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Echec du Forum Social Mondial à Prendre en Compte la Guerre au Moyen Orient

« Discussions et débats sur le thème de la « paix » ont néanmoins échoué à prendre en compte d’une manière articulée l‘un des problèmes mondial majeur : les guerres en cours au Moyen Orient et en Asie Centrale… La guerre et la mondialisation sont intrasèquement liées. On aurait pu s’attendre à ce que le FSM formule une position anti-guerre consistante dirigée contre l’alliance américano anglaise et ses profiteurs que sont les multinationales. »



Echec du Forum Social Mondial à Prendre en Compte la Guerre au Moyen Orient

Echec du Forum Social Mondial à s’Occuper de la Guerre au Moyen Orient

Jusqu’à 50 000 délégués appartenant à différentes ONG et groupes de la société civile ont participé au 2ème Forum Social Mondial à Nairobi, Kenya, du 20 au 25 janvier 2007.

L’objectif déclaré de cette rencontre c’était de défier « les suputations et dictats de l’impérialisme et de ses politiques néo libérales qui leur sont associées » à la base du Forum Economique Mondial qui se tenait à Davos en Suisse. La rencontre du FEM rassemble les élites politiques mondiales et multinationales.

Les buts généraux du Forum Social Mondial sont « justice sociale, solidarité internationale, égalité sexuelle, paix et défense de l’environnement. « Ces thèmes devaient être inclus dans le programme quelque peu mouvementé de cette année à Nairobi, Kenya.

Une grande partie de ces thèmes sous jacents ont été abordés lors de la rencontre du FSM. Discussions et débats sur le thème de la « paix » ont néanmoins échoué à prendre en compte d'une manière articulée de l‘un des problèmes mondial majeur : les guerres en cours au Moyen Orient et en Asie Centrale.

Les chiffres sont à cet égard révélateurs. Sur plus de 1000 sessions (1153 activités organisées d’elles mêmes) seulement une poignée de sessions portaient sur la guerre au Moyen Orient.

3 ont analysé la guerre au Moyen Orient,

3 se sont occupés de l’actuelle situation en Haïti,

3 se sont concentrées sur l’utilisation de la torture,

2 se sont penchées sur l’Iran,

2 se sont concentrées sur l’Irak,

7 ont discuté de la situation en Palestine, et des politiques israéliennes,

19 portaient sur l’impérialisme en général,

aucune n’a fait mention de l’Afghanistan.

Ces observations sont basées essentiellement sur l’examen des titres de la conférence.

Le contenu général des activités était, néanmoins, louable : beaucoup de sessions se sont occupées du rôle des femmes dans les économies régionales pauvres, les ressources naturelles et en eau, de même que le rôle de l’information et des nouvelles technologies de communication avec en vue le soutien aux mouvements sociaux de base.

D’autres problèmes critiques, cependant ont été négligés. Parmi ceux-ci, l’uranium appauvri, les bombes à fragmentation sur les champs de bataille et dans les zones civiles, le rôle des producteurs d’armes dans l’économie mondiale actuelle, la configuration géopolitique actuelle au Moyen Orient, et les dangers de la prolifération nucléaire et d’une guerre nucléaire.

Le FSM a été en fait plus une occasion de dialogue et d’échange pour les ONG de différentes parties du monde qu’une réelle force sociale pour contrer le FEM, ou un mouvement d’opposition au FEM et ses élites invitées. Le rencontre de Davos a été assidûment fréquentée par le complexe militaro industriel et les milieux de la finance. Il n’y a pas eu de réel défi à l’égard de Davos par les représentants de la société civile et des mouvements sociaux participant au FSM à Nairobi.

Dans une opinion de Steven Weber et Ely Ratner publiée dans le Los Angeles Times, ils pointent sur une autre faiblesse du FSM : le but du rassemblement international devrait être moins d’essayer de demander des comptes aux Fond Monétaire International, à la Banque Mondiale, et aux multinationales, et plus de faire en sorte que les gouvernements des pays qui financent et contrôlent légalement ces institutions aient eux-mêmes à rendre des comptes pour les politiques infligées aux pays en développement par les institutions de Bretton Wood.

Un coup d’œil à la composition du Conseil International (CI) du FSM, l’organe responsable de l’organisation de la rencontre du FSM, soulève des inquiétudes : plusieurs ONG qui participent aux comités d’organisations du FSM reçoivent une partie de leur financement des mêmes gouvernements qui définissent et soutiennent les politiques du FMI et de la Banque Mondiale.

Avec le sponsoring du FSM par Kenya Air et par la multinationale CellNet, l’affirmation à l’indépendance et la liberté d’action du mouvement anti-mondialisation est une question ouverte.

Les participants de la rencontre du FSM comptent sur le financement de sources officielles dans leurs pays respectifs de même que des fondations occidentales.

Couverture Médiatique

En général, il y a eu peu de couverture médiatique du FSM. Et la couverture médiatique tend à être de parti pris, avec des titres de journaux trompeurs.

Le media géant canadien Canwest.com a sorti la même dépêche de l’AP d’Elisabeth A. Kennedy intitulé « le Forum Social Mondial, la conférence annuelle anticapitaliste, s’ouvre à Nairobi. »

Reuters et l’agence allemande Deutsche Presse-Agentur se sont limités à décrire le Forum comme une grande fête anticapitaliste, anti Davos, et anti mondialisation. Ils ont établi une symétrie entre ces mauvaises appellations et les « caractéristiques » du mouvement. Pour quelqu’un n’ayant pas une idée claire du programme du Forum et de ceux qui y participent, cette forme de reportage était trompeuse.

Ainsi le but réel du Forum a été occulté du public général. De plus, il a été grossièrement dénaturé sous l’œil des medias.

La composition hétérogène du FSM ne s’est pas posée de question sur la relation ambiguë avec les multinationales et les gouvernements le sponsorisant, il ne s’est pas non plus occupé du problème plus large de la distorsion faite par les medias.

Il a largement prêché à des convertis, tandis que l’entrée était payante, avec une grande majorité de participants du Kenya ne pouvant payer celle-ci.

Les voix diverses et parfois désorientées du FSM ont sans nul doute freiner la capacité du FSM d’envoyer un message politique fort, unifié au reste du monde.

A cette croisée critique des chemins, la guerre au Moyen Orient menace de détruire les aspirations et les idéaux du FSM.

La guerre et la mondialisation sont intrasèquement liées. On aurait pu s’attendre à ce que le FSM formule une position anti guerre consistante dirigée contre l’alliance américano anglaise et ses profiteurs que sont les multinationales. L’agenda anti-guerre doit être une partie intégrale d’une position plus large anti-mondialisation.

Sarah Choukah 31 janvier 2007

Source et Copyright Global Research

Traduction bénévole Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org


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Mercredi 28 Février 2007



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