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Comment Hitler est devenu dictateur

Comment Hitler est devenu dictateur alors que l’Allemagne, après la première guerre mondiale, était une république démocratique ? Ce peut-il qu’une démocratie puisse se transformer en dictature avec l’actif soutien d’une grande majorité de ses citoyens ? En Europe en général, et en France en particulier, les leçons de l’histoire ont-elles été tirées ?



Comment Hitler est devenu dictateur

Comment Hitler est devenu dictateur

Le 13 mars 1932, lors des élections présidentielles en Allemagne, il y avait 4 candidats : Paul von Hindenburg, Hitler, et deux autres candidats de moindre importance, Ernst Thaelmann et Théodore Duesterberg. Les résultats électoraux furent les suivants :

Hindenburg : 49,6 %
Hitler : 30,1 %
Thaelmann : 13,2 %
Duesterberg : 6,8 %

Ainsi donc, presque 70 % des allemands avaient voté contre Hitler, et Joseph Goebbels, qui deviendra plus tard le ministre de la propagande nazie, se lamentait dans son journal « Nous sommes battus ; terrible perspective. Les comités du parti sont terriblement déprimés et découragés ».

Cependant, comme Hindenburg n’avait pas obtenu la majorité des votes, une élection entre les 3 premiers candidats arrivés en tête devait avoir lieu. Le 19 avril 1932, les résultats de celle-ci étaient :

Hindenburg : 53 %
Hitler : 36,8 %
Thaelmann : 10,2 %

Même si les votes pour Hitler avaient légèrement augmenté, il n’en reste pas moins que le peuple allemand continuait de le rejeter.

En juin 1932, Hindenburg a nommé Franz von Papen comme chancelier d’Allemagne, une figure « inattendue et grotesque ». Papen a de suite dissous le Reichstag (le Parlement National) et appelé à de nouvelles élections, les 3èmes élections législatives en 5 mois.

Hitler et ses compagnons, membres du parti national socialiste (nazi) absolument déterminés à provoquer la chute de la République et établir un régime dictatorial en Allemagne, ont fait tout leur possible pour créer le chaos dans les rues, y compris en initiant des violences politiques et des assassinats. La situation était devenue si mauvaise que la loi martiale fut proclamée à Berlin.

Bien qu’Hitler ait été sérieusement battu aux élections présidentielles, il attirait de plus en plus de foules lors des élections législatives.

« Durant la seule journée du 27 juillet, il a parlé à 60 000 personnes à Brandenburg, presque autant à Postdam, et le soir 120 000 se sont massées dans le stade géant de Grunewald à Berlin alors qu’à l’extérieur 100 000 l’écoutaient à travers les hauts parleurs. »


L’ascension d’Hitler au pouvoir

Le 31 juillet 1932, le parti national socialiste d’Hitler remporte une victoire décisive. Le parti obtient 230 sièges au Reichstag, ce qui en faisait le plus grand parti politique, mais il n’avait pas encore la majorité absolue au sein des 608 élus.

Fort de cette victoire, Hitler a demandé au président Hindenburg de le nommer chancelier pour s’assurer le contrôle totale de l’état. Otto von Meissner, qui travaillait pour Hindenburg a témoigné plus tard au procès de Nuremberg :

« Hindenburg a répondu que parce que la situation était tendue il ne pouvait pas en toute conscience prendre le risque de transférer le pouvoir du gouvernement à un nouveau parti tel que le parti national socialiste, qui n’avait pas la majorité, qui était intolérant, bruyant et indiscipliné. »

La paralysie politique du Reichstag a conduit à une nouvelle élection le 6 novembre 1932. Lors de celle-ci les nazis ont perdu 2 millions de votes et 34 sièges. Par conséquent, alors que le parti national socialiste restait le plus grand parti, il avait clairement perdu du terrain parmi les électeurs.

Hindenburg, essayant de trouver une solution au chaos et à la paralysie politique, a chassé Papen et nommé à la place le général de l’armée Kurt von Schleicher comme nouveau chancelier allemand. Mais ne pouvant s’assurer d’une coalition majoritaire au Reichstag, Schleicher a finalement donné sa démission 57 jours plus tard.

Le 30 juillet 1933, le président Hindenburg a nommé Adolphe Hitler comme chancelier d’Allemagne. Bien que le parti national socialiste n’ait jamais obtenu plus de 37 % du vote national, bien que minoritaire au cabinet et qu’il ait eu moins de 50 % des sièges au Reichstag, Hitler et les nazis ont commencé à consolider leur pouvoir.


