société

Faire confiance: une pratique non-violente

Instaurer une logique de la confiance entre les personnes au lieu de la logique de la méfiance c'est un des objectifs de la non-violence



Faire confiance: une pratique non-violente

« Si je crois que l'enfant que j'instruis est incapable d'apprendre, cette croyance écrite dans mes regards et dans mes discours le rendra stupide ; au contraire, ma confiance et mon attente est comme un soleil qui mûrira les fleurs et les fruits du petit bonhomme » Alain


Les maîtres mots actuellement dans l’espace public, professionnel, privé sont ceux de

suspicion: « Souriez vous êtes filmé »
suspicion: « prenez garde à ce que vous dites, cela peut tomber sous le coup de la loi, ou bien vous valoir un renvoi »
suspicion: « méfiez vous des étrangers », « ne lui parles pas, tu ne le connais pas »
suspicion : « ils profitent de la sécu »
suspicion : « c’est des tir aux flans »

et de tromperie : « on les a bien eu ».

La méfiance, la suspicion la tromperie accompagnent la violence quand elles ne la précèdent pas, l’histoire (la grande) et les histoires (petites) fourmillent d’exemples.

Instaurer une logique de la confiance entre les hommes au lieu de la logique de la méfiance qui a majoritairement cours c'est un des objectifs de la non-violence.

Mais la confiance c’est quoi au juste ?

La confiance c’est croire en la valeur d’autrui, de l’être humain qu’on a en face de soi. Elle ne peut être que pleine et entière sauf de faire injure à celui qui en est le destinataire car une demi confiance c'est toujours : "je te fais confiance, mais sous certaines conditions." Autrement dit, c'est une façon de ne pas faire confiance après avoir joué la confiance, d’y mettre des conditions qui l’amoindrissent ou l’annulent. Car une confiance subordonnée à, n’est plus une confiance: ou bien je fais confiance à autrui tel qu’il est, et si je lui donne ma confiance il y a de fortes chances pour qu’il m’offre la sienne en retour, ou bien je me défie, et il se défiera. Elle est don certes, mais non dénué d’intérêt puisqu’elle produit des effets favorables.

La confiance implique le respect de l’autre, donc le non jugement, donc mettre de côté les a priori, l’acceptation que chacun ait sa place, ce qui suppose la non exclusion. Elle s'appuie aussi sur la fidélité aux engagements pris et à prendre ce qui élimine d’office le mensonge. Elle ne peut être qu’un acte de franchise réciproque, la confiance de l’un s’inspirant et inspirant celle de l’autre. C’est un choix de relation intuitif et raisonné, qui incite à l’engagement dans une communauté d’avenir tourné vers le triomphe de la vie, de ce qui se construit. Elle mobilise les énergies sur des projets ou chacun peut donner le meilleur de lui-même dans un espace de potentialités à développer en solidarité.

La confiance n’est pas naïveté, elle croise souvent le doute, s’y régénère. Et s’ il peut arriver qu’elle soit trompée, il convient d’accepter que « rien n’est parfait » les relations humaines incluses.




Mercredi 06 Avril 2005

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