Sarkozie

En Sarkozie, Dialogue Social = Casse Sociale

Dans la série Sarkozy l'Américain, un bref rappel de l'histoire des négociations syndicales Outre Atlantique et de ce qui attend le monde du travail ici si les syndicats continuent de se laisser rouler dans la farine par Sarkozy.



En Sarkozie, Dialogue Social = Casse Sociale

En Sarkozy, Dialogue Social = Casse Sociale

Aux Etats-Unis, il n'y a pas de durée légale de travail, les négociations syndicales se font par entreprise, même si certains syndicats se sont spécialisés par branche. C'est ce système que veut imposer la Sarkozie, en démantelant, sous prétexte d'assouplir les 35 heures, la durée légale du travail et le Code du travail. Les syndicats se sont laissés enfermer dans un jeu, celui du « dialogue social », où ils sont les seuls à avoir respecter les règles, ce que Sarkozy et ses sous fifres n'ont jamais réellement fait. L'objectif de Sarkozy a toujours été clair : libéraliser et féodaliser un maximum le monde du travail, précariser les employés en les isolant, pour qu'ils puissent devenir serviables et corvéables à merci.

Ce qui se passe Outre Atlantique est un exemple clair de l'engrenage dans lequel les syndicats n'auraient pas du mettre le doigt. Jusqu'à récemment, aux Etats-Unis, c'était les syndicats qui étaient considérés comme ayant l'initiative et les entreprises qui suivaient l'agenda des négociations proposé par ces derniers. Les syndicats proposaient tous les deux trois ans de renégocier les accords et de signer un nouveau contrat, les entreprises étant peu tentées de prendre l'initiative de ce changement. Les directions devaient étudier les propositions faites par les syndicats en matière de hausse des salaires, d'avantages et de conditions de travail. Elle les discutaient, les contestaient, refusaient la plupart d'entre elles, pour finalement en accepter certaines pour éviter une grève. C'était ainsi que traditionnellement les négociations patronat syndicats se passaient aux US.

Mais dés la fin des années 70 et début des années 80, tout cela a bien changé, et ce sont les industriels de l'automobiles qui ont donné l'exemple en menant la charge contre leurs employés et ceux qui les représentaient. L'UAW (Union Auto Workers) était devenue le syndicat le plus prestigieux et le plus influent du pays. Tous les autres syndicats essayaient de les copier et d'obtenir des avantages identiques. On a dit que c'est l'UAW qui a construit la classe moyenne américaine. Mais quand l'industrie de l'automobile a connu de gros déboires, c'est l'UAW qui a payé le prix fort. Alors qu'il perdait des centaines de milliers d'adhérents du fait des licenciements en masse à cause des fermetures d'usines et des délocalisations, l'UAW a été attaqué par les patrons de l'industrie de l'automobile. Avec en arrière pensée le souci de se venger, ils ont renégocié les contrats existants, diminuer les salaires et les avantages, exigés des concessions énormes et imposer des changements drastiques dans les règles et politiques administratives dont ils avaient le monopole. Alors qu'habituellement les entreprises signaient des contrats de 2 ou 3 ans, elles imposaient maintenant des accords de 5 ou 6 ans, enfermant les syndicats dans une situation ou rien ne pouvait être changé pendant une demie décennie, et sans aucun mécanisme d'ajustement des salaires ne serait ce que pour suivre l'inflation.

En d'autres termes, les rôles avaient été inversés, c'était au tour des entreprises d'imposer leurs propres agendas, mettant au défi les syndicats de faire grève s'ils n'étaient pas d'accord. Ces agendas étaient plus agressifs, plus prédateurs que ceux proposés autrefois par les syndicats, les relations patrons employés avaient été réinventées au détriment de ces derniers. Puis la situation économique se détériorant, les syndicats ont été amenés à ouvrir la porte à des « réajustements » définis comme nécessaires par le patronat pour la survie des entreprises. Suspicieux de ce qu'ils avaient appris au cours de leurs luttes d'un siècle, notamment de marchandages collectifs, les syndicats craignaient que le patronat ne s'engouffre dans cette porte entre ouverte, mais n'ont rien fait contre. La dynamique des luttes avait complètement changé de bord. Le patronat s'est effectivement précipité dans cette brèche. Le coup de grâce a été porté par Reagan en 1981, quand il a licencié 11 000 contrôleurs aériens en grève. Ce qui restait de l'invincibilité des syndicats a été balayé.

Depuis, les syndicats américains ont essayé de rattraper leur retard sur un patronat toujours plus agressif et toujours plus exigeant et vorace. Inutile de dire qu'avec le développement de la mondialisation, des délocalisations, et la disparition aux USA d'une base de production, la lutte des syndicats pour regagner leur influence perdue est rude.

En France, avec Sarkozy l'Américain, on s'engage dans cette voie à marche forcée. Généraliser le réformisme syndical alors qu'on a en face de soi un patronat épaulé par un gouvernement qui vise ouvertement à casser le monde du travail et à l'asservir, c'est desservir la cause des travailleurs et de ceux privés d'emploi, et apparaître aux yeux de beaucoup comme collaborateurs de ceux qui oppriment, même si, on ose l'espérer, ce n'est pas le cas. Les syndicats doivent revenir à des éléments de fonctionnement de base qui ont fait leur force, c'est-à-dire de nouveau s'appuyer sur le monde des travailleurs en exercice ou à la retraite, et de ceux privés d'emploi, être à l'écoute de leurs revendications et les porter à travers des luttes qui affichent clairement qu'elles ne sont pas négociables. Cela a marché par le passé, cela marchera, il suffit de le vouloir. Leur force est là et nulle part ailleurs, et certainement pas dans une vaste fumisterie appelée « dialogue social », et qui n'est rien d'autre qu'une grande casse sociale.

La France malade du Jeunisme

Mardi 01 Juillet 2008
Le Gaulois qui fume des pétards de 36 et 68

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