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Chomsky : Pas De Changement Venant D'Obama

Ce qui suit est une interview de l'auteur américain respecté, analyste politique et linguiste de réputation mondiale réalisée par Press TV



Chomsky : Pas De Changement Venant D'Obama

Press TV : Professeur Chomsky, nous ferions bien de commencer avec le Pakistan. La Maison Blanche n'a pas fait de commentaire sur les assassinats de personnes ( dans le cadre d'attaques transfrontalières Afghanistan Pakistan de drones). Richard Holbrooke, quelqu'un sur lequel vous avez écrit dans le contexte de la guerre en Yougoslavie, est l'homme choisi par le (Président Barak) Obama pour résoudre le problème.

Chomsky: Bon, c'était pratiquement certain qu'Obama accepterait la doctrine de Bush que les US peuvent bombarder le Pakistan librement, et il y a de nombreux cas plutôt sérieux.

II y a eu par exemple beaucoup de chaos et de combats dans la province de Bajaur, le long de l'Afghanistan et les chefs de tribus- et d'autres là bas - les font remonter au bombardement de la madrassa qui a tué 80 à 95 personnes, ce qui n'a même pas été rapporté, je pense, aux US, bien sûr la presse pakistanaise en a parlé.

L'auteur de l'article le rapportant, un physicien du nucléaire bien connu, Pervez Hoodbhoy, a fait remarqué à ce moment là que ce genre de massacre engendrera bien évidemment "terrorisme" et réactions, constituant ainsi même une menace pour l'état du Pakistan. Et c'est ce qui est arrivé. Nous en voyons actuellement encore plus d'effets.

Le premier message du gouvernement pakistanais au général (David) Petraeus, le général américain, lorsqu'il a pris le commandement de la région, c'était qu'ils ne voulaient plus de bombardements au Pakistan.

En fait, le premier message adressé à l'Administration Obama par le Président (Hamid) Karzai d'Afghanistan était identique, il ne voulait plus de bombardements. Il a dit également qu'il voulait un agenda pour le retrait des troupes étrangères, US et les autres troupes, d'Afghanistan. Cela a bien sûr été ignoré.

PT: Et ces trois émissaires pour l'étranger, bon, le nom du troisième n'a as encore été annoncé, mais certains sont optimistes en ce qui concerne la nomination de George Mitchell comme envoyé au Moyen Orient.

Nous avons étudié la nomination de Richard Holbrook, discuté avec l'ancien ministre des affaires étrangères de la Bosnie, qui semble sous entendre qu'il a eu son mot à dire pour le massacre de Srebenica et bien sûr on parle de Dennis Ross comme envoyé pour l'Iran.

C : Bon, Holbrook a des antécédents plutôt mauvais, non pas tant en Yougoslavie, mais avant. Par exemple, lors des atrocités indonésiennes commises au Timor, où il était le fonctionnaire en charge, il n'a pas cherché à stopper le soutien US à ces atrocités, et dans son ensemble c'est un bilan tres entaché.

George Mitchell est, parmi les différentes nominations, la plus décente disons. Il a un bilan plutôt correct. il a obtenu des résultats en Irlande du Nord, mais bien sûr, dans ce cas là il y avait un objectif.

Le but c'était que les britanniques cesseraient d'avoir recours à la violence en réponse au "terrorisme" (nous mettons ce mot entre guillemets car même des militants de gauche comme Chomsky utilisent ce mot pour parler de résistance à l'occupation ndlt) de l'IRA, et s'occuperait des griefs légitimes qui était la source du "terrorisme". Il a réussi à faire cela, la Grande Bretagne a porté son attention sur ces griefs, et le "terrorisme" s'est arrêté - donc cela a été un succès.

Mais au Moyen Orient il n'y a pas d'issue similaire de prévue, spécialement en ce qui concerne le problème Israël-Palestine. Je veux dire, il y a une solution, une solution directe très semblable à celle britannique. Israël pourrait stopper ses crimes soutenus par les US dans les territoires occupés et alors on peut supposer que la réaction qu'ils provoquent cesserait. Mais ce n'est pas sur l'agenda.

En fait, le Président Obama vient juste de tenir une conférence de presse qui était plutôt intéressante à ce sujet. Il a fait l'éloge de l'initiative parabolique de paix, l'initiative saoudienne acceptée par la Ligue Arabe, et a dit qu'on y trouvait des éléments constructifs. Elle appelait à la normalisation des relations avec Israël, et il a appelé les états arabes à appliquer ces "éléments constructifs", en un mot la normalisation des relations.

Mais c'est une énorme falsification de l'initiative de la Ligue Arabe. L'initiative de la Ligue Arabe appelait à l'établissement de deux états sur la frontière reconnue internationalement, sur laquelle il y a depuis longtemps un consensus international et disait que si cela était réalisé alors les états arabes pourraient normaliser leurs relations avec Israël.

