Parmi les cinq nominations internationales externes faites par le président de la Banque Mondiale Paul Wolfowitz, actuellement sous pression à cause d'une affaire de corruption, pendant les deux premières années de son mandat, trois ont été des nominations politiques de hauts fonctionnaires de gouvernements de droite qui ont fourni un soutien important à la politique US en Irak.
La dernière nomination en date a été faite juste le mois dernier. L'ancien député premier ministre de Jordanie, Marwan Masher, a été nommé premier vice président pour les affaires externes.
Muasher a servi comme ambassadeur du roi de Jordanie Abdullah II à Washington lors de la préparation à la guerre en Irak en 2002, et a joué un rôle clé pour assurer la coopération d'Amman lors de l'invasion de mars 2003. Muasher a rencontré Wolfowitz, alors secrétaire d'état à la défense, à plusieurs occasions selon le site du Pentagon. Malgré les critiques publiques par le roi Abdallah II de la guerre en Irak, celui-ci a collaboré dans les coulisses. La Jordanie a fourni des renseignements et autre soutien logistique, aidé à entraîner des milliers de membres de la sécurité irakienne et resserré son contrôle des frontières pour empêcher toute infiltration sunnite. Muasher comme député premier ministre a été chargé de mettre en application l'agenda des réformes du pays ce qui l'a amené à rencontrer fréquemment Elisabeth Cheney (la fille de Dick Cheney vice président US) qui était à l'époque secrétaire d'état aux affaires du Proche Orient et de l'Asie du sud, et qui a soutenu la position guerrière de Wolfowitz lors du premier mandat de Bush. Washington a augmenté son aide à la Jordanie de quelque 300 millions de dollars en 2003 soit au total 450 millions de dollars. En 2006, la Jordanie a reçu 500 millions de dollars partagés entre aide économique et militaire. Ainsi donc la guerre d'Irak a profité à la Jordanie : subsides en pétrole des états du Golfe, foncier en plein boom, commerce et transport avec l'Irak en plein développement, et cette nomination à la Banque Mondiale. Pendant et après l'invasion, quand il a d'abord servi comme ministre des affaires étrangères et puis comme député premier ministre, Muasher a été considéré comme l'un des supporteurs de Washington les plus ardents dans un monde arabe de plus en plus hostile.
La nomination de Muasher est survenue neuf mois après que Wolfowitz ait nommé l'ancienne ministre espagnole des affaires étrangères Ana Palacio comme premier vice présidente et conseillère générale. Comme ministre des affaires étrangères espagnole, elle a soutenu publiquement l'invasion de l'Irak par les US, à laquelle sont gouvernement conduit par l'ancien premier ministre José Maria Aznar, a contribué en envoyant 1500 soldats. Dans une interview accordée au magazine néo conservateur
American Enterprise Institute fin 2005, elle a accusé le gouvernement espagnol Zapatero qui a remplacé celui d'Aznar de
« plonger l'Espagne dans des politiques tiers mondialistes » en se rapprochant de la France et de l'Allemagne plutôt que de la Grande Bretagne et des Etats-Unis.
De même, en juin 2006, Wolfowitz a nommé l'ancien ministre des finances du Salvador, Juan Jose Daboub, comme l'un des deux directeurs de gestion de la Banque Mondiale. En plus de son poste aux finances, Daboub a servi comme chef du personnel de l'ancien président Francesco Flores quand, comme membre de la Charte de la coalition menée par les US
« Coalition of The Willing » ( Coalition des Volontaires) il a envoyé environ 400 troupes de combat salvadorienne en Irak, plus qu'aucun autre pays en développement.
« C'était vraiment la main droite de Flores et en tant que tel, il a mené la politique économique la plus orthodoxe dans l'histoire du pays, en lien étroit avec celle des US » selon Roberto Rubio de la
Fundacion Nacional para Desarrollo. Un adepte convaincu du libre échange lors d'une conférence à Washington où il se rendait fréquemment y ayant crée un institut l'
« Instituto America Libre », Daboub a appelé Washington à
« agir de manière plus agressive sur la menace sécuritaire pour les US représentée par les populistes sud américains et pour les autres pays latino américains qui ne sont pas encore tombés aux mains des gauchistes. »
En plus de Muasher, Palacio et Daboub, il a inclus Vincenzo La Via, un ancien fonctionnaire du ministère italien des finances qui sert comme responsable en chef financier de la Banque, et Lars Thunell, un suédois, qui sert comme vice président exécutif du Groupe International de Finance de la Banque un poste pour lequel traditionnellement le président s'en remettait au choix des principaux donateurs de la Banque.
Source des informations : un article d'Emad Mekay et Jim Lobe du 15/04/07 (Inter Press Service) publié sur www.antiwar.com.
Traduction/synthèse Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org
Banque Mondiale, Nations en Faillite
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