol Hill – spécialement une vague d’hostilité au sein du Parti Démocratique – assombrit la trajectoire de la stratégie de l’Administration Obama en Afghanistan. Obama ne peut certainement pas se permettre de jouer sa carrière politique sur une guerre impopulaire.

Cependant, Obama peut exploiter l’état d’esprit du public et des politiques aux US pour sauver sa présidence de la guerre en Afghanistan. L’article fait remarquer que depuis qu’il a pris ses fonctions en Janvier, Obama a été sous pression du Pentagone pour accroître l’effort de guerre. C’est maintenant que « le jeune président des US à la meilleure chance de s’extirper des pressions du Pentagone » s’il choisit de s’appuyer sur les sentiments anti guerre qui montent rapidement dans le pays.

Obama devrait compter là-dessus, s’il décide de mettre fin à la guerre, « non seulement cela répondrait aux attentes du public US et sauverait plus de vies américaines, mais cela aiderait aussi les US à récupérer une image pacifique et améliorer les perspectives politiques personnelles du président. »

L’article s’abstient cependant d’établir une analogie avec la présidence de Lyndon Johnson et la guerre du Vietnam, mais la mise en garde est exprimée à haute voix, la guerre peut sérieusement endommager la carrière politique d’Obama et démolir ses aspirations à un deuxième mandat.

Troisièmement, à quoi peut –on s’attendre si les US mettent fin à leur intervention militaire en Afghanistan ? La réponse c’est que cela ouvre la voie à un règlement politique. Et comment se peut-il qu’on puisse œuvrer à un règlement ? La réponse c’est qu’il n’y a pas d’alternative mais la seule issue c’est de rechercher un règlement politique via une réconciliation nationale. Tout processus de réconciliation doit impliquer « tous les acteurs clés » qui peuvent jouer un rôle influent concernant la décision sur « les perspectives du pays » spécialement le gouvernement afghan, les Talibans, et les forces qu’on appelle communément les « chefs de guerre ».

Une telle approche est basée sur la croyance que la guerre afghane est principalement un combat fratricide impliquant des factions afghanes, tout autant qu’il existe actuellement le « facteur » US. En fait, actuellement diverses forces concurrentes sont enfermées dans un « combat chaotique », qui implique les forces de la coalition dirigées par les US, « les troupes du gouvernement afghan et des chefs de guerre locaux », les Talibans et les forces d’al Qaeda. Cela signifie que les lignes de combat ont été gommées.

Quatrièmement, la confusion émanant de la scène politique afghane ne fait que rajouter au « chaos domestique » déjà existant. L’élection présidentielle du 20 Août n’a pas réussi à produire de résultat final et l’incertitude qui plane et qui peut durer des mois sur le recomptage des votes ne fait qu’ajouter à la confusion, alors que les US pousse le président Hamid Karzai à un deuxième tour de scrutin. L’article s’abstient cependant d’accuser les US d’interférence dans les eaux politiques afghanes.

Cinquièmement, reprenant le fil de ce qui est écrit ci-dessus, l’article dit « il semble que Karzai ait martelé sur la scène politique intérieure que les US n’étaient pas un partenaire fiable pouvant aider à résoudre l’actuelle situation en Afghanistan. Des discussions pense-t-il sont la seule façon de s’en sortir. Le président afghan va probablement démarrer le processus de discussions tripartites avec les Talibans et les principaux chefs de guerre, à condition que les US mettent fin à leurs opérations militaires. »

Sixièmement, l’article s’oriente ensuite vers le rôle de la communauté internationale. D’un côté il appelle au soutien par celle-ci d’un processus de paix essentiellement intra afghan. De l’autre côté il suggère que la communauté internationale doit tirer avantage des sentiments anti guerre croissant aux US et « inciter » Obama à mettre fin à la guerre et retirer les troupes d’Afghanistan.

Obama pourrait trouver utile d’évoquer des « pressions internationales » comme une « autre excuse » pour retirer les troupes US d’Afghanistan. Les trois plus importantes puissances européennes – l’Allemagne, la France et la Grande Bretagne – ont cherché la tenue cette année d’une conférence internationale pour discuter la fin de l’occupation en Afghanistan. Par conséquent, le Conseil de Sécurité de l’ONU devrait jouer le rôle de leader pour organiser la conférence sur la base d’un consensus entre les cinq membres permanents portant sur une feuille de route et un agenda pour régler le problème afghan.