Bon, Obama a sauté la première partie, la partie cruciale, ce qui est fondamental pour résoudre le conflit, car cela impose une obligation pour les US. Les US depuis 30 ans ont bloqué seuls le consensus international, ce qui à présent isole les US et Israël.

L'Europe et actuellement un grand nombre d'autres pays l'ont accepté. Le Hamas l'a accepté depuis des années, l'Autorité Palestinienne aussi bien sûr, la Ligue Arabe depuis de nombreuses années aussi. Les US et Israël l'ont bloquée, pas simplement par des mots, mais ils la bloquent constamment par des actions, cela arrive en permanence dans les territoires occupés et aussi avec le siège de Gaza et d'autres atrocités.

Donc lorsqu'il saute cette partie c'est intentionnellement. Cela veut dire que les US ne vont pas se joindre au monde entier dans la recherche et l'application d'une solution diplomatique, et si c'est le cas, la mission de Mitchell est vide de sens.

PT : Il y a t-il une contradiction dans le fait que bien sûr George Mitchell a discuté avec les membres de la branche armée Sinn Fain, de l'IRA ?

En même temps, sur cette chaîne nous avons couvert le conflit à Gaza, ses institutions ont été bombardées, et maintenant on nous dit que les soldats israéliens ne révèleront pas leur identité, et le nom des personnes ne seront pas divulguées de peur qu'elles soient poursuivies.

Et pourtant certains disaient qu'Obama avait effectivement dit que les frontières devaient être ouvertes, est ce que l'on voit un changement de politique là ?

C : Il a effectivement dit cela mais il n'a pas mentionné le fait que c'était dans le contexte d'un grand nombre de demandes. Et Israël dira également, bien sûr les frontières doivent être ouvertes mais il continue de refuser de discuter avec le gouvernement élu ( i.e Hamas) ce qui est bien différent de ce qui s'est passé avec Mitchell en Irlande.

Cela veut dire que les Palestiniens doivent être punis pour avoir voter, lors d'une élection libre, d'une façon non voulue par les US, et il a repris à son compte l'accord Condoleezza Rice -Tzipi Livni de fermer la frontière Egypte Gaza, ce qui est pratiquement un acte d'arrogance impérialiste.

Ce n'est pas leur frontière et en fait l'Egypte s'y oppose vivement. Mais Obama continue. il dit que nous devons être sûrs qu'aucune arme ne passe en contrebande via les tunnels dans la Bande de Gaza. Mais il n'a rien dit de l'envoi d'un nombre bien plus importants d'armes létales à Israël.

En fait, en plein milieu de l'attaque contre Gaza, le 31 Décembre, le Pentagone a annoncé qu'il affrétait un bateau allemand pour envoyer 3000 tonnes de matériel de guerre en Israël. Cela ne s'est pas fait car le gouvernement grec l'a empêché mais cette livraison était supposée passer par la Grèce mais tout cela pourrait passer par un autre endroit. C'était juste en plein milieu de l'attaque contre Gaza.

En fait on en a très peu parlé dans les médias, il y a eu très peu d'enquêtes. Le Pentagone a répondu d'une façon très intéressante. Ils ont dit, bon ce matériel ne sera pas utilisé pour attaquer Gaza, en fait ils savaient qu'Israël avait prévu de stopper l'attaque juste avant l'investiture d'Obama, de sorte qu'Obama n'aurait rien à dire là dessus.

Mais le Pentagone a dit que ce matériel est utilisé en pré positionnement pour les forces US. En d'autres termes, cela dure depuis longtemps mais cela étend et renforce le rôle d'Israël comme base militaire US en bordure des principales régions productrices de pétrole dans le monde. Si on leur demande éventuellement pourquoi ils font cela, ils diront que c'est pour la défense et la stabilité, mais c'est juste une base pour mener des agressions futures.

PT : Robert Gates et l'Amiral Mullen ont parlé d'une date butoir de 16 mois pour le retrait des troupes d'Irak comme étant l'une des options, ce qui est légèrement différent de ce qu'Obama avait dit lors de sa campagne. Et, Hillary Clinton, a dit qu'elle était prête à oblitérer la totalité de l'Iran et à tuer 70 millions de citoyens. Concernant l'Irak et l'Iran où voyez vous le changement ?

C: Ce qui s'est passé en Irak est très intéressant et important. Les quelques rares correspondants avec une véritable expérience, et connaissance du sujet l'ont compris. Patrick Cockburn, Jonathan Steele et un ou deux autres.

Ce qui s'est passé c'est qu'il y a eu une campagne non violente remarquable en Irak qui a obligé les US, petit à petit, à abandonner ses programmes et ses objectifs. ils ont obligé les forces d'occupation US à autoriser une élection, ce que les US ne voulaient pas, et a essayé d'éviter de differentes manières.

