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Bush et Le Complexe de Napoléon

Ce que les français ont expérimenté en Espagne pourrait nous enseigner une leçon.

Deux guerres ne sont jamais identiques, de même que vous ne pouvez glisser deux fois sur la même peau de banane. Ceci dit, l’invasion et l’occupation de l’Espagne par Napoléon de 1808 à 1814, - la guerre qui a donné naissance au mot « guérilla » et qui a été immortalisée par le « 3 Mai » de Goya, la guerre qui a épuisé l’armée française et détruit la réputation d’invincibilité de Napoléon et a laissé l’Espagne écrasée pendant des décennies comme le dos d’un serpent roué de coups - a des similarités frappantes avec notre invasion et notre occupation de l’Irak.



Bush et Le Complexe de Napoléon

Bush et Le Complexe de Napoléon

Les deux guerres ont commencé sous l’influence d’illusions identiques. Napoléon pensait que les espagnols se mettraient à plat ventre et feraient le mort comme de nombreux états européens l’avaient fait ; il pensait qu’en marchant jusqu’ à Madrid et en plaçant son frère Joseph sur le trône il aurait complètement subjugué l’Espagne. Nous avons pensé pratiquement la même chose : qu’écraser l’armée de Saddam serait facile, on installerait ensuite un gouvernement pro américain (Ahmad le voleur) et la plupart de nos soldats seraient de retour à l’automne.

Les invasions se sont bien passées, comme prévu, mais dans chacun des cas, une guérilla sans répit a éclaté. Les français ont perdu plus d’un quart de millions d’hommes dans l’ »ulcère espagnol » comme Napoléon l’appelait, tandis que l’Irak immobilise la moitié de l’armée US et coûte plus de 75 billions de dollars par an. Qu’est qui n’a pas marché ? Comme on peut le constater, Boney et Bush ont fait des erreurs pour certaines identiques.

Malgré ses talents formidables d’organisation, Napoléon n’a jamais pu établir son autorité sur l’Espagne. Il a écrasé l’état Bourbon sans jamais être capable de le remplacer par le sien propre. Nous avons fait la même chose en Irak. Nous avons été beaucoup plus systématique là-dessus, virant l’armée irakienne, et bannissant la plupart des fonctionnaires de haut rang du parti Baath des emplois du gouvernement. Les français ont commis leurs erreurs de manière plutôt désinvolte : « Qui ne voudrait pas avoir mon grand frère comme roi ? » semble avoir pensé Napoléon. D’un autre côté, notre administration semble avoir essayé d’échouer en sortant de sa voie et en radicalisant la totalité de la classe dirigeante irakienne.

Comme les français, nous avons réussi à avoir peu de monde de notre côté en Irak : peu d’irakiens sont prêts à mener une guerre dans notre intérêt. Certains d’entre eux sont contre nous, tandis que la plupart regardent comme si ce n’était pas leur combat. On entend beaucoup parler du besoin des unités de la garde nationale irakienne d’avoir plus d’entraînement. Le vrai problème c’est qu’ils sont peu motivés. Les résistants réussissent à combattre sans années d’entraînement. Les français aussi avaient des troupes espagnoles, qui habituellement désertaient à la première occasion. Ils ne construisaient pas d’explication fantaisiste de manque d’entraînement pour l’expliquer.

A la fois l’Irak et l’Espagne avaient des armées connues pour leur inefficacité, et cela a du rendre l’idée de l’invasion plus plausible. Les espagnols étaient certainement plus faibles et plus faciles à vaincre (dans des batailles conventionnelles) que les prussiens et les autrichiens, tandis que les irakiens – parmi les pires soldats que le monde ait jamais eu – sont connus pour s’être rendus à une équipe tournant un film se déplaçant en hélicoptère non armée en 1991. Comparés à eux, les italiens pendant la seconde guerre mondiale étaient des démons impossibles à tuer dans la bataille.

