information critique contre l'islam conquerant supremaciste le terrorisme
MONDE ARABE

Exploitation des travailleurs palestiniens dont des adolescents dans les plantations de dattiers des colonies israéliennes de la Vallée du Jourdain occupée

Les colons israéliens qui s’accaparent les terres fertiles de la Vallée du Jourdain occupée d’où ils chassent petit à petit les palestiniens, exploitent et asservissent ces derniers dont des adolescents dans les plantations de dattiers. Les travailleurs palestiniens sont laissés toute la journée suspendus dans les arbres à 10, 12 mètres de hauteur, sans système de sécurité, sans même pouvoir en descendre pour faire une pause ou leurs besoins.

Action : contre l’occupation, la colonisation, l’exploitation, BOYCOTT des dattes israéliennes.



Photo non contractuelle
Photo non contractuelle

Les dattes de l’infamie

Imaginez une personne. Cela pourrait être un homme de plus de 40 ans marié, des enfants. Ou un adolescent, qui jusqu’à il y a peu était à l’école. Maintenant perchez le au sommet d’un dattier qui atteint jusqu’à 10, 12 mètres – la hauteur d’un immeuble de trois ou quatre étages. Imaginez cette personne assise au sommet de l’arbre pendant 5, 6, même 7 heures par jour. Il fait chaud, mais la chaleur est le moindre de ses soucis. De temps en temps, un vent fort souffle, remuant l’arbre et la personne assise dessus. Des scorpions et des serpents viennent parfois rendre visite, et des fourmis se promènent librement sur son corps.

Maintenant imaginez ce qui arrive à cette personne quand son corps lui fait signe d’un besoin pressant. Manger et boire il le fait tout la haut. Uriner aussi, s’il n’a pas d’autre choix. Mais si son appareil digestif a un besoin plus sérieux, des négociations vociférantes et humiliantes s’ensuivent avec le sous-traitant. Parfois cela se termine par la personne restant perchée sur son arbre et se retenant quoi qu’il arrive.

C’est plus facile de s’imaginer que cela se passe ailleurs – en Indonésie disons. Mais en octobre 2005, quand Salva Alinat, une représentant de Kav La’Oved (une ligne d’appel pour la protection des droits des travailleurs) a rendu visite aux bureaux des syndicats de Jéricho, elle a entendu des plaintes de travailleurs dans les plantations de dattiers, qui ont dit que durant la période d’élagage, en avril et en mai, ils ont été forcés de rester aux sommet des arbres toute la journée pour économiser des pauses et remplir les quotas journaliers. L’histoire semble crédible, pour Alinat, qui a entendu de plus en plus de plaintes sur l’exploitation des travailleurs palestiniens dans les colonies israéliennes autour de Jéricho, et n’a aucun doute sur la véracité de tout ceci. 4 différentes équipes de travailleurs, chacune d’elle comprenant 8 à 10 personnes lui ont raconté la même chose.

Pendant plusieurs mois, Alinat s’est rendue au bureau de Jéricho pour écouter les travailleurs de l’agriculture et de l’industrie. D’abord ils ne lui faisaient pas confiance. « Dans un rapport pour Kav La’Oved, elle écrit « souvent, les travailleurs rentraient dans les bureaux des syndicats jetant des coups d’œil nerveux, de crainte que des informants qui maintenaient des liens proches avec les employeurs n’aillent rapporter la rencontre. Ce n’est qu’après plusieurs rencontres, pendant lesquelles les travailleurs restaient silencieux ou répondaient laconiquement, qu’ils se sont ouverts. »

