Selon un article publié le 09/07/09 dans le quotidien britannique, The Independent ( www.independent.co.uk), les services de sécurité intérieure israéliens plus connu sous le nom de Shin Bet, ont reçu un de facto veto sur la nomination des juges. Cette "innovation" a été prise par le Comité de Sélection des Juges, dont les membres sont pour partie choisis par la coalition politique au pouvoir. Ce Comité est devenu au fil des ans plus nationaliste extrémiste. Le Comité projette également de limiter les pouvoirs de la Cour Suprême de Justice israélienne, dernier recours notamment pour les associations de défense des droits de l'homme, droits civils, et droits des Palestiniens vivant sous occupation, contre les décisions souvent iniques, racistes prises en Israël.
Cette Cour Suprême n'est cependant pas la panacée, car bien souvent elle évoque le mantra traditionnel sioniste de la sécurité nationale pour donner son feu vert par exemple à la construction du Mur jugé illégal par la Cour Internationale de Justice, ou encore à des décisions militaires pour commettre des crimes de guerre comme les "assassinats extrajudiciaires" de militants palestiniens dont certains ont provoqué la mort d'un grand nombre de civils, ou encore autorise la torture appelée pudiquement " pressions physiques modérées" et pratiquée sur les prisonniers palestiniens, femmes enfants compris, par le Shin Bet.
Accroître les pouvoirs du Shin Bet s'est effectivement saper un peu plus le pouvoir et l'indépendance de la justice et entériner le fait que l'état d'Israël est devenu un état policier avec Big Brother partout y compris dans le prétoire.
Israël n'a pas de constitution, et le seul moyen de recours des citoyens israéliens pour protéger les libertés civiles et les droits de l'homme dans le pays passe obligatoirement par les juges.
Un parlementaire israélien d'extrême droite, Uri Ariel, récemment nommé au Comité de Sélection des Juges, affirme qu'autoriser le Shin Bet à examiner les candidatures et donc de facto sélectionner les juges était nécessaire car les juges ont souvent accès à des documents portant sur la sécurité classés top secret et que cela peut avoir une influence directe sur la sécurité nationale. Les juges sont des fonctionnaires assermentés, et ont en tant que tels obligation de protéger le secret des documents auxquels ils ont accès. Cette justification est inappropriée.
En fait, le Shin Bet est devenu au fil des ans l'équivalent de la STASI dans un pays qui aime à se proclamer haut et fort comme étant la seule démocratie au Moyen Orient. Quelle différence avec la dictature égyptienne Moubarak voisine qui a développé une étroite collaboration avec Israël notamment en matière de renseignement et maintenant en matière de coopération militaire en acceptant de laisser passer des navires de guerre israéliens par le Canal de Suez pour rejoindre la Mer Rouge ?
Donc, à partir de maintenant, les juges devront obtenir un certificat de bonne conduite du Shin Bet pour pouvoir être nommés. Même si le Shin Bet est seulement appelé à faire des recommandations, il est évident que le Comité de Sélection des Juges n'ira pas à l'encontre de celles ci et ne retiendra pas les candidatures de ceux rejetés par le Shin Bet, notamment les juges qui ne se fondent pas dans le moule de la pensée unique fascisante sioniste. Cela revient tout simplement à placer la justice sous contrôle des services de sécurité intérieure comme dans les pires dictatures.
Le Shin Bet décidait déjà de qui pouvait enseigner dans les écoles arabes en Israël. Le système scolaire israélien est un système ségrégationniste, d'apartheid, basé sur la religion, avec des écoles juives, chrétiennes, arabes, et aucune mixité, la seule mixité existante, mais très limitée, se faisant à l'université. Le Shin Bet décide également qui peut ou non diriger une mosquée. Avec cette décision il est évident que les citoyens arabes israéliens, qui avaient déjà énormément de difficulté à accéder à des postes de juges à cause du racisme dominant dans la société israélienne, vont être systématiquement écartés comme représentant de par leur simple appartenance à la minorité arabe un "risque pour la sécurité nationale".
Selon l'avocat israélien, Michael Sfard, qui défend souvent des affaires de violation des droits civils, des droits de l'homme, et qui actuellement est chargé de défendre un arabe israélien à qui le Shin Bet refuse de donner l'autorisation pour diriger une mosquée,
" je n'ai jamais rencontré de situation où le gouvernement n'acceptait pas les recommandations du Shin Bet".
Il a également ajouté qu'il n'était pas surpris de cette décision et que cela complétait le fait que le Shin Bet décidait déjà qui pouvait occuper les postes de hauts fonctionnaires et d'enseignants dans le système éducatif arabe israélien. Pour lui la différence c'est que l'intervention du Shin Bet dans la nomination des juges est désormais annoncée publiquement..
Le Shin Bet avait déjà par le passé et à plusieurs reprises demandé à bénéficier du pouvoir de faire des recommandations sur la nomination des juges, mais cela lui avait toujours été refusé. Avec les dérives vers l'extrême droite fasciste et raciste du nouveau gouvernement Netanyahou Lieberman, ce Comité de Sélection des Juges, qui comprend à la fois des juges et des hommes politiques, suit en fait ces dérives.
Un pays dans lequel la justice n'est pas indépendante, pire même, est aux mains des services de sécurité intérieure, n'est plus une démocratie mais une dictature.
Sionisme = STASIsme