Quelque soient les révélations des études à venir, des initiés sont préoccupés par ce qui apparaît nettement comme une tendance en expansion. Le commerce mondial continuera à générer des scandales de déchets, dit le directeur d' UNEP (United Nation Environnemental Program, Programme Environnemental des Nations Unies) Steiner, parce que « la contrebande de déchets dangereux devient de plus en plus lucratif. » Steiner veut voir son agence mieux équipée pour identifier de tels « affaires corrompues ayant des conséquences mortelles » avant qu'elles ne se fassent, et qu'on impose de « lourdes amendes « à ceux qui violent les lois. L'agence de l'ONU projette d'envoyer 13,5 millions de dollars en aide immédiate en Côte d'Ivoire.
L'organisation internationale environnementale Greenpeace craint également que les nations émergentes et leurs régimes souvent corrompus n'offrent une nouvelle fois au monde industrialisé des options de traitements des déchets à bon marché. Bien que ces pratiques aient diminué quelque peu ces dernières années suite à différents traités adoptés, il y a actuellement de plus en plus de rapports faisant état de tentatives d'exporter des déchets toxiques. Cela a poussé le directeur exécutif de Greenpeace International, Gerd Leipold, à mettre en garde contre « un colonialisme de déchets toxiques ». Comme le montre un certain nombre de cas récents, les préoccupations de Leipold ne sont pas sans fondement.
- Des ballots de déchets plastiques collectés sous la responsabilité d'un programme de recyclage ménager allemand « Point Vert » ont fini dans le désert égyptien
- Au Nigéria, un homme d'affaires a été payé 100 dollars par mois pour stocker des milliers de containers de déchets toxiques italiens sur sa propriété.
- Dans un accord passé entre le gouvernement du pays ouest africain du Benin et signé avec la France, le Benin reçoit une avance de paiement de 1,6 millions de dollars et 30 ans d'aide au développement en échange de l'acceptation de déchets dangereux, inclus des déchets radioactifs.
Souvent dissimulés sous l'exportation de « biens de valeur » de grandes quantités d'ordinateurs en pièces, de téléphones mobiles et d'autres gadgets électroniques de même que des vieilles voitures et refrégérateurs sont envoyés en Afrique – touts contenant des substances dangereuses, dont certaines sont très toxiques, inclus du pétrole, des dioxines et des PCB.
Un accident avec des conséquences épouvantables avec des déchets toxiques pourrait bien déjà être en préparation en Somalie, pays ravagé par la guerre sur la côte est de l'Afrique. Le tsunami de décembre 2004 a aussi touché les côtes sableuses de la Somalie, où 300 personnes ont péri. L'organisation allemande d'aide Caritas a fourni une aide humanitaire à travers son organisation partenaire somalienne tout spécialement aux pêcheurs somaliens touchés par cette vague géante.
Des somaliens ont emmenés des travailleurs humanitaires de Caritas sur la plage pour leur montrer une découverte étrange. Le tsunami a mis à découvert de grands containers dans les sédiments au large de la côte plate du pays et les a poussés vers la côte. Les containers non étiquetés d'origine inconnue sont précautionneusement scellés. En frappant sur ces containers, les travailleurs ont découvert qu'ils contenaient un liquide.
Caritas a embauché l'ancien directeur de Greenpeace Andréas Bernstorff, pour l'envoyer en Somalie où il a fournit aux travailleurs locaux des vêtements de protection. Des plans initiaux de transvaser des containers les toxiques dans d'autres containers ont été abandonnés. Au lieu de cela, les travailleurs ont enveloppé provisoirement les mystérieux containers dans de la fibre de verre.
Citant des « raisons de sécurité » à cause de la guerre civile en Somalie, l'UNEP a refusé de mener une enquête. C'est connu que d'importants transports maritimes de déchets toxiques, provenant spécialement d'Italie et de Suisse, ont été amenés en Somalie dans les années 80, et on pu être jetés au large de la côte. Le problème ne peut être résolu qu'en faisant un forage professionnel dans les containers aux parois épaisses en respectant des conditions strictes. Néanmoins, toute information nouvelle pouvant être révélée par les tests ne pourrait, après tant d'années, réellement avoir de conséquences significatives.
Mais le cas du Probo Koala, d'un autre côté, a produit une pression politique en Hollande, spécialement contre Pieter van Geel, le secrétaire d'état hollandais à l'environnement, dont les inspecteurs ont certifié que la bouillie noire était « des déchets de navire » relativement sans danger. Le plan actuel prévoit que les déchets toxiques d'Abidjan soient récupérés et brûlés dans une usine de traitement de déchets française.
Pour les enquêteurs hollandais la société Trafigura, une société de commerce pétrolier qui est soupçonnée d'être derrière ce scandale, n'est pas inconnue. Un tribunal du Texas a ordonné à la société établie en 1993 de payer des amendes et de reverser des profits d'environ 20 millions de dollars pour avoir violer les lois américaines et violer les règles d'embargo dans le cadre du programme « pétrole contre nourriture » en Irak.
Une commission d'enquête de l'ONU croit aussi que Trafigura a versé de larges sommes d'argent au fils ( Kojo Annan ) du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan.
Dans le cas présent, la société insiste sur le fait que « la cargaison a été traitée de façon adéquate ». Néanmoins, selon les porte paroles de la société, Trafigura est « concerné » par «les résidus de la cargaison de pétrole» en Côte d'Ivoire.
Source et copyright : article de Der Spiegel traduit de l'Allemand en anglais par Christopher Sultan intitulé
TOXIC-WASTE SHIP "PROBO KOALA"
Profits for Europe, Industrial Slop for Africa
De Sebastian Knauer, Thilo Thielke et Gerald Traufetter
Paru sur le site anglais de Der Spiegel le 18 septembre
http://www.spiegel.de/international/spiegel/0,1518,437842,00.html
Traduction bénévole par MD pour information à caractère non commerciale pour Planète Non Violence
Plus d'information sur le site de Greenpeace
De la Barbarie Coloniale à la Politique Nazie d'Extermination