Alors que pense une personne quand elle se trouve au sommet d’un arbre qui est haut de 10 à 12 mètres, pendant tant de temps ? « Des que j’ai grimpé à l’arbre, la seule chose à laquelle je pense c’est comment en descendre » dit un travailleur du village de Jiflik, dans la vallée du Jourdain. « Je ne pense à rien d’autre que comment ne pas tomber de l’arbre et comment remplir mon quota. Je sais qu’à n’importe quel moment je peux tomber et mourir, ou tomber et être invalide, me casser un bras ou une jambe. Ainsi nous travaillons d’une main et de l’autre nous tenons l’arbre ? C’est terriblement difficile. Votre corps attrape des crampes. Les gens sont nerveux, ont peur. Vous êtes tout le temps entrain de vous accroupir su vos pieds. »

« Distribution de singes »

En dehors de la maintenance habituelle, qui comprend l’irrigation et la fertilisation, le travail dans une plantation de dattiers se fait en plusieurs phases importantes pendant l’année. L’enlèvement des épines se fait en décembre et janvier. La pollinisation des fleurs de dattiers se fait à la fin de l’hiver et au début du printemps. L’élagage (enlever les plus petits fruits pour ne laisser que les plus gros) a lieu au printemps et la récolte à l’automne entre septembre et novembre.

Dans les conditions optimales, le travailleur monte jusqu’au sommet de l’arbre avec l’aide d’une grue sur une plateforme clôturée, sur laquelle il se tient pendant le travail et duquel il descend ensuite. Ces grues sont très chères (la plus grande coûte 500 000 shekels, mais il existe un plus petit modèle moins cher) et tous les planteurs n’ont pas les moyens de s’en acheter une ou d’en louer une pour chaque travailleur ou pour chaque équipe.

Selon l’institut d’Israël pour la sécurité et l’hygiène au travail, dans les cas ou il n’y a pas de grue avec une plate forme pour chaque travailleur ils doivent être transportés jusqu’au sommet de l’arbre par une grue et ensuite être attachés au tronc avec une courroie de sécurité – mais pendant une période de temps limitée. Ironiquement, cette méthode était appelée dans le mouvement de colonisation « distribution de singes ». La grue disperse les travailleurs sur les arbres et les ramène au sol pour des pauses et à la fin de la journée.

Le travail qui est fait pendant les mois d’été exige que le temps dans l’arbre soit de 20 minutes à 1 heure. L’élagage est plus compliqué. Si l’arbre qui pousse dans une plantation industrielle n’est pas élagué auparavant, il produira un grand nombre de dattes qui sont « en compétition » les unes avec les autres et n’atteindront pas leur pleine taille. Cette opération est nécessaire pour obtenir une grosse datte de bonne qualité. La méthode favorite c’est la taille manuelle, où le travailleur fait un arbre ou deux par jour. Parce que cette méthode manuelle était utilisée en Californie, et que les travailleurs en question étaient des mexicains pauvres, ce procédé a pris le nom dans l’industrie de « taille mexicaine ».

Il y a quelques semaines, Alinat a rencontré un propriétaire de plantation de dattiers qui ne réside pas dans la vallée du Jourdain, mais qui a des relations d’affaires proches avec des propriétaires là bas. Elle lui a demandé s’il était familier avec la coutume de laisser des travailleurs dans les arbres toute la journée. L’homme, qui a refusé d’être interviewé pour cet article, a dit à Alinat que cette situation existe effectivement, et est connue comme phénomène sous le nom de « conducteur de taxi » : le « conducteur de taxi », a-t-il expliqué, envoie le travailleur au sommet de l’arbre en début de journée et le récupère à la fin de la journée. Un certain nombre d’employeurs israéliens dans la vallée du Jourdain utilisent cette méthode, a-t-il dit, parce qu’ils traitent les palestiniens comme de la main d’œuvre bon marché pour laquelle cela ne vaut pas le coût d’investir. Une autre source dans l’industrie – lui non plus ne vit pas dans la Vallée du Jourdain – a confirmé que ce phénomène existe, bien qu’il ne sache pas s’il est très étendue.

