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Culte gaulois

polythéiste et panthéiste, complexe, il est liée à la nature, la fécondité, possède toute une myriade de dieux et déesses, des rites et rituels multiples dont la fameuse cueillette du gui mais aussi, moins connus, des rites sacrificiels humains, tout cela supervisé par les druides.



Culte gaulois

Mélange de panthéisme et de polythéisme, issue des religions indo-européennes, la religion gauloise (apparentée à la religion celte) n'a laissée aucune trace écrite (écrire sur le divin était considéré comme blasphématoire). Comme ces anciennes religions, elle est stratifiée à différents niveaux, croyances personnelles, religion familiale, rites liés à la profession, au quartier au village à la ville, la région, parfois aux groupes linguistiques, aux peuples, aux nations.

Importée d'Europe centrale (sud de l'Allemagne) vers 800 avant l'aire commune, elle s'installe à l'ouest en même temps que les gaulois. Complexe, elle est liée à la nature, la fécondité, avec ses dieux principaux, secondaires, divinités locales, cultes des esprits, ses rites et rituels dont des rites sacrificiels humains abandonnés vers la fin du 2ème siècle avant l'ère commune à la suite de bouleversements sociaux économiques.

Elle disparaît progressivement puis définitivement au Moyen Age d'abord sous les influences prépondérantes des religions gréco-romaines avec qui elle se fond plus ou moins, puis avec la montée en puissance et la domination du christianisme. Grands gardiens de la tradition et des rituels ayant ordonné la religion gauloise, les Druides disparaîtront bien avant pourchassés et assassinés par les romains qui les jugeaient dangereux ( leurs activités sont interdites dès le règne de Claude vers 45 de notre ère, et ils disparaissent définitivement sous Tibère.


Culte de la nature et des esprits adoration d'une myriade de dieux et déesses

Les cimes des montagnes, les lacs, les étangs, les sources (fontaines), les grottes, les arbres dont le chêne mais aussi l'if le coudrier le sorbier, sont considérés comme la résidence d'esprits qui participent des croyances et des cultes domestiques et donnent lieu à des rituels incantatoires, divinatoires, des pratiques de magie.

Aux cultes officiels est rattachée toute une myriade de dieux et déesses, dont les noms les fonctions changent parfois selon les régions et avec le temps. Le panthéon des dieux et déesses gaulois compte quelque 2300 théonymes (noms de dieux et déesses) ou épithètes (adjectif qui désigne un dieu ou une déesse par l'une de ses qualités ou attributions) avec une multitude de noms répertoriés, 90 appellations différentes par exemple pour l'équivalent du dieu de la guerre.

Qu'ils soient hommes ou femmes, les dieux gaulois se divisent en deux grands groupes : les divinités ouraniennes (du ciel), et les divinités chtoniennes (de la terre)

Les dieux

Il existe de nombreux théonymes qui renvoient aux divinités les plus importantes : Lug Taranis Teutatès Bellenos Sucellus (dieu de la Vie et de la Mort) et Cernunnos maître des domaines souterrains, dieu de la nature et du renouveau.

  • Lug

    Sans doute le plus important en Gaule, placé au sommet de la hiérarchie divine par les druides, considéré comme le protecteur du commerce, l'inventeur des arts et des techniques. Il était aussi doté de compétences guerrières et il symbolisait le pouvoir royal. Il est ainsi représenté avec un sanglier, un corbeau ou une boule de gui. Le nom de «Lug» n'est attesté que par deux inscriptions, mais divers noms de lieux y font directement référence, dont Lugdunum (Lyon).
  • Taranis

    Son nom, qui peut légèrement varier (Taranus, Taranuos, Taranucnus) de la racine indo-européenne ten- qui a le sens de « tonner, gronder ». Dieu du ciel, Il est le plus souvent représenté avec une roue, ou tenant d'une main des éclairs zigzagants. Il est aussi évoqué comme dieu de la guerre.
  • Toutatis

    Encore appelé Teutatès le dieu de la guerre; il porte souvent un casque, une épée et un bouclier. La traduction littérale de son nom (celui du peuple) indique une fonction plus large de protection de la cité de la tribu ou d'une région.
  • Belenos

    Le dieu des arts et de la médecine, tour à tour :
    dieu guérisseur rattaché à la symbolique solaire. Il est représenté avec des éléments qui ont trait à la lumière, au cheval et à la navigation, représentations évoquant la course du soleil dans le ciel. On le retrouve sous les noms de Belenos ou Belinus, ( le brillant), ou encore de Grannus (le Rayonnant)

    dieu des eaux thermales: sous les noms de Borvo ou Bormo (Le Chaud, Le Bouillonnant)

    On le trouve aussi sous des appellations locales, chacune liée à un seul site.

