information critique contre l'islam conquerant supremaciste le terrorisme
Impérialisme US

Comment Obama Excuse La Torture - Bruce Fein

Ancien responsable au Département de la Justice sous Reagan, Bruce Fein écrit que la décision d'Obama de rendre les mémos de la CIA publics sans engager de poursuite judiciaire contre les responsables de l'Administration Bush c'est se moquer de son devoir constitutionnel



Comment Obama Excuse La Torture - Bruce Fein
Tout ce que je dis semble acceptable.

Merci Georges .W. Bush.

Copyright Hajo - Assafir

Jeudi 16 avril, répondant à une action judiciaire à l'initiative d'ACLU (American Civil Liberties Union), le Président Barak Obama a rendu public 4 mémos rédigés par le Bureau du Conseil Legal (OLC) sous l' Administration Bush pour la CIA justifiant la torture ou des traitements cruels inhumains ou dégradants. ( Les méthodes avancées d'interrogatoires de la CIA ont été copiées d'un programme communiste chinois de lavage de cerveau appliqué aux Américains capturés lors de la guerre contre la Corée du Nord et qui ont provoqué de fausses confessions). Chaque mémo étayaient ses conclusions de notifications telles l'absence de précédent judiciaire, et concédait que des personnes pourraient logiquement contester leurs conclusions déculpabilisantes. Les mémos ont plus tard été abandonnés comme juridiquement inappropriés.

Obama a crée, au nom de la sécurité nationale, un précédent de blanchiment du manque de respect des lois par la Maison Blanche, qui traînera comme une arme chargée prête à être réactivée par tout commandant en chef pressé d'apparaître " dur contre le terrorisme" et d'exploiter la peur populaire.

De plus, Obama a promis que tout le personnel de la CIA complice de torture s'appuyant sur de mauvais conseils de l' OLC ne serait pas poursuivi. Il est allé plus loin en s'engageant à les défendre contre des enquêtes criminelles par des juridictions étrangères et de les indemniser s'ils encourent des dommages et intérêts pour avoir mal agi constitutionnellement ou statutairement. Obama défend de même l'ancien vice assistant de l'OLC, le procureur général John Yoo, contre une poursuite pour torture engagée par Jose Padilla déclaré coupable de terrorisme en 2007 après que le gouvernement ait renoncé contre lui aux accusations qu'en tant qu"ennemi combattant" il avait conspiré pour faire exploser "une bombe sale". On a également renoncé au mémo de Yoo sur la torture qui a été discrédité. Obama a également promis de continuer le duumvirat de Bush -Cheney revendiquant le recours au secret pour des données liées à la sécurité nationale car le "monde est dangereux". En fait, il n'a pas agi volontairement en ce qui concerne l'initiative de publier ces 4 mémos de l'OLC, mais a répondu à une initiative judiciaire invoquant la loi sur la liberté d'information (Freedom of Information Act). Et le Président Obama s'est fait l'écho des arguments invoqués sur les secrets d'état de Bush - Cheney pour bloquer des poursuites judiciaires s'interrogeant sur la légalité d'espionner les Américains sans mandat légal ce qui contrevient au quatrième amendement de la loi fédérale, ou sur le fait de demander des dommages comme victime de torture. En plus, Obama a été incapable de citer un seul cas ou la transparence s'est avérée plus dangereuse pour les libertés du peuple américain que ne l'a été le secret, donnant naissance à COINTELPRO, Shamrock, Minaret, Abu Graib, et la torture de 14 prisonniers "d'Al Qaeda de grande valeur" dans des prisons secrètes à l'étranger (selon le Comité International de la Croix Rouge).

Le même jour où Obama excusait la torture et promettait encore plus de gouvernance secrète, le New York Times publiait ( http://www.nytimes.com/2009/04/16/us/16nsa.html?_r=1) un article en une révélant les interceptions apparemment illégales de l' Agence Nationale à la Sécurité (NSA) des emails et appels téléphoniques des citoyens américains des Etats Unis sans mandat de perquisition individuel. Les interceptions allaient bien au delà de l'autorisation de mandat de perquisition collective pour espionner des personnes dont il est prouvé qu'elles résident en dehors des Etats Unis, interceptions qui ont été autorisées suite à des amendements apportés au Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA) mis en application en Septembre dernier. Le Président Obama a renoncé à sanctionner un seul fonctionnaire impliqué dans les dernières violations apparentes d'un statut qu'il a soutenu en tant que Sénateur. De même il a choisi la non poursuite pour l'ancien président Bush, l'ancien vice président Dick Cheney et des responsables de haut rang à la NSA et à la CIA qui ont autorisé pendant plus de 5 ans des violations du FISA : principalement l'espionnage sans mandat de citoyens américains en territoire américain en contravention flagrante du FISA, voir ci après.