"Passagers du taxi"

5 « mexicains » ou « passagers du taxi » de la région de Jéricho sont assis en face de moi dans un restaurant au croisement d’Almog, dans l’extrème sud de la vallée du Jourdain. Ils sont tous des résidents de Jiflik, le plus jeune a 22 ans, le plus vieux 44. Comme beaucoup de palestiniens de la région, ils ont commencé à aider à la maison à l’âge de 6, 7 ans, et à l’âge de 14 ou 15 ans ont été envoyés travailler dans les colonies voisines à cause de la détresse économique chez eux. Il y a dix ans ils gagnaient 20, 30 shekels par jour ; aujourd’hui ils en gagnent 40 net par jour. Tous ont des années d’expérience de travail dans l’industrie, tous connaissent bien les dattes.

« Je suis dans l’arbre en moyenne 5 heures, sans grue » a dit S, le plus âgé du groupe. Il y a des arbres qui ont peu de fruits, et le travail dessus prend 4 heures, même moins. Mais il y a des arbres avec pleins de fruits à récolter. Cela peut prendre 8 heures. »

Les dattiers n’ont pas de branche, alors où exactement vous asseyez vous ?

S » Le sous traitant – il est palestinien comme nous – répartit les travailleurs dans les arbres. Le tracteur nous monte et vous vous asseyez sur les palmes vertes tout en haut, près du tronc. Quand il y a beaucoup de vent, j’ai très peur. L’arbre remue et vous avez complètement peur de tomber. »

Comment faites vous pour rester autant d’heures sur un arbre ?

« Vous apprenez à y rester parce qu’il le faut. Sinon le sous-traitant dira « tu ne veux pas travailler ? Rentres chez toit ». Vous vous accroupissez toute la journée et vous vous déplacez avec les mains. Vous finissez une grappe, vous passez à la deuxième, puis la troisième. En général vous devez cueillir les fruits de 25 grappes par jour. »

Si vous avez faim ou devez aller aux toilettes pendant ces 5, 6 ou 8 heures, qu’est ce que vous faites ?

J’emmène de la nourriture et à boire avec moi dans l’arbre. Vous avez un sac et vous l’attachez à l’arbre. Si vous avez besoin d’aller aux toilettes vous ne pouvez pas y aller. Vous n’êtes pas autorisé à descendre de l’arbre. Vous faites donc alors que vous êtes dans l’arbre. Seulement l’eau. Seulement uriner. »

Excusez moi de poser la question, mais comment faites vous pour uriner d’un dattier de 11 mètres de haut.

« Il n’y a pas de mal, vous pouvez demander, il n’y a rien de honteux. Avec une main vous vous tenez au tronc, ou vous vous tenez sur une branche particulièrement solide, vous ouvrez votre pantalon et vous urinez par terre. Le sous traitant n’en a rien à faire comment vous le faite. « Faites le comme vous voulez » dit-il. « Ce qui m’intéresse c’est combien de travail vous arrivez à faire par jour. »

Mais c’est dangereux n’est ce pas ?

« Qu’est que nous pouvons faire ? Si le travailleur descend de l’arbre pour se soulager puis remonte, cela prend du temps. Pendant ce temps là il peut être en retard de deux grappes, et alors le sous-traitant palestinien ne le réemploiera pas. »

Et si vous devez – excusez moi – déféquer ? Qu’est ce que vous faites ?

« Rien. C’est impossible. »

Mais parfois vous ne pouvez pas vous retenir.

« Vous essayez de vous retenir toute la journée. Vous vous forcez pendant des heures. Si c’est impossible de se retenir, vous demandez au sous-traitant qu’il vous laisse descendre. Le sous-traitant commence à crier. Vous l’injurier, vous criez. Et tout le monde vous regarde. Tout le monde vous entend supplier pour descendre déféquer. Le sous-traitant ne vous laisse pas toujours descendre. Il m’humilie, me crie dessus. Une fois un sous traitant m’a crié dessus, « de la même façon que tu urines de l’arbre, tu peux aussi déféquer de l’arbre. »

A la Sueur de leur front

« Pendant des milliers d’années la vallée n’était pas habitée, jusqu’à ce qu’arrivent les premiers colons et avec le travail de leurs mains et à la sueur de leur front, ils en ont fait un jardin fleuri. »

C’est ce qu’affirme le site internet du Conseil Régional de la vallée du Jourdain. En 2004, selon le site, la production agricole de la vallée a rapporté 73 millions d’euros. Une partie importante de cette somme provenait de l’industrie de la datte.

