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Dimanche 12 Octobre 2008
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Impérialisme Américain
Bush, Colombie et Narco PolitiqueLa mise en scène médiatico politique ad nauséum de la libération de Betancourt vient redorer le blason d’Uribe - grand ami de Bush et Sarkozy, encensé par les médias comme supposé avoir été l’homme fort de cette libération - qui tente de dissimuler son implication et ses liens avec les barons de la drogue, les groupes d’extrême droite paramilitaires, et les flagrantes violations des droits de l’homme, pour renforcer sa dictature en Colombie.
Bush, Colombie et Narco Politique
Noter éditoriale
Dans la perspective du voyage en Colombie de John Mac Cain en soutien à un « accord de libre échange » proposé, nous republions un article du journaliste Andres Cala paru l’année dernière et qui fournit des informations sur les liens US avec le gouvernement d’Alvaro Uribe La stratégie de George Bush pour contrer le président gauchiste Hugo Chavez en renforçant ses liens avec le gouvernement de droite de Colombie a été mise à mal par de nouvelles preuves de corruption dans le cadre de trafic de drogue et de violations des droits de l’homme impliquant le cercle rapproché du Président Alvaro Uribe. Ces nouvelles accusations portées contre la narco politique de la Colombie ont terni la réputation d’Uribe alors que Bush venait juste de citer en exemple le politicien éduqué à Harvard et Oxford, comme un modèle attaché aux valeurs démocratiques et une alternative au semeur de discorde Chavez qui a utilisé les richesses pétrolières du Venezuela pour financer des programmes sociaux pour les pauvres dans toute la région. Malgré les découvertes sur la corruption – et l’échec d’Uribe à stopper le trafic clandestin de cocaïne vers les Etats-Unis- l’Administration Bush continue d’inonder le gouvernement d’Uribe d’avantages commerciaux et de billions de dollars d’aide militaire et au développement. Alors que les autres dirigeants régionaux ne veulent pas s’aligner sur les US contre Chavez, Bush semble n’avoir d’autre solution que de continuer à aider Uribe, âgé de 55 ans, et d’espérer que la corruption en Colombie n’attire pas trop l’attention aux US et partout en Amérique du Sud. Ironiquement, les dernières preuves apportées contre le gouvernement d’Uribe proviennent d’un processus de paix soutenu par les US qui offrait la clémence aux escadrons de la mort paramilitaires d’extrême droite et à ceux qui les soutiennent financièrement en échange de la remise de leurs armes et de révélations sur leur passé criminel. Les paramilitaires d’extrême droite et leurs bienfaiteurs, des trafiquants de cocaïne, ont témoigné que des éléments du gouvernement colombien ont collaboré pendant une décennie à une campagne de terre brûlée qui a fait près de 10 000 morts civils, alors qu’ils essayaient de déloger le groupe de guérilléros gauchistes connu sous le nom de Revolutionary Armed Forces of Colombia les FARC. Les confessions incluaient des histoires sanglantes d’assassinats politiques, de trafic de cocaïne et la stupéfiante corruption gouvernementale. A la suite de cela, des enquêtes ont été lancées et des arrestations ont eu lieu contre des douzaines d’anciens et d’actuels parlementaires, des gouverneurs, des ministres du gouvernement, des officiers militaires, des dirigeants d’affaires connus, et des multinationales. Ce dénommé « para scandale » a révélé qu’une force de contre insurrection connue sous le nom de United Self-Defence Forces of Colombia, ou AUC, a collaboré avec des barons de la drogue pour contrôler le commerce de la cocaïne et a travaillé simultanément avec les élites colombiennes dont la famille Uribe, pour repousser la menace de la guérilla. Une autre conséquence troublante de ce processus de paix a été la création d’une zone protégée sécurisée pour les barons de la drogue, qui se sont précipités dans ce sanctuaire de 370 Km2 réservé à l’AUC. Le chef de la mafia colombienne, Fabio Enrique Ochoa Vasco, 47 ans, qui a été poursuivi en Floride en septembre 2004 pour trafic de drogue et blanchiment d’argent, a affirmé qu’il était l’un des 10 trafiquants recherchés par les US qui ont trouvé refuge dans le sanctuaire de Santa Fe Ralito. Les dirigeants de l’AUC « ont promis d’inclure leurs souteneurs financiers dans la négociation » comme moyen de protéger les trafiquants de