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Samedi 11 Octobre 2008
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Iran
Classer les Gardiens de la Révolution Iranienne comme Terroristes, une mesure envisagée par les US, un pas de plus vers une guerre contre l’Iran.L’administration Bush, a fait un grand bond vers une guerre contre l’Iran en déclarant la guerre à la branche principale de l’armée de l’Iran, le Corps des Gardiens de la Révolution Iranienne (IRGC) qu’elle projette de classer comme organisation terroriste.
Mesure Envisagée par les US les rapprochant d’une guerre contre l’Iran.
L’administration Bush, a fait un grand bond vers une guerre contre l’Iran en déclarant la guerre à la branche principale de l’armée de l’Iran, le Corps des Gardiens de la Révolution Iranienne (IRGC) qu’elle projette de classer comme organisation terroriste
Evolution logique du président des US, W. Bush, dans sa « guerre contre le terrorisme », mal définie et sans limite, l’initiative de la Maison Blanche est extrêmement dangereuse, ouvrant la voie à une confrontation avec l’Iran. Cela peut commencer en Irak, où on rapporte que les IRGC sont le plus actifs, et ironiquement où les US et l’Iran ont les plus grands dénominateurs communs. Un éditorial du New York Times a écarté cet acte comme « amateur » et un simple geste « théâtral » de la part d’un président sortant, tout en admettant en même temps que cela représentait une concession aux « faucons de l’administration obsédés par le conflit qui font du lobbying pour des frappes militaires. » Les analystes politiques qui argumentent que le principal impact de cette initiative est « politique » ont tout faux. C’est un pas de géant vers une guerre avec l’Iran, que ce soit ou non bien ou mal pensé, particulièrement en terme d’implications immédiates et à long terme, sans compter le moment choisi pour cela. Coïncidant avec le voyage dont il a été fait une grande publicité du président Mahmud Ahmadinejad en Afghanistan, Turkménistan, et Kyrgystan, les nouvelles ont été rapportées en première page du New York Times, à côté d’une photo d’Ahmadinejad et de son hôte afghan, le président Hamid Karzai, comme si cela avait été fait pour ternir ce moment en dénigrant le régime iranien. Il y a tout juste deux semaines, la secrétaire d’état US Condoleezza Rice a implicitement fait une comparaison de l’Iran avec l’ex Union Soviétique en invoquant des comparaisons avec la Guerre Froide, et en comparant l’Iran dans son essence à al Qaeda. Si un effet collatéral non intentionnel de la terminologie de la Guerre Froide c’était de mettre en valeur l’image mondiale de l’Iran, le label « terroriste » pour les IRGC vise à asséner un coup psychologique à l’Iran en délégitimant le pays. Cela sert aussi le but des Etats-Unis au Conseil de Sécurité des Nations Unies, ou une résolution préparée par la Grande Bretagne pour une nouvelle tournée de sanctions contre l’Iran concernant son programme nucléaire est dans l’air depuis un certain temps et sera probablement présentée cet automne. La résolution appelle à resserrer l’étau contre l’Iran en élargissant la liste noire des sociétés iraniennes et pourrait même conduire à l’interdiction de navigation des bateaux iraniens dans le Golfe Persique. Ceci est vraiment une initiative dangereuse qui pourrait facilement déclancher une confrontation. Les chances pour Bush d’utiliser « l’option militaire » s’amenuisant à cause des élections présidentielles US de l’année prochaine, les faucons de l’administration « c’est maintenant ou jamais « – ont reçu un vaste encouragement par l’initiative pour classer les IRGC comme terroristes. Cela ouvre la voie à des frappes potentielles US contre les installations des IRGC à l’intérieur de l’Iran, peut être comme prélude à des attaques plus étendues contre les installations nucléaires du pays. Au moins c’est comme cela que c’est interprété en Iran, dont les inquiétudes concernant la sécurité nationale sont au plus haut depuis l’annonce. « Le parler double des US avec l’Iran, parler coopération sécuritaire d’un côté et de l’autre affûter sa rhétorique guerrière, n’a pas de sens et donne l’impression que les supporters du dialogue ont perdu à Washington « selon ce qu’a dit à Asia Times on Line un éminent universitaire en science politique de l’Université de Téhéran qui souhaite conserver l’anonymat. Les US se sont eux –mêmes libérés de toute entrave pour une frappe contre l’Iran en ciblant les IRGC, et cela se traduit par une élévation des inquiétudes sécuritaires. « Les Etats-Unis n’ont jamais classé le KGB (les services secrets soviétiques) ou l’armée soviétique comme terroriste, et cela montre les limites de la comparaison avec la Guerre Froide « selon l’universitaire de Téhéran. Son seule optimisme : «il y a deux gouvernements US qui parlent de façon divergente, diplomatie dissuasive et action préemptive, et habituellement, historiquement parlant, cela veut dire paralysie politique». Cependant, personne en Iran ne peut se contenter d’un tel optimisme. L’effet