    Les déesses
  • Epona

    Le nom de cette déesse vient du celte «epos», le cheval. Elle protège les chevaux et les cavaliers. Son succès est tel qu'elle a été adoptée plus tard par les Romains : palefreniers, voyageurs ou soldats se sont placés sous sa protection. La déesse est représentée avec ou sur un cheval (ou un poulain), souvent vêtue d'un long manteau. Elle tient parfois une corne d'abondance ou de la nourriture (gâteaux ou fruits)

    La plupart des déesses apparaissent associées à un dieu, leur conjoint; on les désigne alors sous le terme de «parèdres de divinités masculines». Elles renforcent les attributions de leur époux ou les complètent. C'est ainsi que Sirona (la Lune) et Belenus ou Grannus (le Soleil) forment un couple de nature complémentaire

    Dans un rôle tout aussi traditionnel dans la sphère des déesses et des dieux, de nombreuses déesses incarnent la maternité. Elles sont généralement invoquées au pluriel dans les inscriptions (Matres, Matronae), et sont souvent représentées par groupe de trois.
  • Les «anges gardiens»

    Beaucoup plus individualisées, les Suleviae, «celles qui gouvernent bien», sont des déesses protectrices considérées comme personnelles par ceux qui les interpellent, l'équivalent de nos anges gardiens. A la fois mères, épouses et protectrices, les déesses peuvent aussi être guerrières. On trouve ainsi des divinités féminines dont le nom se construit autour du radical boudi, la victoire, comme Boudina ou Boudiga.
  • Rigane

    Les Riganes, que l'on trouve sous différentes appellations assez proches (Rigana, Rigina, Regina, Regiava), sont des divinités trônantes associées à des symboles royaux et parfois à des fauves.
  • Les dieux fleuves

    Il existe chez les Gaulois un bon nombre de divinités très spécialisées, dont se sont inspirés probablement les chrétiens (saints catholiques), dans la fonction par exemple de protection d'un corps de métier : Ucuetis était ainsi le dieu des métallurgistes. Par ailleurs, beaucoup de dieux – et plus encore de déesses – étaient des divinités topiques (liées à un lieu), comme Nemausus (Nîmes) ou des divinités tutélaires. Presque tous les grands fleuves et les chaînes de montagne les plus importantes avaient ainsi leur dieu, dont ils portent le nom, comme Renus pour le Rhin ou Alpes pour les Alpes.

Les druides, gardiens de la tradition

Pour honorer ces multiples dieux, le chef de famille, du village, ou le patron ont autorité : pouvoir spirituel et temporel ne sont pas séparés, et il n'y a pas d'acte social qui n'ait aussi une part de religieux.

Mais les grands gardiens de la tradition et des rituels sont les druides, grands savants en celte, apparus vers 300 avant l'ère commune. Intellectuels polyvalents, (philosophes, astronomes, physiciens, mages, sacrificateurs…) Ils appartiennent à la classe sociale la plus élevée, sont exemptés de l'impôt et du service militaire. Ces hommes éduquent la jeunesse aristocratique tiennent à jours les comptes publics et privés, et rendent aussi la justice entre individus et états. Ainsi si leurs verdicts ne sont pas respectés, les sanctions peuvent aller jusqu'à l'interdiction d'assister aux sacrifices, ce qui équivaut à s'exclure socialement. Mais en tant que représentants des grandes divinités souveraines, ils ont surtout créé une unité religieuse dans un monde qui n'a jamais connu de véritable unité politique. Leur présence qui assure le contact entre le visible et l'invisible est garante de la validité des rituels et la condition nécessaire à tout sacrifice.

A leurs côtés, dans le même groupe social, on trouve aussi les bardes, dont la mission est de transmettre la tradition par oral, en l'occurrence par les chants, et enfin les vates, des prêtres subalternes qui les assistent dans les sacrifices et sont spécialistes de l'interprétation des augures. Si les gaulois savent lire et écrire, les druides interdisent de transcrire tout ce qui se rapporte à la religion, cela étant considéré comme blasphématoire
Il leur est interdit de porter tout signe distinctif et d'amasser des richesses, raisons pour lesquelles les archéologues n'ont pu identifier aucune sépulture de druides.


Quelques rituels

Due à la quasi absence de vestiges archéologiques, il est difficile de trouver des informations concernant les sanctuaires. Certains en Gaules du Nord, de plan carré, étaient entourés d'une fosse qui servait aux sacrifices (on y jetait chevaux chiens parfois des humains) et d'une palissade. On y retrouve aussi des armes, des bijoux, des monnaies, des outils, certains objets servant probablement d'offrandes.