cocaïne de la menace d’extradition vers les Etats-Unis selon ce qu’a dit Ochoa Vasco à un magazine colombien en juin. Tout ceci a été pré arrangé en 2001, selon le compte rendu d’un chef paramilitaire et baron de la drogue. Si Uribe gagne les élections, les chefs paramilitaires se verront offerts des peines réduites généreuses et seront autorisés à passer leur temps d’emprisonnement hors des murs des prisons s’ils se démobilisent et se confessent. On a dit à Ochoa Vasco, qui est accusé d’avoir transporté par bateau 8 tonnes de cocaïne par mois aux Etats-Unis, que lui et d’autres alliés d’AUC seraient condamnés en Colombie à un maximum de 12 ans, plutôt que d’être condamnés à la prison à vie aux Etats-Unis. L’Histoire d’Uribe Les nouvelles révélations ont également ramené à l’attention du public la longue histoire des liens de la famille Uribe avec les barons de la drogue et les milices paramilitaires. La Cour Suprême de Colombie a annoncé en juillet qu’elle enquêtait sur le sénateur Mario Uribe, le cousin du président et son homme de main au Congrès colombien, soupçonné de liens avec l’AUC. Plusieurs chefs paramilitaires ont dit que Mario Uribe était l’un de leurs alliés et qu’il servait d’intermédiaire avec le gouvernement. Il a nié avoir mal agi. Mais les liens de la famille Uribe aux barons de la drogue remontent à plusieurs décennies. Alors qu’il était jeune et aspirait à une carrière politique, Alvaro Uribe a perdu son poste de maire de Medellin – après seulement 5 mois d’activité- parce que le Président du pays l’a démis de ses fonctions à cause des lien suspects de sa famille avec des trafiquants de drogue, selon des articles de presse de l’époque. Son père, Alberto Uribe, un riche propriétaire terrien, avait la réputation d’être un proche associé du Cartel de Medellin et de ses trafiquants en chef, tels que Pablo Escobar et les frères Ochoa, qui étaient des amis personnels. En 1983, on a rapporté qu’Alberto Uribe était recherché par le gouvernement US pour trafic de drogue quand il a été tué lors d’une tentative de kidnapping par les FARC. Selon des comptes rendus des médias, son corps a été rapatrié par air à sa famille par l’un des hélicoptères d’Escobar. Au début des années 1990, une enquête a été ouverte contre le frère d’Alvaro Uribe, Santiago, accusé d’avoir organisé et dirigé une milice paramilitaire dont le quartier général était dans l’Hacienda (grande propriété terrienne ,ndlt) de la famille Uribe. Il n’a jamais été condamné et l’affaire a été classée par manque de preuve. Mais Santiago a été photographié au côté de Fabio Ochoa lors d’une soirée après que le gouvernement ait déclaré Ochoa comme étant l’un des chefs du plus célèbre cartel de la drogue, le Cartel de Medellin. L’affaire de Santiago Uribe a coïncidé avec les 8 ans d’Alvaro Uribe passé au Sénat, où il s’est opposé à l’extradition des suspects de trafic de drogue. Ses critiques l’ont accusé de travailler pour le Cartel de Medellin. Mais les relations entre les paramilitaires d’extrême droite financés par les barons de la drogue et le gouvernement colombien durent depuis longtemps et sont complexes, avec des alliances qui se font et se défont selon les intérêts du moment. En 1992, le Drug Enforment Administration (DEA), la CIA et l’armée US de même que les services de renseignement colombien se sont alliés avec le Cartel de Cali pour entraîner, équiper et coordonner des groupes clandestins de mercenaires connus sous le nom de Pepes, un acronyme pour Persecuted par Pablo Escobar. Parmi ses dirigeants Carlos Castano, qui plus tard allait diriger l’AUC. Les Pepes ont systématiquement assassiné les principaux hommes de main d’Escobar et leurs familles, tuant finalement Escobar lui-même en 1993. Les Pepes se sont alors divisés. Certains ont crée leurs propres empires de la drogue, tandis que Castano a construit une armée paramilitaire financée par de riches propriétaires terriens et des trafiquants de drogue. Depuis la guerre contre l’organisation d’Escobar, Castano et le Cartel de Cali – de même que des officiers militaires colombiens – ont affirmé avoir travaillé côte à côte avec des agences US, mais les autorités US ont nié une telle alliance. L’aliénation d’avec Washington s’est amplifiée en 1994, quand le président Ernesto Samper est arrivé au pouvoir alors que des révélations étaient faites sur le » financement de sa campagne par de généreuses donations des