Il y a des données contradictoires concernant le nombre de travailleurs palestiniens travaillant dans les colonies de la vallée du Jourdain. Selon le ministère de l’industrie et du commerce, il y a environ 1200 ha de ces plantations dans la Vallée.

Yitzhak Levy le fonctionnaire responsable du personnel au département du travail et de l’emploi de l’administration civile (délivre les permis de travail ndlt) a environ 8000 travailleurs puis le nombre baisse pendant la saison de l’élagage. » Mais selon le Conseil Régional, « une moyenne d’environ 2500 travailleurs sont employés dans la vallée dans les différentes branches de l’agriculture, principalement pendant deux saisons : pendant les vendanges et pendant la récolte des dattes. »

Selon le président de la commission agricole du Conseil Régional, Zvi Avner, les récolteurs de dattes ont à leur disposition « environ 40 grues, et pendant la récolte le nombre croit (plus d’équipement est loué) et il y en a environ 120. » Mais les plaintes des palestiniens concernent la saison de l’élagage pendant laquelle on n’augmente pas le nombre de grues. »

Le Conseil Régional dément néanmoins vigoureusement qu’il y ait un problème avec cela. « Il n’y a pas de base à l’affirmation des travailleurs qu’ils sont laissés sur l’arbre sans grue pendant toute une journée de travail, sans pause au sol. » Dubi Tal, à la tête du Conseil écrit. « La grue doit être adjacente à l’arbre, parce que l’équipe pour la récolte se tient dessus pendant tout le temps de la récolte. Passer d’un arbre à l’autre nécessite que la grue soit abaissée jusqu’au niveau du sol, puis aille vers le prochain arbre, lève les travailleurs et ainsi de suite. » De plus, il y a, maintient Tal, une pose pour le petit déjeuner après 4 ou 5 heures de travail. »

Une lecture du rapport d’Alinat et une conversation avec le groupe de Jiflik révèlent la profonde peur des travailleurs de se plaindre par crainte de ne pas être réemployés. N’y a-t-il pas un autre moyen de protéger es travailleurs ? ‘ Selon le responsable du personnel Levy, « Dans la sphère du travail, et dans d’autres sphères, dans le champ du respect de la loi, les plaignants potentiels ont profondément peur de déposer des plaintes ». « Comme c’est une procédure criminelle, des plaintes anonymes ne peuvent être utilisées comme preuve pour des mises en examen. En même temps, la grande sensibilité du sujet produira dans le futur proche des activités visant au respect de la loi dans la région, comprenant des discussions avec les travailleurs, pour éliminer les offenses si vraiment elles existent. »

A l’opposé de l’anxiété des travailleurs, Dubi Tal le responsable du Conseil Régional décrit une relation idyllique avec les voisins palestiniens. « Pour comprendre les relations spéciales entre nous et eux, vous devez les connaître directement et les examiner dans le temps. Notre dépendance mutuelle l’un de l’autre, notre économie et la leur, a crée une relation saine et bonne qui a fait ses preuves même pendant les années d’Intifada et les différents bouclages. Il n’y a pas eu d’attaques terroristes menées par nos travailleurs qui subissent un contrôle de sécurité obligatoire. Les liens personnels et familiaux entre les travailleurs et les fermiers sont également très étroits et ils sont invités et viennent à nos fêtes familiales. »

« Grande compétition »

Des 5 travailleurs qui ont puisé le courage d’être interviewés – à condition de rester anonymes- 4 travaillent toujours dans les plantations de dattes. La majorité des travailleurs de la région ne sont pas enregistrés auprès de l’administration civile, ils travaillent pour des sous traitants palestiniens sur une base journalière et sont payés en liquide chaque après midi quand ils finissent le travail. Jusqu’à il y a peu, ils n’avaient jamais entendu parler d’avantages sociaux. Ils disent que la nature temporaire du travail, qui est aussi arbitraire que la roulette russe, les pousse, eux et des centaines et des centaines d’autres à pendre des risques.

