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Samedi 19 Juillet 2008
10:14
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société
Election Présidentielle, Politique Etrangère et Conflit Israélo PalestinienOn peut dire que la politique étrangère en général, et le Moyen-Orient en particulier, ont brillé par leur absence au cours de la campagne présidentielle jusqu'à maintenant. Les deux candidats restés en liste pour le second tour Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal plus le troisième, sur la touche, mais qui risque de peser lourdement dans la balance, François Bayrou, n'ont pratiquement rien eu d'intéressant à dire sur le sujet. Cela pourrait signifier que les Français n'en ont rien à faire, et qu'ainsi on ne peut espérer rallier des votes en en parlant. Ou cela peut aussi signifier, qu'afin d'être élu, il vaut mieux éviter ce sujet épineux, car gare au Lobby !
Election présidentielle, Politique Etrangère et Conflit Israélo Palestinien
Pourtant, la politique étrangère demeure le domaine réservé de la future présidente ou président de la République. En théorie c'est le seul domaine, avec celui de la défense, dans lequel l'élection présidentielle est véritablement décisive, c'est donc particulièrement inquiétant de constater un tel silence quand on sait les enjeux pour la paix mondiale que cela représente, et, dans ce cadre là, le règlement du conflit israélo palestinien est un enjeu majeur.
Les deux candidats restés en liste pour le second tour Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal plus le troisième resté sur la touche mais qui risque de peser lourdement dans la balance, François Bayrou, n'ont pratiquement rien eu d'intéressant à dire au sujet du monde extérieur, et en particulier au sujet de la région pourtant cruciale qu'est le Moyen-Orient. Cela pourrait signifier que les Français n'en ont rien à faire, et qu'ainsi on ne peut espérer rallier des votes en en parlant. Ou cela peut aussi signifier, qu'afin d'être élu, il vaut mieux éviter ce sujet épineux, car gare au Lobby ! Considérons la seconde hypothèse. Ségolène au Moyen-Orient Un échantillon du caractère risqué des initiatives en politique étrangère nous a été fourni par la visite de Ségolène Royal au Liban, en décembre de l'année dernière. Lors d'une réunion de la commission des affaires étrangères du parlement libanais, parmi les députés qui y assistaient, un représentant élu du Hezbollah, Ali Ammar, est intervenu et a évoqué en arabe, « le grand rôle que la France doit jouer au Liban au cas où elle serait en mesure de se délier de la folie de la politique américaine ». D'après le reportage publié par le quotidien local en langue française L'Orient Le Jour, Ammar a ajouté que les Libanais « étaient fiers de leur amitié avec la France, et fiers aussi du fait que la résistance du Hezbollah à l'occupation israélienne s'inspirait de la résistance française à l'occupation nazie. » Tollé général dans les medias : par le biais d'informations confuses, Ségolène Royal a été accusée de permettre d'associer Israël au nazisme en sa présence, sans réagir. En réponse, elle a fait remarquer que, ni elle-même, ni l'ambassadeur de France, qui était à son côté, n'avaient entendu mentionner le nazisme et que s'ils avaient entendu de telles remarques «inadmissibles, abominables, odieuses » selon ses propres termes, ils auraient, toujours selon ses dires, « quitté la pièce ». Il a été confirmé que les journalistes et la candidate française avaient écouté la traduction d'interprètes différents. Bien sûr pour le lobby pro sioniste, le simple fait d'écouter un député du Hezbollah, même élu démocratiquement, est inacceptable, comme est inacceptable le fait de rencontrer des dirigeants politiques palestiniens démocratiquement élus du Hamas. D'autre part on peut noter que lors de sa visite en Israël, Royal a affiché une certaine compréhension vis à vis du mur illégal construit actuellement en Palestine occupée suivant le mantra qu'on nous sert en boucle à gauche comme à droite celui de la sécurité d'Israël. (Elle s'est rétractée sur le mur plus tard dans un courrier