cartels de la drogue » Le Président Bill Clinton a coupé la plupart des aides et a restreint certains soutiens militaires à la Colombie à cause des liens de Samper avec les trafiquants de drogue. Bénéficiant de moins d’aide américaine, l’armée colombienne a été incapable de contenir les FARC et le trafic de cocaïne s’est considérablement accru. Les dirigeants colombiens ont répondu par la création de milices paramilitaires qui ont utilisé la terreur pour réduire le soutien populaire aux guérillas. Le gouvernement Samper a appuyé un projet connu sous le nom de Projet Convivir. Il a armé entraîné et organisé des coopératives locales de défense pour fournir des « services spéciaux de sécurité privée et de vigilance » parallèlement aux forces armées, créant une autre couverture pour les forces paramilitaires de l’extrême droite. L’ascension d’Uribe L’ascension politique d’Alvaro Uribe est liée au succès de Convivir. En 1995, Uribe est devenu le gouverneur d’Antioquia, un district du Nord Ouest, dont la capitale est Medellin. Uribe a été le plus strident supporter dans la région des coopératives de défense autorisant la création de douzaines d’entre elles avec pratiquement 20 coopératives soutenues par Uribe et dirigées par des chefs paramilitaires, dont l’actuel commandant de l’AUC, Salavatore Mancuso ( Castano qui opérait dans un autre district ne faisait pas parti de ceux là ). Castano est cité dans une biographie disant qu’Uribe a été le candidat présidentiel de la base sociale de l’AUC. «Il est au fond de lui même très proche de notre philosophie « a dit Castano, ajoutant que le soutien d’Uribe pour le Convivir était fondé sur le même principe qui a favorisé l’ascension du para militarisme en Colombie, le droit à l’auto défense contre les guérillas. Quand il a été confronté aux accusations de complicité entre le Convivir et les paramilitaires liés au trafic de drogue, Uribe a dit qu’à l’époque personne ne savait qui étaient les dirigeants d’extrême droite et les trafiquants de cocaïne. Cependant après de vives protestations internationales, le gouvernement a lentement dissous le Convivir. Pourtant, alors qu’il était déclaré hors la loi en 1998, entre temps plus de 200 coopératives de défense comptant des milliers d’hommes ont défié l’ordre de démobilisation et ont rejoint l’alliance paramilitaire de Casteno, l’AUC. Le projet Convivir a eu des conséquences à long terme. Au delà du fait qu’il créait des milices paramilitaires, le projet a aussi crée un réseau de coopération entre l’armée colombienne et les escadrons de la mort d’extrême droite. Certains chefs paramilitaires, tels que Castano, ont affirmé que la CIA et la DEA ont fourni un soutien discret à l’AUC. Certains hauts commandants des paramilitaires ont affirmé que l’armée colombienne a coordonné les opérations de contre insurrection avec l’AUC. « Je suis la preuve vivante du para militarisme sponsorisé par l’état en Colombie » a dit Mancuso de l’AUC dans sa déposition l’année dernière. Les dirigeants de l’AUC ont nommé plusieurs hauts gradés de l’armée colombienne collaborant avec les paramilitaires, dont l’ancien général Rito Alejo del Rio, l’officier commandant à Antioquia alors qu’Uribe était gouverneur de ce district. Pendant sa campagne pour la présidentielle de 2002, Uribe a cité le succès du programme Convivir pour infliger des dommages aux FARC à Antioquia, comme raison majeure pour voter pour lui. Malgré les soupçons liés à la drogue – et les liens aux escadrons de la mort – Uribe a bénéficié du désenchantement du public pour un processus de paix qui n’avait pas réussi à mettre fin à la guerre civile. Uribe a émergé comme gagnant obtenant 53% des votes. Après l’élection d’Uribe, plusieurs barons de la drogue ont affirmé avoir financé sa campagne. Le trafiquant de drogue Ochoa Vasco, poursuivi en justice, a dit avoir contribué à hauteur de 150 000$ de son propre argent à la demande de l’AUC. Ochoa Vasco a dit aussi qu’il avait été témoin d’une conversation entre les dirigeants de l’AUC et des supposés représentants de la campagne d’Uribe avant l’élection. «Ils ont parlé du processus de paix » a dit Ochoa Vasco. « Ils ont dit que quiconque ayant des problèmes avec les US pouvait être concerné. Et dans une autre réunion, il y avait des hommes d’affaires, des propriétaires terriens, et des trafiquants de drogue, que l’AUC pensait pouvoir aussi inclure, donc ils leur