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Mardi 16 Mars 2010
15:05
Europe Ecologie C'est Plus De Taxes Moins De Democratie - Dites Non A La Dictature Verte Européenne |
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archives Impérialisme Américain 2005-2008
Faire De l’Argent Grâce A Une Nouvelle Guerre Froide – Toile de Fond Détaillée de la Crise en GeorgieL’affrontement Russie –Georgie a généré une rhétorique enflammée anti Moscou de la part de McCain et des néoconservateurs US parlant de nouvelle Guerre Froide, une perspective que la plupart verront sous un angle négatif tandis que les industries militaires le voient certainement comme un plus financier.Faire De l’Argent Grâce A Une Nouvelle Guerre Froide
Une réalité à laquelle il n’est pas fait mention concernant les tensions réactivées entre Washington et Moscou c’est que cela veut dire un pactole en matière de dépenses militaires – des billions de dollars en plus pour des systèmes de missiles anti missiles, une plus grande armée , la construction de nouvelles bases en Europe de l’Est, etc…
Effectivement, les dépenses pour une Guerre Froide II pourraient éclipser les bénéfices faits actuellement par l’industrie militaire avec la « guerre contre le terrorisme » - et la perspective de dépenses simultanées pour les deux guerres devraient faire baver d ‘envie les directeurs d’entreprises d’armement. On trouve parmi ceux qui profiteront abondamment d’un nouvel affrontement Est Ouest, les politiciens au discours faucons et leurs amis dans les boîtes à penser de Washington – comme Héritage, AEI, et CSIS – qui se sont depuis longtemps enrichis grâce aux donations de l’industrie de la défense et des entreprises associées. Il y aura des perdants également, comme les contribuables qui verront plus de leurs dollars destinés à « la sécurité nationale » et moins pour les besoins domestiques, allant des réparations des infrastructures branlantes aux dépenses de santé, d’éducation, environnement, et de sécurité sociale. Mais, de bien des façons, l’exploitation de la crainte d’une guerre froide – pour détourner l’argent des besoins domestiques vers les coffres de ce que Dwight Eisenhower appelait « le complexe militaro industriel » - ce n’est pas nouveau. A l’origine la Guerre Froide s’était sans doute terminée sous l’ancien vice président d’Eisenhower, Richard Nixon, qui, devenu Président est revenu de Moscou en 1972 avec un accord stratégique conclu avec ce qui était déjà une Union Soviétique rapidement décadente. « A Moscou, nous avons été témoin de la fin d’une période qui a commencé en 1945 » a dit Nixon. « Avec cette avancée, nous avons amélioré la sécurité des deux nations. Nous avons commencé à réduire le niveau de peur, en réduisant les causes de la peur, pour nos deux peuples, et pour tous les peuples du monde. » Nixon a inauguré une nouvelle période de coopération « Realpolitik » entre Washington et Moscou qu’il a appelé « détente ». Cependant, tandis que la réduction des peurs et la baisse des tensions étaient perçues comme de bonnes nouvelles par un grand nombre de gens, cela n’était pas bienvenu pour les entreprises qui profitaient des craintes et des tensions, de même que pour les intellectuels embrigadés qui avaient construits des carrières en politique, dans les médias et les universités en exagérant ces peurs et en exacerbant les tensions. Sabotage de la détente Ainsi, la période de « détente » de Nixon n’a pas duré. Après qu’il ait été chassé du pouvoir suite au scandale de Watergate en 1974, un nouvel arrivage de guerriers de la Guerre Froide – certains agissant par conviction d’autres par intérêt – sont revenus aux vieilles méthodes pour doper les craintes et accumuler la paranoïa. En 1975, alors que le Président Gérard Ford affrontait une opposition interne chez les Républicains venant de Ronald Reagan, de nombreuses personnalités clés associées à la « détente » ont subi une purge, tandis qu’on attribuait des postes clés aux partisans d’une ligne dure. Lors du dénommé « Halloween Massacre », Henri Kissinger, architecte en chef de la détente, a été dépouillé de son poste de conseiller à la sécurité nationale et remplacé par le général Brent Scowcroft, James