« Un problème chatouilleux » reste néanmoins, celui de savoir si les parties concernées peuvent accepter les Talibans comme acteurs clé et aussi « quoi faire » des forces d’al Qaeda et c’est un « élément clé » pour ce qui sortira de cette conférence internationale à venir.

Finalement, l’article propose qu’une fois que les US auront retiré leurs troupes d’Afghanistan, une mission internationale de maintien de la paix sera nécessaire pour aider le gouvernement afghan et ses forces de sécurité à exercer un contrôle efficace dans le pays. Il ne précise pas la nature de la force internationale, qui, on peut le présumer, pourrait être placée sous autorité de l’ONU ou régional.

C’est la première fois qu’un article d’opinion chinois a appelé ouvertement au retrait immédiat des troupes US et de l’OTAN d’Afghanistan comme pré requis à la paix. Ce que ne dit pas l’article devient également important. Premièrement il différencie le problème afghan de la prétendue approche « Af Pak ». L’article ne fait d’ailleurs aucune référence au Pakistan.

Cependant, on doit comprendre que la perspective chinoise n’est pas en faveur d’une présence militaire US dans la région dans son ensemble ce qui inclut l’Asie Centrale de même que le Pakistan. Deuxièmement, l’article met l’accent sur une recherche d’arrangement intra afghan avec implicitement les Talibans comme faction légitime. A aucun moment l’article suggère que les Talibans sont soutenus par le Pakistan.

De même, l’article à aucun moment ne suggère que les « chefs de guerre » doivent être contournés sur l’échiquier politique. C’est une approbation de l’approche pragmatique de Karzai et un rejet de l’attitude opportuniste des US et de leurs partenaires occidentaux d’écarter les alliés de Karzai des structures du pouvoir.

Troisièmement, l’article ne considère pas al Qaeda comme un élément important justifiant de continuer la guerre. Inutile de dire que l’article rejette l’affirmation de l’OTAN que la guerre afghane fait partie intégrante pour assurer la sécurité du monde occidental contre la menace posée par le terrorisme international. De même, il est indifférent au sort de l’opération de l’alliance présentée en fanfare partout comme une « opération hors zone «.

La géopolitique de la guerre est restée complètement en dehors de l’article. Cela va dans le sens du point de vue chinois selon lequel c’est le peuple afghan qui doit principalement être en charge de son destin. Ainsi donc, l’article met de côté la thèse controversée soutenue par certains experts portant sur une solution régionale à la guerre, avec les US entrant en « grandes négociations » avec les principales puissances régionales telles la Russie, la Chine, l’Iran, l’Inde et les états d’Asie Centrale.

Au contraire, l’accent est mis sur la responsabilité assumée par le Conseil de Sécurité de l’ONU pour guider et superviser le règlement en Afghanistan, et, à l’intérieur de ce cadre là, les cinq membres permanents seront les principaux arbitres.

M.K Bhadrakumar – 02/10/09 www.atimes.com

Note

1. L’article d’opinion "Afghan peace needs a map" a été publié le 28 Septembre dans The China Daily.

Article du China Daily

M K Bhadrakumar a été diplomate de carrière au ministère des affaires étrangères de l’Inde. Il a servi comme ambassadeur de l’Inde notamment en Union Soviétique, Corée du Sud, Sri Lanka, Allemagne, Afghanistan, Pakistan, Uzbekistan, Koweit et Turquie.





Jeudi 1 Octobre 2009
Mireille Delamarre traduction


Dans la même rubrique :
1 2

Dictature Ultraliberale UE-USSioniste | COMMUNAUTARISME | Colonialisme Juif Sioniste | Syrie | Terrorisme Institutionnel | Impérialisme US | Dictature MerkUE | OTAN | Palestine | France | Guerre De L'Information | changements stratégiques géopolitiques | Laicité Religions | Special Présidentielle Sarkozy Dégages Hollande Ecoutes | Liban | Mossad Cia et Cie | Boycott Israel | Collaborateurs Des Sionistes | Anti Sionisme | Nucléaire | Iran | Asie | Medias Net Propagande | Humour | Pandemies | Sarkozie | EcoDictature Verte | Monde Arabe | Economie | Collaboration Au Sionisme Archives | archives Armement Sécurité Stratégies Militaires | archives Droit International ONU | archives histoire traditions 2004-2008 | archives sciences écologie 2004-2008 | archives société 2004-2008 | archives culture | archives Impérialisme Américain 2005-2008 | archives ressources educatives | archives informations 1 | archives informations 2