ont dit de se préparer pour le processus de paix ». Tous les chefs paramilitaires qui ont négocié l’accord de paix « savent la vérité. Ils savent que pour être là , ils ont investi plus de 10 millions de dollars » a dit Ochoa Vasco. Les négociations du gouvernement avec l’AUC ont commencé 4 mois après l’arrivé au pouvoir d’Uribe. Castano s’est repositionné comme un opposant à la corruption lié au trafic de drogue, qui avait alors vraiment corrompu l’AUC. Il a démissionné de la direction militaire de l’AUC. En avril 2004, Castano est tombé dans une embuscade tendue par 20 paramilitaires d’élite obéissant aux ordres des dirigeants de l’AUC. Ils lui ont tiré douze balles dans la figure, il a été découpé en morceaux et brûlé. Des dirigeants de l’AUC qui ont survécu et des trafiquants de drogue disent que Castano a été tué parce qu’il négociait sa reddition avec la DEA de même que la révélation de toutes les informations concernant l’AUC et ses alliés au gouvernement et dans l’armée. Les US ont nié toute négociation. L’Alliance Bush Uribe Pendant ce temps, Uribe s’est aligné solidement derrière le Président George W. Bush, en devenant le seul dirigeant d’Amérique Latine à soutenir l’invasion de l’Irak par Bush. Uribe a également cherché plus d’aide militaire US ayant défini la guerre civile contre les gauchistes des FARC comme faisant partie de « la guerre contre le terrorisme ». L a colonne vertébrale de la politique US en Colombie c’est le Plan Colombie, un programme d’aide principalement militaire pour combattre la production de drogue et les armées irrégulières, principalement les FARC et l’AUC. Depuis 2001, Washington a envoyé plus de 5 billions à Bogota. Malgré cela, le Plan Colombie a eu peu d’effet sur la production de cocaïne. La superficie en cocaïne cultivée en 2006 était légèrement supérieure à celle de 2001, avec l’application du Plan Colombie. La superficie a diminué dans les années 2003 et 2004, mais a de nouveau augmenté en 2005 et 2006. Mais le succès d’Uribe à faire baisser la violence politique a augmenté sa popularité en Colombie. Il a mené la guerre contre les FARC avec fermeté, forçant la guérilla gauchiste à adopter un retrait tactique. Au total, Uribe a réduit d’un tiers, le nombre d’assassinats, de kidnappings et de massacres. Le Congres contrôlé par Uribe a aussi voté la loi Justice et Paix, qui a lancé le processus de paix avec les paramilitaires d’extrême droite et qui a permis la démobilisation de 30 000 hommes et femmes. La loi a été écrite par le sénateur Mario Uribe, le cousin sur lequel on enquête actuellement pour ses liens avec l’AUC. Même l’Administration Bush a critiqué la loi comme étant trop indulgente. Sa popularité croissant, Uribe a obtenu de ses alliés au Congrès de changer la Constitution pour autoriser un second mandat présidentiel. Lors des élections de 2006, il a remporté une large victoire avec 62% des votes. Malgré cela, les accusations de corruption et de violations des droits de l’homme restés impunis le poursuivent. Plusieurs enquêtes, spécialement celles menées par la Cour Suprême de Colombie, ont lentement rassemblé des preuves contre les anciens et actuels responsables du gouvernement, et des personnalités connues de l’élite du pays. Parmi ceux impliqués on trouve des douzaines d’anciens et d’actuels membres du Congrès ; des officiers militaires de haut rang, dont l’actuel chef d’état major, des bataillions entiers de l’armée sont accusés d’avoir travaillé pour les cartels de la drogue ; des hommes d’affaires connus ; et certains des alliés les plus proches d’Uribe, dont le père et le frère de l’ancien ministre des affaires étrangères Maria Consuelo Araujo. En mars 2006, un ordinateur portable d’un dirigeant paramilitaire a été saisi lors d’un raid. On a trouvé dans l’ordinateur des informations détaillées d’opérations de trafic de drogue, des assassinats commis pendant le processus de paix, des listes de cibles d’autres victimes potentielles, le plan de l’AUC pour influencer le gouvernement et une liste des donateurs et des alliés politiques. L’une des listes de cibles avait un lien avec les services de renseignement colombien, et avec son directeur, Jorge Noguera, un proche allié d’Uribe, que le Président a nommé consul à Milan après qu’une enquête initiale ait été ouverte. Noguera a été plus tard arrêté pour ses liens avec l’AUC et des trafiquants de drogue, pour avoir fourni des