adressé en privé à l'AFPS- Association France Palestine Solidarité -qui l'a interpellée sur le sujet). Un petit coup d'œil à son pacte présidentiel nous laisse sur notre faim. Il plaide pour la convocation d'une énième conférence internationale dans le cadre de l'Union Européenne, la France initiant la démarche auprès de ses partenaires européens. Pas de quoi fouetter un chat. Un point important néanmoins, celui proposé de la réforme des institutions avec une présidence et des ministres qui devront rendre des comptes, et un parlement au pouvoir renforcé qui pourrait ainsi se faire entendre en matière de politique étrangère. Mais que vaudrait Ségolène, en politique étrangère ? Cela dépendrait inévitablement du choix de ses conseillers. La politique étrangère n'est pas le domaine majeur de compétence de la plupart des hommes politiques professionnels. Une exception à cette règle, celle de Jean-Pierre Chevènement, l'ex-candidat à la présidentielle en 2002, aux idées très indépendantes, et qui s'est rallié à Ségolène Royal. Comme l'un des diplomates vétérans de gauche Hubert Védrine, Chevènement pourrait être en mesure de préserver quelques vestiges de l'indépendance française en matière de politique étrangère, sous une présidence Royal. Mais, d'un autre côté, Dominique Strauss-Kahn, socialiste qui bénéficie de puissants soutiens dans les milieux d'affaires, aspire et œuvre à devenir Premier Ministre en cas de victoire de Ségolène. DSK est pro sioniste jusqu'au bout des ongles, et il est aussi bien sûr au moins aussi pro américain que Sarkozy, sinon plus… Si la politique extérieure américaine est tombée dans une large mesure entre les mains de lobbies et de boîtes à idées à financement privé, en France, le ministère des Affaires étrangères, le Quai d'Orsay, continue néanmoins pour l'instant à jouer un rôle majeur. Le Quai d'Orsay a une tradition d'approche réaliste des situations et des intérêts français. Mais un changement de génération est en cours, et certains observateurs redoutent que la prochaine génération ne soit lourdement influencée par les médias, généralement pro américains, par le lobby pro sioniste et par le genre de moralisme qui est utilisé afin de justifier l'aventurisme de la politique étrangère belliqueuse américano sioniste surtout au Moyen Orient dont ils veulent redessiner la carte de ce qu'ils appellent le Nouveau Moyen Orient. Autre socialiste pouvant peser en matière de politique étrangère : Pascal Boniface, directeur de l'Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), à Paris, une boîte à idées proche du parti socialiste. En avril 2001, il a rédigé une note destinée au secrétaire général François Hollande, exhortant le parti à dépasser sa peur d'adopter une position claire sur la Palestine. A la peur du parti socialiste de « perdre son électorat juif », Boniface a répliqué que décider d'une politique en fonction uniquement des souhaits de l'électorat d'une «communauté » donnée était une position non seulement dépourvue de tout principe, mais dangereuse, sur le long terme. L'influence conséquente de la communauté juive organisée sur la politique, avait-il averti, ne pourrait qu'alimenter la montée d'un lobby opposé, basé sur la communauté musulmane, beaucoup plus nombreuse. Cela menaçait de diviser la France en fonction de frontières ethniques ou religieuses et communautaires, perspective profondément redoutée par les socialistes. Pour avoir fait cette observation, Boniface est alors devenu la cible d'une campagne orchestrée de dénigrement qui a presque réussi à détruire sa carrière universitaire, même s'il est un défenseur invétéré d'Israël, et même si ses opinions sur le conflit au Moyen-Orient sont tout ce qu'il y a de modéré. Mais, il est toujours là, et la conséquence de l'incident pourrait bien être le fait qu'en France, comme aux Etats-Unis, l'impatience grandit à l'encontre du Lobby et, ce, y compris au sein du parti socialiste, Lobby contre lequel d'ailleurs Dray porte parole du parti est monté au créneau. Mais le parti socialiste reste traditionnellement un grand supporter du sionisme et d'Israël. Et Sarkosy ? Un coup d'œil à ce qu'il propose sur le site de l'UMP, et à travers ses déclarations dans les médias. Dans une interview au mensuel Actualité Juive d'avril, il déclare : « Le rôle de la France c'est de permettre l'émergence d'une solution mutuellement acceptable, d'une paix juste fondée sur l'établissement de deux Etats viables, démocratiques, indépendants, vivant côte à côte dans la sécurité et dans des frontières sûres et reconnues. La France et l'Europe doivent aider les Palestiniens à se doter d'un Etat, parce qu'il y ont droit. Je considère que la communauté internationale est parfaitement fondée à exiger du gouvernement palestinien qu'il respecte les trois conditions posées par le Quartette: la reconnaissance d'Israël, le renoncement à la violence et le respect des engagements passés. Jamais je ne transigerai avec la sécurité de l'Etat d'Israël. En même temps, je veux dire à nos amis israéliens que la politique de fait accompli sur le terrain hypothèque lourdement les chances de paix. » Là aussi pas de quoi fouetter un chat, il reprend la politique étrangère récente chiraquienne, sans innover, ce qui bloque tout processus de résolution puisque c'est au peuple occupé colonisé qu'on demande de faire un maximum de concessions, sans référence aucune à l'exigence de respect du droit international pour Israel et notamment des résolutions de l'ONU que ce dernier n'a jamais respectées. Nicolas Sarkosy ne s'est-il pas illustré lors de la crise sur la loi demandant qu'on enseigne les bienfaits de la colonisation française, en soutenant cette idée inacceptable ! Apparemment le mot colonisation n'a pas été bani du vocabulaire de Mr Sarkozy en matière de politique étrangère. Sarkozy pose aussi comme condition la liberation du soldat israélien Shalit, et même si ce dernier à la double nationalité en quoi est ce à la France d'exiger sa liberation, la France n'est pas en guerre contre le peuple palestinien qu'on sache ? Le soldat israélien Shalit avant d'être fait prisonnier tirait des obus de mortier sur des zones urbaines densément peuplées de civils palestiniens dans la Bande de Gaza. Attaquer intentionnellement des populations civiles est defini comme un crime de guerre en Droit International. Sarkozy se ferait-il complice en soutenant Shalit ? Et qu'en est-il d'un futur présidentiable qui non seulement défend le colonialisme passé et présent, mais aussi la violation du Droit International. Est ce bien là l'homme qu'il nous faut à la tête de la République française, patrie des Droits de l'Homme ? Considérons maintenant ses actes de futur présidentiable D'abord Sarkozy est allé prêté allégeance aux Etats-Unis, dont le président actuel J.W Bush est, selon les propres dires des sionistes, le président qui parmi tous les présidents américains, soutient le plus Israël. Sarkozy tout le monde le sait, mais il faut sans cesse le répéter, est le candidat des néo conservateurs, lui-même néo conservateur dans l'âme, et les néo conservateurs font la pluie et le beau temps à Washington. Sa poignée de main échangée avec George W. Bush est devenue l'image emblématique de tous les sites et blogs anti sarko sur le net. En cas de malheur, s'il devenait président, Dieu nous préserve – le candidat de la droite envisagera certainement une alliance avec George Deubeuliou et les néo cons pro sionistes. Sarkozy s'est également rendu en Israël où là aussi il a prêté serment devant le grand manitou sioniste. Pour la petite histoire, un timbre à l'effigie de Nicolas Sarkozy a été édité en Israël, une initiative privée ce sont empressés de rectifier les sionistes. Dans les medias israéliens, les journaux en ligne comme Ynet, Haaretz , on a peu parlé de cette élection présidentielle y compris le soir des résultats, tant semble t-il, il est acquis pour eux que les deux finalistes ne posaient aucun danger pour le régime sioniste. Seul le Jérusalem Post quotidien de droite/extrême droite y a consacré un article entier en parlant des français israéliens qui sont allés votés, faisant état d'une mobilisation aussi forte que celle enregistrée en France. Sur les 947 000 électeurs