BREVES & LIENS EXTERNES

HOLLANDE SES MENSONGES SUR LA SYRIE CONTINUE

Hollande profite de la libération des 4 journalistes otages de SES alliés Djihadistes pour intensifier sa propagande contre le Président syrien Bashar Al Assad sur les ondes d'Europe 1 dont l'un des journalistes était otage.

Selon le site Reseau Voltaire :

"Selon Alain Marsaud, député des Français de l’étranger pour une circonscription incluant la Syrie, ils étaient otages des alliés de la France contre l’État syrien (ce qui explique qu’ils aient été bien traités et soient en bonne santé). Ils auraient été libérés grâce à l’entremise des services secrets émiratis, probablement en échange de livraisons d’armes."

Hollande a repris ses accusations sans preuve sur l'utilisation par l'armée nationale syrienne d'armes chimiques contre les mercenaires islamistes :

" Nous avons quelques éléments mais nous n'avons pas la preuve"

Quand on n'a pas de preuve et que l'on est un chef d'état digne de sa fonction on se tait.

L'attaque à l'arme chimique prés de Damas du mois du 21 Août dernier -qui avait failli déclencher une guerre contre la Syrie Hollande prêt à suivre aveuglément l'Axe Washington Tel Aviv Ryad - a été organisée par la Turquie d'Erdogan selon le journaliste d'investigation américain Seymour Hersh.

A lire sur le sujet :

Le Sarin de Qui?

Les missiles chimiques de la ghouta provenaient de l’armée turque

Hollande Pour Des Sanctions Unilatérales Contre La Russie UNE FOLIE

Alors même que la clique Valls Hollande vient de faire connaître ses mesures d'austérité sans précédent visant principalement les acquis sociaux - prestations sociales, retraites, salaires décents... - au profit des patrons voyous qui vont toucher 30 milliards d'Euros volés dans la poche des Français après les banksters qui eux aussi ont été gratifiés de milliards venus tout droit des caisses de l'Etat, Hollande surenchérit.

Hollande a prévenu que si un accord n'est pas trouvé à Genève pour résoudre la crise en Ukraine - crise provoquée par la dictature ultra libérale UE US pour incorporer l'Ukraine dans l'UE/US/OTAN- il prendrait des sanctions unilatérales contre la Russie.

Hollande sait que de nombreux pays membres de l'UE sont contre des sanctions économiques contre la Russie car leur économie sera touchée de plein fouet par de telles sanctions. La plupart entretiennent des relations économiques florissantes avec Moscou cela vaut pour Chypre qui a mis en garde que son économie ne survivrait pas à de telles sanctions mais aussi les pays baltes et même l'Allemagne.

La France de Hollande qui n'a de cesse de répéter que pour développer l'emploi il faut aider les entreprises à exporter décide tout simplement en annonçant des sanctions économiques contre la Russie de fermer le marché russe à ces entreprises dont certaines travaillent déjà avec Moscou. Des milliards de perdus à l'exportation des dizaines de milliers d'emplois perdus déjà crées ou en passe de pouvoir l'être.

Hollande sabote consciemment l'économie française pour le compte de qui ? D'une puissance étrangère ? Laquelle ?

Hollande doit être destitué de ses fonctions de Président pour TRAHISON il ne vaut pas mieux que Pétain.

AUX ELECTIONS EUROPEENNES FAITES LE SAVOIR EN REFUSANT DE VOTER POUR TOUS CEUX QUI OEUVRENT A LA FAILLITE DE LA FRANCE ET SON ASSERVISSEMENT A LA DICTATURE ULTRA LIBERALE UE/US : PAS DE VOTE POUR L'UMPS ET LEURS SATELLITES PRG EELV UDI


Elections Européennes : VOTER NON A L’Accord De Libre Echange UE USA NON A La Dictature UltraLiberale Euro Atlantiste

Derniers Articles