« Il y a une grande compétition dans la région de Jéricho parmi les travailleurs palestiniens, dans chaque domaine, dans l’agriculture, dans l’industrie » dit K, un palestinien de 37 ans qui avait l’habitude de travailler dans les plantations de dattes et maintenant a sa propre affaire. « Ils veulent obtenir les faveurs de l’employeur israélien pour qu’il continue de les employer et peut être les garde comme travailleurs permanents. »

« Mais même si nous ne sommes pas devenus des employés permanents nous voulons rester en bons termes avec le sous traitant palestinien et l’employeur israélien pour qu’ils ne nous virent pas et que nous puissions revenir travailler le lendemain matin. Par conséquent je dois peser le pour et le contre de descendre de l’arbre pour me soulager et alors traîner derrière les autres ou rester dans l’arbre, finir mon quota et être assuré que j’aurai du travail le lendemain aussi. Parfois, même si le travailleur décide de prendre le risque d’être à la traîne dans son travail, le sous-traitant ne le laissera pas descendre de l’arbre. »

Si c’est ainsi, à qui appartient la décision de vous laisser sur l’arbre ? La votre, celle de l’employeur juif ou celle du sous-traitant palestinien ?

K : « C’est une décision que nous acceptons, mais à l’origine elle vient du sous traitant et de l’employeur. L’employeur juif dit au sous-traitant palestinien qu’il n’a pas beaucoup de grues mais qu’il a besoin de beaucoup de travailleurs. Si vous voulez travailler, dit l’employeur au sous-traitant, prenez une grue et mettez les travailleurs dans les arbres. L’employeur juif fait pression sur le sous- traitant palestinien pour un rendement très élevé. Si le sous-traitant n’atteint pas le quota, il est pénalisé, c’est pourquoi il fait pression sur le travailleur. »

S : » L’employeur juif n’a même pas besoin de s’occuper de nous. Il ne nous crie pas dessus et il ne discute pas avec nous, il n’a aucun contact avec nous – il laisse le sale boulot au sous traitant palestinien. Pendant ce temps il peut rester assis dans son bureau avec l’air conditionné. Il sait que le palestinien fait le sale boulot pour lui. »

Selon la façon dont les représentants des colonies de la vallée du Jourdain nient les affirmations des palestiniens, on pourrait penser que les travailleurs palestiniens vivent et travaillent dans un pays différent.

Yoav Tuvi, qui dirige la coopérative de plantation de dattes dans la communauté de Roi : « il n’y pas pas de travailleurs qui restent dans les arbres dans les plantations. Ils travaillent sur des grues. Ils bénéficient de toutes les conditions et encore plus que ce dont on est obligé de donner au travailleur. »

Yaakov Cohen, coordinateur économique du kibboutz Gilgal dans la Vallée : « je ne suis pas familier de cette méthode et nous ne travaillons pas de cette façon. Les travailleurs ont des grues et jamais nous laissons un travailleur sur un arbre et lui disons « OK, à dans 7 heures. »

Le secrétaire d’Argaman, une autre colonie dans la vallée du Jourdain est d’accord : « les travailleurs de la coopérative d’Argaman travaille 7 heures dans la plantation. Chaque jour à 10 h ils ont une pause de 45 minutes au sol. Le travail dans les arbres est fait avec des grues. S’il y avait un phénomène tel que vous le décrivez et que vous réussissiez à l’exposer, je serais le premier à vous félicitez. »