vivant à l'étranger, 43 000 votaient en Israël et 15 000 autres étaient venus d'Israël en France pour voter selon Sylvain Semoun représentant officiel de l'UMP en Israël. Le Jérusalem Post soutient la candidature de Sarkosy bien sûr. Sarkozy garderait-il l'actuel ministre des affaires étrangères, un non professionnel de la diplomatie puisque médecin de formation, Douste Blazy, pro sioniste notoire et qui l'affiche ? Une chose est sûre, le petit Bonaparte réincarné placera quelqu'un de peu compétent qu'il peut manipuler, car cette apprenti dictateur va vouloir concentrer tous les pouvoirs y compris celui de diriger la politique étrangère, et comme c'est le chef de l'état qui en décide, il n'aura aucun mal à le faire. Par contre au Quai d'Orsay, on risque d'assister à un grand nettoyage de printemps. Outre Douste Blazy, Sarkozy a dans sa collection de "ministrables" une belle collection de pro sionistes, parmi eux Pierre Lelouche (néo con, atlantiste 100% libéralisme comme Sarko). Il est évident que Sarkozy est non seulement un homme dangereux en matière de politique intérieure mais aussi en matière de politique étrangère, et concernant le conflit Palestine Israël cela ne présage rien de bon pour le peuple palestinien. On se retrouve donc avec deux candidats acquis au sionisme. Ni l'un ni l'autre n'ont évoqué la levée du blocus économique, véritable punition collective pour délit de démocratie (avoir démocratiquement élus des représentants qui ne plaisent pas à la communauté internationale), là aussi un crime de guerre selon le Droit International, à l'encontre du peuple palestinien. Mais, si la candidate peut éventuellement être influencée, et il est fort possible aussi que Royal voudra, en apparence du moins, se démarquer de la politique étrangère américano sioniste, le candidat Sarkozy lui ne saurait l'être d'aucune manière et qui plus est il revendique fièrement son allégeance américano sioniste, c'est donc lui le plus dangereux. Retour à la case départ comme en 2002 au deuxième tour : à la place de Chirac on a Royal, à la place de Le Pen on a Sarkozy mais là les jeux sont plus serrés, il va donc falloir s'opposer à la politique intérieure et étrangère du pire, celle de Sarkozy. Tout ceci n'est pas très optimiste. Sur la scène institutionnelle politique, il reste néanmoins une petite porte entrouverte pour espérer pouvoir influencer la politique étrangère de la France concernant le Moyen Orient, ce sont les élections législatives, même si on sait que l'action qu'on peut mener reste limitée. La réforme des institutions proposée par Royal, si elle est menée à bien, peut permettre d'influencer la politique étrangère via les parlementaires. Aujourd'hui, plus personne ne peut décemment défendre les exactions d'Israël dans les territoires palestiniens occupés. La stratégie pro sioniste consiste donc plus à les passer sous silence, à détourner l'attention sur, selon le mantra menteur sioniste « la menace iranienne pesant sur l'existence même d'Israël », ou sur le Darfour, la nouvelle cause humanitaire défendue par le lobby sioniste. Pourtant un génocide est entrain d'être perpétré en Irak où il y a eu plus d'un million de morts depuis le début de l'invasion en 2003, sans compté les milliers de blessés et les millions de réfugiés et personnes déplacées, et en Palestine on meurt tous les jours sous les balles sionistes. Il faut donc continuer plus que jamais, à mobiliser les citoyennes et citoyens pour soutenir les justes revendications du peuple palestinien, lutter contre l'occupation colonisation. Pour les législatives, interpeller sur le sujet ceux qui se présentent à la députation dans votre circonscription. 59 ans de souffrance palestinienne, trop c'est trop. Justice pour le peuple palestinien. Source de certaines informations : un article sur Counterpunch intitulé "the abscent Middle East" de Diana Johnstone 21/22/04/07 http://www.counterpunch.org/johnstone04212007.html Palestine : droit au Retour Sionisme: sur le droit d'Israel d'exister point de vue juridique Mardi 24 Avril 2007
Myriam Avraham
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