Certains sanctuaires avaient un caractère purement éphémère, tels ceux construits pour les grandes fêtes dont celles données par des chefs ou des rois. Un vaste espace de plusieurs centaines d'hectares était enclos, on y amoncelait des vivres, des tonneaux de vin, ou de boissons rares. Ouverts à tous, un festin de plusieurs jours commençait, difficile cependant d'affirmer s'il s'agissait d'un banquet, d'un lieu de justice ou d'un réel lieu religieux.

Les Gaulois s'adressaient à leurs dieux pour demander quelque chose, s'excuser d'une faute, passer un contrat du type si tu sauves mon enfant, je jure de te donner ceci ou de faire cela, et enfin pour des remerciements.

  • Cueillette rituelle du gui

    C'est l'une des plus anciennes cérémonies, la plus connue aussi. Le gui est cueilli au solstice d'hiver à sa floraison, seul symbole de vie au milieu d'une nature en sommeil. Il est perçu comme une plante étrange, comme tombée du ciel, et dont l'aspect du fruit, une perle blanche, lui donne le statut de cadeau dés lors qu'elle est rattachée à un arbre sacré, le rouvre (variété de chêne prédominante en Gaule).

    Sa cueillette obéit à des règles strictes, le 6ème jour de la lune, lorsqu'elle est montante. Elle donne lieu à des sacrifices, un banquet au pied de l'arbre porteur, les divinités sont conviées à partager avec les prêtres les viandes des bêtes sacrifiées. Un druide, vêtu de blanc coupe avec une faucille d'or le gui qui est recueilli dans un drap blanc. Alors sont sacrifiés deux jeunes taureaux blancs qui n'ont jamais travaillé dans les champs.

    Ensuite la plante peut servir de remède favorisant la fécondité et guérir toute maladie. La symbolique est rigoureuse, bâtie sur les notions de pureté et de vigueur (chêne, taureau, lune ascendante). Chez les Gaulois, la sixième lune désignait le début des mois, des années et des siècles qui comptaient trente années.
  • sacrifices humains

    Les druides avaient entre autres fonctions celle de prédire l'avenir et, pour ce faire, ils offraient des sacrifices. Le plus souvent des animaux dont ils inspectaient les entrailles, mais parfois aussi des êtres humains. Selon des dires romains, un druide portait un coup d'épée dans le dos de la victime, et le vates en tirait des augures en interprétant sa façon de tomber à terre.

    L'incinération étant la règle à cette époque, on a néanmoins retrouvé au cours de fouilles archéologiques des sépultures de sacrifiés notamment dans les Ardennes au sanctuaire d' Acy-Romance près de Rethel. Dans cet endroit on a retrouvé 19 jeunes hommes dans de petites fosses circulaires en position assise la tête entre les pieds. Les différentes études menées, notamment anthropologiques, permettent de reconstituer les étapes du rituel accompli. Les sacrifiés n'étaient enterrés qu'après avoir séjourné au fond du puits tout proche, dans une caisse de bois, le temps de la momification complète de leur corps par dessèchement naturel.

    Ces sacrifices étaient pratiquer l'hiver pour éviter la putréfaction des cadavres. Trois autres individus de sexe masculin, des adultes d'un certain âge cette fois, ont subi une destinée comparable, mais ont été ensevelis dans une posture toute différente : en position assise en tailleur, leur corps nus desséchés après une exposition à l'air libre, pendant un temps vraisemblablement assez long, avant d'être déposés dans de petites fosses carrées. Tous trois, la tête haute face au soleil levant, semblent rendre un hommage éternel à celui-ci. Ces rites cruels abandonnés à la fin du II° siècle avant notre ère ont été remplacés par des sacrifices d'animaux, suivis de festins communautaires.

    De la religion gauloise, transmise qu'oralement, il subsiste peu de traces. Les mouvements New Age, les raves, l'engouement pour la musique celtique, et d'autres recherches en spiritualité du XXIe siècle se sont emparés du druidisme pour l'accommoder à leur sauce. Certains s'aventurent à dresser des équivalences entre la religion gauloise et l'hindouisme. Elles ont probablement les mêmes racines mais développées dans un environnement géographique, humain, politique, économique, différent, elles enrichissent chacune par leurs particularités le patrimoine cultuel de l'humanité et attestent, semble-t-il, d'une recherche humaine planétaire constante de spiritualité.

    Lire aussi notre article sur

    le chêne

    Consulter les fiches ateliers écologiques

    si j'étais un arbre
    l'arbre à musique










Culte gaulois

Lundi 30 Mai 2005

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