informations sélectives à l’AUC, pour avoir supprimé des preuves à charge contre plusieurs trafiquants de drogue et des chefs paramilitaires, pour complicité dans les assassinats de plusieurs dirigeants syndicaux, et pour avoir fait obstruction à des opérations pour capturer des alliés. D’autres officiers des renseignements colombiens ont également été arrêtés, dont un officier de haut rang, Rafael Garcia, qui a témoigné qu’il avait supprimé des preuves à la demande de Noguera. Garcia a aussi accusé Noguera de comploter pour assassiner le Président du Venezuela Chavez en coordination avec des officiers de haut rang dans l’Administration d’Uribe, bien que Garcia n’ait pas révélé de noms. Le chef paramilitaire Mansuro a aussi accusé, lors de sa déposition, l e ministre de la défense d’ Uribe, Juan Manuel Santos, de comploter avec l’AUC pour assassiner Chavez le Président du Venezuela, bien que cela ne soit pas clair si Santos était l’un des hommes auxquels a fait allusion l’officier des renseignements Garcia. Santos a nié l’accusation. Puis, en décembre 2006, embarrassé par la criminalité en cours dans la zone protégée et sécurisé de l’AUC à Santa Fe Ralito, le gouvernement a emprisonné certains chefs paramilitaires. Mais même qu’enfermés, ils ont continué à vivre la belle vie et de là ont continué à diriger leurs opérations criminelles. La presse locale a publié en mai des transcriptions d’enregistrements de la police révélant que les dirigeants de l’AUC continuaient d’ordonner des assassinats et de diriger le trafic de drogue de la prison, tout en bénéficiant de soirées dansantes et d’orgies sexuelles et d’alcool. Ils ont hébergés des « amis mexicains » et ont eu un accès illimité au téléphone portable et à internet. Dans l’une des conversations, une ancienne gardienne de la prison frustrée s’est plainte à une collègue que ses ordres étaient constamment rejetés par ses supérieurs quand des chefs paramilitaires téléphonaient pour se plaindre au commissaire pour la paix, à des ministres du gouvernement, et même au Président. La gardienne de prison a rapidement demandé sa mutation. Furieux des révélations faites au sujet des enregistrements, Uribe a donné l’ordre de démettre 12 officiers supérieurs de police, mais il a dit peu de chose concernant les preuves du caractère criminel des activités de l’AUC, mis à part promettre une nouvelle enquête. Les dirigeants de l’AUC ont également menacé de rompre le processus de paix, accusant le gouvernement d’en changer les termes. Ils ont dit s’être sentis trahis, et ont menacé d’incriminer tous leurs alliés au sein de l’élite, dont des politiciens, des hommes d’affaires, et des multinationales. Problème régional. L’Organisation des Etats d’Amérique, qui a supervisé l e processus de paix avec l’AUC a critiqué les résultats. L’OAS a averti que les paramilitaires se réarmaient et se réorganisaient sous d’autres noms, avec des liens plus forts avec les trafiquants de drogue, et sont dirigés par les mêmes chefs qui s’étaient soit disant rendus. L’assistant secrétaire général de l’OAS, Albert Ramdin a dit cette année que le processus de démobilisation de l’AUC pourrait bien ne pas réussir à résoudre le problème des groupes paramilitaires financés par la drogue en Colombie. L’approche colombienne « pourrait lancer un processus de vérité et de justice qui mettrait fin aux groupes para militaires dans les districts, et mènerait à la reconstruction de l’état » a dit Ramdin. Cependant, d’un autre côté, il pourrait accentuer l’influence des groupes paramilitaires liés au trafic de drogue ». Malgré les problèmes de la Colombie – la corruption, le branlant processus de paix et le peu d’effets du programme anti-drogue – Bush a continué de montrer un soutien indéfectible à Uribe. Bush, qui a qualifié Uribe de vrai démocrate et de dirigeant fort, a visité la Colombie deux fois, dont une fois en début de cette année, et rencontré Uribe plusieurs fois à Washington. « Je suis fier d’appeler Uribe un ami et un allié stratégique », a dit Bush lors d’une des visites d’Uribe. A Bogota, le président US a dit : «j’apprécie la détermination du Président colombien de traduire en justice ceux qui violent les droits de l’homme… je crois que, si on lui en fournit l’opportunité, le président Uribe peut le faire. » Bush a demandé au Congrès US d’augmenter l’aide financière pour le Plan Colombie, mais les Démocrates ont baissé