Schlesinger secrétaire à la défense a été renvoyé, tandis que Donald Rumsfeld prenait sa place ; le directeur de la CIA, William Colby, a perdu son emploi au profit de George H.W Bush, et Dick Cheney a été promu chef du personnel de la Maison Blanche occupée par Ford. Rapidement, une nouvelle rumeur s’est mise à circuler dans Washington sur une nouvelle arme secrète de l’Union Soviétique, un sous marin porteur d’une arme nucléaire qui était indétectable par la technologie américaine. Ces sous marins soviétiques pourraient se tapir le long des côtes de l’Atlantique et du Pacifique pour lancer une attaque nucléaire, a-t-on dit à un public effrayé. Ainsi, alors que Ford luttait pendant les primaires Républicaines contre Reagan, le mot « détente » a été banni du vocabulaire de l’Administration. Puis, pour apaiser encore plus la Droite, le directeur de la CIA Bush a laissé un groupe d’outsiders de droite critiquer le travail des analystes de la CIA qui avait détecté le déclin de la menace soviétique. Ces outsiders, connus sous le nom d’« équipe B » et comprenant le jeune néo con Paul Wolfowitz, ont bousculé les professionnels de la CIA et insisté pour dire que l’Union Soviétique était rapidement entrain de dépasser les Etats Unis comme puissance stratégique. L »équipe B » a conclu que les Soviétiques construisaient une nouvelle génération d’armes terrifiantes, dont des sous marins indétectables. Des années plus tard, quand l’Union Soviétique s’est effondrée, c‘est devenu évident que l’ »équipe B » avait vécu dans un monde d’illusion. Non seulement les Soviétiques n’avaient pas de nouveaux systèmes d’armement, mais ils étaient largement dépassés par les Etats Unis dans le domaine de la Technologie et par conséquent le développement d’armes sophistiquées. Mais le rapport de l’»équipe B » a atteint son objectif. Ses conclusions dramatiques ont modelé une pratique d’estimation des renseignements de la CIA que le directeur de la CIA Bush a laissé derrière lui pour limiter les initiatives de contrôles d’armement de l’Administration suivante de Jimmy Carter (Voir pour les détails Robert Parry : « Secrecy & Privilège»). Pendant la fin des années 70, l’hystérie à droite à propos d’armes mythiques soviétiques a continué à se développer, poussée par un groupe archi conservateur, appelé le Commitee on the Present Danger, qui a mis en garde contre une «faille de vulnérabilité ». La peur des capacités secrètes soviétiques s’est infiltrée dans les informations critiques publiées par les médias de masse concernant les propositions de Carter d’accords en matière d’armement avec Moscou. « Gagner » la Guerre Froide Dés 1980 et l’élection de Ronald Reagan, les vieux guerriers de la Guerre Froide et leurs alliés néo conservateurs plus jeunes avaient le dessus. En s’assurant le pouvoir sous Reagan, ils ont immédiatement cherché à enterrer tous ce qui restait de la détente de Nixon - Kissinger. A la CIA, le directeur Wiliam Casey, un dur, et son sous directeur, Robert Gates, ont purgé la CIA des analystes qui continuaient d’insister sur le déclin soviétique. La seule analyse acceptable était celle qui s’accordait à voir les Soviétiques en marche vers une domination mondiale. En réaction à cette menace soviétique affichée, il y a eu une expansion massive des dépenses militaires US, combinée à des opérations clandestines agressives dans des guerres sales en Amérique Centrale et en Afghanistan. Là bas, l’Administration Reagan a envoyé des armes sophistiquées aux forces rebelles comprenant des fondamentalistes islamiques tels qu’Osama Ben Laden. Ironiquement, lorsque l’Union Soviétique s’est effondrée en 1991, on s’est moqué du département d’analyse d e la CIA pour avoir « manqué » cet événement capital. Pendant ce temps, les médias US ont attribué aux dépenses militaires massives de Reagan, spécialement au programme de défense de missiles « Star Wars » et à la guerre afghane, la « victoire » dans la Guerre Froide. La contre analyse – que l’Union Soviétique était dans une spirale de mort dés le début des années 70, et que les stratégies agressives de Reagan ont probablement, à l’inverse, prolongé la Guerre Froide en renforçant les partisans d’une