clair, plutôt, de ce classement, qui suit l’ordre récent de « viser tuer » de Bush concernant les iraniens opérant en Irak accusés d’aider la résistance anti occupation, c’est d’élever les craintes d’une attaque « préemptive » des US contre l’Iran. Des responsables de haut niveau du gouvernement sont particulièrement inquiets, de même que les parlementaires et des fonctionnaires militaires et civils actuellement en poste ou retraités qui ont été ou sont d’une façon ou d’une autre affiliés aux IRGC. Il y a aussi une implication juridique. Selon le droit international, l’initiative des US pourrait être contestée comme étant illégale et non soutenable, en isolant une branche du gouvernement iranien pour ciblage sélectif. Ceci est contraire à l’engagement du gouvernement US lors des accords d’Alger de 1981 de non interférence dans les affaires internes de l’Iran. (1) Si la classification de terroriste était mise en place prochainement, les douanes US et les responsables de la sécurité nationale pourraient théoriquement arrêtés des membres de la délégation d’Ahmadinejad qui doivent voyager le mois prochain à New York au siège de l’ONU, parce qu’ils seraient suspectés de liens avec les IRGC. Même Ahmadinejad avec son passé de commandant du Corps Basij, une branche paramilitaire des IRGC risque d’être arrêté. Les US ont ouvert une boîte de Pandore avec une décision hâtive qui pourrait avoir des conséquences inattendues bien au-delà de sa diplomatie coercitive prévue contre l’Iran. La première victime pourrait être le dialogue US-Iran sur la sécurité en Irak, bien que cela calmerait les faucons israéliens qui redoutent le dialogue et gèlerait toute tentative de détente du style Guerre Froide entre Téhéran et Washington. Cela deviendrait plus difficile pour la Syrie de collaborer avec l’Iran en ce qui concerne le Hezbollah au Liban, qui doit beaucoup aux IRGC depuis ses débuts dans les années 80. Le consensus en Iran c’est que le chaos en Irak est dans l’intérêt d’Israël, mais pas dans celui des US, et que la politique des Etats-Unis au Moyen Orient est tenue en otage par les lobbyistes pro Israël qui ont dressé un portrait terrifiant des IRGC comme ennemis, ce qui n’est ni juste ni en accord avec l’histoire des interactions US-IRGC. Les US et les IRGC Le bruit actuel masque une histoire cachée de coopération entre l’armée US et les IRGC – en Bosnie Herzégovine, en Afghanistan et de plus en plus probable, en Irak. En Bosnie, l’armée US et les renseignements ont interagi avec les IRGC, qui avaient entraînés les musulmans bosniaques, et ont combattu à leurs côtés contre les ennemis serbes. Ils ont aussi fait passer des armes aux IRGC, via la Croatie, avec l’accord tacite du gouvernement des US. En Afghanistan, les commandants militaires US ont eu des interactions similaires avec les commandants des IRGC, incluse la division d’élite de Quds des IRGC, qui a soutenu les forces anti taliban et aidé ces forces à s’emparer de Kabul en 2001, et ce relativement facilement. En Irak, les IRGC ont soutenu différentes milices shi’ites de même que l’armée irakienne et les renseignements et, non officiellement, on peut les créditer du calme relatif qui règne dans les 8 provinces shi’ites, dont celles du sud. Le nouvel engagement diplomatique US avec l’Iran concernant l’Irak, a des effets directs et immédiats à l’intérieur de l’Irak avec la promesse de plus de résultats dans le cadre des comités conjoints d’experts mis sur pieds comme résultat des dernières rencontres pour le dialogue. Conformément à l’approche traditionnelle type Janus des Etats-Unis vis-à -vis de l’Iran, alors que les militaires et les renseignements iranien et US sont sur le point de s’embarquer dans des discussions sur l’Irak et la sécurité régionale, celles-ci seront par conséquent empêchées à partir du moment ou les IRGC seront classés comme terroristes. Une guerre d’usure à venir ? A l’idée d’une confrontation totale militaire entre les US et l’Iran, déclanchée par une attaque US contre les IRGC, peut se substituer une version diluée consistant en une « guerre d’usure » où, au lieu d’une guerre entre deux états, nous pourrions être témoins d’affrontements de faible ou de moyenne intensité. La question, alors, c’est si la super puissance américaine accro à sa doctrine militaire de « réponse supérieure et écrasante » tolérera des accrochages occasionnels avec les iraniens. La réponse c’est que c’est fort peu probable étant donné la myriade de problèmes de prestige et cela soulève à son tour la pertinence de cette initiative de classification incluant de vastes implications. Peu importe, la scène est déjà préparée pour des accrochages physiques directs entre l’Iran et les US, qui a accusé l’Iran d’être responsable de la mort de centaines de ses soldats à cause de bombes plantées en bordure de route et « fabriquées en Iran » (nous mettons nous même des parenthèses car aucune preuve de cette affirmation n’a été apportée à ce jour par l’armée américaine, nous ne voulons pas colporter de la désinformation ndlt). Un scénario