Le Reichstag en feu

Le 27 février 1934, Hitler soupait chez Goebbels quand il a reçu un appel téléphonique urgent : « le Reichstag est en feu ! ». Hitler et Goebbels se sont précipités sur place où ils ont rencontré Hermann Goering, qui deviendra plus tard le ministre de l’armée de l’air d’Hitler. Goering s’époumonait ainsi :

« C’est le début de la révolution communiste ! Nous ne devons pas perdre une minute ? Nous n’aurons aucune pitié. Chaque responsable communiste doit être exécuté, là où on le trouve. Chaque député communiste doit être pendu aujourd’hui même. »

Le lendemain, le gouvernement prussien annonçait qu’il avait trouvé des publications communistes disant :

« Les immeubles du gouvernement, les musées, les hôtels particuliers, les principales usines doivent être brûlés… Femmes et enfants devaient être envoyés en première ligne face aux groupes terroristes… le feu au Reichstag devait être le signal de l’insurrection sanglante et de la guerre civiles … Il a été affirmé qu’aujourd’hui on verrait dans toute l’Allemagne des actes terroristes commis à titre individuels, contre des propriétés privées, et contre la vie des gens pacifiques, et aussi que ce serait le début d’une guerre civile générale. »

Alors comment Goering était-il si sûr que le feu avait été mis par les « terroristes » communistes ? Fut arrêté sur place, un communiste hollandais du nom de Marinus van der Lubbe. La plupart des historiens croient maintenant que van der Lubbe a en fait été dupé par le s nazis qui l’ont poussé à mettre le feu et même a probablement été aidé par eux, sans même sans rendre compte.

Pourquoi Hitler et ses acolytes fermeraient –ils les yeux sur une éventuelle attaque contre l’immeuble du Congrès ou aiderait-il à commettre un tel acte ? Parce qu’ils savaient ce que tous les responsables politiques à travers l’histoire ont su et savent : en cas de situation d’urgence nationale, les gens sont tellement terrifiés qu’ils abandonnent volontiers leurs libertés en retour pour la « sécurité ». Et c’est exactement ce qui s’est passé au cours de la crise « terroriste « du Reichstag.




Suspension des libertés civiles

Le lendemain de l’incendie, Hitler a persuadé le président Hindenburg de publier un décret « pour la protection du peuple et de l’état », justifié comme étant « une mesure défensive contre des actes communistes de violence mettant en danger l’état. ». Ce décret suspendait les garanties constitutionnelles concernant les libertés civiles.

« Restriction de la liberté personnelle, du droit à l’expression d’opinion, incluse la liberté de parole, des droits de s’assembler et d’association, et violations du caractère privé de la poste, des communications téléphoniques et télégraphiques, droit de perquisition des maisons sans ordre de perquisition, ordres de confiscations de même que de restrictions à la propriété, tout ceci est autorisé au-delà des limites légales prescrites habituellement. »

Deux semaines après l’incendie du Reichstag, Hitler demandait au Reichstag de lui déléguer temporairement ses pouvoirs pour qu’il puisse gérer la crise de façon adéquate. Dénonçant les opposants à sa requête Hitler a crié : « L’Allemagne sera libre, mais par grâce à vous ! ». . Les résultats du vote furent : 441 pour et 84 contre, donnant ainsi à Hitler une majorité de 2/3 nécessaire pour suspendre la constitution allemande. Le 23 mars 1933, ce qui est inscrit dans l’histoire de l’Allemagne comme « la Loi d’Habilitation » faisait d’Hitler le dictateur de l’Allemagne, libre de toute contrainte législative et constitutionnelle.

Le système judiciaire sous Hitler

« Sous la constitution de Weimar, les juges étaient indépendants, seulement tenus par la loi, protégés de licenciements arbitraires et liés en théorie par l’article 109 les obligeant à respecter l’égalité devant la loi. »

En fait, dans le cas de l’action terroriste contre le Reichstag, alors que la cour jugeait van der Lubbe pour ce crime (il fut exécuté), 3 autres accusés, tous communistes, ont été acquittés, provoquant la colère d’Hitler et de Goering. En l’espace d’un mois, les nazis ont transfèré la juridiction sur les cas de trahison de la Cour Suprême à un nouveau tribunal, le Tribunal du Peuple qui :

« Est rapidement devenu le tribunal le plus redouté de toute l’Allemagne. Il comprenait deux juges professionnels et 5 autres choisis parmi les responsables du parti, des SS, et de l’armée, ce qui donnait à ces derniers une majorité. Il n’était pas possible de faire appel des décisions et condamnations et ses sessions avaient en général lieu à huit clos. Cependant, à l’occasion, et pour des raisons de propagande, lorsque les condamnations étaient relativement légères, les correspondants de la presse étrangère étaient invités à y assister. »

L’un des accusés de l’incendie du Reichstag, qui avait mis Goering en colère pendant le procès en faisant un contre examen des dires de celui-ci, n’a pas bénéficié de son acquittement :

« Le dirigeant communiste allemand a été immédiatement placé sous « mandat d’arrêt protecteur » y restant jusqu’à ce qu’il décède pendant la seconde guerre mondiale. »

En plus du Tribunal du Peuple, qui s’occupait des cas de trahison, les nazis ont aussi crée un Tribunal Suprême qui s’occupait des cas de crimes politiques ou « d’attaques insidieuses contre le gouvernement ». Ce Tribunal :

« Comprenait 3 juges, qui devaient être obligatoirement des membres sûrs du parti, sans jury. Un procureur nazi avait le choix entre présenter les cas soit devant un tribunal ordinaire ou le tribunal spécial et choisissait toujours le deuxième, pour des raisons évidentes. Les avocats de la défense devant le Tribunal Suprême, comme devant le Tribunal du Peuple, devaient recevoir l’approbation des dirigeants nazis. Quelquefois même quand ils été acceptés, cela se passait mal. Ainsi les avocats défendant la veuve du DC Klausener, le dirigeant catholique assassiné pendant la « Purge Sanglante » ayant porté plainte en son nom pour réclamer des dommages de l’état ont été envoyé dans le camp de concentration de Sachsenhausen,où ils sont restés enfermés jusqu’à ce qu’ils retirent leur plainte. »

Même un traitement indulgent du Tribunal spécial n’offrait aucune garantie pour l’accusé comme l’a appris à ses dépends le pasteur Martin Niemoller qui après avoir été acquitté d’accusations politiques graves, quittant le tribunal, a été emmené par la Gestapo et envoyé dans un camp de concentration.

Les nazis ont aussi crée un concept légal celui du « Shutzhaft » ou « détention protégée » qui les autorisaient à arrêter et incarcérer les gens sans les inculper.

Le 2 août 1934, Hindenburg est mort, et le titre de président a été aboli. Hitler est devenu le Führer et Chancelier du Reich. Il a utilisé les 4 premières années des « pouvoirs d’urgence » reçus pour consolider son contrôle sur tout le pays.

Acceptation du nouvel ordre

Bizarrement, alors que sa dictature était devenue totale, Hitler est revenu tous les quatre ans devant le Reichstag pour renouveler la délégation temporaire de pouvoir octroyée grâce à la « Loi d’Habilitation «.

De leur côté, les allemands ont vite accepté ce nouvel ordre des choses. La plupart n’étaient pas affectés par ces nouvelles lois et décrets qui touchaient notamment les juifs allemands. Tant que les allemands gardaient la tête baissée, travaillaient durs, prenaient soin de leur famille, envoyaient leurs enfants dans les écoles publiques les organisations des jeunesses hitlériennes, et, le plus important de tout, ne s’impliquaient pas dans l’opposition politique au pouvoir, une visite de la Gestapo était peu probable. Les camps de concentration ont été crées dans les années 30, y croupissaient des milliers d’opposants à la dictature. Ces camps se sont transformés dans les années 40 en camps de la mort avec des chambres à gaz où sont morts des millions de personnes.

« La grande majorité des allemands ne semblaient pas se soucier que leur liberté personnelle leur ait été enlevée, qu’une grande partie de la culture ait été détruite et remplacée par un barbarisme débile, ou que leur vie et leur travail soient devenus enrégimentés à un tel degré jamais expérimenté auparavant même par un peuple habitué pendant des générations à être enrégimenté…La terreur nazie dans les premières années affectaient la vie de peu d’allemands et un observateur nouvellement arrivé était quelque peu surpris de voir que les gens de ce pays ne se rendaient pas compte qu’ils étaient intimidés… Au contraire, ils soutenaient cela avec un réel enthousiasme. Quelque part ils étaient imprégnés d’un nouvel espoir et d’une nouvelle confiance et de foi étonnante dans le futur de leur pays. »

Sources des informations et citations : un livre de William Shirer intitulé : The Rise and Fall of the Third Reich (« Le Troisième Reich ») 1959, un classique sur l’histoire du nazisme, et un article sur ce livre de Jacob G. Homberger publié en mars 2004 dans l’édition du Freedom Daily

Né à Chicago en 1904, William Shirer avait été très tôt fasciné par l’Europe où il avait beaucoup voyagé après avoir fini ses études en 1925. Il avait été correspondant en Europe, puis en Afghanistan et en Inde de plusieurs journaux américains, dont le « New York Herald Tribune », et de chaînes comme CBS News. Ecrivain, il fut l’auteur du « IIIe Reich » de « Coulez le Bismark » et « les Années de cauchemar », livre dans lequel il retraçait son séjour à Berlin de 1934 à la fin 1940. Dans son « IIIe Reich » qui lui valut en 1961 le National Book Award, Shirer décrit la montée et la chute du régime nazi. Pour écrire ce livre il s’était largement servi de ses notes et de son journal rédigés quand il était en Allemagne et sortis clandestinement fin 1940 lorsqu’il quitta ce pays pour échapper à la Gestapo. Dans les années cinquante, il avait figuré sur les listes noires aux Etats-Unis à l’époque de McCarthy pour s’être rangé du côté des auteurs de gauche d’Hollywood. C’est à cette époque qu’ayant perdu ses divers emplois, il en avait profité pour écrire son « IIIe Reich ». En 1990, il avait publié ses Mémoires en trois volumes. Il est décédé le 30 décembre 1993

Mots à Maux, Dictionnaire de la Lepenisation des Esprits

Sur la Seconde Guerre Mondiale à lire : "Le choix de la défaite" d'Annie Lacroix-Riz





Dimanche 3 Septembre 2006
Mireille Delamarre

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