ligne dure à Moscou – a été ignorée et désavouée. L’héritage de Reagan a eu une autre conséquence. Les néo cons triomphants ont insisté pour envoyer à Moscou des « thérapeutes de choc » du libre marché qui ont aidé et rendu complice une nouvelle classe de « barons voleurs » rapaces alors qu’ils dépouillaient le pays de ses biens et déposaient le capital de la nation dans des comptes offshore. La politique US a aussi soutenu le démembrement de l’ancien empire soviétique et humilié Moscou par l’expansion de l’OTAN en profondeur dans sa zone traditionnelle d’influence. En 1999, la Russie a subi une nouvelle humiliation quand l’Administration Clinton a lancé une guerre de l’OTAN contre les alliés de longue date de Moscou en Serbie, à propos de la région séparatiste du Kosovo. Quand George W. Bush est devenu Président en 2001, son administration a repris un grand nombre des principaux néo cons et partisans d’une ligne dure, qui avaient servi dans des administrations républicaines précédentes. Cheney est devenu Vice Président, Rumsfeld secrétaire à la Défense, Wolfowitz vice secrétaire de Rumsfeld. D’un autre côté, Bush a affirmé avoir établi un lien de confiance personnelle avec Vladimir Poutine en regardant le Président russe dans les yeux. « J’ai pu avoir un aperçu de son âme, un homme profondément dévoué à son pays et aux meilleurs intérêts de son pays » a dit Bush le 16 juin 2001. Stratégie Néo con Bien que de nombreux observateurs se soit moqués du commentaire de Bush et cité le passé de Poutine comme agent du KGB, la réalité sous jacente c’est que Bush n’a jamais traité Poutine comme un partenaire digne de confiance. Les mots gentils représentaient la façade d’une campagne continue pour coincer la Russie et l’affaiblir. En juin 2002, par exemple, Bush a retiré les US du Traité sur les Missiles Balistiques de Nixon de 1972 pour permettre le déploiement de systèmes de défense anti missile que Moscou voyait comme une menace stratégique compte tenu de son arsenal de missiles nucléaires en voie de détérioration. Alors que les dirigeants russes étaient en colère à cause de l’abrogation du Traité ABM, Bush a parlé de manière cavalière : « le traité est maintenant derrière nous », a-t-il-dit, tout en réaffirmant son engagement à déployer le système de défense anti missile « dés que possible ». L’Administration Bush et ses alliés de l’industrie du pétrole ont également soutenu la construction du pipeline Baku-Tblisi-Ceyhan qui a été conçu pour transporter le pétrole de la Caspienne à l’Occident et à Israël tout en évitant le territoire russe. La principale entreprise pour la construction du pipeline était Bechtel, une société ayant depuis longtemps des liens avec les puissants Républicains. Le pipeline impliquait également que l’ancienne république soviétique de Georgie soit sous contrôle d’un dirigeant sûr pro occidental. Donc, les organisations politiques financées par les US, telles que le National Endowment for Democracy, a versé beaucoup d’argent pour aider le mouvement politique anti russe appelé la Révolution Rose de même que pour faire émerger des politiciens pro ouest comme Mikheil Saakashvili. En 2003, la Révolution Rose, sans effusion de sang, a amené au pouvoir Saakshvili et, dans sa gratitude le nouveau président a nommé un boulevard dans la capitale de Tiblisi du nom de George Bush. Saakashvili a également mis à la disposition de la « coalition des volontaires » de Bush en Irak des soldats georgiens et a fait appel à des formateurs militaires US et israéliens pour conseiller l’armée georgienne. Pendant ce temps, l’Administration de Bush a maintenu la pression sur Moscou en admettant d’autres anciennes nations du Pacte de Varsovie dans l’OTAN, poussant l’alliance militaire occidentale jusqu’aux frontières de la Russie. En 2007, Bush a annoncé des plans pour déployer un système d’interception de missile en Pologne avec des stations radar de détection en soutien en République Tchèque. Bien que Bush ait insisté pour dire que la défense anti missile était prévue pour contrer des menaces potentielles d’états voyous tels que l’Iran, les Russes l’ont pris comme une menace pour eux. L’éditeur du magazine d’exportation d’armes, Mikhail