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Bagram: camp de concentration américain afghan – L’Union Européenne complice des transferts de la CIA ?

Moins connu que celui de Guantanamo, le camp de concentration américain de Bagram en Afghanistan risque de prendre de l’importance, l’administration américaine ayant commencé à y transférer certains détenus. Dans l’affaire des transferts de la CIA, les gouvernements européens apparaissent, aux vues de certains documents, de plus en plus comme complices.



Camp de concentration américain Afghan :Bagram

Alors que les regards sont tournés vers Guantanamo, tranquillement, l’armée américaine a agrandi la prison de Bagram en Afghanistan. Le nombre de détenus dans cette prison, un ancien magasin de machines, une caverne, située au nord de Kabul sur une base militaire américaine, est passé de 100 début 2004 à 600 prisonniers en 2005. Suspectés de "terrorisme", ils y sont détenus dans des conditions plus primitives que celles de Guantanamo, pour une période indéfinie et sans charge. Cette augmentation fulgurante est due principalement au fait que l’administration Bush a décidé d’arrêter le flot des prisonniers arrivant à Guantanamo, après que la cour suprême américaine ait rendue une décision leur accordant certains droits juridiques. Pour les prisonniers de Bagram, en détention sur un camp américain, la question n’a pas encore été posée à la justice américaine, donc en attendant ils n’ont aucune possibilité de contester légalement eur détention.

Pendant longtemps, les autorités américaines ont prétendu que cette prison ne servait qu’à trier les prisonniers. La plupart des détenus sont afghans certains seront peut être libérés dans le cadre d’une amnistie et d’autres transférés vers une prison afghane devant être construite avec l’aide des américains. Mais, il y aurait quelques 40 prisonniers "étrangers" dont certains ont déjà été détenus dans des centres secrets d’interrogation de la CIA. La CIA aurait préféré que ceux-ci soient détenus à Bagram, de crainte que les méthodes d’interrogation (torture) qu’ils ont subi ne soient étudiées de prêt par les tribunaux américains à la demande d’ONG de défense des droits de l’homme ou d’avocats de détenus. Ce qui ne va pas sans poser quelque problème à l’administration militaire américaine qui voit d’un mauvais œil le fait que la CIA se serve de Bagram pour y détenir certaines personnes, dont certaines peuvent avoir été kidnappées par celle-ci.

Certains des détenus y sont depuis plus de trois ans, et ne peuvent avoir accès à un avocat (les détenus de Guantanamo le peuvent), de même qu’ils n’ont aucun droit de connaître les éventuelles accusations portées à leur encontre, et sont considérés comme "des combattants ennemis" par les militaires américains. En fait ce sont des prisonniers de guerre, celle-ci étant supposée être terminée en Afghanistan, ils auraient du être libérés depuis longtemps sauf de retenir contre eux des charges criminelles devant une juridiction digne de ce nom.

Ouvert depuis 2002, la détention dans ce camp est placé sous le signe du secret, aucune personne, ni journaliste, ni responsable politique, ni avocat, ni visiteur n’a pu y pénétrer. Seuls les membres du CICR ont pu s’y rendre, mais cette organisation refuse de rendre publique le noms de ceux qui y sont détenus.

Selon les témoignages d’anciens détenus, de responsables militaires et de soldats qui ont servi dans ce camp, l’endroit est encore plus sinistre que Guantanamo. Des hommes sont maintenus en cage, une cage emprisonant des dizaines de détenus, dormant à même le sol, utilisant il y a encore un an des sauts en plastique en guise de toilettes. Des améliorations ont été apportées récemment, mais jusque là, ils voyaient rarement la lumière du jour.

Le camp de Bagram semble susciter moins d’intérêt parce que situé en Afghanistan. Il est néanmoins sous contrôle de l’armée américaine et doit donc respecter certaines règles du droit américain, du droit international et de la Convention de Genève. Mais l’administration américaine s’en moque.


L’Union Européenne est complice des transferts de la CIA ?

L’Union européenne a accepté que la CIA ait un accès libre à son espace aérien pour transférer certaines personnes qu’elle détenait d’un point à l’autre du globe en 2003, et ensuite a essayé de camoufler l’affaire. Il semble donc que les gouvernements européens étaient parfaitement au courant de ces pratiques inclues l’utilisation des aéroports, mais ont fermé les yeux.

Des documents obtenus par Statewatch, un groupe anglais de défense des libertés civiles montrent que lors d’une réunion officielle le 22 janvier 2003 à Athènes de hauts responsables des ministères de la justice des pays européens et des Etats-Unis, tous sont tombés d’accord pour que "soit accrue l’utilisation de centres de transit européens en soutien au retour d’étrangers criminels/ inacceptables".