plausible c’est que les US engagent une « poursuite chaude » des IRGC à l’intérieur du territoire iranien, initialement par le biais d’opérations commandos « toucher, s’enfuir », sollicitant une réponse iranienne, directe ou indirecte, qui pourrait potentiellement échapper à tout contrôle. L’hallucination d’une « petite guerre contre l’Iran » prolongée, qui en quelque sorte protégerait les deux côtés d’un gros « affrontement de Titans » est juste une fantaisie née et nourrie dans les esprits des faucons obsédés par la guerre à Washington et en Israël. Kaveh L Afrasiabi 18 août 2007 Note (1) Les Accords d’Alger du 19 janvier 1981 ont eu lieu à l’initiative du gouvernement algérien entre les US et l’Iran pour résoudre la situation liée à la capture des citoyens américains à l’ambassade des US à Téhéran en 1979. Grâce à cet Accord, les citoyens américains ont été libérés. Parmi les clauses de celui-ci il était stipulé que les US n’interféreraient pas dans les affaires internes iraniennes. – source Wikipédia. Kaveh L Afrasiabi PhD, est l’auteur de « After Khomeini : New Directions in Iran’s Foreign Policiy ( Westview Press) et co auteur avec Mustafa Kibaroglu de « Négociating Iran’s Nucléar Populism », Brown Journal of world Affairs, Volume =XII, Issue 2, Summer 2005 ». Il a aussi écrit « Keeping Iran ‘ nucléar potentiel latent, Harvard International Review et est l’auteur de Iran’s Nucléar Program : Debating Facts Versus Fiction. Copyright Asia Times on Line www.atimes.com Information Complémentaire sur les IRGC
Les IRGC, connus sous le nom de Pasdaran est une organisation créée après la Révolution Iranienne de 1979 qui forme une partie significative des forces armées iraniennes avec des responsabilités intérieures et aux frontières, mais ils sont également chargés d’opérer les missiles balistiques iraniens. Cette classification sera perçue comme une initiative contre le président Ahmadinejad qui est lui-même un ancien officier des IRGC et qui a également promu plusieurs anciens membres à des postes politiques de haut niveau lors de sa prise de fonction en 2005.
A la fois une force militaire d’élite, comprenant des dizaines de milliers de soldats, les Gardes ont également des activités économiques et de gestion. Ils ont remporté des succès économiques et se sont vus attribués des contrats avec l’état de plusieurs milliards de dollars pour la construction d’infrastructures. En 2006, ils ont remporté un contrat de 2,09 milliards de dollars pour développer les phases 15 et 16 des plus grands champs de gaz iraniens, South Pars, et un contrat de 1,3 milliards de dollars pour construire le pipeline du Pakistan. Autres activités de gestion : ils gèrent les systèmes de transport iraniens (aéroports et métros). Deux résolutions du Conseil de Sécurité de décembre 2006 et mars 2007, visaient le commerce iranien en matériel et équipement liés aux programmes nucléaires et balistiques. Dans ces résolutions il était fait mention des Gardes de la Révolution de même que de 7 de ses officiers. Le sous secrétaire au Trésor américain Stuart Levey en charge de l’unité économique de contre terrorisme, a fait le tour de l’Europe cet été demandant aux gouvernements européens et aux banques de cesser d’accorder des crédits à l’exportation, tout commerce et transaction avec l’Iran. L’objectif de cette classification viserait aussi le pouvoir économique des IRGC pour limiter les opérations internationales de leurs activités commerciales. Mais comme plusieurs pays européens ont développés d’importantes relations commerciales avec l’Iran alors que les US n’en ont plus, ce sont les pays européens qui paieraient en terme économique la facture des intentions guerrières américano sionistes vis-à -vis de l’Iran. Le suivisme de l’Union Européenne serait donc économiquement suicidaire, ce que se gardent bien de dévoiler les gouvernements sarkosiste et britannique qui s'activent pour concocter une nouvelle résolution contre l’Iran au CS de l'ONU, et les médias serviles. Il est vrai que d’autres pays se bousculent à la porte de l’Iran pour prendre le relais en matière commerciale: la Chine, l’Inde, deux pays émergeants, et la Russie, dont les économies sont en pleine croissance. La réaction des Gardiens de la Révolution face à cette éventualité ne s’est pas faite attendre. L’un des hauts commandants régionaux de la marine Ali Razmjou, a mis en garde Washington contre une telle décision : « Si l’ennemi juré de la Révolution veut faire une provocation militaire dans le Golfe Persique contre les frontières de l’Iran alors le Golfe Persique deviendra un enfer pour eux. » Sources de certaines informations : BBC et Al Jazeera.com Magazine 18/08/07 Traduction/synthèse Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org Coût humain d'une attaque nucléaire contre l'Iran Etats Unis contre Iran: hold up sur le marché des combustibles nucléaires Des généraux américains ont menacé de démissionner si Bush donne l'ordre d'attaquer l'Iran Dimanche 19 Août 2007
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