La preuve est maintenant indéniable. Le Président Barak Obama se moque de son obligation constitutionnelle constante inscrite dans l' Article II Section 3 de " faire en sorte que les lois soient fidèlement exécutées". Il renie également sa promesse écrite de campagne de restaurer le règne de la loi, de la transparence, et de rendre des comptes à la Maison Blanche. Il fait montre d'une psychologie d' empire arrogant à l'opposé d'une république modeste, en continuant et en amplifiant la guerre globale et perpétuelle du duumvirat Bush Cheney contre le terrorisme international sans aucun égard pour les souverainetés étrangères et les vies des civils.

Encore plus décevant, Obama s'est montré un lâche politiquement dangereux pour la République. Avant le 16 Avril, il avait décidé qu'il n'y aurait pas d'enquête criminelle contre le duumvirat Bush Cheney ou leurs cercles rapprochés pour la complicité dont ils se sont vantés en matière de torture, i.e., simulation de noyade, que le procureur général a qualifié de torture. De même il a renoncé à toute enquête sur les kidnappings extraordinaires qui ont donné lieu , entre autres choses, aux poursuites et condamnation in absentia de 25 agents de la CIA à Milan, Italie, pour le kidnapping et la torture du clerc égyptien, Abu Omar.

Obama n'a fait aucun effort pour faire correspondre son refus d'enquêter sur des preuves crédibles et substantielles de violations à son obligation constitutionnelle d'exécuter fidèlement, et non pas de saboter, les lois. Il s'est appuyé exclusivement sur la politique comme si la loi n'était rien de plus qu'une constellation de calculs politiques avec des motifs ultérieurs. Obama a insisté sur le fait que les enquêtes sur Bush Cheney perturberaient la symphonie à la Toscanini qu'il avait promis à la classe politique dans les couloirs du pouvoir. Des calculs politiques comparables expliquent pourquoi le président d'Afghanistan Hamid Karzai a renoncé à poursuivre en justice le nombre infini de responsables afghans impliqués dans la corruption effarante, l'inefficacité, et la soumission des femmes - Obama déplorant tout cela.

En balayant sous le tapis le non respect de la loi par Bush -Cheney, Obama a crée au nom de la sécurité nationale un précédent de blanchiment du manque de respect des lois par la Maison Blanche, qui traînera comme une arme chargée prête à être réactivée par tout commandant en chef pressé d'apparaître " dur contre le terrorisme" et d'exploiter la peur populaire. Obama s'est empressé de dire que les crimes étaient justifiés parce que le duumvirat a agi pour protéger la nation du terrorisme international. Mais le Congrès n'a pas crée une défense de sécurité nationale pour torturer ou commettre des violations du FISA.

Le Président Obama aurait du invoquer son pouvoir de pardon s'il croyait que les circonstances justifiaient les crimes de Bush et Cheney et des interrogateurs de la CIA. Un pardon, ou un acte de moindre clémence exposent le Président qui doit rendre des comptes politiquement, comme Bush l'a découvert avec le chef du personnel de Cheney, Scooter Libby, et le président Ford avec l'ancien président Nixon. Plus significatif, un pardon ne crée pas un précédent rendant légal ce qui est illégal. Il reconnait la criminalité de l'activité incriminée, et l'acceptation du pardon c'est pour celui qui en bénéficie admettre qu'il est coupable. Les Pardons laissent non souillée la doctrine " Ex parte Miligan ( 1866) : " La Constitution des Etats Unis est une loi pour les dirigeants et le peuple, à la fois en temps de guerre et de paix, et couvre par le bouclier de sa protection toutes les classes d'hommes et de femmes à toutes les époques et en toutes circonstances. Aucune doctrine impliquant des conséquences plus pernicieuses n'a jamais été inventée par l'esprit de l'homme, que celle que l'une de ses dispositions puisse être suspendue lors de l'une des exigences importantes du gouvernement".