L’étrange chose c’est que les mêmes qualités qui font qu’une armée se bat bien – contrôle central fort, discipline, et une tendance de base à coopérer et obéir aux ordres – lui permet aussi de se rendre totalement, comparativement comme un conseil d’administration et son appareil de domination. Selon l’historien John Tone dans son livre « The Fatal Knot » les français au temps de Napoléon trouvaient que « les allemands et les autrichiens conditionnés par le militarisme et la centralisation, étaient incapables ou ne voulaient pas agir sans la permission de leurs supérieurs. » Nous avons vu cela aussi, plus récemment : les allemands se sont bien battus pendant la seconde guerre mondiale mais une fois défaits, se sont tenues tranquilles comme des souris sous occupation alliée. Les japonais sont allés plus loin dans cette direction, voulant, et même souhaitant mourir pour leur empereur, plus fanatiques qu’aucune autre armée dans l’histoire, et ensuite, après s’être rendus, ils sont devenus pacifiques. Bien sûr, Donald Rumsfeld (ex ministre de la Defense US ndlt) semble penser que les occupations post seconde guerre mondiale, étaient la proie des guérillas de résistance – et puis il pense aussi que l’Irak ressemble beaucoup à l’Amérique coloniale, vous savez, prospère, bourgeoise, cultivée, british, protestante, habituée à s’auto gouverner et au respect de la loi. Il semble probablement venir d’une autre dimension. Si on pouvait réussir à lui faire dire son nom pour qu’il retourne en arrière.

La désorganisation générale en Espagne et en Irak semblent paradoxales. Les Bourbons étaient autocratiques selon les normes de l’époque, tandis que l’Irak de Saddam était une dictature célèbre. Mais cela ne veut pas dire que leur gouvernement central contrôlait tout. Cela veut dire que c’est ce qu’ils voulaient. En Espagne, l’attachement à la province, au village était plus solide que le sentiment national, tandis que la plupart des irakiens sont tribaux. Il peut semble t-il y avoir un certain nombre de raisons pour le manque d’attachement à l’état – si on considère Verdun et Stalingrad on se porterait mieux sans – mais l’Irak et l’Espagne partageaient au moins l’une d’entre elles : c’était des états rentiers. Le gros des revenus du gouvernement venait d’une source extérieure, et non de la sueur perlant sur le front des travailleurs – pour l’Espagne l’argent provenant d’Amérique Latine, le pétrole pour l’Irak. Les gouvernements européens (par exemple la Prusse), s’étaient modernisés, avaient construit des administrations efficaces, et forgé des attaches fortes pour les classes moyennes qui payaient les factures. Il le fallait pour être compétitif. Tant que les mines de Potosi étaient productives, l’Espagne n’avait pas à l’être. Saddam n’avait pas à l’être non plus, tant qu’il tenait les deuxièmes plus grandes réserves de pétrole du monde.

De tels pays sont faibles en situation de combat, même s'ils ont des équipements impressionnants. Les espagnols avaient le plus grand bateau du monde à Trafalgar, le «Santissima Trinidad », tandis que Saddam avaient toutes sortes de jouets à la mode lors de la guerre du Golfe.

Comment cela s’est-il passé ? L’argent coulant à flot pour ces deux pays, combiné à une faiblesse militaire, ont fait d’eux des cibles tentantes. Napoléon s’attendait certainement à bénéficier d’importants revenus d’Espagne, et bien que le gouvernement US le nie, je dois penser que nous aurions eu des problèmes à continuer de nous intéresser à l’Irak s’il n’y avait eu que du sable.

En 1808, il y avait de nombreux jeunes espagnols qui se tournaient les pouces. La majeure partie de l’armée s’était désintégrée, et l’économie était en général en dépression, à cause de la guerre économique entre la Grande Bretagne et la France. L’Irak est dans cet état – un peu plus. Le pétrole irakien a de la valeur, mais la main d’oeuvre irakienne n’en a pas, le revenu per capita GDP de l’Irak serait en dessous de celui d’Haiti. L’économie irakienne était pratiquement inexistante au cours des années 90, à cause de sanctions, et l’effet de stimulant keynésien d’une invasion est surestimé. Il y a peu d’emplois dans le secteur privé en Irak, pour que les jeunes hommes soient occupés. (quand je dis peu cela veut dire que le chômage est bien pire que pendant notre Grande Dépression - les estimations post guerre sont comprises entre 30 et 70 %). L’Irak est un pays assisté, dont la majorité de la population reçoit des rations alimentaires du gouvernement. Il n’y a pas de travail, et en même temps vous pouvez vous en sortir sans travailler. Les guérilléros n’ont pas à se préoccuper de famine. Les français ont ruiné l’économie espagnole, mais ils ne sont jamais arrivés à une telle perversité. Bien sûr à l’époque ils n’avaient pas PowerPoint.