Puis à partir de là ils ont forcé les US a accepté au moins formellement un accord sur le statut des forces, qui, si l'Administration Obama s'y tient, fera en sorte que les buts des US seront pratiquement tous abandonnés. Cela éliminera les immenses bases militaires permanentes que les US ont construites en Irak. Cela veut dire que les US ne contrôleront pas les décisions sur qui aura accès aux ressources pétrolières et leur utilisation. Et en fait pratiquement tout le but de la guerre disparaît.

Bien sûr, la question c'est de savoir si les US respecterons cet accord et selon ce que vous rapportez ils essaient de s'en défiler. Mais ce qui est arrivé est trés significatif, et une véritable prouesse du peuple d'Irak qui a tant souffert. Je veux dire, le pays a été totalement détruit, mais ils sont arrivés à faire en sorte que les US abandonnent formellement leurs principaux objectifs de guerre.

Dans le cas de l'Iran, les déclarations d'Obama n'ont pas été aussi enflammées que celles de Clinton, mais elles ont pratiquement la même signification. Ils a dit que toutes les options étaient ouvertes. Bon, qu'est ce que toutes les options veulent dire ? On suppose que cela inclut une guerre nucléaire, vous savez c'est une option.

Il n'y a pas d'indication qu'il veut prendre les mesures, disons, que le peuple américain veut. La grande majorité de la population américaine est en faveur depuis des années, est d'accord avec le mouvement des pays non alignés que l'Iran puisse bénéficier des droits accordés aux signataires du TNP, en fait de développer l'énergie nucléaire.

Elle ne devrait pas avoir le droit de développer des armes nucléaires, et encore plus intéressant, environ le même pourcentage, 75 à 80% appellent à la création d'une zone sans arme nucléaire dans la région, qui inclueraient l'Iran, Israël, et toutes les forces US y étant déployées, avec toutes sortes de moyens de vérifications et ainsi de suite.

Cela pourrait probablement éliminer l'une des principales sources de conflit. Il n'y a pas d'indication que l'Administration Obama ait la moindre intention de faire quelque chose par rapport à cela.

PT : juste pour terminer, professeur Chomsky, l'économie US, bien sûr où vous être - c'est ce qui domine les informations et la vie des Américains et probablement aussi les peuples dans le monde - et cette aide de 825 millions de dollars. Comment pensez vous que les gens d'Obama vont s'occuper de cela ?

C : Personne ne sait vraiment. Je veux dire que ce qui se passe avec l'économie n'est pas bien compris. C'est basé sur des manipulations financières extrêmement opaques, qu'il est plutôt difficile de décoder. Je veux dire, on en comprend le processus général mais savoir si les 800 millions de $, ou probablement une subvention gouvernementale plus importante, auront raison de la crise, on ne le sait pas.

Les 350 millions de $ attribués ont déjà été dépensés - c'est ce que l'on a appelé la soit disante subvention mais c'est allé remplir directement les poches des banques. Elles étaient supposées prêter librement, mais elles ont simplement décidé de ne pas le faire. Elles ont plutôt choisi de s'enrichir elles -mêmes, de restaurer leur capital et de prendre le contrôle d'autres banques par regroupements et acquisitions et ainsi de suite.

Est que le prochain paquet d'aide aura un effet tout dépend comment il est utilisé, s'il y a un contrôle de manière à ce qu'il soit utilisé avec des buts constructifs. Cela repose aussi sur des facteurs qui ne sont pas actuellement connus, tels que la profondeur de la crise.

C'est une crise mondiale et c'est une crise très sérieuse. C'est brusquement frappant de voir comment les pays occidentaux font face à la crise exactement à l'opposé du modèle appliqué dans le Tiers Monde quand il y a eu une crise.

Donc quand il y a une crise en Indonésie, en Argentine et partout ailleurs, ils sont supposés augmenter considérablement les taux d'intérêts, privatiser l'économie, et réduire les dépenses publiques, et d'autres mesures de ce type. En Occident, c'est exactement le contraire : on baisse les taux d'intérêts jusqu'à zéro, on nationalise si nécessaire, on verse de l'argent dans l'économie, ont contracte d'immenses dettes.

C'est tout à fait à l'opposé de la façon dont le Tiers Monde est supposé rembourser ses dettes, et que cela semble se faire sans aucun commentaire, c'est très surprenant. Ces mesures pour l'Occident pourront éventuellement remettre sur pied l'économie alors que cela a été un désastre pour d'autres.


ZHD/HGH/HAR - 24/01/09 - www.presstv.ir

Dimanche 25 Janvier 2009
Traduction Mireille Delamarre

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