l’aide militaire passée de 80 à 65 % de la somme totale allouée, et augmenté l’aide économique et humanitaire. De plus, les Démocrates ont imposé des conditions strictes sur l’aide d’un montant total de 530 millions. Les Démocrates ont également conditionné leur ratification d’un accord de libre échange avec la Colombie sur l’amélioration par Uribe du respect des droits de l’homme dans le pays et le le fait que les dirigeants paramilitaires soient jugés. En Amérique du Sud, Uribe s’est lentement isolé en prenant partie pour Bush. Alors que la plupart des pays d’Amérique Latine sont devenus critiques de la politique étrangère US et de son Accord de Libre Echange des Amériques, la Colombie a soutenu avec force les politiques de Bush, se distançant de ses voisins. Le Brésil et l’Equateur ont des relations plus étroites avec le Venezuela, comme la plupart des pays de la région, à l’opposé de ce qui se faisait il y a une décennie. La Colombie est restée en dehors de l’union commerciale régionale sud américaine du Mercantour, alors que le Venezuela devrait s’y joindre cette année. Uribe a aussi perdu le soutien régional dans son combat contre les FARC. L’Equateur a résisté à la demande de déclarer les FARC une organisation terroriste, mais a effectivement critiquer le Plan Colombie et cherché à obtenir des dédommagements pour des dommages collatéraux infligés à la population équatorienne frontalière de la Colombie par les forces armées colombiennes. Pendant ce temps, le trafic de drogue et la corruption ne cessent de croître. Bien qu’Uribe ait nié la plupart des accusations portées contre lui, le baron de la drogue Ochoa Vasco a dit qu’il était prêt à négocier sa reddition à la DEA ainsi que de fournir les preuves de ses accusations. Ochoa Vasco a dit que certains dirigeants de l’AUC et trafiquants de drogue veulent actuellement négocier leur reddition auprès des agences US pour éviter d’être assassinés en Colombie car des forces puissantes essaient désespéramment de leur imposer le silence pour mettre fin au « para scandale ». En juillet, Henao Gomez Bustamante – le plus important des barons de la drogue depuis Pablo Escobar – a été extradé pour comparaître aux US, accusé de trafic de drogue. On croit qu’il a été un acteur clé des politiques d’extrême droite et l’un des principaux financiers de l’AUC. Cible d’au moins une douzaine de tentatives d’assassinats tandis qu’il était en prison, Gomez Bustamente a dit à un magazine qu’il préférait être extradé que d’être assassiné. Il a également dit qu’il dévoilerait toutes les informations sur la corruption liée à la drogue en Colombie, l’infiltration de l’AUC, et les cartels mexicains, en échange d’une peine plus clémente. Quelque soit ce qui sera prouvé ultérieurement, les révélations des liens d’Uribe à l’énorme industrie de la cocaïne en Colombie et à l’histoire de la politique d’assassinat du pays est une mauvaise nouvelle pour le Président Bush car il compte sur Uribe pour servir de modèle pour le futur de l’Amérique du Sud et comme rempart contre Hugo Chavez. Andrés Cala 03/07/08 (première publication 08/08/07) – www.consortiumnews.com Introduction traduction Mireille Delamarre www.plqanetenonviolence.org Adrés Cala est journaliste, dont certains articles ont été publiés dans le Wall Street Journal, Dow Jones Newswires, et AP. Il est basé à Madrid depuis 1998. andres.cala@gmail.com Information complémentaire Sur la libération de Betancourt, certains médias ont parlé du versement d’une rançon contre sa libération et d’un montage thêatral médiatico politique, ce qui est tout à fait possible. Comaguer en donne une autre version, voir en pièce jointe. En tout état de cause cette affaire sent la désinformation à plein nez. Ce que l’on ne nous dit pas c’est combien cette affaire Betancourt a coûté aux contribuables français probablement des centaines de millions d’euros. Il est vrai que cette personne fait partie de l’élite, sa famille cultive des liens étroits avec la classe politique française au pouvoir, actuelle et passée (liens étroits avec Chirac et De Villepin). Un véritable gaspillage de notre argent et une nouvelle preuve de la pipolisation à outrance de la politique étrangère française, après l’affaire des infirmières bulgares, l’affaire de l’Arche de Zoé, l’affaire Betancourt. Filiale sioniste de Sarkozy Dimanche 06 Juillet 2008
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