Shimon Bar-Asher, le secrétaire du moshav Masua ajoute : « l’association a 5 ou 6 grues et chacune d’elle est une plateforme. La cueillette est faite debout. Plusieurs travailleurs récoltent sur le même arbre donc après un quart d’heure il passe à un autre arbre… Les travailleurs employés par l’association travaillent de 6 heures à 13 heures. »

La secrétaire de Netiv Hagdud, Maggie Myudek dit : « ce phénomène est totalement inconnu dans la plantation coopérative de Netiv Hagdud. A part cela, moi, en tant que personne responsable de la plantation coopérative de l’association, je ne peux pas être responsable pour les employeurs privés dans des plantations privées, ou pour les conditions de travail de leurs ouvriers. »

Est-ce possible que les sous traitants palestiniens donnent des instructions différentes ?

Myudek : « je ne sais pas, mais durant mes visites à la plantation je n’ai jamais vu de gens accrochés aux arbres. »

Rêves d'avantages sociaux.

Depuis des années des rapports se sont accumulés sur l’emploi d’enfants palestiniens dans les colonies. Aujourd’hui, l’administration civile délivre des permis de travail pour des jeunes de 14 ans et plus, affirmant qu’« en Judée Samarie (nom donné par les colons à la Cisjordanie occupée ndlt) les lois concernant la main d’œuvre enfantine et les lois relative à la sécurité, sont fondées sur la loi jordanienne. »

Questionné pour savoir s’il y a un avantage à employer des adolescents dans l’industrie de la datte, les 5 travailleurs répondent : « bien sûr. Les enfants sont rapides et légers. Ils peuvent grimper aux arbres plus rapidement. Et c’est plus facile pour le sous-traitant de tromper les enfants quand il les paie et plus facile de les humilier ou de les exploiter. Un garçon ne veut pas beaucoup d’argent et il ne pense pas beaucoup à ce qui peut lui arriver au cours du travail. Il ne pense pas à la possibilité qu’une branche casse et qu’il tombe. »

Les 5 racontent que la pauvreté conduit des familles à retirer leurs enfants de l’école pour travailler dans l’agriculture. La plupart des adolescents travaillent dans les plantations pendant la saison des récoltes. « Vous devez comprendre « disent-ils « pour le garçon ce qui est important c’est de gagner autant d’argent que possible. Les enfants du village font la compétition entre eux pour voir qui peut gagner le plus d’argent pendant les vacances, quand il n’y a pas d’école. Avec cet argent, ils disent je peux m’acheter des choses que mes parents ne peuvent me payer. Comme un ordinateur, ou une bicyclette, ou des livres d’école. »

S : « Habituellement, les enfants qui vont travailler jeunes sont ceux qui n’ont pas réussi à l’école ». Il montre Y ; 37 ans, la personne la plus calme autour de la table et dit : « Il a été gâté : il est allé à l’école jusqu’à 17 ans. Même s’il s’y conduisait comme un meuble. Moi, par exemple, j’ai un fils de 17 ans qui n’a pas fait de progrès à l’école, alors il doit travailler. Il a travaillé pendant 20 jours dans les dattes et il était très en colère. Très irritable. Il ne veut pas continuer à travailler. Mais je lui est dit que s’il ne réussissait pas à l’école il devrait travailler. »

K : « L’éducation est notre combat le plus rude. Plus de 90% des travailleurs palestiniens dans l’agriculture dans la Vallée du Jourdain sont illettrés. Ces gens sont très faibles. Ils ne peuvent rien faire. Nous ne voulons pas que nos enfants soient illettrés. Aujourd’hui être illettré cela ne veut pas seulement dire des gens qui ne peuvent ni lire ni écrire mais aussi des gens qui ne peuvent faire fonctionner une machine ou un ordinateur. »

Les 5 travailleurs de Jiftlik ne montrent pas facilement leurs émotions. Mais comme ils sont sur le point de se lever, je demande une nouvelle fois : que pense une personne quand elle est dans un arbre pour 5, 6, 8 heures ?

