Selon une dépêche AP intitulée
" Washington intervient auprès de Twitter pour les Iraniens", Le département d'Etat américain est intervenu auprès de la direction de Twitter pour qu'ils reportent une opération de maintenance prévue lundi et qui aurait privé certains jeunes iraniens de l'un de leurs moyens de communication privilégiés après les résultats de l'élection donnant Mousavi battu. Twitter a fait savoir sur son site Web qu'il annulait cette opération de maintenance en raison du
"rôle d'important outil de communication que joue actuellement Twitter en Iran". Une décision politique qui aura de graves conséquences dans le futur et qui signale une volonté de l'Administration Obama de contrôler tous les nouveaux moyens de communication dont Twitter pour défendre ses propres intérêts politiques. Demain, Obama pourra demandé à Twitter de fermer son activité pour des raisons de "sécurité intérieure" par exemple en cas de forts mouvements de protestation liés à la dégradation des conditions de vie de nombreux Américains. C'est le signe flagrant d'une collusion sans précédent entre pouvoir politique et pouvoir médiatique qui renvoie aux pratiques de régimes dictatoriaux.
Mais la "Révolution Twitter" en Iran a commencé bien avant l'élection présidentielle sous les auspices du réseau d'universités privées de Rafsanjani, Azad. Un article du New York Times du 10/06/09, intitulé
" dans l'élection en Iran, l'ex dirigeant travaille à chasser le président" détaille la campagne de communication via le net de Mousavi le poulain de Rafsanjani. Le New York Times est à l'administration Obama ce qu'était en son temps la Pravda à la direction de l'ex Union Soviétique.
"Dans une salle transformée pour l'occasion en pc de guerre pour la campagne, dans le Nord de Téhéran, deux douzaines de jeunes femmes, foulards sur la tête, et Tchadors noirs, entrent des données sur l'élection dans des ordinateurs 24h sur 24, tandis que des hommes se précipitent autour d'elles leur apportant des sondages d'électeurs et des cartes des districts.
"Ce centre nerveux dans la campagne pour déloger Mahmoud Ahmadinejad, le président de l'Iran avec une ligne politique dure, n'est pas dirigé par l'un des trois candidats qui s'opposent à lui dans l'élection trés contestée vendredi.
"Au lieu de cela, cela fait partie d'une rivalité amère qui se passe dans les coulisses et qui a aidé à définir la campagne opposant Mr Ahmadinejad à l'homme qu'il a battu à l'élection précédente, Ali Akbar Hashemi Rafsanjani, ancien président qui a occupé deux fois les fonctions et qui est l'homme le plus riche et le plus puissant d'Iran."
L'article du New York Times précise que ce pc de campagne est dirigé par le fils de Rafsanjani, Medhi Hashemi Rafsanjani, 39 ans, et est basé à l'université islamique Azad, que son père a crée. C'est là, selon le NYT, que des jeunes femmes sont payées 20 à 30 $ par jour pour travailler en se relayant 24h sur 24 pour collecter et regrouper les données portant sur l'élection.
"Cela fonctionne en parallèle avec le système du ministère de l'intérieur" qui supervise l'élection, a dit le jeune Rafsanjani avec un sourire. "Mais le notre est secret", selon ce le NYT qui reprend les propos du fils Rafsanjani.
"L'équipe universitaire de campagne a développé son propre logiciel pour mener des sondages électoraux, et a fourni 1000 téléphones équipés de ce logiciel à des agents participant à la campagne, qui sillonnent le pays pour remplir des questionnaires en face à face. Ils tapent les réponses directement sur les téléphones, et puis les transmettent au pc de Téhéran par texto, a dit Mr Rafsanjani. Les sondages sont effectués presque en continu, et le dernier montre Mr Mousavi obtenant au moins 56% des votes comparé à 42 % pour Ahmadinejad, a-t-il dit."
On peut raisonnablement faire remarquer que ces sondages "à la Rafsanjani" sont enveloppés d'un "secret" glauque quant aux méthodes scientifiques utilisées pour les réaliser, et sur l'origine de ce "logiciel providentiel" utilisé pour mener cette campagne intensive de sondages. La suite des évènements en Iran risque bien de nous en révéler tôt ou tard la provenance et le financement (en référence aux opérations clandestines US).Le fils Rafsanjani n'a-t-il pas lui-même évoqué le côté "secret" de sa technologie?!
Il est également fort possible que les médias occidentaux ce soient appuyés sur les données transmises par le pc de campagne du fils Rafsanjani pour accuser le président Ahmadinejad de fraude. Cela vaut également pour le président du parti de l'étranger qui squatte l'Elysée. Nous les mettons au défit de citer la provenance de leurs informations.
L'indulgence du NYT pour les Rafsanjani est également significative. On sait tout de suite de quel côté de la balance penche l'Administration Obama dans cette élection, quelque soit les mensonges que ce dernier a pu et continuera de déverser.
L'utilisation de techniques de campagne électorale hypersophistiquées dans un pays où les réseaux de communication ne sont pas des plus performants, et ou le secteur de la Haute Technologie dépend encore massivement de l'extérieur contrairement à celui de la défense qui fonctionne de plus en plus en autarcie, reste sujet à caution.
Qui a fourni ce matériel et l'argent pour une campagne d'une telle ampleur ? Le clan Rafsanjani a été accusé de corruption et peut être facilement soudoyé.
La campagne de délégitimisation post élection en Iran ne peut se faire qu'avec des appuis extérieurs comme on l'a vu avec l'intervention du Département d'état US auprès de Twitter.
Une interférence américaine de plus dans cette révolution "tendance" fomentée par Obama,
la première "Révolution Twitter".
A lire aussi :" De Mossadegh à Ahmadinejad, La CIA et le laboratoire iranien par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire