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Impérialisme US

Colombie : La Guerre D’Obama Pour Le Pétrole

Une guerre contre les droits de l’homme et l’environnement



Colombie : La Guerre D’Obama Pour Le Pétrole

L’été dernier, le Président Obama a annoncé qu’il avait signé un accord avec la Colombie permettant l’accès à 7 bases militaires à l’armée US dans ce pays. Comme l’avait annoncé à l’époque le quotidien britannique The Guardian, « la location de 10 ans proposée permettra aux USA d’avoir accès à au moins 7 bases colombiennes - 3 bases aériennes, 2 bases navales et deux bases militaires terrestres - s’étendant du Pacifique aux Caraïbes ». Et, ces bases hébergeront jusqu’à 800 soldats et 600 personnels civils de sous traitants des Etats Unis. Comme l’avait expliqué The Guardian, cette annonce a provoqué la colère des pays voisins d’Amérique Latine et « détérioré la tentative de Barack Obama d’améliorer les relations des USA dans la région ».

Cette annonce a également provoqué la colère des défenseurs des droits de l’homme à la fois aux US et en Colombie, les US consolidant maintenant une alliance militaire plus confortable avec le pire régime qui soit en matière d’abus des droits de l’homme dans l’Hémisphère Ouest. Le cauchemar en matière de violation des droits de l’homme en Colombie alimenté par des milliards de $ d’assistance militaire US, comprend le déplacement forcé à l’intérieur du pays de prés de 4 millions de civils - le deuxième plus important déplacement mondial de population ( le Soudan occupant la première place) ; les assassinats ciblés de plus de 2700 syndicalistes depuis 1986 (de loin le nombre le plus important au monde) 35 ayant été tués pour la seule année 2009, de même que les assassinats ciblés d’environ 2000 civils par l’armée colombienne depuis l’arrivée au pouvoir du président Uribe.

En ce qui concerne les assassinats ciblés perpétrés par l’armée colombienne dans le « faux scandale positif » - une controverse impliquant des militaires assassinant des civils puis leurs faisant porter des vêtements comme ceux des guérilleros afin d’augmenter le décompte du nombre de morts de ces derniers garantissant ainsi plus d’aide américaine. Ce scandale s’est amplifié en début du mois quand 31 soldats colombiens attendant d’être jugés pour ces assassinats ont été libérés de prison à cause de l’échec du gouvernement colombien pour les juger en temps voulu.

Tandis que les US ont affirmé pendant des années qu’ils combattent une guerre de la drogue en Colombie, bien qu’ayant admis l’année dernière que leurs efforts pour cela n’avait pas permis de diminuer la culture du coca en Colombie ou l’exportation de cocaïne vers les US, la véritable raison de cette guerre a toujours été le contrôle des riches ressources en pétrole de la Colombie.

Effectivement, lors d’une présentation faite devant le Congrès US en 2000, intitulé « Drogues, et Politique Sociale en Colombie » - présentation pour discuter des mérites du nouveau plan Clinton pour la Colombie, à la suite de quoi les US ont envoyé des milliards de $ d’assistance militaire à la Colombie - l’un des témoins clés invités à témoigner en soutien à cette politique n’était autre que Lawrence Meriage, vice président de Occidental Petroleum. Pas surprenant que Mr Meriage n’ait rien eu à dire à propos de la drogue ou de la politique sociale en Colombie, mais beaucoup à dire sur la nécessité d’apporter une assistance militaire pour protéger ses pipelines de pétrole.

Actuellement, selon un article du 19 Janvier 2010 publié dans Bloomberg, « la Banque d’Exportation -Importation des US (une agence gouvernementale US) a annoncé le 19 Janvier avoir donné son accord pour un engagement préliminaire de 1 milliard de $ pour aider à financer la vente de produits et services de différents exportateurs US à Ecopetrol S.A, la compagnie nationale de Colombie ». Il faut noter qu’ Ecopetrol est un partenaire en affaire d’Occidental Petroleum basé à Los Angeles.

Citant un expert industriel, l’article de Bloomberg explique qu’ « Ecopetrol est agressive en matière d’exploration et de production » et que, avec l’aide financière de la Banque Export -Import « Ecopetrol doublera quasiment sa production de 1 million de barils de pétrole dés 2015 car la compagnie fore plus de puits en Colombie et dans des pays voisins d’Amérique Latine ».

Comme l’a expliqué dans un communiqué de presse publié le 12 Novembre 2009 l’organisation de défense des droits de l’homme Amazon Watch, Ecopetrol est actuellement engagé dans l’exploration de la terre sacrée de peuples indigènes U’wa et ce contre leurs souhaits. Un porte parole des U’wa a expliqué que, comme c’est toujours le cas, l’exploration et le forage d’Ecopetrol se font accompagné de l’armée colombienne, de même que des paramilitaires pour protéger les opérations d’Ecopetrol.

Comme l’indique le site même d’Ecopetrol, elle est aussi impliquée dans l’exploration de pétrole au Pérou et au Brésil. En ce qui concerne le Pérou, Survival international, une organisation des droits de l’homme basée en Grande Bretagne, qui défend les droits des tribus indigènes menacées, a mis en garde l’année dernière contre l’exploration d’Ecopetrol dans la jungle amazonienne péruvienne qui menace des tribus indigènes isolées dont l’existence même sera menacée par ces opérations. Comme l’a expliqué Survival International, ces tribus sont « particulièrement vulnérables à tout contact avec des étrangers à cause de leur manque d’immunité contre les maladies. » Des contacts précédents entre des compagnies et des tribus isolées se sont terminés par une mortalité de 50% de ces tribus.

Alors que l’actuelle administration semble avoir tendance à approfondir ses liens fatidiques avec la Colombie pour le pétrole, il existe encore une chance de faire dérailler cette politique. Eut égard au statut créant et régulant la Banque Export-Import, le Président des US (qui, selon un ordre exécutif de 1979 a délégué une telle autorité au secrétaire d’état) peut, après consultation avec les comités des deux chambres sur les banques, déterminer qu’une demande de crédit peut être refusée par la banque si l’extension de ce crédit a un impact « clair et important » sur la politique des US « dans le domaine du terrorisme international, de la prolifération nucléaire, de la protection environnementale et des droits de l’homme » ( 12.U.S.C Sec.635(2)(b)(1)(B).

En clair, la décision préliminaire d’étendre le crédit d’Ecopetrol a un impact négatif sur les droits de l’homme et l’environnement et devrait par conséquent être révoqué. Une action pour arrêter l’extension de ce crédit sur ces bases serait un effort à entreprendre par les organisations de paix et de solidarité US. De même, il existe encore une chance d’empêcher la décision des US d’avoir accès aux 7 bases militaires en Colombie. L’Administration ébranlée par les résultats électoraux du Massachusetts de la semaine dernière, c’est le moment d’essayer de faire pression pour qu’elle mette fin à sa politique dévastatrice en Colombie et dans le reste de l’Amérique Latine.

Daniel Kovalik 27/01/2010 - Juriste défenseur des syndicats et des droits de l’homme à Pittsburg, Pa.


Jeudi 4 Février 2010
Mireille Delamarre traduction

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