« A la compétition, » Y dit. « Quelquefois je regarde le travailleur près de moi et je vois qu’il travaille plus vite, et je sais que je dois être aussi rapide que lui, et je prends peur. »

« La chose la plus difficile, pas seulement physiquement, mais aussi personnellement c’est de se soulager », dit S. « Vous y pensez beaucoup, parce que c’est dur culturellement, dur en terme de politesse. Tout le monde vous regarde. Quand vous vous mettez debout pour uriner, vous êtes exposé à la vue de tous les autres travailleurs. Quand vous avez besoin de déféquer, vous devez demander tout haut, à côté de tout le monde, vous devez argumenter pour qu’ils vous laissent descendre de l’arbre. »

Qu’est ce que vous aimeriez voir arriver maintenant, après que vous ayez accepté de parler à Haaretz ?

K : Notre rêve c’est un travail sécurisé mais aussi être payé correctement. Nous ne voulons pas travailler aussi dur et ne pas avoir suffisamment d’argent en retour. Je rêve qu’après 20 ans, 30 ans, de travail j’aurais une certaine sécurité. des avantages sociaux, comme une pension, de sorte que je n’ai pas à vivre sans ressource. Apres 30 ans de travail les ouvriers n’ont rien. A 50 ans, ou bien ils sont aidés par leur famille ou ils reçoivent des aides. »

« Mon rêve, c’est que les travailleurs arrêtent d’avoir peur « dit H. 35 ans. « La peur c’est le problème des travailleurs. A cause de la peur ils se tiennent tranquille et laissent tout le monde les exploiter. »

« Nous aimerions que le premier ministre nous comprenne, » dit S. « Il doit nous comprendre après tout lui aussi c’est un travailleur. »

Source : un article de Gitit Ginat publié le 16/09/06 sur Haaretz

http://www.haaretz.com/hasen/spages/762889.html

Traduction bénévole pour information à caractère non commercial MD pour Planète Non Violence.


Action : Manger Ethique

Ce reportage ne fait aucune mention de l’occupation, de la colonisation. Aujourd’hui, dans la vallée du Jourdain, les palestiniens sont dépossédés de leurs terres au profit des colons israéliens qui non seulement exploitent des terres volées mais en plus exploitent ceux à qui ils ont dérobés leur outil de travail, leur moyen de subsistance.

Pour ces raisons, et parce qu’en plus de considérations humanitaires, au regard du droit international l’occupation, la colonisation sont illégales et par conséquent ceux qui y participent agissent dans l’illégalité la plus totale, nous appelons à boycotter les dattes en provenance de la Vallée du Jourdain, en particulier, et en général tous les produits israéliens en vente dans les magasins jusqu'à ce qu'Israel respecte le droit international et les résolutions de l'ONU.

En ce qui concerne les dattes, un fruit de saison par excellence à l’entrée de l’automne, les marques suivantes sont israéliennes :

Jordan River
King Salomon
Carmel
Kalahari
IBOAA (bio)

Attention à la variété Medjoul, méfiez vous des emballages ne mentionnant pas l’origine.

Aide à Projet de Survie des Paysans de Gaza






















Dimanche 24 Septembre 2006
Mireille Delamarre

Dans la même rubrique :
1 2 3

Humour Les Folles D'Allah | Terrorisme Islamo-fascisme | International | Immigration clandestine | France XXI | Communautarisme Islamisation racialisation | Europe | Empire USioniste du Chaos | LIBERTE D'EXPRESSION D'INFORMATION | COLONIALISME JUDEO SIONISTE | GUERRE DE L'INFORMATION | Propagande | DICTATURE UE | PALESTINE | FRANCE | MONDE ARABE | ASIE | archives Armement Sécurité Stratégies Militaires | archives Droit International ONU | archives histoire traditions 2004-2008 | archives sciences écologie 2004-2008 | archives société 2004-2008 | archives culture | archives ressources educatives | archives informations 1 | archives informations 2