Obama peut être cité à comparaître pour sa politique de refus de poursuite judiciaire, de maintien du secret, et de refus de rendre des comptes. Le 16 Avril, en rendant public les 4 mémos de l'OLC, Obama a affirmé : " enrôler nos valeurs ( telles le règne de la loi et de la transparence) pour la protection de notre peuple nous rend plus forts et plus sécurisés. Une démocratie aussi déterminée que la notre doit rejeter le faux choix entre notre sécurité et nos idéaux ( comme le règne de la loi ou la gouvernance éclairée)... Je crois fort en la transparence et le fait d'avoir à rendre des comptes... Les Etats Unis sont une nation de lois".

Ces mots devraient être pris " cum granis". Bush et Cheney ont également insisté sur le fait que tout ce qu'ils ont fait respectait la Constitution et était indispensable pour éviter un nouveau 11 Septembre. La promesse d'Obama de changement a prouvé n'être rien de plus qu'une simple jonglerie verbale.

Bruce Fein - 17/04/09

Source : http://www.thedailybeast.com/blogs-and-stories/2009-04-17/how-obama-excused-torture/

Bruce Fein est l'auteur d'un livre intitulé " Constitutional Peril: The Life and Death Struggle for Our Constitution and Democracy."


Information complémentaire

Le rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Manfred Nowak a déclaré que la décision du Président Barack Obama de ne pas poursuivre les interrogateurs de la CIA qui ont utilisé la simulation de noyade sur des personnes suspectées de "terrorisme" constituait une violation du droit international.

"Les Etats Unis, comme tous les autres états, parties prenantes de la Convention contre la torture de l'ONU, se doit de faire procéder à des enquêtes criminelles portant sur des actes de torture et de faire comparaître devant un tribunal toute personne contre laquelle il existe une preuve évidente valable".

Nowak a suggéré que soit établi une commission indépendante avant que les suspects ne soient jugés et a dit qu'il était important que les victimes soient indemnisées.

Les 4 mémos publiés portent sur l'approbation de l'utilisation de techniques de torture telles le simulacre de noyade, la nudité forcée, la privation de sommeil pendant de longues périodes, et lâcher des insectes dans des endroits exigus où étaient placés des prisonniers. Cette dernière technique a été utilisée contre les enfants de Khalid Sheikh Mohammed, accusé d'être le cerveau du 11 Septembre, qui ont été capturés en Septembre 2002 au Pakistan, le mémo sur l'utilisation des insectes datant du 01/08/2002. Lors de la tenue d'un tribunal militaire en 2007, Ali Khan, le père d'un détenu de Guantanamo, Majid Khan, qui a fourni un compte rendu détaillé des techniques d'interrogation de son fils, a affirmé que des gardes pakistanais avaient avoué que des interrogateurs américains avaient utilisé des fourmis pour obliger les enfants de Khalid Sheikh Mohammed à révéler où se trouvait leur père. Dans l'une de ses déclarations, Ali Khan affirmait que l'un de ses fils avait été détenu au même endroit que les enfants de K. S. Mohammed.

"Les gardes pakistanais ont dit à mon fils que les garçons, à l'époque âgés de 7 et 9 ans, étaient détenus dans un endroit séparé à l'étage et qu'on leur avait refusé de la nourriture et de l'eau. Ils ont également été torturés mentalement en ayant des fourmis et autres insectes placés sur leurs jambes pour les effrayer et pour les faire avouer où se cachait leur père"

Obama ne bénéficie d'aucune circonstance atténuante telle sa méconnaissance du droit. Il a une formation de juriste et connaît bien le droit américain, international, et les détails de la Constitution américaine. Comme la justement noté Bruce Fein dans son article : " Il fait montre d'une psychologie d' empire arrogant à l'opposé d'une république modeste, en continuant et en amplifiant la guerre globale et perpétuelle du duumvirat Bush-Cheney contre le terrorisme international sans aucun égard pour les souverainetés étrangères et les vies des civils."

Dimanche 19 Avril 2009
Traduction et Synthèse Mireille Delamarre

Dans la même rubrique :
1 2 3

TERRORISME | Impérialisme US | OTAN | changements stratégiques géopolitiques | archives Impérialisme Américain 2005-2008