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Bush s’apprête à envoyer des renforts militaires en Irak : le «Big Push», «Choisir la Victoire»

Le rapport Baker n’est en réalité qu’ un exercice de «contrôle des dommages». Selon la presse anglo américaine, Bush s’apprête à envoyer entre 20 000 et 70 000 soldats supplémentaires en Irak. C’est la tactique de la guerre du Vietnam, dont on connaît les conséquences catastrophiques, qui va être de nouveau utilisée.



Bush s’apprête à envoyer des renforts militaires en Irak : le «Big Push», «Choisir la Victoire»

Bush s’apprête à envoyer des renforts militaires en Irak : le « Big Push », « Choisir la Victoire »

Selon plusieurs médias anglo - américains, Bush s’apprête à augmenter le nombre de troupes déployées en Irak, alors même que la majorité des américains est pour un retrait des troupes et l’a clairement fait comprendre lors des dernières élections législatives en votant pour une majorité démocrate, dans l’espoir d’un changement.. Une nouvelle stratégie qui viserait à regagner le contrôle de Bagdad et essayer de mater la résistance sunnite.

En Irak, et malgré une situation catastrophique, Bush cherche toujours la « Victoire ». Il a consulté d’anciens militaires et experts sur le sujet. Les options sur la table actuellement, les plans en discussion, seraient soit de renforcer de 20 000 soldats les effectifs actuellement stationnés en Irak, ou, d’impulser un « forte poussée » (« Big Push ») avec un envoi de 50 000 voire 70 000 troupes supplémentaires.

Cette dernière considération à les faveurs du Sénateur John Mac Cain, prétendant non encore désigné pour succéder comme candidat républicain à la présidentielle américaine de 2008. Celui-ci a fait une courte visite à Bagdad la semaine dernière déclarant que la situation était « très, très sérieuse » et qu’il était favorable à l’envoi de 15 à 30 000 soldats américains de plus.

Cette perspective irait dans le sens de ce que préconise un rapport (un de plus !) publié par la boîte à penser proche de la Maison Blanche l’American Enterprise Institute intitulé : »Choisir la Victoire », et auquel ont participé des chercheurs et anciens officiers de l’armée américaine. (dont l’ancien vice chef d’état major de l’armée US le général Jack Keane qui a rencontré Bush mercredi dernier, mais aussi un membre du Conseil des Affaires Etrangères, Stephen Biddle, un farouche partisan du « Big Push ( Forte Poussée). D’après le « Daily Telegraph » un quotidien anglais de la mouvance néo con, Biddle aurait déclaré « mes tripes me disent Big – 30 000 à 50 000 troupes de plus ».

Augmenter le nombre de soldats de manière aussi substantielle, cela voudrait dire accroître le temps de service de plusieurs mois des troupes déjà déployées en Irak, et d’avancer la date de déploiement de ceux prévues pour partir plus tard. 5 nouveaux bataillons seraient stationnés à Bagdad pour la « nettoyer » des résistants à l’occupation. Deux équipes regroupant deux régiments de Marines seraient envoyées dans la région d’Anbar pour empêcher les résistants de s’y replier.

Ce programme, non sans cynisme, prévoit aussi, selon ceux qui l’ont conçu, de « protéger le peuple irakien » et lui offrir un programme de reconstruction avec des emplois à la clé, tactique de contre résistance qui s’est toujours révélée inopérante partout où elle a été employée, notamment au Vietnam.

En effet, ce plan rappelle celui du président américain Lindon Johnson qui, alors que l’armée US essuyait des revers sérieux au Vietnam, avait lancé sa campagne dite « Guerre contre la Pauvreté » en tandem avec un renforcement de troupes sur le terrain. Lancer une campagne contre la pauvreté en Irak (l’un des pays les plus riches en matière de ressources naturelles pétrolières, mais ravagé par des années de sanctions honteuses dites « pétrole contre nourriture » imposée par l’Onu, et depuis 2003 par une occupation barbare) est une autre forme d’Impérialisme, vouée à l’échec.

S’imaginer que la majorité démocrate aux US va s’opposer à un tel plan, c’est se faire des illusions. Les deux partis qui se partagent le pouvoir à tour de rôle au US, les Républicains et les Démocrates, ne cherchent nullement à mettre un terme à cette guerre, mais chacun, pour son propre compte, est en compétition pour ramener à ses financeurs du complexe industriel militaire les plus gros contrats juteux de « reconstruction ». Leur seule et unique dispute porte sur qui va remporter la plus grosse part du gâteau ?

Dans la « démocratie » à l’américaine, Une petite minorité très déterminée peut facilement renverser la volonté de la majorité (actuellement pour un retrait des troupes) par du lobbying intensif et des aides généreuses à ceux qui se soumettent, les politiciens en premier. C’est pourquoi, dans cette « démocratie à l’américaine », aucun responsable politique ne se fait et ne se fera réellement et concrètement le porte parole de la majorité du peuple américain qui est contre cette guerre et contre cet interventionnisme belliqueux (2/3 des américains sont contre cette politique interventionniste).

Les tenants de ce système « démocratique » penche, en matière de politique étrangère, vers l’ingérence dans les affaires des autres nations, au nom de la « démocratie », de la « liberté.
Les deux partis, Républicain et Démocrate, ont intérêt à maintenir la fiction de la suprématie de la société américaine et sa capacité à transformer des sociétés entières, de les « démocratiser ». Leurs élites, les apparatchiks et ceux qui gravitent autour, empochent mais n’en paient pas le prix car la majorité des soldats américains sont issus des classes sociales défavorisées (latinos et noirs) et c’est eux qui sont tués au rythme de plusieurs par jour (depuis le début décembre, 50 soldats américains ont été tués). Côté irakien, le génocide se poursuit au rythme d’une moyenne de 100 irakiens tués par jour, majoritairement des civils « exécutés ». Par qui ?

L’attaque et l’occupation de l’Irak ont plongé ce pays dans le chaos, et c’est bien cette théorie du « chaos constructif » qui y est mise en application, avec à terme un effet boomerang. C’est toute la société américaine qui en paiera le prix, après avoir payé la défaite du Vietnam.

Sources de certaines informations : medias anglo-américains.


Le Cerveau Mondial: La Face Cachée de la Mondialisation

Jeudi 14 Décembre 2006
Mireille Delamarre



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