Cette phrase extrêmement importante, a été omise du compte rendu de cette rencontre posté sur le site Internet du Conseil des ministres européens, qui représente les gouvernements des pays européens à Bruxelles. Selon un porte parole de cette institution, cette omission a été faite par "courtoisie" envers les Etats-Unis.

Selon l’éditeur de Statewatch Tony Bunyan, que ce soit pour des personnes qualifiées de "criminelles", "d’inacceptables", ou de "transférées", en ce qui concerne ces vols de transit les questions sont les mêmes :

  • est ce que les gouvernements européens savent combien de fois leurs aéroports ont été utilisés pour ces "transits" par des vols américains ?

c
  • ombien de personnes ont été déplacées de cette manière ?

  • combien de "criminels", et combien d’étrangers "inacceptables" ?

  • s’ils le savent, alors pourquoi les faits et les chiffres concernant ces "transferts" ne sont pas disponibles ?

  • Et s’ils ne le savent pas, pourquoi ne le savent-ils pas ?

Bunyan a accusé les gouvernements de l’Union européenne de créer un "climat de complicité" lorsqu’ils ont témoigné pour la première fois devant le parlement européen sur les prisons secrètes de la CIA et ses transferts en Europe, ce qui a provoqué la colère de certains députés européens devant ce manque de coopération des gouvernements nationaux.

Il semblerait donc, ce qui ne fait qu'augmenter la suspiscion à leur égard, que les gouvernements européens refusent que le parlement européen puisse avoir un droit de regard sur ce qui se passe afin de s’assurer qu’il n’y a pas violations des droits de l’homme.

Comment alors accepter ces accords sur "l’augmentation de l’utilisation des centres de transit " à l’échelle européenne sans y voir une collusion avec les activités américaines de transfert illégaux, torture, disparitions. Le parlement européen n’a aucun pouvoir juridique, il ne peut imposer des sanctions à un gouvernement membre accusé de complicité avec les américains une fois les preuves établies. Il n’a pas non plus le pouvoir de lancer un mandat d’arrêt contre le directeur de la CIA Porter Gross, comme ont pu le suggérer certains parlementaires.

On se trouve là devant un "trou noir"juridique, exploité au maximum par le terrorisme d’état américain, avec une éventuelle complicité des dirigeants européens.

L'une des actions possible c’est de divulguer largement ces informations et de demander que les citoyens et leurs représentants nationaux et européens fassent pression sur leur gouvernement respectif pour que toute la lumière soit faite, les tortionnaires et leurs complices poursuivis et jugés.

Source : presse américaine et anglaise


Remarques

Ces "révélations" et autres fuites dans la presse américaine et britannique peuvent être orchestrées pour faire pression sur les gouvernements européens pour qu'ils étouffent dans l'oeuf d'éventuelles enquêtes qui incrimineraient surtout les USA

Enquête préliminaire en France

Selon des dépêches AP et AFP du 2/03/06, une enquête préliminaire a été ouverte auprès du parquet de Bobigny et confié à la compagnie de gendarmerie des transports aériens (GTA) de Roissy à la suite d'une plainte déposée par la LDH et la FIDH le 21 décembre dernier . Cette plainte a été déposée pour détentions arbitraires, séquestrations, torture et violations de la troisième Convention de Genève sur le sort des prisonniers de guerre, et vise le transit présumé par la France d'avions de la CIA transportant des détenus soupçonnés de terrorisme.

Le tribunal a demandé à la compagnie de gendarmerie des transports aériens de Roissy de procéder à une enquête préliminaire afin de vérifier la présence effective le 20 juillet dernier à l'aéroport d'un avion Gulfstream III immatriculé N50BH et, dans l'affirmative, d'identifier la société sur le site qui lui aurait prêté assistance. Cet avion, en provenance d'Oslo-Gardemoen en Norvège, se serait posé à l'aéroport du Bourget mais également dix fois au Canada et six fois à Guantanamo.

Selon les auteurs de la plainte, il est improbable que l'ambassade des Etats-Unis en France, les ministères de l'Intérieur et des Affaires étrangères français n'aient pas été avertis de ces déplacements, ce qui rend nécessaire l'audition des personnes compétentes par l'autorité judiciaire. Me Emmanuel Daoud, avocat de la Ligue des droits de l'homme s'est déclaré "surpris que compte tenu de la gravité des faits suspectés, les premières vérifications n'aient pas encore été effectués".

CIA: l'agence a des centres en Europe dirigés conjointement avec les services secrets des pays hôtes dont la France

Jeudi 2 Mars 2006
Mireille Delamarre

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