Barabanov, a écrit dans le journal de Moscou Kommersant que la vraie motivation des US pour placer un intercepteur de missile en Pologne c’était d’étendre les capacités militaires et stratégiques des US et d’entraver ceux d’autres états nucléaires tels la Russie et la Chine. La Russie riposte En effet, les dirigeants russes ont acquis la conviction que les paroles de Bush n’étaient juste que des paroles mièvres pour dissimuler l’agenda des néo cons, tel qu’il est décrit dans le Project for the New American Century, d’écraser d’éventuels concurrents à la domination mondiale américaine. Néanmoins, sous la poigne ferme de Poutine les autorités russes récupéraient progressivement le contrôle du destin politique de la nation. Les « barons voleurs » ont été exilés ou emprisonnés, leurs médias asphyxiés et leurs affaires sont passés sous l’emprise du Kremlin. La hausse des prix des matières premières telles le pétrole russe, le gaz naturel et les métaux ont également rempli les coffres de la trésorerie nationale et aidé Poutine à reconstruire sa puissance militaire. C’est la toile de fond de la crise en Georgie. Le Président Saakashvili, sûr du soutien de ses alliés américains néo cons, a décidé que le moment était venu d’écraser les indépendantistes pro russes d’Ossétie du Sud, une attaque qu’il a lancé le 7 août, la veille des Jeux Olympiques. Si Saakashvili pensait que son offensive resterait sans réponse – que les Russes de nouveau battraient en retraite plutôt que d’offenser l’Ouest – il s’est trompé. Les Russes ont contre attaqué, chassé les forces de Georgie à la fois de l’Ossétie du sud et d’une autre province indépendantiste l’Abkhazie, et se sont emparés de positions stratégiques en Georgie. L’élite politique américaine, menée par le sénateur McCain et le Président Bush, et des éditorialistes néo cons, dont le Washington Post, ont déversé leur rage contre l’attaque militaire russe, mais les Russes n’ont pas été dissuadés. Ils ont accepté un cessez feu principalement selon leurs propres termes et laissé Saakashvili pester contre la trahison des puissances occidentales. Cependant, Bush a accompagné son discours de colère d’une certaine action. Le 15 août, les US et la Pologne ont finalisé leur accord pour déployer le système de défense anti missile américain sur le territoire polonais. Les missiles anti missile Patriot actuellement en Allemagne seront déplacés en Pologne accompagnés de leurs équipes de maintenance. Le jour suivant, le ministre russe des affaires étrangères a envenimé les tensions en définissant l’action américaine comme une menace provocatrice pour la sécurité russe, et mis en garde contre une possible action militaire contre la Pologne. « La partie russe face à une telle situation prendra les mesures adéquates pour compenser les menaces potentielles à sa sécurité nationale » a dit le ministre se référant non pas à la diplomatie mais à « des méthodes techniques militaires ». Le Président russe a ajouté « placer des éléments d’un système mondial anti missile des US en Europe de l’Est ne fait qu’empirer la situation et nous seront obligés de réagir à cela de façon adéquate. » Certains observateurs ont suggéré que les Russes faisaient actuellement face à une situation identique à celle à laquelle s’était trouvé confronté le Président John Kennedy en 1962 quand les Soviétiques ont installé des missiles à Cuba, une crise qui a précipité le monde au bord d’une confrontation nucléaire avant que Moscou ne se ravise et enlève ses missiles. Ainsi, malgré les risques encourus par l’humanité, les bénéfices d’un renouveau de la guerre froide – avec des budgets militaires plus gros et plus de demande pour une propagande anti russe – bénéficieront aux industries militaires, aux théoriciens néo cons et aux politiciens qui de nouveau peuvent exploiter les peurs du peuple américain ». Morgan Strong 23/08/08 www.consortiulnews.com Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org Morgan Strong est un ancien professeur d’Histoire sur le Moyen Orient et la Russie et a été conseiller de l’émission sur le Moyen Orient « 60 minutes » de CBS News. Jeudi 28 Août 2008
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