La religion a de l’importance en Espagne. Napoléon ne pensait pas que cela en aurait, et certainement que les voyants qui ont créé notre politique pour l’Irak non plus. En Espagne, les prêtres ont dit aux paysans que les envahisseurs menaçaient leurs festivals, leurs saints, et le cœur de leur manière de vivre. Ils dressaient des français un portrait d’ennemis malsains de dieu qui méritaient toute punition que les paysans pouvaient leur infliger. Nous sommes bien plus doux que les français. Nous n’étripons pas à la baïonnette les mullahs, mais nous sommes certainement bien moins innocents qu’eux. Apres Abu Ghraib, c’est facile de nous décrire comme des pervers ricanant.

Wolfowitz d’Arabie a dit : « les irakiens sont parmi les peuples les plus éduqués dans le monde arabe. Ils sont largement séculiers. Ils sont en majorité shi ‘ites ce qui est différent des wahhabites de la péninsule et ils ne portent pas la responsabilité d’avoir sur leur territoire les villes saintes de l’Islam. » Il a vraiment dit cela le 26 février 2003. Il a oublié que 40 % des irakiens sont illettrés (plus qu’aucun de leurs voisins), oublié que Najaf et Karbala sont deux villes saintes de la majorité shi’ite, a oublié que l’Islam serait la seule idéologie restante en Irak après la chute des baathistes. On entend maintenant parler de djihad et de martyrs chaque jour de la semaine, tandis que Sistani, le mollah des mollahs agit comme le dirigeant non officiel de l’Irak. Je ne peux lire l’âme des hommes, mais il semble pourtant que nos décideurs et Napoléon font effet de miroir : ils n’ont pas personnellement pris au sérieux la religion, et donc pour eux c’est difficile de croire qu’il en soit autrement pour d’autres.

L’armée de Napoléon en Espagne a fini par contrôler le territoire où elle se trouvait. Les routes n’étaient pas sûres – tout convoi de ravitaillement avait besoin d’une escorte armée. Le combat contre les guérillas était sans fin. Les français qui se pensaient comme apportant apportaient la lumière, ont fini par haïr les espagnols. Tout ceci nous semble plutôt familier, mais le parallèle s’arrête ici. La France a perdu, mais les US non. L’Espagne était plus faible que la France mais pas insignifiante sur le plan militaire et elle avait le soutien de la Grande Bretagne, en argent, troupes et Wellington. Nous sommes des centaines de fois plus forts que l’Irak. Les US finiront peut être par se fatiguer et partir, mais nous ne perdrons certainement pas les batailles.

La grande question c’est pourquoi ces fautes ont-elles étaient commises. Napoléon n’avait pas vraiment d’excuse. L’Espagne était la voisine de la France. Leurs histoires avaient été entremêlées pendant des centaines d’années. Beaucoup de français connaissaient l’Espagne, vivaient en Espagne et parlaient l’espagnol. Mais Napoléon commençait probablement à souffrir de mégalomanie : il avait réussi à un tel point que peut être tout semblait possible.

L’Administration Bush peut toujours plaider l’ignorance. Certainement peu des décideurs connaissaient l’Irak le Moyen Orient, ou l’Islam. A en juger par leurs fréquentes références historiques confuses, il semble que Condi et Rummie ne connaissent rien à l’histoire. Mais l’Administration n’a pas vérifié auprès de ceux qui la connaissent. En fait, ils ont rejeté toute forme de conseil d’expert. Je suis sûr que quelqu’un dira que ce «n’était pas prudent» - Mais Bush n’était pas dans l’état d’esprit d’écouter, et, aucun conseil, aucune réunion d’information, ne peuvent sauver la situation.

Gregory Cochran 28 Mars 28, 2005
Copyright © 2005 The American Conservative

Gregory Cochran est physicien et biologiste en evolution il s’interesse à l’histoire militaire.
Source : http://www.amconmag.com/2005_03_28/article.html

Traduction bénévole Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org


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Dimanche 4 Février 2007
Mireille Delamarre

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